Bien que son entourage ne cesse de parler de la saison 1980, l'entraîneur autrichien Adolf Adi Hütter (49 ans) se garde bien de s'épancher en déclarations fracassantes. 1980, c'est l'année durant laquelle l'Eintracht Francfort, qui a fêté ses 120 ans en mars, a conquis la Coupe UEFA au terme d'un double match contre le Borussia Mönchengladbach.

Hütter, qui a succédé à Niko Kovac, lauréat de la Coupe d'Allemagne avant de rejoindre le Bayern, est d'autant plus méfiant qu'il n'a pas oublié le chemin déjà accompli cette saison par les Adler, les Aigles.

Ses débuts à l'Eintracht n'ont pas été faciles. Après avoir offert à Berne son premier titre suisse depuis 1986, il a emménagé dans la capitale financière de l'Allemagne, pour trois ans. Le 12 août, Francfort a sombré 5-0 face au Bayern en Supercoupe.

Une semaine plus tard, son équipe a été boutée sans gloire du premier tour de la coupe d'Allemagne par le SSV Ulm 1846, pensionnaire de... division quatre. Le début de championnat a été du même tonneau : quatre points sur quinze.

Cependant, le président Peter Fischer a maintenu sa confiance en Hütter, qui a finalement réussi à muer son équipe en machine offensive très difficile à contrer.

Banderilles

22 ans après le succès en Coupe UEFA du Schalke 04 de Marc Wilmots, l'Eintracht Francfort est-il à même d'offrir ce trophée à l'Allemagne ? David Abraham et ses coéquipiers ont déjà franchi quelques obstacles ardus : ils ont successivement éliminé l'Olympique Marseille, la Lazio, le Shakhtar Donetsk, l'Inter et Benfica.

Hütter préfère ne pas se laisser entraîner par l'euphorie ambiante et des qualificatifs tels que " triomphe " ou " événement inoubliable ", prononcés après l'élimination du club portugais. " Nous ne nous cacherons pas ", vient de déclarer l'entraîneur au Kicker.

" Nous ne pouvons pas jouer défensivement et tenter ainsi de contrôler le jeu. Mon équipe essaie toujours de varier son football et de placer des banderilles. Elle y réussit avec maestria. "

L'Autrichien est trop modeste car l'Eintracht est une formation redoutable en Bundesliga comme en Europa League. Elle exerce une pression élevée et opère une transition très rapide une fois le ballon reconquis. En outre, Hütter possède un Fab Four offensif : Sébastien Haller (24 ans, contrat jusqu'en 2021), Ante Rebic (25 ans, 2022), Luka Jovic (21 ans, 2023) et Gonçalo Paciencia (24 ans, 2022). Le quatuor est à la base de la plupart des buts et des assists et a permis à Francofrt de devenir une machine offensive.

Potion magique

" Adi Hütter prône un football offensif ", explique la légende du club, Uli Stein, qui a défendu le but de l'Eintracht Francfort de 1987 à 1994. " IL préfère gagner par 4-3 que par 1-0. C'est ainsi qu'il faut appréhender les matches. L'attaque est la meilleure défense.

Cette vision me rappelle celle de mon ancien entraîneur au HSV, un autre Autrichien, Ernst Happel, avec lequel j'ai remporté la Coupe d'Europe des clubs champions en 1983 contre la Juventus. Il voulait que nous nous amusions en jouant et que nous offrions quelque chose aux supporters, afin qu'ils rentrent chez eux pleins d'enthousiasme. "

L'administrateur Axel Hellmann a une autre explication simple à cette période de haute conjoncture sportive. " Les joueurs se trouvent dans une sorte de tunnel européen. Quand les mâts s'allument et que l'hymne de l'EL retentit, on dirait que nos footballeurs tombent dans la potion magique d'Obelix. "

Selon les observateurs, le succès actuel du club s'explique par deux facteurs. Pour commencer, le directeur sportif Fredi Bobic est parvenu à composer un noyau de joueurs dotés d'un extrême professionnalisme. Là où certains clubs sont contents de disposer de trois ou quatre joueurs semblables, l'Eintracht en possède une douzaine, parmi lesquels le gardien Kevin Trapp et les joueurs de champ Abraham, Hasebe, Da Costa, Fernandes, Rode, Gacinovic, De Guzman, Falette et Russ. Ils ont tous de la personnalité et ils exercent une influence positive sur leurs collègues dans le vestiaire. En outre, Haller, Rebic etn Filip Kostic sont particulièrement opportunistes.

190.000 demandes de billets

Le succès européen du club a alourdi son agenda et les jambes des joueurs. Le match de championnat du lundi de Pâques au VfL Wolfsburg était déjà le 44e de la saison. C'est là qu'intervient le douzième homme. A Milan, Francfort était soutenu par 17.000 supporters. Ceux-ci ont demandé 10.000 billets pour le match de Lisbonne, qui n'en avait que 7.000.

L'Eintracht se déplace à l'Allianz Arena du Bayern lors du dernier match de Bundesliga. On annonce déjà un exode de 20.000 personnes. Car une qualification pour la Ligue des Champions reste possible...

Mais c'est surtout le spectacle offert dans la Commerzbank-Arena qui a conquis les supporters. L'Eintracht dispute tous ses matches dans un stade comble (51.500 places). Les tifos originaux et l'hymne du club, " Im Herzen von Europa " (au coeur de l'Europe), qui dure dix minutes, réunissent joueurs et spectateurs.

" Nous avons reçu pas moins de 190.000 demandes de billets pour le match à domicile contre Benfica alors que notre capacité est réduite à 49.000 places en Europa League ", raconte le conseiller juridique Philipp Reschke. " Nos supporters consentent d'énormes sacrifices financiers pour ne rien rater de cette merveilleuse aventure. On peut vraiment dire que cette campagne européenne exacerbe les passions. "

Le voleur de buts de 60 millions

Comme prévu, l'Eintracht a levé l'option d'achat du droitier Luka Jovic (21 ans), loué par Benfica pour 200.000 euros par saison depuis l'été 2017. Le quadruple international serbe, que l'Étoile Rouge Belgrade comparait à Radamel Falcao, en est à 17 buts et huit assists en Bundesliga, ainsi qu'à huit buts et un assist en Europa League. La presse anglaise à sensation affirme que le joueur a l'embarras du choix entre le Real Madrid, qui a déjà proposé 60 millions d'euros, Barcelone et Chelsea.

Bien que son entourage ne cesse de parler de la saison 1980, l'entraîneur autrichien Adolf Adi Hütter (49 ans) se garde bien de s'épancher en déclarations fracassantes. 1980, c'est l'année durant laquelle l'Eintracht Francfort, qui a fêté ses 120 ans en mars, a conquis la Coupe UEFA au terme d'un double match contre le Borussia Mönchengladbach. Hütter, qui a succédé à Niko Kovac, lauréat de la Coupe d'Allemagne avant de rejoindre le Bayern, est d'autant plus méfiant qu'il n'a pas oublié le chemin déjà accompli cette saison par les Adler, les Aigles. Ses débuts à l'Eintracht n'ont pas été faciles. Après avoir offert à Berne son premier titre suisse depuis 1986, il a emménagé dans la capitale financière de l'Allemagne, pour trois ans. Le 12 août, Francfort a sombré 5-0 face au Bayern en Supercoupe. Une semaine plus tard, son équipe a été boutée sans gloire du premier tour de la coupe d'Allemagne par le SSV Ulm 1846, pensionnaire de... division quatre. Le début de championnat a été du même tonneau : quatre points sur quinze. Cependant, le président Peter Fischer a maintenu sa confiance en Hütter, qui a finalement réussi à muer son équipe en machine offensive très difficile à contrer. 22 ans après le succès en Coupe UEFA du Schalke 04 de Marc Wilmots, l'Eintracht Francfort est-il à même d'offrir ce trophée à l'Allemagne ? David Abraham et ses coéquipiers ont déjà franchi quelques obstacles ardus : ils ont successivement éliminé l'Olympique Marseille, la Lazio, le Shakhtar Donetsk, l'Inter et Benfica. Hütter préfère ne pas se laisser entraîner par l'euphorie ambiante et des qualificatifs tels que " triomphe " ou " événement inoubliable ", prononcés après l'élimination du club portugais. " Nous ne nous cacherons pas ", vient de déclarer l'entraîneur au Kicker. " Nous ne pouvons pas jouer défensivement et tenter ainsi de contrôler le jeu. Mon équipe essaie toujours de varier son football et de placer des banderilles. Elle y réussit avec maestria. " L'Autrichien est trop modeste car l'Eintracht est une formation redoutable en Bundesliga comme en Europa League. Elle exerce une pression élevée et opère une transition très rapide une fois le ballon reconquis. En outre, Hütter possède un Fab Four offensif : Sébastien Haller (24 ans, contrat jusqu'en 2021), Ante Rebic (25 ans, 2022), Luka Jovic (21 ans, 2023) et Gonçalo Paciencia (24 ans, 2022). Le quatuor est à la base de la plupart des buts et des assists et a permis à Francofrt de devenir une machine offensive. " Adi Hütter prône un football offensif ", explique la légende du club, Uli Stein, qui a défendu le but de l'Eintracht Francfort de 1987 à 1994. " IL préfère gagner par 4-3 que par 1-0. C'est ainsi qu'il faut appréhender les matches. L'attaque est la meilleure défense. Cette vision me rappelle celle de mon ancien entraîneur au HSV, un autre Autrichien, Ernst Happel, avec lequel j'ai remporté la Coupe d'Europe des clubs champions en 1983 contre la Juventus. Il voulait que nous nous amusions en jouant et que nous offrions quelque chose aux supporters, afin qu'ils rentrent chez eux pleins d'enthousiasme. " L'administrateur Axel Hellmann a une autre explication simple à cette période de haute conjoncture sportive. " Les joueurs se trouvent dans une sorte de tunnel européen. Quand les mâts s'allument et que l'hymne de l'EL retentit, on dirait que nos footballeurs tombent dans la potion magique d'Obelix. " Selon les observateurs, le succès actuel du club s'explique par deux facteurs. Pour commencer, le directeur sportif Fredi Bobic est parvenu à composer un noyau de joueurs dotés d'un extrême professionnalisme. Là où certains clubs sont contents de disposer de trois ou quatre joueurs semblables, l'Eintracht en possède une douzaine, parmi lesquels le gardien Kevin Trapp et les joueurs de champ Abraham, Hasebe, Da Costa, Fernandes, Rode, Gacinovic, De Guzman, Falette et Russ. Ils ont tous de la personnalité et ils exercent une influence positive sur leurs collègues dans le vestiaire. En outre, Haller, Rebic etn Filip Kostic sont particulièrement opportunistes. Le succès européen du club a alourdi son agenda et les jambes des joueurs. Le match de championnat du lundi de Pâques au VfL Wolfsburg était déjà le 44e de la saison. C'est là qu'intervient le douzième homme. A Milan, Francfort était soutenu par 17.000 supporters. Ceux-ci ont demandé 10.000 billets pour le match de Lisbonne, qui n'en avait que 7.000. L'Eintracht se déplace à l'Allianz Arena du Bayern lors du dernier match de Bundesliga. On annonce déjà un exode de 20.000 personnes. Car une qualification pour la Ligue des Champions reste possible... Mais c'est surtout le spectacle offert dans la Commerzbank-Arena qui a conquis les supporters. L'Eintracht dispute tous ses matches dans un stade comble (51.500 places). Les tifos originaux et l'hymne du club, " Im Herzen von Europa " (au coeur de l'Europe), qui dure dix minutes, réunissent joueurs et spectateurs. " Nous avons reçu pas moins de 190.000 demandes de billets pour le match à domicile contre Benfica alors que notre capacité est réduite à 49.000 places en Europa League ", raconte le conseiller juridique Philipp Reschke. " Nos supporters consentent d'énormes sacrifices financiers pour ne rien rater de cette merveilleuse aventure. On peut vraiment dire que cette campagne européenne exacerbe les passions. "