1. Quelle a été ta réaction quand Ivan Leko t'a parlé de la Chine pour la première fois?
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1. Quelle a été ta réaction quand Ivan Leko t'a parlé de la Chine pour la première fois? Une réaction complètement neutre. Parce que tous les mois, il y a des agents qui appellent, il y a toujours un intérêt latent, je dirais. Et avec le temps, c'est une chose à laquelle on s'habitue. C'est seulement lors des deux ou trois dernières semaines, quand l'intérêt est devenu vraiment concret, que j'ai commencé à y prêter attention. 2. La première réaction des gens, c'est évidemment de se dire que c'est un choix motivé par l'argent. Qu'est-ce que tu réponds à cette réflexion? L'argent joue évidemment un rôle, ce ne serait pas honnête de le nier. D'ailleurs, j'ai travaillé en dehors du foot et dans le monde de l'entreprise, si on t'appelle pour te proposer un salaire largement supérieur ailleurs, tu y réfléchis. Ça ne laisse jamais complètement indifférent. Mais dans ce cas-ci, ça a été le dernier facteur de ma réflexion. D'abord, il y a la dimension du club, qui nous offre la perspective de lutter pour des titres. Et puis, c'est quand même l'aventure d'une vie, une remise en question de nos méthodes de travail aussi, avec la barrière linguistique et culturelle. C'est un vrai défi. Est-ce que notre travail va fonctionner de la même manière, ou est-ce qu'on devra s'adapter? J'ai interrogé beaucoup de gens sur leur expérience en Chine avant de prendre ma décision, et je retiens cette réponse: si tu réussis en Chine, tu augmentes considérablement tes chances de réussir partout ailleurs. 3. Avec le recul, quelle est la chose dont tu es le plus fier dans le travail que vous avez effectué en quelques mois à l'Antwerp? Les résultats, parce que c'était la première fois que le club était vraiment en position de gagner. Avec Bölöni, l'objectif était de devenir une équipe importante, mais cette fois, l'Antwerp était une équipe du top, et c'était une première pour beaucoup de joueurs, cette exigence de gagner chaque match. Au final, on a gagné la Coupe, on s'est qualifiés en Coupe d'Europe, et on était en course pour les play-offs 1 même si on a abandonné beaucoup plus de points que prévu en cours de route. Devenir une machine à gagner, c'était un travail psychologique énorme au quotidien. 4. C'était la chose la plus difficile à changer dans le club, à votre arrivée? Le plus difficile, c'étaient les réflexes de jeu. Avant même de parler de tactique, de défense à trois, il a fallu installer nos principes de jeu, avec et sans le ballon: une circulation de balle rapide, jouer avant le duel, presser à la perte, jouer vers l'avant... C'est seulement par petites touches qu'on a pu commencer à affiner tous ces principes: choisir le moment idéal pour la passe vers l'avant, sans la précipiter, puis le faire avec des passes diagonales plutôt que verticales. C'était vraiment un gros changement pour les joueurs. Avant que ça devienne automatique, il a fallu presque deux mois, avec des répétitions à chaque entraînement. En finale de la Coupe, le plus gros impact d'Ivan était tactique, pourtant on n'avait pas encore vu nos principes. On avait mis en place un plan pour gagner un match, mais après, on a commencé à préparer un fond de jeu pour gagner dans la durée. Ce changement-là, c'était le plus brusque. 5. Si tu as choisi de suivre Ivan Leko, c'est parce que tu considères qu'il est encore trop tôt pour avoir des ambitions personnelles? Il y a cinq ou dix ans, j'avais des ambitions très précises, mais elles se sont effacées avec le temps. Pas par manque d'ambition, mais par humilité, parce que je constate chaque jour que le football est un milieu où on ne sait pas ce qu'il va arriver. Du coup, j'essaie de plus en plus de vivre pour le moment présent. Et là, je pense que j'ai encore beaucoup à apprendre d'Ivan, et qu'on a encore beaucoup de belles choses à faire ensemble. Si je ne l'avais pas suivi à Al-Ain, c'était surtout dû à un facteur personnel. Après mon expérience à Bruges, j'avais besoin de me ressourcer mentalement. En plus, cette fois, le club est d'un tout autre calibre. On y va avec la perspective de jouer pour des trophées, et l'intention d'en gagner.