Ses détracteurs diront qu'une fois de plus, Cristiano Ronaldo cherche à attirer la lumière. Face aux micros, faute de l'avoir fait sur le terrain. Buteur au bout des prolongations lors de la finale de 2014, auteur du tir au but victorieux deux ans plus tard, puis d'un doublé en 2017, le Portugais entend retentir le coup de sifflet final sur la pelouse du stade de Kiev sans avoir fait trembler les filets. "Son" Real enchaîne sa troisième Ligue des Champions consécutive, et CR7 ouvre la porte à un avenir loin du Bernabéu: "On va d'abord profiter, mais je parlerai dans les prochains jours pour donner une réponse aux supporters qui, eux, sont de mon côté. C'était bien de jouer au Real Madrid. Mais je ne dis pas que je vais forcément partir. Vous verrez."

Le 10 juillet 2018, jour de demi-finale mondiale, la Juventus annonce le transfert de Cristiano Ronaldo.

Le Real se retrouve face à un cratère. 43 buts sur les trois dernières éditions de la Ligue des Champions. 50 roses par saison qui s'envolent, et personne pour les remplacer. Les approches tentées envers Chelsea pour attirer un Eden Hazard aérien lors du Mondial russe sont repoussées d'un an. La Casa Blanca boucle sa première saison post-Cristiano avec une élimination en huitièmes de finale de Ligue des Champions contre l'Ajax, une Liga conclue à des kilomètres du Barça, et une facture finale de 63 buts marqués en championnat, loin des saisons à 100 buts devenues la norme depuis près d'une décennie. Ni la décevante arrivée d'Hazard, ni celle du jeune attaquant de Francfort Luka Jovic ne suffiront à inverser la tendance.

La maîtrise technique est toujours là, incarnée par trois milieux de terrain capables de dominer les évènements quand ils sortent la tenue de gala ou un Karim Benzema de plus en plus impressionnant, mais le Real manque de vitesse et de profondeur. Pas plus qu'Hazard, Gareth Bale et Marco Asensio, héritiers pressentis ou espérés, n'ont fait oublier le douloureux départ de Ronaldo.

Un espoir nommé Vini

Pourtant, alors que beaucoup en doutent, l'espoir est déjà là. Il est la figure de proue d'un nouveau marché pour le Real, fauché dans la lutte aux plus grands talents d'aujourd'hui par l'explosion financière de 2017, quand le PSG franchit la barre des 200 millions pour Neymar Junior, rêve éternel de Florentino Pérez. Les Madrilènes foncent alors dans la brèche ouverte par les signatures de Martin Odegaard ou Fede Valverde et misent gros sur des talents de demain, en espérant devancer les autres gros poissons du football mondial. C'est ainsi qu'à l'été 2018 débarque Vinicius Junior, acheté contre 45 millions d'euros à Flamengo un an plus tôt alors qu'il n'avait joué que 17 minutes chez les pros. Un deal gargantuesque qui sera rejoint par d'autres, comme ses compatriotes Rodrygo et Reinier ou les moins onéreux Brahim Diaz et Andrey Lunin, avec des réussites aléatoires inhérentes à une telle politique.

Très vite, sans doute trop vite, Vini devient précieux pour un Real en manque de vitesse et de débordement. Il commence sans doute avant d'être prêt pour ce niveau, et irrite ses équipiers autant qu'il enthousiasme parfois son public. "Ne lui passe pas la balle, il joue contre nous", dit ainsi Benzema à Ferland Mendy à la mi-temps d'un match de Ligue des Champions contre Gladbach, en début de saison dernière. Au bout de trois saisons en blanc, le Brésilien n'a marqué que quatorze fois. Si le Real est champion en sortie de confinement, c'est surtout grâce aux buts de Benzema et Sergio Ramos et aux miracles de Thibaut Courtois, piliers d'une équipe plus à l'aise sur un sprint qu'au marathon et heureuse de voir cette Liga se jouer avec onze matches en 35 jours.

La transition avec Carletto

Dans l'attente d'un Kylian Mbappé qui ne viendra finalement pas, le Real entame une saison aux airs de transition l'été dernier. Ramos et Raphaël Varane s'en vont, David Alaba compense la perte en défense centrale et le jeune talent français Eduardo Camavinga vient poursuivre sa progression dans l'ombre du triangle au coeur du jeu. Avec Carlo Ancelotti à la baguette, l'histoire prend pourtant une autre dimension. Vinicius aussi. Le "maillot le plus lourd du monde", comme l'appelait Iker Casillas, n'empêche pas la fusée auriverde de griller la concurrence au décollage. Vini devient le meilleur associé d'un Benzema qui tourne à des stats ronaldesques avec 44 buts en 46 apparitions cette saison. La bombe brésilienne claque, de son côté, 22 buts et 20 passes décisives. Surtout, un but qui vaut une quatorzième C1, entre les miracles de Thibaut Courtois à l'autre bout du terrain. Grâce à lui, le Real peut défendre sa surface, tout en s'assurant d'être potentiellement dangereux en un long ballon, un sprint ou un exploit individuel. Presque comme au bon vieux temps.

Quatre ans plus tard, l'adversaire était le même. Dans le onze de base madrilène, six joueurs avaient changé. Pourtant, la recette était identique. Un Real cynique, gestionnaire de moments forts plutôt que de rencontres entières, avec un milieu de terrain qui sait comment gagner des finales, un gardien qui déteste les perdre et un duo offensif qui marque ces buts qui valent des trophées en exploitant au mieux les bonnes périodes de leur équipe. Si la Casa Blanca n'a pas l'apparence consolidée des plus ambitieux projets anglais, elle reste inégalable dans l'art du sprint à deux. Cristiano Ronaldo, lui, n'a plus atteint le dernier carré de la piste aux étoiles depuis son départ de Madrid. Le Portugais pourra peut-être se consoler en constatant qu'en 2009, il avait débarqué dans la capitale espagnole en étant alors plus grand qu'un Real en chute libre. Et que quatre ans après son départ, le Real est redevenu plus grand que tout le monde. Lui compris.

Ses détracteurs diront qu'une fois de plus, Cristiano Ronaldo cherche à attirer la lumière. Face aux micros, faute de l'avoir fait sur le terrain. Buteur au bout des prolongations lors de la finale de 2014, auteur du tir au but victorieux deux ans plus tard, puis d'un doublé en 2017, le Portugais entend retentir le coup de sifflet final sur la pelouse du stade de Kiev sans avoir fait trembler les filets. "Son" Real enchaîne sa troisième Ligue des Champions consécutive, et CR7 ouvre la porte à un avenir loin du Bernabéu: "On va d'abord profiter, mais je parlerai dans les prochains jours pour donner une réponse aux supporters qui, eux, sont de mon côté. C'était bien de jouer au Real Madrid. Mais je ne dis pas que je vais forcément partir. Vous verrez."Le 10 juillet 2018, jour de demi-finale mondiale, la Juventus annonce le transfert de Cristiano Ronaldo.Le Real se retrouve face à un cratère. 43 buts sur les trois dernières éditions de la Ligue des Champions. 50 roses par saison qui s'envolent, et personne pour les remplacer. Les approches tentées envers Chelsea pour attirer un Eden Hazard aérien lors du Mondial russe sont repoussées d'un an. La Casa Blanca boucle sa première saison post-Cristiano avec une élimination en huitièmes de finale de Ligue des Champions contre l'Ajax, une Liga conclue à des kilomètres du Barça, et une facture finale de 63 buts marqués en championnat, loin des saisons à 100 buts devenues la norme depuis près d'une décennie. Ni la décevante arrivée d'Hazard, ni celle du jeune attaquant de Francfort Luka Jovic ne suffiront à inverser la tendance. La maîtrise technique est toujours là, incarnée par trois milieux de terrain capables de dominer les évènements quand ils sortent la tenue de gala ou un Karim Benzema de plus en plus impressionnant, mais le Real manque de vitesse et de profondeur. Pas plus qu'Hazard, Gareth Bale et Marco Asensio, héritiers pressentis ou espérés, n'ont fait oublier le douloureux départ de Ronaldo.Pourtant, alors que beaucoup en doutent, l'espoir est déjà là. Il est la figure de proue d'un nouveau marché pour le Real, fauché dans la lutte aux plus grands talents d'aujourd'hui par l'explosion financière de 2017, quand le PSG franchit la barre des 200 millions pour Neymar Junior, rêve éternel de Florentino Pérez. Les Madrilènes foncent alors dans la brèche ouverte par les signatures de Martin Odegaard ou Fede Valverde et misent gros sur des talents de demain, en espérant devancer les autres gros poissons du football mondial. C'est ainsi qu'à l'été 2018 débarque Vinicius Junior, acheté contre 45 millions d'euros à Flamengo un an plus tôt alors qu'il n'avait joué que 17 minutes chez les pros. Un deal gargantuesque qui sera rejoint par d'autres, comme ses compatriotes Rodrygo et Reinier ou les moins onéreux Brahim Diaz et Andrey Lunin, avec des réussites aléatoires inhérentes à une telle politique.Très vite, sans doute trop vite, Vini devient précieux pour un Real en manque de vitesse et de débordement. Il commence sans doute avant d'être prêt pour ce niveau, et irrite ses équipiers autant qu'il enthousiasme parfois son public. "Ne lui passe pas la balle, il joue contre nous", dit ainsi Benzema à Ferland Mendy à la mi-temps d'un match de Ligue des Champions contre Gladbach, en début de saison dernière. Au bout de trois saisons en blanc, le Brésilien n'a marqué que quatorze fois. Si le Real est champion en sortie de confinement, c'est surtout grâce aux buts de Benzema et Sergio Ramos et aux miracles de Thibaut Courtois, piliers d'une équipe plus à l'aise sur un sprint qu'au marathon et heureuse de voir cette Liga se jouer avec onze matches en 35 jours.Dans l'attente d'un Kylian Mbappé qui ne viendra finalement pas, le Real entame une saison aux airs de transition l'été dernier. Ramos et Raphaël Varane s'en vont, David Alaba compense la perte en défense centrale et le jeune talent français Eduardo Camavinga vient poursuivre sa progression dans l'ombre du triangle au coeur du jeu. Avec Carlo Ancelotti à la baguette, l'histoire prend pourtant une autre dimension. Vinicius aussi. Le "maillot le plus lourd du monde", comme l'appelait Iker Casillas, n'empêche pas la fusée auriverde de griller la concurrence au décollage. Vini devient le meilleur associé d'un Benzema qui tourne à des stats ronaldesques avec 44 buts en 46 apparitions cette saison. La bombe brésilienne claque, de son côté, 22 buts et 20 passes décisives. Surtout, un but qui vaut une quatorzième C1, entre les miracles de Thibaut Courtois à l'autre bout du terrain. Grâce à lui, le Real peut défendre sa surface, tout en s'assurant d'être potentiellement dangereux en un long ballon, un sprint ou un exploit individuel. Presque comme au bon vieux temps.Quatre ans plus tard, l'adversaire était le même. Dans le onze de base madrilène, six joueurs avaient changé. Pourtant, la recette était identique. Un Real cynique, gestionnaire de moments forts plutôt que de rencontres entières, avec un milieu de terrain qui sait comment gagner des finales, un gardien qui déteste les perdre et un duo offensif qui marque ces buts qui valent des trophées en exploitant au mieux les bonnes périodes de leur équipe. Si la Casa Blanca n'a pas l'apparence consolidée des plus ambitieux projets anglais, elle reste inégalable dans l'art du sprint à deux. Cristiano Ronaldo, lui, n'a plus atteint le dernier carré de la piste aux étoiles depuis son départ de Madrid. Le Portugais pourra peut-être se consoler en constatant qu'en 2009, il avait débarqué dans la capitale espagnole en étant alors plus grand qu'un Real en chute libre. Et que quatre ans après son départ, le Real est redevenu plus grand que tout le monde. Lui compris.