La défaillance du groupe sino-espagnol est apparue de plus en plus évidente depuis sa décision de ne pas honorer son échéance en octobre, puis en décembre, invoquant la crise sanitaire. La somme non versée s'élève désormais à environ 325 millions d'euros en tout.

Une source ayant accès au dossier a expliqué à l'AFP que la Ligue devait récupérer ses droits de diffusion d'ici au 21 décembre. Contacté par l'AFP, Mediapro n'a pas souhaité faire de commentaire. Mais sous couvert d'anonymat, un journaliste de Téléfoot, la chaîne ad hoc créée par Mediapro, raconte que ses salariés ont été "réunis" par visioconférence vendredi matin. Son directeur général Julien "Bergeaud nous a dit, très ému et même au bord des larmes que c'était fini", "le coup est monumental". Il a été indiqué aux salariés de continuer à travailler les prochains jours, poursuit-il.

Cette décision pose de nombreuses questions. Qui va diffuser les championnats de France de Ligue 1 et de Ligue 2 à compter du 21 décembre? Si le partenaire historique du football français, Canal +, devait revenir dans le jeu, à quelles conditions financières? Quelles conséquences sur l'équilibre économique des clubs professionnels qui risque de devoir tirer un trait sur plusieurs centaines de millions d'euros par an?

Quel avenir pour les salariés et la rédaction composée d'une cinquantaine de journalistes? Les abonnés vont-ils pouvoir se faire rembourser? La sortie du diffuseur sino-espagnol doit encore être validée par le tribunal de commerce de Nanterre qui avait engagé une procédure de conciliation le 19 octobre.

Promesses de ne pas poursuivre ?

Il s'agira alors de connaître précisément les conditions de la sortie de Mediapro, plusieurs sources proches du dossier ayant évoqué ces derniers jours l'hypothèse du versement d'un dédommagement par Mediapro en échange de promesses de non-poursuites judiciaires. "On en parlera dans trente ans comme du plus grand fiasco de l'histoire de la télé, le plus grand fiasco de l'histoire du paf et du foot français, dit le journaliste de Téléfoot contacté par l'AFP.

Ce fiasco n'était-il pas prévisible? Quand le contrat de plus de 800 millions d'euros par an (sur un total record d'1,153 milliard pour la L1) avait été signé par Mediapro, nouveau venu en France, de nombreux experts avaient émis des doutes quant à sa viabilité. Et en octobre, le patron de Mediapro le Catalan Jaume Roures avait indiqué que Téléfoot comptait 600.000 abonnés, bien loin de l'objectif des 3,5 millions nécessaires à long terme pour rentabiliser le projet.

Récemment, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation, qui chapeaute les Sports, n'avait pas dissimulé les critiques au plus haut sommet de l'État sur la manière dont cette affaire avait été gérée par les instances du football professionnel français: "On ne peut pas dans la vie des affaires prendre des risques de ce type et puis appeler l'État comme un pompier avec l'argent public."

'Gâchis'

"On a un terrible sentiment de gâchis, on a avalé des couleuvres depuis le début, on avait des moyens techniques pas du tout à la hauteur de nos ambitions et pourtant on a réussi à faire un truc de qualité, à tenir un rafiot grâce à des journalistes de qualité", décrit le journaliste de Téléfoot. Les regards vont désormais se tourner vers Canal+, diffuseur historique du Championnat de France qui reste discret sur le dossier et a déjà indiqué via son patron Maxime Saada qu'il ne réinvestirait pas "à perte" dans le football.

Cela laisse craindre une décote de plusieurs centaines de millions d'euros par an. Une forte baisse qui risque d'être difficile à encaisser pour de nombreux clubs déjà fragilisés par la crise sanitaire et des stades vides. Sollicité par l'AFP, Canal + n'a pas donné suite.

La défaillance du groupe sino-espagnol est apparue de plus en plus évidente depuis sa décision de ne pas honorer son échéance en octobre, puis en décembre, invoquant la crise sanitaire. La somme non versée s'élève désormais à environ 325 millions d'euros en tout.Une source ayant accès au dossier a expliqué à l'AFP que la Ligue devait récupérer ses droits de diffusion d'ici au 21 décembre. Contacté par l'AFP, Mediapro n'a pas souhaité faire de commentaire. Mais sous couvert d'anonymat, un journaliste de Téléfoot, la chaîne ad hoc créée par Mediapro, raconte que ses salariés ont été "réunis" par visioconférence vendredi matin. Son directeur général Julien "Bergeaud nous a dit, très ému et même au bord des larmes que c'était fini", "le coup est monumental". Il a été indiqué aux salariés de continuer à travailler les prochains jours, poursuit-il. Cette décision pose de nombreuses questions. Qui va diffuser les championnats de France de Ligue 1 et de Ligue 2 à compter du 21 décembre? Si le partenaire historique du football français, Canal +, devait revenir dans le jeu, à quelles conditions financières? Quelles conséquences sur l'équilibre économique des clubs professionnels qui risque de devoir tirer un trait sur plusieurs centaines de millions d'euros par an? Quel avenir pour les salariés et la rédaction composée d'une cinquantaine de journalistes? Les abonnés vont-ils pouvoir se faire rembourser? La sortie du diffuseur sino-espagnol doit encore être validée par le tribunal de commerce de Nanterre qui avait engagé une procédure de conciliation le 19 octobre. Il s'agira alors de connaître précisément les conditions de la sortie de Mediapro, plusieurs sources proches du dossier ayant évoqué ces derniers jours l'hypothèse du versement d'un dédommagement par Mediapro en échange de promesses de non-poursuites judiciaires. "On en parlera dans trente ans comme du plus grand fiasco de l'histoire de la télé, le plus grand fiasco de l'histoire du paf et du foot français, dit le journaliste de Téléfoot contacté par l'AFP. Ce fiasco n'était-il pas prévisible? Quand le contrat de plus de 800 millions d'euros par an (sur un total record d'1,153 milliard pour la L1) avait été signé par Mediapro, nouveau venu en France, de nombreux experts avaient émis des doutes quant à sa viabilité. Et en octobre, le patron de Mediapro le Catalan Jaume Roures avait indiqué que Téléfoot comptait 600.000 abonnés, bien loin de l'objectif des 3,5 millions nécessaires à long terme pour rentabiliser le projet.Récemment, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation, qui chapeaute les Sports, n'avait pas dissimulé les critiques au plus haut sommet de l'État sur la manière dont cette affaire avait été gérée par les instances du football professionnel français: "On ne peut pas dans la vie des affaires prendre des risques de ce type et puis appeler l'État comme un pompier avec l'argent public.""On a un terrible sentiment de gâchis, on a avalé des couleuvres depuis le début, on avait des moyens techniques pas du tout à la hauteur de nos ambitions et pourtant on a réussi à faire un truc de qualité, à tenir un rafiot grâce à des journalistes de qualité", décrit le journaliste de Téléfoot. Les regards vont désormais se tourner vers Canal+, diffuseur historique du Championnat de France qui reste discret sur le dossier et a déjà indiqué via son patron Maxime Saada qu'il ne réinvestirait pas "à perte" dans le football. Cela laisse craindre une décote de plusieurs centaines de millions d'euros par an. Une forte baisse qui risque d'être difficile à encaisser pour de nombreux clubs déjà fragilisés par la crise sanitaire et des stades vides. Sollicité par l'AFP, Canal + n'a pas donné suite.