Janvier dernier, Danijel Milicevic quitte Gand et la Belgique. En manque de temps de jeu, il passe la frontière pour rejoindre la France, où il est loué six mois au FC Metz. À 32 ans, l'international bosnien avait " envie de changer d'air ". À l'époque, les Messins ferment déjà la marche du championnat de France et pointent à huit longueurs du premier non relégable. Le milieu offensif hésite d'abord à s'engager " mais ça n'a pas duré longtemps ", explique-t-il.
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Janvier dernier, Danijel Milicevic quitte Gand et la Belgique. En manque de temps de jeu, il passe la frontière pour rejoindre la France, où il est loué six mois au FC Metz. À 32 ans, l'international bosnien avait " envie de changer d'air ". À l'époque, les Messins ferment déjà la marche du championnat de France et pointent à huit longueurs du premier non relégable. Le milieu offensif hésite d'abord à s'engager " mais ça n'a pas duré longtemps ", explique-t-il. Dans l'Hexagone, il retrouve un autre ancien pensionnaire de la Jupiler Pro League. Matthieu Dossevi, arrivé six mois plus tôt, est prêté par le Standard de Liège. " Mon envie de départ était pourtant de rester là-bas ", confiait le Togolais en octobre dernier à notre magazine, quelques semaines après l'officialisation de son arrivée en Lorraine. Six mois plus tard, la situation n'a pas évolué. Metz est toujours bon dernier de Ligue 1 malgré les performances du duo Dossevi - Milicevic. Comment avez-vous atterri à Metz ? Matthieu Dossevi : Cela s'est réalisé lors de la fin du mois d'août dernier, au mercato estival. On m'a fait part de l'intérêt du FC Metz. Je ne pensais pas quitter Liège à la base mais le club n'était pas contre un départ. On s'est donc mis d'accord sur un prêt d'une année. Danijel Milicevic : En fin d'année dernière, Mogi Bayat, mon agent, m'a parlé de l'envie de Metz de me faire signer. Le club comptait onze points à la trêve, j'ai donc d'abord réfléchi mais je n'ai pas hésité longtemps. La vie est faite de challenges, je ne me suis donc pas posé beaucoup de questions. J'avais envie de rejoindre la Ligue 1 et je savais qu'il y avait quelque chose de bien à faire à Metz. Le championnat français reste l'un des meilleurs européens et j'avais aussi envie de me tester dans celui-ci. En signant à Metz, est-ce que vous vous attendiez à vivre une saison aussi difficile ? Dossevi : Lorsque je suis arrivé, le club comptait cinq défaites en cinq matches. Je savais donc que la saison allait être compliquée. Le but était alors de redresser la barre et essayer de prendre un maximum de plaisir. Milicevic : Début janvier, on a pourtant su se relancer en enchaînant quelques performances. Malheureusement, notre spirale positive a été stoppée lors de quelques déplacements compliqués, à Monaco et Marseille. Le club pointe au dernier rang depuis la quatrième journée. Comment expliquez-vous cette incapacité à quitter la zone de relégation pour un groupe où figurent pourtant de nombreux joueurs d'expérience ? Dossevi : Il y a beaucoup de choses qui peuvent expliquer cela. On n'a pas réussi à trouver une bonne dynamique. On a débuté la saison avec un trop grand retard de points sur les autres clubs et on n'a jamais su accrocher le bon wagon. Après un début de saison comme celui-là, c'est compliqué... Chaque défaite nous plombait encore plus le moral et nous faisait reculer au classement. Pourtant, on a souvent fait jeu égal avec nos concurrents mais on a commencé avec trop de retard suite à cette série négative. Milicevic : On a pourtant un très bon groupe. Mais c'est compliqué après un début de saison comme celui-là. Dans le football, quand ça va mal, ça va mal... Il est compliqué de sortir d'une situation difficile comme celle-là. Ces derniers temps, on a perdu trop de points en fin de rencontre. C'est dommage. Et il ne vous a souvent pas manqué grand-chose.Dossevi : Effectivement et il y a de quoi avoir beaucoup de regrets. On a l'effectif pour faire de bonnes choses. On l'a d'ailleurs prouvé à plusieurs reprises. On a tout de même réalisé de belles prestations face à des équipes comme Montpellier (3-1), Saint-Etienne (3-0) ou encore Nice (2-1). On n'a jamais été ridicules, mais la Ligue 1 est un championnat très exigeant. Cela se joue sur des détails et parfois certaines victoires se transforment finalement en matches nuls et d'autres matches nuls en défaites. J'espère qu'on en tirera des leçons et que cela pourra nous servir dans le futur. Milicevic : Les regrets sont là car il y a vraiment de la qualité dans l'effectif mais ce n'est pas terminé... À la fin du mois, on va enchaîner trois matches face à des concurrents directs, que sont Lille, Angers et Amiens. Mais il faut être réaliste, si on ne gagne pas plus on ne s'en sortira pas. Sur le plan individuel, il y a tout de même des satisfactions. Matthieu, vous êtes l'un des meilleurs passeurs du championnat et Danijel vous vous êtes également montré décisif à plusieurs reprises.Dossevi : Oui, c'est bien mais il est compliqué de faire un bilan positif de ma saison puisque collectivement, jusqu'ici, elle n'est pas bonne. Dans une équipe, c'est le collectif qui prime, il est donc difficile de tirer la couverture à soi. Milicevic : Effectivement, il y a tout de même du positif. Et on a également la chance de jouer de belles affiches. On se frotte à d'excellents clubs. Monaco, Marseille, Paris c'est du très haut niveau. Cela me rappelle ce que j'ai connu avec Gand, en Ligue des Champions. On compare souvent les championnat belge et français mais quelles sont les principales différences entre ces deux-là ? Dossevi : En Belgique, le championnat est plus physique et rugueux qu'en Ligue 1. Au contraire ici, on mise plus sur les aspects technique et tactique. Il y a beaucoup plus d'impact dans le championnat belge. C'est la principale différence mais personnellement, je n'ai pas de préférence. Milicevic : Il y a une différence de qualité. En France, le rythme de jeu est nettement plus élevé. Vous êtes tous les deux encore sous contrat avec un club belge, respectivement le Standard de Liège et Gand. Vous avez suivi leurs performances ? Dossevi : Bien sûr ! Il y a eu des hauts et des bas, mais finalement le Standard réalise une belle saison. Il joue à nouveau les play-offs 1, il gagne la Coupe et il retrouve une stabilité qui lui faisait défaut ces dernières années. Une grande partie du mérite revient au coach, il a su garder une stabilité dans le groupe. C'est très bien, je suis vraiment content pour le club, l'entraîneur et les joueurs. Milicevic : Gand a réalisé une très belle série en 2018. Je pense tout de même qu'il va être compliqué de remporter le championnat, mais les Buffalos sont tout à fait capables d'aller chercher la deuxième place. Il y a vraiment un groupe de qualité. Votre prêt se termine en fin de saison. Votre avenir vous le voyez où ? Dossevi : J'en ai aucune idée, rien n'est décidé. En fin de saison, on se mettra tous autour d'une table, on discutera et on verra bien. Je suis ouvert à toutes les propositions. Milicevic : Je ne ferme aucune option mais pour le moment je suis à Metz. Je réfléchirai à mon avenir dans deux mois. La collaboration avec Metz pourrait se poursuivre même en cas de relégation ? Dossevi : Je ne pense pas mais si le club se maintient, je pourrais très bien rester ici. Milicevic : Honnêtement, je n'ai pas réfléchi à cette option. Et un retour en Belgique ? Dossevi : J'ai déjà connu la Coupe d'Europe avec le Standard, c'était une très belle expérience et il ne me déplairait pas de la renouveler mais pour le moment, je me concentre sur ma fin de saison avec Metz. Milicevic : Si je suis parti de Gand, ce n'est pas pour y revenir. Mais je ne ferme la porte à rien, dans le foot on ne sait jamais ce qu'il peut arriver, tout peut aller très vite. J'aimerais bien jouer à nouveau la Coupe d'Europe, c'est quelque chose de très important pour un joueur. Sebastien Gobbi