Lorsque Donny van de Beek (22) est revenu dans le noyau après une blessure aux ischio-jambiers, voici quelques semaines, Erik ten Hag s'est retrouvé face à un problème de luxe : David Neres, Dusan Tadic, Hakim Ziyech et le nouveau venu Quincy Promes occupant les postes offensifs, où devait-il aligner Van de Beek ?

Nous n'avons pas un seul patron sur le terrain. Chez nous, à l'Ajax, ça change tout le temps. " Donny van de Beek

" Peu importe la place ", rigolait Van de Beek. " Si cela m'intéressait, je le dirais. La saison dernière, j'ai livré quelques bons matches en 10, surtout avec Dusan en pointe. Lorsqu'il décrochait, je plongeais dans les espaces et je jouais un rôle important. Mais je peux aussi jouer en 8 et venir de plus loin. Cela dépend de l'adversaire : si celui-ci défend très bas, je peux parfaitement évoluer en médian défensif et être décisif malgré tout. L'entraîneur peut alors nous aligner tous en même temps. "

Big Five

Le lendemain, ses prédictions s'avéraient exactes. Face à une équipe de Groningen ultra-défensive, Erik ten Haag alignait son Big Five. Van de Beek évoluait en médian défensif dynamique, aux côtés de Lisandro Martínez. A la 79e minute, il partait en profondeur et recevait un excellent ballon de Ziyech dans la surface. Il le reprenait d'une volée croisée et offrait un but tout fait à Klaas Jan Huntelaar (2-0). La théorie était mise en pratique.

Donny van de Beek : " Quand je suis blessé, la moutarde me monte au nez. Car je veux toujours jouer. ", BELGAIMAGE
Donny van de Beek : " Quand je suis blessé, la moutarde me monte au nez. Car je veux toujours jouer. " © BELGAIMAGE

" De nos jours, les places et les systèmes, c'est très conceptuel ", dit Van de Beek. " Car dans les faits, ça se passe souvent différemment. Si je joue en 8 et que nous pressons, je me retrouve pratiquement à côté du numéro 10. En fait, dans ces cas-là, nous ne jouons qu'avec un médian défensif, un triangle renversé. Ça tourne et on ne peut plus parler de places fixes. Nous n'avons pas un seul patron, ça change tout le temps.

De plus, nous jouons ensemble depuis un bout de temps. Je sais comment Hakim, Dusan, David et Klaas Jan jouent, il y a des automatismes entre nous. Quincy est arrivé cette saison mais nous connaissons le football, nous savons instinctivement ce que nous devons faire, sans même nous parler. C'est pour cela que nous pouvons jouer aussi vite en phase de conclusion : nous nous comprenons mutuellement. Et le fait que l'entraîneur dispose d'autant d'options est un plus. En Ligue des Champions, s'il le faut, nous pouvons jouer différemment, plus défensivement, avec un autre bloc dans l'entrejeu."

The Class of 2019

La Ligue des Champions... Des mots magiques pour un joueur de football. A l'Ajax, on repense inévitablement à la saison dernière mais en football, tout va tellement vite qu'on n'a guère le temps de savourer. Il faut déjà penser au match suivant, qui est tout aussi important. L'Aajx a impressionné face au Bayern Munich, il a battu le Real Madrid et la Juventus, il a conquis le coeur des spectateurs de l'Europe entière tout en remportant le championnat et la Coupe des Pays Bas. C'est bien mais c'est déjà du passé. On ne parlera plus de la Class of 2019 que dans les documentaires et les livres d'histoire.

Ce que nous avons fait la saison dernière était exceptionnel. Il sera difficile de faire aussi bien mais nous allons essayer. " Donny van de Beek

" Oui, tout va terriblement vite ", confirme Van de Beek. " Au point que nous oublions parfois de vraiment savourer ces moments uniques. En cours de saison, c'est très difficile, car il faut toujours faire un résultat trois jours plus tard. Mais quand on fait le compte, on se rend compte que ce qu'on a réalisé, c'est énorme. Nous avons vécu de belles choses mais comme les matches se succédaient rapidement, il y avait beaucoup de pression.

Après une belle victoire, on faisait la fête le soir, on en parlait encore un peu le lendemain matin mais à midi, on pensait déjà au match suivant. Heureusement, après la Ligue des Nations, nous avons eu des vacances et ce n'est qu'à ce moment-là que nous avons vraiment réalisé. Avec les copains, nous avons passé la saison en revue, avec le sourire. Là, nous avons compris : c'était exceptionnel et personne ne pourra nous le retirer. A Ibiza, j'ai savouré et j'ai retrouvé ma sérénité. Maintenant, je suis prêt à relever de nouveaux défis."

Real Madrid

Mais sous le maillot de l'Ajax. Pendant la période des transferts, on n'a parlé que de Frenkie, Matthijs et Donny aux Pays-Bas. Mais si le premier est parti à Barcelone et le deuxième, à Turin, le transfert de Van de Beek au Real Madrid a capoté. Après les départs de De Jong et De Ligt, l'Ajax n'a pas voulu laisser partir un troisième homme fort. Van de Beek a fait la une de tous les journaux espagnols mais les pièces du puzzle ne se sont pas imbriquées.

James Rodríguez et Gareth Bale sont restés à Madrid et le Real n'a pas bougé. Même pas lorsqu'il s'est avéré que son plan A, Paul Pogba, ne viendrait pas. Ce qui ne signifie pas que Van de Beek ne rejoindra pas bientôt Madrid...

A la Johan Cruijff Arena, le public a souvent chanté : " Donny nog een jaar, nog een jaar, Do-nny nog een jaar " (reste encore un an, Donny, ndlr). Il a obtenu gain de cause et un homme est particulièrement heureux qu'il soit resté.

Assis à une table de la cafeteria de De Toekomst, Sjaak Swart feuillette Voetbal International et Kicker. A 81 ans, Mister Ajax s'intéresse toujours de très près à tout ce qui touche au football. Il a son bloc de feuilles avec lui et il note tout : les statistiques, les numéros des joueurs...

Sjaak Swart

En le voyant, Van de Beek nous fait un clin d'oeil et dit, suffisamment fort pour être entendu : " Oh mon Dieu, on ne peut pas s'asseoir ailleurs ? " Swart relève la tête et sourit. Les deux hommes s'entendent très bien car, quand il évoluait en équipes d'âge, Van de Beek dormait régulièrement chez l'ex-star de l'Ajax afin d'éviter les longs déplacements vers Nijkerkerveen.

A la mi-août, dans l'émission Sportcafé de NH Radio, Swart avait surpris tout le monde en déclarant : " Donny va rester encore un an. Il y a un accord avec le Real Madrid. Avec Van de Beek, l'Ajax a davantage de chances d'être champion. "

Van de Beek préfère ne pas trop parler de cela. " Pour le moment, je suis très content d'être à l'Ajax. A un certain moment, les choses ont trop traîné. Je ne voyais et lisais pas tout mais on me rapportait les choses et ça me perturbait. Je suis encore jeune. Et même si j'étais un peu plus vieux, c'est toujours un peu dérangeant. Je ne suis qu'un homme. On a dit et écrit tellement de choses... Toujours faire la une des journaux, ce n'est pas gai. Quand tout cela a été fini, j'étais soulagé. "

Rembourser le club

Mais dans deux mois, le mercato ouvre à nouveau ses portes et il y a de grandes chances qu'on reparle chaque jour de l'avenir de Van de Beek. " Je ne veux pas partir à la trêve ", dit-il avec conviction. " Je terminerai la saison ici, à l'Ajax. C'est clair et ça m'apporte de la sérénité. Après, on verra.

Si les gens du Real sont au courant ? C'est sûr, tout le monde le sait. Il arrivera peut-être une fois au cours de ma carrière que je change de club en hiver mais pour le moment, je trouve ça nul d'abandonner ses équipiers en pleine saison alors qu'on a des objectifs ensemble. Je veux gagner quelque chose avec l'Ajax cette saison."

Van de Beek n'a cependant pas voulu prolonger son contrat. Probablement parce qu'il compte s'en aller prochainement. Les autres piliers de l'équipe, eux, ont resigné, avec une belle augmentation à la clef.

La direction lui a cependant proposé un meilleur contrat également. " Un très beau geste de la part du club ", dit Van de Beek. " J'ai toujours été très attaché à l'Ajax. J'essaye toujours de donner le meilleur de moi-même et le club a toujours été correct à mon égard. Je suis heureux d'avoir été récompensé et je veux rembourser le club en signant de belles prestations. "

Blessure

On sent que Van de Beek est heureux. Pourtant, il a eu sa dose de malchance. Il a repris le championnat avec deux buts et trois assists, démontrant ainsi que les péripéties de son transfert ne l'avaient pas véritablement affecté. Mais il s'est occasionné une élongation aux ischio-jambiers à l'entraînement et c'est de la tribune qu'il a assisté à la qualification de son équipe pour la Ligue des Champions ainsi qu'au beau parcours livré par l'Ajax jusqu'ici.

" Je suis content d'avoir retrouvé le terrain ", dit-il. " Mentalement, c'était très dur. Je n'avais jamais été blessé pour une aussi longue durée. J'aime jouer et, quand c'est impossible, je ne me sens pas bien. Je deviens nerveux, énervant même. Aujourd'hui, je suis plus calme. J'ai besoin de me dépenser sur un terrain.

Le football m'a manqué mais j'ai appris à l'apprécier davantage. Mes équipiers se sont bien débrouillés - qualification en Champions League et très bon début de parcours dans les poules - mais j'aurais tellement voulu être avec eux sur le terrain. Suivre un match depuis la tribune, c'est dur."

En accord avec le staff médical de l'Ajax, Van de Beek a effectué une partie de sa rééducation en dehors du club. " J'aurais pu tout faire à l'Ajax mais j'aurais sans cesse croisé des joueurs qui s'entraînaient et préparaient le prochain match. Cela m'aurait énervé. Je suis heureux de pouvoir tenir tout un match mais après la rencontre face à Sittard, je n'étais pas totalement satisfait. J'avais tenu et nous avions gagné 5-0 mais je savais que je pouvais jouer beaucoup mieux. Je suis très exigeant envers moi-même et je travaille dur. Je veux que tout aille vite mais, heureusement, mon entourage me freine parfois. "

Forcer le respect

Lors de la victoire à Valence (0-3), on a retrouvé le vrai Van de Beek. C'est ainsi qu'il a inscrit le troisième but de son équipe, pratiquement le même qu'à Tottenham. Quand il vient de loin, l'adversaire ne peut que difficilement le retenir. La différence, c'est que cette saison, tous les adversaires européens se méfient de l'Ajax.

" En Ligue des Champions, on tient compte de nous ", dit Van de Beek. " C'est bon pour le club, pour l'équipe et pour nos carrières respectives. Nous voulons tous nous imposer au plus haut niveau, forcer le respect. Valence, Chelsea et Lille ne sont sans doute pas très heureux d'être tombés dans notre poule.

" Je pense que nous pouvons toujours jouer notre jeu, comme la saison dernière. Il faut voir comment l'adversaire va nous attendre mais j'estime que nous devons toujours faire le jeu, indépendamment du lieu ou de l'adversaire. Nous avons plus de chances d'obtenir de bons résultats en jouant de la sorte. "

Entre-temps, les nouveaux semblent s'être adaptés à la vitesse de l'éclair. Selon le médian, le club a suffisamment de qualités pour avoir du succès. " Des nouveaux, c'est toujours chouette. Avec Lisandro Martínez, Edson Álvarez et Quincy, notre entrejeu est parfois complètement différent de celui de la saison dernière mais ils ont beaucoup de talent.

Ce que nous avons fait la saison dernière était exceptionnel, il sera difficile de faire aussi bien mais nous allons essayer. On attend beaucoup de nous, je ne sais pas si c'est réaliste. D'un autre côté, la saison dernière, personne ne s'attendait à ce que nous réussissions le doublé aux Pays-Bas tout en disputant les demi-finales de la Ligue des Champions."

Lorsque Donny van de Beek (22) est revenu dans le noyau après une blessure aux ischio-jambiers, voici quelques semaines, Erik ten Hag s'est retrouvé face à un problème de luxe : David Neres, Dusan Tadic, Hakim Ziyech et le nouveau venu Quincy Promes occupant les postes offensifs, où devait-il aligner Van de Beek ? " Peu importe la place ", rigolait Van de Beek. " Si cela m'intéressait, je le dirais. La saison dernière, j'ai livré quelques bons matches en 10, surtout avec Dusan en pointe. Lorsqu'il décrochait, je plongeais dans les espaces et je jouais un rôle important. Mais je peux aussi jouer en 8 et venir de plus loin. Cela dépend de l'adversaire : si celui-ci défend très bas, je peux parfaitement évoluer en médian défensif et être décisif malgré tout. L'entraîneur peut alors nous aligner tous en même temps. "Le lendemain, ses prédictions s'avéraient exactes. Face à une équipe de Groningen ultra-défensive, Erik ten Haag alignait son Big Five. Van de Beek évoluait en médian défensif dynamique, aux côtés de Lisandro Martínez. A la 79e minute, il partait en profondeur et recevait un excellent ballon de Ziyech dans la surface. Il le reprenait d'une volée croisée et offrait un but tout fait à Klaas Jan Huntelaar (2-0). La théorie était mise en pratique. " De nos jours, les places et les systèmes, c'est très conceptuel ", dit Van de Beek. " Car dans les faits, ça se passe souvent différemment. Si je joue en 8 et que nous pressons, je me retrouve pratiquement à côté du numéro 10. En fait, dans ces cas-là, nous ne jouons qu'avec un médian défensif, un triangle renversé. Ça tourne et on ne peut plus parler de places fixes. Nous n'avons pas un seul patron, ça change tout le temps. De plus, nous jouons ensemble depuis un bout de temps. Je sais comment Hakim, Dusan, David et Klaas Jan jouent, il y a des automatismes entre nous. Quincy est arrivé cette saison mais nous connaissons le football, nous savons instinctivement ce que nous devons faire, sans même nous parler. C'est pour cela que nous pouvons jouer aussi vite en phase de conclusion : nous nous comprenons mutuellement. Et le fait que l'entraîneur dispose d'autant d'options est un plus. En Ligue des Champions, s'il le faut, nous pouvons jouer différemment, plus défensivement, avec un autre bloc dans l'entrejeu." La Ligue des Champions... Des mots magiques pour un joueur de football. A l'Ajax, on repense inévitablement à la saison dernière mais en football, tout va tellement vite qu'on n'a guère le temps de savourer. Il faut déjà penser au match suivant, qui est tout aussi important. L'Aajx a impressionné face au Bayern Munich, il a battu le Real Madrid et la Juventus, il a conquis le coeur des spectateurs de l'Europe entière tout en remportant le championnat et la Coupe des Pays Bas. C'est bien mais c'est déjà du passé. On ne parlera plus de la Class of 2019 que dans les documentaires et les livres d'histoire. " Oui, tout va terriblement vite ", confirme Van de Beek. " Au point que nous oublions parfois de vraiment savourer ces moments uniques. En cours de saison, c'est très difficile, car il faut toujours faire un résultat trois jours plus tard. Mais quand on fait le compte, on se rend compte que ce qu'on a réalisé, c'est énorme. Nous avons vécu de belles choses mais comme les matches se succédaient rapidement, il y avait beaucoup de pression. Après une belle victoire, on faisait la fête le soir, on en parlait encore un peu le lendemain matin mais à midi, on pensait déjà au match suivant. Heureusement, après la Ligue des Nations, nous avons eu des vacances et ce n'est qu'à ce moment-là que nous avons vraiment réalisé. Avec les copains, nous avons passé la saison en revue, avec le sourire. Là, nous avons compris : c'était exceptionnel et personne ne pourra nous le retirer. A Ibiza, j'ai savouré et j'ai retrouvé ma sérénité. Maintenant, je suis prêt à relever de nouveaux défis." Mais sous le maillot de l'Ajax. Pendant la période des transferts, on n'a parlé que de Frenkie, Matthijs et Donny aux Pays-Bas. Mais si le premier est parti à Barcelone et le deuxième, à Turin, le transfert de Van de Beek au Real Madrid a capoté. Après les départs de De Jong et De Ligt, l'Ajax n'a pas voulu laisser partir un troisième homme fort. Van de Beek a fait la une de tous les journaux espagnols mais les pièces du puzzle ne se sont pas imbriquées. James Rodríguez et Gareth Bale sont restés à Madrid et le Real n'a pas bougé. Même pas lorsqu'il s'est avéré que son plan A, Paul Pogba, ne viendrait pas. Ce qui ne signifie pas que Van de Beek ne rejoindra pas bientôt Madrid... A la Johan Cruijff Arena, le public a souvent chanté : " Donny nog een jaar, nog een jaar, Do-nny nog een jaar " (reste encore un an, Donny, ndlr). Il a obtenu gain de cause et un homme est particulièrement heureux qu'il soit resté. Assis à une table de la cafeteria de De Toekomst, Sjaak Swart feuillette Voetbal International et Kicker. A 81 ans, Mister Ajax s'intéresse toujours de très près à tout ce qui touche au football. Il a son bloc de feuilles avec lui et il note tout : les statistiques, les numéros des joueurs... En le voyant, Van de Beek nous fait un clin d'oeil et dit, suffisamment fort pour être entendu : " Oh mon Dieu, on ne peut pas s'asseoir ailleurs ? " Swart relève la tête et sourit. Les deux hommes s'entendent très bien car, quand il évoluait en équipes d'âge, Van de Beek dormait régulièrement chez l'ex-star de l'Ajax afin d'éviter les longs déplacements vers Nijkerkerveen. A la mi-août, dans l'émission Sportcafé de NH Radio, Swart avait surpris tout le monde en déclarant : " Donny va rester encore un an. Il y a un accord avec le Real Madrid. Avec Van de Beek, l'Ajax a davantage de chances d'être champion. " Van de Beek préfère ne pas trop parler de cela. " Pour le moment, je suis très content d'être à l'Ajax. A un certain moment, les choses ont trop traîné. Je ne voyais et lisais pas tout mais on me rapportait les choses et ça me perturbait. Je suis encore jeune. Et même si j'étais un peu plus vieux, c'est toujours un peu dérangeant. Je ne suis qu'un homme. On a dit et écrit tellement de choses... Toujours faire la une des journaux, ce n'est pas gai. Quand tout cela a été fini, j'étais soulagé. " Mais dans deux mois, le mercato ouvre à nouveau ses portes et il y a de grandes chances qu'on reparle chaque jour de l'avenir de Van de Beek. " Je ne veux pas partir à la trêve ", dit-il avec conviction. " Je terminerai la saison ici, à l'Ajax. C'est clair et ça m'apporte de la sérénité. Après, on verra. Si les gens du Real sont au courant ? C'est sûr, tout le monde le sait. Il arrivera peut-être une fois au cours de ma carrière que je change de club en hiver mais pour le moment, je trouve ça nul d'abandonner ses équipiers en pleine saison alors qu'on a des objectifs ensemble. Je veux gagner quelque chose avec l'Ajax cette saison." Van de Beek n'a cependant pas voulu prolonger son contrat. Probablement parce qu'il compte s'en aller prochainement. Les autres piliers de l'équipe, eux, ont resigné, avec une belle augmentation à la clef. La direction lui a cependant proposé un meilleur contrat également. " Un très beau geste de la part du club ", dit Van de Beek. " J'ai toujours été très attaché à l'Ajax. J'essaye toujours de donner le meilleur de moi-même et le club a toujours été correct à mon égard. Je suis heureux d'avoir été récompensé et je veux rembourser le club en signant de belles prestations. " On sent que Van de Beek est heureux. Pourtant, il a eu sa dose de malchance. Il a repris le championnat avec deux buts et trois assists, démontrant ainsi que les péripéties de son transfert ne l'avaient pas véritablement affecté. Mais il s'est occasionné une élongation aux ischio-jambiers à l'entraînement et c'est de la tribune qu'il a assisté à la qualification de son équipe pour la Ligue des Champions ainsi qu'au beau parcours livré par l'Ajax jusqu'ici. " Je suis content d'avoir retrouvé le terrain ", dit-il. " Mentalement, c'était très dur. Je n'avais jamais été blessé pour une aussi longue durée. J'aime jouer et, quand c'est impossible, je ne me sens pas bien. Je deviens nerveux, énervant même. Aujourd'hui, je suis plus calme. J'ai besoin de me dépenser sur un terrain. Le football m'a manqué mais j'ai appris à l'apprécier davantage. Mes équipiers se sont bien débrouillés - qualification en Champions League et très bon début de parcours dans les poules - mais j'aurais tellement voulu être avec eux sur le terrain. Suivre un match depuis la tribune, c'est dur." En accord avec le staff médical de l'Ajax, Van de Beek a effectué une partie de sa rééducation en dehors du club. " J'aurais pu tout faire à l'Ajax mais j'aurais sans cesse croisé des joueurs qui s'entraînaient et préparaient le prochain match. Cela m'aurait énervé. Je suis heureux de pouvoir tenir tout un match mais après la rencontre face à Sittard, je n'étais pas totalement satisfait. J'avais tenu et nous avions gagné 5-0 mais je savais que je pouvais jouer beaucoup mieux. Je suis très exigeant envers moi-même et je travaille dur. Je veux que tout aille vite mais, heureusement, mon entourage me freine parfois. " Lors de la victoire à Valence (0-3), on a retrouvé le vrai Van de Beek. C'est ainsi qu'il a inscrit le troisième but de son équipe, pratiquement le même qu'à Tottenham. Quand il vient de loin, l'adversaire ne peut que difficilement le retenir. La différence, c'est que cette saison, tous les adversaires européens se méfient de l'Ajax. " En Ligue des Champions, on tient compte de nous ", dit Van de Beek. " C'est bon pour le club, pour l'équipe et pour nos carrières respectives. Nous voulons tous nous imposer au plus haut niveau, forcer le respect. Valence, Chelsea et Lille ne sont sans doute pas très heureux d'être tombés dans notre poule. " Je pense que nous pouvons toujours jouer notre jeu, comme la saison dernière. Il faut voir comment l'adversaire va nous attendre mais j'estime que nous devons toujours faire le jeu, indépendamment du lieu ou de l'adversaire. Nous avons plus de chances d'obtenir de bons résultats en jouant de la sorte. " Entre-temps, les nouveaux semblent s'être adaptés à la vitesse de l'éclair. Selon le médian, le club a suffisamment de qualités pour avoir du succès. " Des nouveaux, c'est toujours chouette. Avec Lisandro Martínez, Edson Álvarez et Quincy, notre entrejeu est parfois complètement différent de celui de la saison dernière mais ils ont beaucoup de talent. Ce que nous avons fait la saison dernière était exceptionnel, il sera difficile de faire aussi bien mais nous allons essayer. On attend beaucoup de nous, je ne sais pas si c'est réaliste. D'un autre côté, la saison dernière, personne ne s'attendait à ce que nous réussissions le doublé aux Pays-Bas tout en disputant les demi-finales de la Ligue des Champions."