A quel moment l'équipe de France est-elle entrée dans la spirale de la déroute ?

Raymond Domenech : J'ai compris que quelque chose avait basculé en 2008 quand j'ai vu comment les jeunes se comportaient avec Thuram, avec Sagnol, avec Makelele. Je me suis dit : "Tiens, un nouveau monde se met en place." Il n'y avait plus les mêmes règles et honnêtement, je n'ai pas su m'adapter à ça... Je suis resté... old school... Bien sûr, il y a l'inconscience de la jeunesse, j'ai eu vingt ans, des conneries j'en ai fait, autant qu'eux, si ce n'est plus. Ça se voyait moins à l'époque...

Les querelles de générations, cela existe depuis toujours, pourtant. Sylvain Wiltord, quand il arrive à l'hiver 1998-99, il tranche avec les autres...

Oui, bien sûr, mais il ne faut pas qu'ils soient trop nombreux et les vieux doivent être dominants. On trouve l'équilibre quand les jeunes sont encore en dessous et qu'ils doivent ramer pour y arriver. Il faut d'abord gagner quelque chose, que l'argent qu'on gagne soit justifié par une performance. Il ne faut pas que la feuille de paie d'un joueur soit juste la possibilité pour un club de faire un contrat mirobolant en transférant le mec. Longtemps, le joueur devait d'abord être performant pour être rémunéré en conséquence. C'est devenu l'inverse. On fait des projections sur des jeunes de même pas vingt ans en les payant très cher pour réaliser des transferts, qu'ils aient gagné ou non... Les titres, tout le monde s'en tape. Ils sont dans cette logique jusqu'à ce qu'ils arrivent vers vingt-sept, vingt-huit ans et qu'ils se disent qu'il serait temps de gagner enfin quelque chose...

Par Rico Rizzitelli

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A quel moment l'équipe de France est-elle entrée dans la spirale de la déroute ?Raymond Domenech : J'ai compris que quelque chose avait basculé en 2008 quand j'ai vu comment les jeunes se comportaient avec Thuram, avec Sagnol, avec Makelele. Je me suis dit : "Tiens, un nouveau monde se met en place." Il n'y avait plus les mêmes règles et honnêtement, je n'ai pas su m'adapter à ça... Je suis resté... old school... Bien sûr, il y a l'inconscience de la jeunesse, j'ai eu vingt ans, des conneries j'en ai fait, autant qu'eux, si ce n'est plus. Ça se voyait moins à l'époque...Les querelles de générations, cela existe depuis toujours, pourtant. Sylvain Wiltord, quand il arrive à l'hiver 1998-99, il tranche avec les autres...Oui, bien sûr, mais il ne faut pas qu'ils soient trop nombreux et les vieux doivent être dominants. On trouve l'équilibre quand les jeunes sont encore en dessous et qu'ils doivent ramer pour y arriver. Il faut d'abord gagner quelque chose, que l'argent qu'on gagne soit justifié par une performance. Il ne faut pas que la feuille de paie d'un joueur soit juste la possibilité pour un club de faire un contrat mirobolant en transférant le mec. Longtemps, le joueur devait d'abord être performant pour être rémunéré en conséquence. C'est devenu l'inverse. On fait des projections sur des jeunes de même pas vingt ans en les payant très cher pour réaliser des transferts, qu'ils aient gagné ou non... Les titres, tout le monde s'en tape. Ils sont dans cette logique jusqu'à ce qu'ils arrivent vers vingt-sept, vingt-huit ans et qu'ils se disent qu'il serait temps de gagner enfin quelque chose...Par Rico RizzitelliRetrouvez l'intégralité de l'interview dans votre Sport/Foot Magazine