Cinq ! C'est le nombre de fautes commises par les Belges en 90 minutes contre la Suisse à Lucerne (5-2). Le 6 juillet, face au Brésil, leur match-référence par excellence (2-1), ils en avaient commis 16 en 95 minutes. Ça en dit long sur l'intensité affichée lors des deux rencontres. Une très bonne qui avait mis la Belgique sur orbite vers une troisième place historique en Coupe du monde, une très mauvaise au cours de laquelle les Diables sont devenus des anges.
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Cinq ! C'est le nombre de fautes commises par les Belges en 90 minutes contre la Suisse à Lucerne (5-2). Le 6 juillet, face au Brésil, leur match-référence par excellence (2-1), ils en avaient commis 16 en 95 minutes. Ça en dit long sur l'intensité affichée lors des deux rencontres. Une très bonne qui avait mis la Belgique sur orbite vers une troisième place historique en Coupe du monde, une très mauvaise au cours de laquelle les Diables sont devenus des anges. Tactiquement, à Kazan, la Belgique avait joué à quatre derrière, avec Marouane Fellaini dans l'entrejeu et Romelu Lukaku décalé sur le flanc. Faux neuf reconverti en médian en perte de balle, Kevin De Bruyne assurait la transition. Sur le flanc gauche, Eden Hazard avait beaucoup de liberté. À Lucerne, Roberto Martínez a aussi joué avec un faux neuf : Dries Mertens. Il avait déjà tenté la formule en match amical et ça n'avait pas été un grand succès. Encore moins cette fois. Les Belges jouaient à trois derrière (et parfois à cinq), l'entrejeu était déséquilibré et les attaquants n'ont pressé en perte de balle qu'en début de match. Ce sont là quelques-unes des raisons de la débâcle. Theworst number one in the world ranking ever, pouvait-on lire dimanche soir sur Twitter. Nous n'irons pas jusque là mais, sans concentration ni talent, nous avons en effet une équipe moyenne. La concentration n'y était pas. Les seizième et dix-septièmes matches internationaux de l'année (un record) étaient de trop. Mardi, nous avions passé le temps de midi à l'hôtel à Tubize. L'ambiance était bonne, il y avait beaucoup de va et vient. Des gens avec dossiers sous le bras, des agents de joueurs ou des avocats pour faire signer des contrats en tout genre... Les stars ne sont pas souvent en Belgique et quand elles sont là, Roberto Martinez leur laisse bien plus de temps que son prédécesseur pour parler affaires. Ses Diables lui apportent beaucoup et il le leur rend bien. Une heure avant l'entraînement, Kylian Hazard est même venu saluer ses frères avec sa compagne et son bébé. Une belle image dans un coin du lobby. Ils ne se voient pas si souvent, il n'y a pas de mal. Mais les photographes râlaient : aucune photo n'est autorisée dans le lobby. C'était l'ambiance chill qui régnait à deux jours du match contre l'Islande. Yannick Carrasco, lui, n'était pas là : son passeport n'était pas en règle. Impardonnable car il savait tout de même depuis des semaines que ce match avait lieu. Ça démontre peut-être aussi qu'après avoir donné le meilleur d'eux-mêmes en Russie, les Diables ont abordé cette campagne en étant sûrs d'eux mais aussi un peu nonchalants. Dès lors, ils n'auront pas l'occasion d'entrer dans l'histoire en devenant, en juin prochain, les premiers vainqueurs de la Ligue des Nations. Cela les empêchera-t-il de dormir ? Probablement pas. Cette défaite entache-t-elle une belle année ? Certainement. Et c'est particulièrement dommage pour la génération qui, après 2020, devra reprendre le flambeau. Elle ratera deux gros matches cet été. Mais ça s'arrête là. Que nous ont appris les matches Belgique-Islande et Suisse-Belgique ? Que quand on est en méforme dans son club, ça se paye aussi au niveau international. On avait déjà trouvé Vincent Kompany très hésitant face aux Vikings et ça s'est confirmé à Lucerne. Avant la Coupe du monde aussi, certains jouaient moins dans leur club (Thomas Vermaelen, Nacer Chadli, Fellaini) mais des entraînements spécifiques et une plus grande concentration pendant trois semaines de préparation leur avaient permis d'accrocher le wagon. Ce ne fut pas le cas cette semaine où tout était trop amical. Kompany n'a encore joué que 90 minutes de championnat cette saison et il n'a été qu'une fois titulaire en Coupe d'Europe. Tout cela démontre qu'à City, il perd du terrain. Et cette semaine, on a compris pourquoi. Balle au pied, son talent est intact mais il n'est plus aussi intransigeant en défense. La Belgique compte deux joueurs qui, en principe, doivent être durs sur l'homme : Kompany et Vermaelen. Un n'était pas là, l'autre n'a pas fait son boulot. En plein championnat, les clubs et les pays ont souvent des intérêts divergents. C'est le cas au printemps - c'est pourquoi il y a souvent des blessés pour les matches internationaux en mars - et en novembre. Manchester United ne voulait pas que Fellaini et Lukaku jouent. Martinez a peut-être commis l'erreur de ne pas insister pour qu'ils viennent tout de même. Ou alors, il n'a pas été suffisamment égoïste pour aller à l'encontre des intérêts du club. Cela démontre qu'il n'accordait pas tant d'importance que cela au Final Four de l'été prochain. À Lucerne, les Diables ont payé cher leur manque de puissance. Peut-être Martinez voit-il cette période entre deux grands tournois comme une sorte d'inventaire, de revue des troupes capables de succéder aux valeurs sûres actuelles. Ces matches donnent une belle image de leurs capacités. C'est ce qui expliquerait la présence dans le noyau d'un Leander Dendoncker, qui est à peine sur le banc en Angleterre. Ou d'un Brandon Mechele, qui n'a pas encore joué de match international à enjeu. Sans parler de Divock Origi, qui est loin de la forme affichée il y a quatre ans mais avec qui Martinez veut garder le contact. Conclusion : la relève n'est pas encore prête. Les joueurs susmentionnés n'ont pas démontré à l'entraînement qu'ils pouvaient être titulaires. On a donc gardé les autres (Youri Tielemans, Kompany, Chadli, Mertens), même s'ils n'étaient pas en forme dans leur club. Et ça s'est confirmé. Tielemans est bon balle au pied mais, quand la pression monte, il disparaît : trop gentil ! On l'a déjà vu lors de Monaco-Bruges. Pareil pour Chadli. Hormis son tir sur le montant, Mertens était déjà mauvais contre l'Islande et, après un bon début à Lucerne, il a disparu du radar. Face à l'Islande, Thorgan Hazard s'est surtout mis au service de son frère. En Suisse, il s'est montré efficace dans un premier temps puis on ne l'a plus vu. Hans Vanaken aurait pu entrer dans l'entrejeu mais ce n'est pas non plus lui qui va au duel. À eux de progresser d'ici le début de la phase qualificative, en mars. Sommes-nous les plus mauvais numéros un mondiaux de l'histoire, comme l'a tweeté quelqu'un dimanche ? Non mais s'ils ne sont pas au complet et pas concentrés, les Diables Rouges peuvent être très moyens...