La rumeur a décollé avec une telle insistance que, l'espace d'une poignée d'heures, elle a éclipsé l'atterrissage à Bakou de Chelsea, quand Eden Hazard se préparait à disputer son dernier match sous le maillot blue. Lâchée dans la presse catalane, la bombe a provoqué des secousses jusqu'en Belgique : le Barça aurait placé le nom de Roberto Martinez en très bonne place sur sa short-list pour pallier le départ d'un Ernesto Valverde au bilan jugé insuffisant, malgré quatre trophées conquis en deux saisons.

De retour de son prêt à Leicester, Tielemans ne devrait pas faire de vieux os sur le Rocher. Il peut compter sur de nombreux courtisans en Premier League.

Ce n'est pas la première fois que le nom du sélectionneur des Diables est lié à un retour au pays. Lors du renvoi de Julen Lopetegui, son nom avait circulé du côté du Real Madrid, tandis que la Fédération espagnole avait même eu l'audace de le contacter quelques heures avant le quart de finale historique de la Belgique contre le Brésil de Neymar. Jamais, la fumée ne s'est transformée en incendie.

Le Barça, quant à lui, avait frappé une première fois à la porte de Martinez à l'été 2014. Alors manager d'Everton, ayant mené les Toffees dans le top 5 de la Premier League pour sa première saison à Goodison Park, il avait été approché par le Barça, en quête d'un nouveau coach après une année décevante sous les ordres de Gerardo Martino. Finalement, c'est Luis Enrique qui avait décroché la timbale, emmenant les Blaugranas vers un prodigieux triplé douze mois plus tard.

Les mots de Josep Bartomeu, président du club catalan, ont rassuré Ernesto Valverde et les décideurs de l'Union belge, soulagés de se voir ôter un dossier épineux du pied. Un petit coup de clim' dans un été qui s'annonce particulièrement brûlant pour le produit noir-jaune-rouge.

DES DIABLES EN ALLEMAGNE

Certains n'ont même pas attendu la fin du mois de mai pour faire leurs cartons. C'est évidemment le cas de Vincent Kompany, dont on a déjà tout dit. Sa doublure officielle chez les Diables, Dedryck Boyata, a déménagé dans une atmosphère bien plus discrète, quittant le Celtic avec un nouveau titre en poche - le quatrième consécutif - pour troquer le maillot vert et blanc contre les rayures du Hertha Berlin.

Cela faisait déjà plusieurs mois que le club-phare de la capitale allemande avait jeté son dévolu sur le Diable rouge, mais le père du joueur a temporisé pour chercher d'autres points de chute potentiels pour sa progéniture. Les candidats ne se bousculant pas au portillon, et les clubs du bas de tableau anglais qui s'étaient montrés intéressés n'étant pas spécialement plus généreux que les Allemands, le deal s'est finalement conclu avec le sourire pour un Boyata qui va enfin recevoir sa chance dans une grande compétition continentale. Il vient grossir les rangs du contingent belge au sein d'une Bundesliga qui pourrait bientôt accueillir Leandro Trossard. Le capitaine de Genk, auréolé de son titre de champion de Belgique, pourrait rejoindre un club du subtop chez les Teutons. C'est le nom de Wolfsburg qui revient avec le plus d'insistance à l'heure d'évoquer l'avenir du Limbourgeois.

Thorgan Hazard a troqué un Borussia pour un autre., getty
Thorgan Hazard a troqué un Borussia pour un autre. © getty

En Allemagne, Thorgan Hazard a joué le rôle principal de l'un des premiers gros mouvements de l'été. Le maître à jouer des Fohlen rejoint un Borussia Dortmund qui lui faisait la cour depuis plus d'un an. Durant la Coupe du monde déjà, Lucien Favre, son ancien coach à Gladbach tout juste nommé chez les Schwarzgelben, le courtisait par téléphone interposé, pour le convaincre de le rejoindre au plus vite du côté du Signal Iduna Park. Le clan Hazard a freiné le transfert, notamment pour des raisons de logistique familiale, empêchant que le deal se conclue dès l'été 2018, mais l'intérêt mutuel entre les deux parties n'a jamais cessé, pour finalement trouver une conclusion dès le printemps suivant. Loin des 40 millions annoncés, le transfert a été bouclé autour d'un montant initial de 25 millions d'euros, assorti de nombreux bonus qui ne seront pas spécialement levés dans les mois à venir.

EDEN ET KOEN CHEZ LES TÉNORS ESPAGNOLS ?

Au sein de la fratrie la plus célèbre du pays, l'attention pouvait désormais se tourner sur le futur d'Eden Hazard, lié avec insistance au Real Madrid depuis de longs mois. Si les premiers contacts informels entre Eden et la Casa Blanca remontent déjà à 2016, c'est la première fois qu'un transfert est réellement à l'ordre du jour. L'été dernier, le franchise player des Blues de Chelsea avait rapidement compris que son avenir immédiat se jouerait encore à Stamford Bridge.

Sortis d'une saison manquée, les hommes de Roman Abramovitch ne pouvaient pas se permettre de perdre leur joueur-clé au coeur de l'été, et ont fermé la porte à un départ d'Hazard dans la foulée du Mondial en lui promettant de le laisser partir en fin de saison. Restait alors à trouver un accord sur le prix du transfert, manoeuvre délicate quand il ne reste qu'un an de contrat à l'une des plus grandes stars de la planète foot et Marina Granovskaia, particulièrement coriace en affaires, est à la table des négociations.

© belgaimage

En route vers l'Espagne, où il va retrouver son ancien coéquipier Thibaut Courtois désormais assuré d'un poste de numéro un incontestable entre les perches madrilènes, Eden pourrait être accompagné de Koen Casteels. Confronté au départ annoncé de Jasper Cillessen, prêt à quitter la Catalogne en quête de temps de jeu, le Barça aurait jeté son dévolu sur le gardien belge, excellent depuis plusieurs saisons en Allemagne, pour devenir la doublure de Marc-André ter Stegen. Il faudrait alors accepter de sortir très rarement de l'ombre de l'indéboulonnable portier allemand. En trois saisons au Barça, Cillessen n'a joué que 32 rencontres, essentiellement en Copa del Rey. Une moyenne dépassant à peine les dix matches par an qui doit faire réfléchir Casteels, à un an de l'EURO.

Mis de côté au PSG, Meunier peut compter sur l'intérêt de Naples, d'Everton et de l'Atlético mais il rêve de Manchester United.

Vu la situation problématique de Simon Mignolet, une nouvelle saison pleine de l'ancien de Genk conjuguée à une année supplémentaire sur le banc pour Big Sim pourrait redistribuer les cartes pour le rôle de numéro deux derrière l'intouchable Thibaut Courtois en équipe nationale.

LONDON CALLING

Un départ d'Angleterre est donc envisagé pour celui qui semble définitivement relégué dans la hiérarchie des gardiens de Liverpool, derrière l'intouchable Alisson Becker. Eden et Simon ne seraient d'ailleurs pas les seuls à franchir la Manche, qui risque d'être survolée par de nombreux talents estampillés noir-jaune-rouge cet été.

Dans le sens des arrivées, la plus souvent scénarisée est évidemment celle de Youri Tielemans. De retour de son prêt à Leicester, le wonder boy de Neerpede ne devrait pas faire de vieux os sur le Rocher. D'autant plus que le retour de Leonardo Jardim, qui ne tient pas le Belge en haute estime et avait été déçu de son rendement chez les Monégasques, barre un peu plus l'avenir du Diable rouge en Ligue 1. Tielemans peut par contre compter sur de nombreux courtisans en Premier League. Si Leicester devrait freiner face au prix réclamé par Monaco, augmenté par la réussite de Youri chez les Foxes, certaines entités du Big 6 pourraient voir son arrivée d'un bon oeil. Les deux clubs de Manchester seraient notamment attentifs à la situation du milieu de terrain, alors que les Spurs ne lâchent pas du regard celui qui pourrait venir renforcer un secteur qui se prépare au départ de Christian Eriksen.

Du côté de Tottenham, le produit belge est incontestablement fashion. L'hiver dernier, le club de Mauricio Pochettino s'est renseigné sur la situation de Michy Batshuayi, pour renforcer un secteur offensif alors trop dépendant de l'état de forme d'Harry Kane pour lutter sur 38 journées contre le rythme effréné imposé par City et Liverpool. Supersub des champions de Chelsea un an et demi plus tôt, Michy a préféré aller glaner du temps de jeu quelques kilomètres plus loin, à Crystal Palace. Les Eagles seraient d'ailleurs désireux de prolonger l'expérience, tout comme le joueur qui souhaite désormais se poser après des piges trop brèves à gauche et à droite pour devenir une référence. Le problème, c'est que sa valeur marchande semble trop élevée pour les pensionnaires de Selhurst Park, dont les caisses pourraient toutefois être renflouées par la vente juteuse de Wilfried Zaha, l'un des meilleurs joueurs de la saison anglaise hors Big 6.

© belgaimage

Le club du sud de Londres pourrait également enregistrer le départ de Christian Benteke, qui avait prévu de s'éloigner du haut niveau après la Coupe du monde 2018 qu'il a finalement loupée au moment du dernier cut effectué par Roberto Martinez dans la sélection. Un long voyage vers la Chine, où il pourrait retrouver son ami Marouane Fellaini, n'est donc pas à exclure, même si certains aspects retiennent encore l'enfant de Droixhe dans la capitale anglaise. Nourris par un salaire exorbitant, décroché alors que Benteke était encore un joueur de Liverpool et devait devenir la star de Palace, Big Ben et sa femme apprécient la vie à Londres, une ville où les footballeurs professionnels peuvent se promener presque normalement dans les rues sans être arrêtés constamment par une horde de fans en quête de selfies.

Toujours à Londres, Jan Vertonghen et Toby Alderweireld ont réussi leur saison la plus folle chez les Spurs. Si le premier cité devrait prolonger son bail dans un club dont il est devenu l'un des symboles, Toby pourrait profiter de sa clause libératoire, fixée à 28 millions d'euros jusqu'à deux semaines avant la fin du mercato, pour changer d'air. Cette subtilité dans son contrat lui permet ainsi d'échapper à l'intransigeance de Daniel Levy, président du club, réputé pour être l'un des hommes les plus durs en affaires des Îles britanniques sur le marché des transferts. Géré de façon particulièrement stricte, le club londonien serait ainsi l'un des plus avares en termes de salaire au sein de la Premier League. Une donnée qui a probablement incité Mousa Dembélé à accepter plus volontiers un départ vers la Chine voici quelques mois.

LE RETOUR DE YANNICK

D'extrême-Orient, précisément, Roberto Martinez espère enregistrer le retour de Yannick Carrasco. Devenu moins compétitif depuis plusieurs mois, au point d'être relégué au second plan par le sélectionneur, l'ancien ailier de l'Atlético mise tout sur un retour en Europe cet été. L'hiver dernier, déjà, il avait fait le forcing pour quitter la Chine, misant sur les convoitises d'Arsenal et du Milan pour faire son come-back sur le Vieux Continent. Un accord était proche avec les Italiens, mais les Chinois sont particulièrement durs en affaire et ne laisseront pas le joueur-phare de leur projet quitter le club sans lui mettre quelques bâtons financiers dans les roues.

Au coeur d'une aventure qui prend des allures de prison dorée, Carrasco cache mal son impatience de revenir en Europe. Revigoré par un championnat au rythme moins intense que les entraînements exténuants de Diego Simeone, il a retrouvé toutes ses sensations, et les problèmes de genou qui l'avaient incité à quitter le haut niveau semblent désormais derrière lui. Rassuré sur l'état de son " genou de grand-père ", comme il l'appelait alors, notamment grâce au suivi quotidien d'un kinésithérapeute qu'il a emmené sur place, Yannick est prêt à revenir dans la course à une place de titulaire chez les Diables via un retour dans un grand championnat européen.

Carrasco est rassuré par rapport à son " genou de grand-père " et rêve de quitter la Chine., belgaimage
Carrasco est rassuré par rapport à son " genou de grand-père " et rêve de quitter la Chine. © belgaimage

L'Italie, qui semble prête à l'accueillir - le Milan est toujours dans la course, mais ne connaît pas encore l'identité de son nouvel entraîneur - pourrait voir gonfler sa délégation belge dans les semaines à venir, puisque l'un ou l'autre dossier important pourrait connaître son dénouement dans la Botte.

LA BOTTE À LEURS PIEDS

De l'autre côté des Alpes aussi, le Belge a la cote. Auteur d'une saison aboutie sous les couleurs de la Sampdoria, Dennis Praet voit ainsi son nom lié à un départ vers la Juventus. La presse italienne ajoute que les Gunners d'Arsenal seraient également sur les rangs, suivant de près un club auquel ils ont acheté l'excellent milieu uruguayen Lucas Torreira l'été dernier.

Un peu plus au nord, c'est Timothy Castagne qui fait parler de lui. En difficulté en début de saison, le néo-Diable rouge a été l'un des hommes en vue de la fin de saison de l'Atalanta, surprenante troisième du Calcio et finaliste malheureuse de la Coppa. Des prestations qui ont éveillé l'intérêt de certaines grosses cylindrées de Serie A. Avant son départ inattendu de Milan, Leonardo en avait ainsi fait sa priorité pour renforcer le couloir droit de la défense des Rossoneri. Désormais, c'est le Napoli de Carlo Ancelotti qui tient la corde.

L'Inter Milan aurait jeté son dévolu sur Romelu Lukaku pour remplacer Mauro Icardi.

Après plusieurs saisons brillantes sur le flanc du San Paolo, le latéral albanais Elseid Hysaj va quitter le club, faute d'avoir trouvé un accord avec le président Aurelio De Laurentiis pour prolonger son contrat. Si les Partenopei devraient accueillir Giovanni Di Lorenzo, défenseur d'Empoli et piloté par le même agent qu'Hysaj, ils n'excluent pas l'arrivée de l'ancien de Genk pour l'installer dans leur ligne défensive. Naples a d'ailleurs soumis une première offre au clan Castagne, mais toutes les parties sont encore loin d'un accord.

Au Napoli, où Dries Mertens semble décidé à poursuivre son aventure pour titiller un peu plus le record de buts du club (102 buts inscrits par Antonio Vojak, 84 pour Mertens), un autre nom belge circule avec de plus en plus d'insistance. Le club serait très intéressé par les services de Thomas Meunier. L'ancien Brugeois se sent mis de côté par les dirigeants du PSG, et a rapidement compris qu'il n'était pas une priorité pour le coach Thomas Tuchel, dont le contrat a été prolongé dans la capitale française.

" Hey Rom, tu reviens au Sporting ? ", belgaimage
" Hey Rom, tu reviens au Sporting ? " © belgaimage

Meunier peut compter sur l'intérêt des Napolitains, mais aussi sur celui d'Everton et de l'Atlético, clubs qui ont déjà rencontré son agent. Le rêve ultime du flanc droit des Diables reste toutefois un départ pour Manchester United, dont le côté droit de la défense sera orphelin d'Antonio Valencia, qui quittera le club le mois prochain au terme de son contrat. Son unique crainte est de voir débarquer un arrière droit du top mondial qui pourrait le réinstaller dans une situation de doublure qu'il tente de fuir en quittant Paris. À Old Trafford, Meunier deviendrait sans doute le seul Belge, puisque Romelu Lukaku est plus que jamais sur le départ pour... l'Italie.

ROM' À MILAN ?

Depuis son plus jeune âge, Big Rom est fasciné par le Calcio et ses numéros 9 à l'ancienne, prédateurs des surfaces dont il semble être l'un des derniers héritiers. L'été dernier, il s'est adjoint les services d'un agent italien pour sonder le marché dans la Botte. Son rêve de rejoindre la Juventus a toutefois été congelé par l'arrivée en grandes pompes de Cristiano Ronaldo chez les Bianconeri.

Douze mois plus tard, une nouvelle porte semble s'ouvrir quelques kilomètres plus à l'est. En quête d'un attaquant pour préparer le départ probable de Mauro Icardi, en conflit avec les dirigeants depuis de longs mois, l'Inter aurait jeté son dévolu sur Romelu, tout en préparant l'arrivée conjointe d'Edin Dzeko. Conscients que le départ de Massimiliano Allegri et le chantier annoncé sur le mercato de la Juve ouvre une fenêtre inédite ces dernières saisons pour mettre à mal l'hégémonie des Bianconeri sur le Calcio, les dirigeants chinois de l'Inter sont prêts à mettre les grands moyens pour lutter pour le Scudetto. Les douze millions d'euros annuels offerts à Antonio Conte, futur coach des Nerazzurri, en sont une première preuve.

Conte n'a jamais caché son admiration pour le meilleur buteur de l'histoire des Diables. S'il avait finalement été poussé vers Manchester United par son agent Mino Raiola, un choix qu'il a sans doute regretté par la suite, Lukaku était la priorité d'Antonio Conte à l'aube de la saison 2017-2018. Pour remplacer Diego Costa, le manager italien avait prévu de construire son nouveau système offensif à Chelsea autour de Big Rom, mais avait finalement dû se contenter d'une arrivée d' Alvaro Morata pour sa dernière saison à Londres. Deux ans plus tard, le duo pourrait enfin se constituer à l'Inter, où Lukaku pourrait percevoir le plus gros salaire du club, bien supérieur à celui que reçoivent Icardi ou Nainggolan.

Au bout d'une saison délicate à United, après un été jalonné par d'importants problèmes privés, Romelu est prêt à se relancer à un an d'un EURO qui, selon ses dires, sera le dernier grand tournoi de sa carrière internationale. Comme une façon de s'obliger à tout donner pour offrir à la Belgique un titre retentissant, cent ans après le sacre olympique d'Anvers.

Par Guillaume Gautier, Peter T'Kint et Thomas Bricmont

Leur été sera calme

Tout juste confirmé comme titulaire entre les perches du Real, Thibaut Courtois aura à coeur de retrouver son meilleur niveau dans la capitale espagnole pour réinstaller la Casa Blanca au sommet du foot européen. Côté gardiens, difficile d'imaginer un transfert pour Matz Sels, l'une des révélations de la saison française et qualifié pour l'Europe avec Strasbourg.

En France toujours, Jason Denayer devrait poursuivre l'aventure lyonnaise, après un premier bail réussi au bord du Rhône. Pas de changement à prévoir non plus pour Leander Dendoncker, devenu un pion majeur du milieu de terrain des Wolves. Un raisonnement qui vaut aussi pour Axel Witsel, passé proche du sacre en Bundesliga pour sa première saison à Dortmund, et pour Kevin De Bruyne, champion pour la deuxième fois consécutive avec City au terme d'une saison pourrie par les blessures.

Les Brugeois Brandon Mechele et Hans Vanaken, tous deux membres du groupe élargi de Roberto Martinez depuis le début de saison, n'ont pas émis le souhait de quitter Bruges, et ne chercheront donc pas obstinément une porte de sortie. Un raisonnement qui vaut aussi pour Adnan Januzaj, auteur d'une belle saison malgré les blessures avec la Real Sociedad, et heureux au Pays Basque même si ses meilleures prestations pourraient attirer des convoitises.

Ils doivent jouer

Même si Samuel Umtiti pourrait quitter Barcelone, la percée de Clément Lenglet rend les perspectives de temps de jeu toujours aussi réduites pour Thomas Vermaelen au Camp Nou. L'ancien défenseur d'Arsenal rêve d'un retour en Premier League, mais sa santé fragile fait reculer la plupart des candidats acquéreurs.

Sur un Rocher décidément maudit pour les Belges, Nacer Chadli n'est jamais parvenu à se faire une place. Il devra retrouver du temps de jeu pour faire partie du voyage à l'EURO 2020. Divock Origi, sauveur de Liverpool dans un rôle de supersub en fin de saison, pourrait également aller chercher du temps de jeu ailleurs, vu la concurrence féroce qui s'annonce encore pour les postes offensifs dans la sélection de Roberto Martinez l'été prochain.

La rumeur a décollé avec une telle insistance que, l'espace d'une poignée d'heures, elle a éclipsé l'atterrissage à Bakou de Chelsea, quand Eden Hazard se préparait à disputer son dernier match sous le maillot blue. Lâchée dans la presse catalane, la bombe a provoqué des secousses jusqu'en Belgique : le Barça aurait placé le nom de Roberto Martinez en très bonne place sur sa short-list pour pallier le départ d'un Ernesto Valverde au bilan jugé insuffisant, malgré quatre trophées conquis en deux saisons. Ce n'est pas la première fois que le nom du sélectionneur des Diables est lié à un retour au pays. Lors du renvoi de Julen Lopetegui, son nom avait circulé du côté du Real Madrid, tandis que la Fédération espagnole avait même eu l'audace de le contacter quelques heures avant le quart de finale historique de la Belgique contre le Brésil de Neymar. Jamais, la fumée ne s'est transformée en incendie. Le Barça, quant à lui, avait frappé une première fois à la porte de Martinez à l'été 2014. Alors manager d'Everton, ayant mené les Toffees dans le top 5 de la Premier League pour sa première saison à Goodison Park, il avait été approché par le Barça, en quête d'un nouveau coach après une année décevante sous les ordres de Gerardo Martino. Finalement, c'est Luis Enrique qui avait décroché la timbale, emmenant les Blaugranas vers un prodigieux triplé douze mois plus tard. Les mots de Josep Bartomeu, président du club catalan, ont rassuré Ernesto Valverde et les décideurs de l'Union belge, soulagés de se voir ôter un dossier épineux du pied. Un petit coup de clim' dans un été qui s'annonce particulièrement brûlant pour le produit noir-jaune-rouge. Certains n'ont même pas attendu la fin du mois de mai pour faire leurs cartons. C'est évidemment le cas de Vincent Kompany, dont on a déjà tout dit. Sa doublure officielle chez les Diables, Dedryck Boyata, a déménagé dans une atmosphère bien plus discrète, quittant le Celtic avec un nouveau titre en poche - le quatrième consécutif - pour troquer le maillot vert et blanc contre les rayures du Hertha Berlin. Cela faisait déjà plusieurs mois que le club-phare de la capitale allemande avait jeté son dévolu sur le Diable rouge, mais le père du joueur a temporisé pour chercher d'autres points de chute potentiels pour sa progéniture. Les candidats ne se bousculant pas au portillon, et les clubs du bas de tableau anglais qui s'étaient montrés intéressés n'étant pas spécialement plus généreux que les Allemands, le deal s'est finalement conclu avec le sourire pour un Boyata qui va enfin recevoir sa chance dans une grande compétition continentale. Il vient grossir les rangs du contingent belge au sein d'une Bundesliga qui pourrait bientôt accueillir Leandro Trossard. Le capitaine de Genk, auréolé de son titre de champion de Belgique, pourrait rejoindre un club du subtop chez les Teutons. C'est le nom de Wolfsburg qui revient avec le plus d'insistance à l'heure d'évoquer l'avenir du Limbourgeois. En Allemagne, Thorgan Hazard a joué le rôle principal de l'un des premiers gros mouvements de l'été. Le maître à jouer des Fohlen rejoint un Borussia Dortmund qui lui faisait la cour depuis plus d'un an. Durant la Coupe du monde déjà, Lucien Favre, son ancien coach à Gladbach tout juste nommé chez les Schwarzgelben, le courtisait par téléphone interposé, pour le convaincre de le rejoindre au plus vite du côté du Signal Iduna Park. Le clan Hazard a freiné le transfert, notamment pour des raisons de logistique familiale, empêchant que le deal se conclue dès l'été 2018, mais l'intérêt mutuel entre les deux parties n'a jamais cessé, pour finalement trouver une conclusion dès le printemps suivant. Loin des 40 millions annoncés, le transfert a été bouclé autour d'un montant initial de 25 millions d'euros, assorti de nombreux bonus qui ne seront pas spécialement levés dans les mois à venir. Au sein de la fratrie la plus célèbre du pays, l'attention pouvait désormais se tourner sur le futur d'Eden Hazard, lié avec insistance au Real Madrid depuis de longs mois. Si les premiers contacts informels entre Eden et la Casa Blanca remontent déjà à 2016, c'est la première fois qu'un transfert est réellement à l'ordre du jour. L'été dernier, le franchise player des Blues de Chelsea avait rapidement compris que son avenir immédiat se jouerait encore à Stamford Bridge. Sortis d'une saison manquée, les hommes de Roman Abramovitch ne pouvaient pas se permettre de perdre leur joueur-clé au coeur de l'été, et ont fermé la porte à un départ d'Hazard dans la foulée du Mondial en lui promettant de le laisser partir en fin de saison. Restait alors à trouver un accord sur le prix du transfert, manoeuvre délicate quand il ne reste qu'un an de contrat à l'une des plus grandes stars de la planète foot et Marina Granovskaia, particulièrement coriace en affaires, est à la table des négociations. En route vers l'Espagne, où il va retrouver son ancien coéquipier Thibaut Courtois désormais assuré d'un poste de numéro un incontestable entre les perches madrilènes, Eden pourrait être accompagné de Koen Casteels. Confronté au départ annoncé de Jasper Cillessen, prêt à quitter la Catalogne en quête de temps de jeu, le Barça aurait jeté son dévolu sur le gardien belge, excellent depuis plusieurs saisons en Allemagne, pour devenir la doublure de Marc-André ter Stegen. Il faudrait alors accepter de sortir très rarement de l'ombre de l'indéboulonnable portier allemand. En trois saisons au Barça, Cillessen n'a joué que 32 rencontres, essentiellement en Copa del Rey. Une moyenne dépassant à peine les dix matches par an qui doit faire réfléchir Casteels, à un an de l'EURO. Vu la situation problématique de Simon Mignolet, une nouvelle saison pleine de l'ancien de Genk conjuguée à une année supplémentaire sur le banc pour Big Sim pourrait redistribuer les cartes pour le rôle de numéro deux derrière l'intouchable Thibaut Courtois en équipe nationale. Un départ d'Angleterre est donc envisagé pour celui qui semble définitivement relégué dans la hiérarchie des gardiens de Liverpool, derrière l'intouchable Alisson Becker. Eden et Simon ne seraient d'ailleurs pas les seuls à franchir la Manche, qui risque d'être survolée par de nombreux talents estampillés noir-jaune-rouge cet été. Dans le sens des arrivées, la plus souvent scénarisée est évidemment celle de Youri Tielemans. De retour de son prêt à Leicester, le wonder boy de Neerpede ne devrait pas faire de vieux os sur le Rocher. D'autant plus que le retour de Leonardo Jardim, qui ne tient pas le Belge en haute estime et avait été déçu de son rendement chez les Monégasques, barre un peu plus l'avenir du Diable rouge en Ligue 1. Tielemans peut par contre compter sur de nombreux courtisans en Premier League. Si Leicester devrait freiner face au prix réclamé par Monaco, augmenté par la réussite de Youri chez les Foxes, certaines entités du Big 6 pourraient voir son arrivée d'un bon oeil. Les deux clubs de Manchester seraient notamment attentifs à la situation du milieu de terrain, alors que les Spurs ne lâchent pas du regard celui qui pourrait venir renforcer un secteur qui se prépare au départ de Christian Eriksen. Du côté de Tottenham, le produit belge est incontestablement fashion. L'hiver dernier, le club de Mauricio Pochettino s'est renseigné sur la situation de Michy Batshuayi, pour renforcer un secteur offensif alors trop dépendant de l'état de forme d'Harry Kane pour lutter sur 38 journées contre le rythme effréné imposé par City et Liverpool. Supersub des champions de Chelsea un an et demi plus tôt, Michy a préféré aller glaner du temps de jeu quelques kilomètres plus loin, à Crystal Palace. Les Eagles seraient d'ailleurs désireux de prolonger l'expérience, tout comme le joueur qui souhaite désormais se poser après des piges trop brèves à gauche et à droite pour devenir une référence. Le problème, c'est que sa valeur marchande semble trop élevée pour les pensionnaires de Selhurst Park, dont les caisses pourraient toutefois être renflouées par la vente juteuse de Wilfried Zaha, l'un des meilleurs joueurs de la saison anglaise hors Big 6. Le club du sud de Londres pourrait également enregistrer le départ de Christian Benteke, qui avait prévu de s'éloigner du haut niveau après la Coupe du monde 2018 qu'il a finalement loupée au moment du dernier cut effectué par Roberto Martinez dans la sélection. Un long voyage vers la Chine, où il pourrait retrouver son ami Marouane Fellaini, n'est donc pas à exclure, même si certains aspects retiennent encore l'enfant de Droixhe dans la capitale anglaise. Nourris par un salaire exorbitant, décroché alors que Benteke était encore un joueur de Liverpool et devait devenir la star de Palace, Big Ben et sa femme apprécient la vie à Londres, une ville où les footballeurs professionnels peuvent se promener presque normalement dans les rues sans être arrêtés constamment par une horde de fans en quête de selfies. Toujours à Londres, Jan Vertonghen et Toby Alderweireld ont réussi leur saison la plus folle chez les Spurs. Si le premier cité devrait prolonger son bail dans un club dont il est devenu l'un des symboles, Toby pourrait profiter de sa clause libératoire, fixée à 28 millions d'euros jusqu'à deux semaines avant la fin du mercato, pour changer d'air. Cette subtilité dans son contrat lui permet ainsi d'échapper à l'intransigeance de Daniel Levy, président du club, réputé pour être l'un des hommes les plus durs en affaires des Îles britanniques sur le marché des transferts. Géré de façon particulièrement stricte, le club londonien serait ainsi l'un des plus avares en termes de salaire au sein de la Premier League. Une donnée qui a probablement incité Mousa Dembélé à accepter plus volontiers un départ vers la Chine voici quelques mois. D'extrême-Orient, précisément, Roberto Martinez espère enregistrer le retour de Yannick Carrasco. Devenu moins compétitif depuis plusieurs mois, au point d'être relégué au second plan par le sélectionneur, l'ancien ailier de l'Atlético mise tout sur un retour en Europe cet été. L'hiver dernier, déjà, il avait fait le forcing pour quitter la Chine, misant sur les convoitises d'Arsenal et du Milan pour faire son come-back sur le Vieux Continent. Un accord était proche avec les Italiens, mais les Chinois sont particulièrement durs en affaire et ne laisseront pas le joueur-phare de leur projet quitter le club sans lui mettre quelques bâtons financiers dans les roues. Au coeur d'une aventure qui prend des allures de prison dorée, Carrasco cache mal son impatience de revenir en Europe. Revigoré par un championnat au rythme moins intense que les entraînements exténuants de Diego Simeone, il a retrouvé toutes ses sensations, et les problèmes de genou qui l'avaient incité à quitter le haut niveau semblent désormais derrière lui. Rassuré sur l'état de son " genou de grand-père ", comme il l'appelait alors, notamment grâce au suivi quotidien d'un kinésithérapeute qu'il a emmené sur place, Yannick est prêt à revenir dans la course à une place de titulaire chez les Diables via un retour dans un grand championnat européen. L'Italie, qui semble prête à l'accueillir - le Milan est toujours dans la course, mais ne connaît pas encore l'identité de son nouvel entraîneur - pourrait voir gonfler sa délégation belge dans les semaines à venir, puisque l'un ou l'autre dossier important pourrait connaître son dénouement dans la Botte. De l'autre côté des Alpes aussi, le Belge a la cote. Auteur d'une saison aboutie sous les couleurs de la Sampdoria, Dennis Praet voit ainsi son nom lié à un départ vers la Juventus. La presse italienne ajoute que les Gunners d'Arsenal seraient également sur les rangs, suivant de près un club auquel ils ont acheté l'excellent milieu uruguayen Lucas Torreira l'été dernier. Un peu plus au nord, c'est Timothy Castagne qui fait parler de lui. En difficulté en début de saison, le néo-Diable rouge a été l'un des hommes en vue de la fin de saison de l'Atalanta, surprenante troisième du Calcio et finaliste malheureuse de la Coppa. Des prestations qui ont éveillé l'intérêt de certaines grosses cylindrées de Serie A. Avant son départ inattendu de Milan, Leonardo en avait ainsi fait sa priorité pour renforcer le couloir droit de la défense des Rossoneri. Désormais, c'est le Napoli de Carlo Ancelotti qui tient la corde. Après plusieurs saisons brillantes sur le flanc du San Paolo, le latéral albanais Elseid Hysaj va quitter le club, faute d'avoir trouvé un accord avec le président Aurelio De Laurentiis pour prolonger son contrat. Si les Partenopei devraient accueillir Giovanni Di Lorenzo, défenseur d'Empoli et piloté par le même agent qu'Hysaj, ils n'excluent pas l'arrivée de l'ancien de Genk pour l'installer dans leur ligne défensive. Naples a d'ailleurs soumis une première offre au clan Castagne, mais toutes les parties sont encore loin d'un accord. Au Napoli, où Dries Mertens semble décidé à poursuivre son aventure pour titiller un peu plus le record de buts du club (102 buts inscrits par Antonio Vojak, 84 pour Mertens), un autre nom belge circule avec de plus en plus d'insistance. Le club serait très intéressé par les services de Thomas Meunier. L'ancien Brugeois se sent mis de côté par les dirigeants du PSG, et a rapidement compris qu'il n'était pas une priorité pour le coach Thomas Tuchel, dont le contrat a été prolongé dans la capitale française. Meunier peut compter sur l'intérêt des Napolitains, mais aussi sur celui d'Everton et de l'Atlético, clubs qui ont déjà rencontré son agent. Le rêve ultime du flanc droit des Diables reste toutefois un départ pour Manchester United, dont le côté droit de la défense sera orphelin d'Antonio Valencia, qui quittera le club le mois prochain au terme de son contrat. Son unique crainte est de voir débarquer un arrière droit du top mondial qui pourrait le réinstaller dans une situation de doublure qu'il tente de fuir en quittant Paris. À Old Trafford, Meunier deviendrait sans doute le seul Belge, puisque Romelu Lukaku est plus que jamais sur le départ pour... l'Italie. Depuis son plus jeune âge, Big Rom est fasciné par le Calcio et ses numéros 9 à l'ancienne, prédateurs des surfaces dont il semble être l'un des derniers héritiers. L'été dernier, il s'est adjoint les services d'un agent italien pour sonder le marché dans la Botte. Son rêve de rejoindre la Juventus a toutefois été congelé par l'arrivée en grandes pompes de Cristiano Ronaldo chez les Bianconeri. Douze mois plus tard, une nouvelle porte semble s'ouvrir quelques kilomètres plus à l'est. En quête d'un attaquant pour préparer le départ probable de Mauro Icardi, en conflit avec les dirigeants depuis de longs mois, l'Inter aurait jeté son dévolu sur Romelu, tout en préparant l'arrivée conjointe d'Edin Dzeko. Conscients que le départ de Massimiliano Allegri et le chantier annoncé sur le mercato de la Juve ouvre une fenêtre inédite ces dernières saisons pour mettre à mal l'hégémonie des Bianconeri sur le Calcio, les dirigeants chinois de l'Inter sont prêts à mettre les grands moyens pour lutter pour le Scudetto. Les douze millions d'euros annuels offerts à Antonio Conte, futur coach des Nerazzurri, en sont une première preuve. Conte n'a jamais caché son admiration pour le meilleur buteur de l'histoire des Diables. S'il avait finalement été poussé vers Manchester United par son agent Mino Raiola, un choix qu'il a sans doute regretté par la suite, Lukaku était la priorité d'Antonio Conte à l'aube de la saison 2017-2018. Pour remplacer Diego Costa, le manager italien avait prévu de construire son nouveau système offensif à Chelsea autour de Big Rom, mais avait finalement dû se contenter d'une arrivée d' Alvaro Morata pour sa dernière saison à Londres. Deux ans plus tard, le duo pourrait enfin se constituer à l'Inter, où Lukaku pourrait percevoir le plus gros salaire du club, bien supérieur à celui que reçoivent Icardi ou Nainggolan. Au bout d'une saison délicate à United, après un été jalonné par d'importants problèmes privés, Romelu est prêt à se relancer à un an d'un EURO qui, selon ses dires, sera le dernier grand tournoi de sa carrière internationale. Comme une façon de s'obliger à tout donner pour offrir à la Belgique un titre retentissant, cent ans après le sacre olympique d'Anvers.Par Guillaume Gautier, Peter T'Kint et Thomas Bricmont