Si la décision d'un seul homme, épaulé par son staff, sera prépondérante, la Belgique compte actuellement approximativement 11 millions de sélectionneurs. Alors, chacun y va de son petit commentaire, voulant privilégier l'un ou l'autre. Une chose est sûre, Wilmots a déjà une liste en tête, dans laquelle subsistent encore certaines inconnues, mais qui ne sont pas nombreuses. Parmi celles-ci, le choix du troisième gardien et d'un remplaçant à Benteke sont dictées par les impondérables que sont les blessures.

Mais selon quels critères notre sélectionneur va-t-il remplir les zones d'ombre dans sa liste des 23 ? En février dernier, il déclarait "Le groupe actuel vit bien. Je veux prendre en compte la qualité du joueur, sa mentalité et ce qu'il nous a apporté." Trois éléments prépondérants donc, mais quelle est l'importance de chacun ?

Le dilemme d'une sélection pour un grand tournoi, Robert Waseige est le dernier fédéral belge à l'avoir vécu. "À l'époque, je n'avais pas un choix aussi large que le sélectionneur aujourd'hui", explique- t-il. "Surtout sur le plan du talent. Mais il est vrai que j'ai réfléchi longuement sur les qualités d'intégration harmonieuses pour l'un ou l'autre élément. Cela a surtout été nécessaire pour les joueurs qui venaient en 22 ou 23. Et la polyvalence compte beaucoup. Plus vous avancez dans la composition de votre noyau, plus vous êtes tentés de remplir les cases manquantes par des joueurs plus polyvalents."

En ce qui concerne les choix plus spécifiques, l'ancien sélectionneur des Diables explique que ce n'est pas tant la question du talent ou de l'intégration au groupe qui compte. Entre Vossen ou Batshuayi par exemple, le choix dépendra de certains paramètres.

"Le fait que Vossen connaisse le groupe peut jouer. Batshuayi est supérieur en matière de talent mais ce n'est pas ça qui est important pour un entraîneur. Ce qui est important c'est le rendement. Et le rendement, il est dépendant d'autres paramètres que le seul talent."

Gardien, un poste à part Le rendement, Frankie Vercauteren connaît bien. L'actuel coach de Malines a aussi occupé la fonction d'adjoint en équipe nationale du temps de René Vandereycken. "Pour moi, le talent est nécessaire", dit-il. "On ne peut pas aller très loin en Coupe du Monde sans celui-ci. Mais parfois, il faut aussi tenir compte de l'ambiance et laisser tomber un peu de talent pour avoir un meilleur esprit de groupe. C'est à Marc à fixer ses priorités."

Du talent, la génération actuelle en déborde. Mais au niveau des résultats, elle n'arrive pas encore à la cheville de ses glorieuses aînées. Vercauteren faisait partie de l'aventure qui a vu nos Diables atteindre les demi-finales du Mondial 86. Mais à l'époque, des tensions avaient éclaté qui ont finalement mené à l'exclusion du groupe de René Vandereycken. "Je n'ai jamais eu aucun problème avec René parce que dans le fond, il parlait pour le bien-être de l'équipe. Malheureusement, celui-ci était meilleur sans lui. Cependant, ce n'est pas parce que quelqu'un manifeste parfois son mécontentement que c'est une mauvaise chose pour le groupe."

La place qui est souvent considérée comme la plus ingrate dans une sélection est celle de troisième gardien. Peu de chances de jouer sauf blessure ou contre-performances des deux autres keepers et une visibilité très réduite.

Le poste de gardien remplaçant est familier à Philippe Vande Walle puisqu'il compte 30 sélections en équipe nationale pour seulement huit matchs disputés. "En tant qu'entraîneur des gardiens, je prendrais un mec expérimenté avec qui le staff peut dormir sur ses deux oreilles. Il faut un gardien avec l'expérience du haut niveau et qui se contente de cette place de 3e dans la hiérarchie. S'il se passe quelque chose, il doit pouvoir répondre présent. Le talent et l'expérience sont pour moi les plus grands critères. Si tu mets un jeune gardien qui n'a jamais été confronté à des expériences comme ça, tu ne sais pas comment il va réagir."

Savoir tourner la page

Avant de vivre l'expérience de cette Coupe du Monde, de nombreux Diables actuels ont déjà pu avoir un avant-goût d'un grand tournoi en 2008 lors des Jeux olympiques de Pékin. Actuel adjoint des espoirs, Jean-François Rémy occupait déjà ce poste lors de ce tournoi qui a vu nos jeunes atteindre les demi-finales. "Il y a plein de facteurs qui peuvent rentrer en ligne de compte et chaque sélectionneur peut avoir ses critères", selon lui. "Après, il est évident que la compétitivité passe en premier puis on prend en compte la vie de groupe, les ententes, les prestations précédentes, la complémentarité, le mix de l'expérience et de la jeunesse. En 2008 à Pékin, ce qui a fait en sorte que le groupe a bien vécu le tournoi ce sont les résultats. Cela fait qu'à un moment donné, les joueurs sont contents d'être ensemble et d'avoir un objectif commun. De plus, le groupe savait très bien s'autoréguler."

Il y a un peu plus d'un an, Jean-François Rémy avait dû exclure Michy Batshuayi de la sélection espoirs pour une violation des règles. Aujourd'hui, celui-ci est en pôle pour suppléer Benteke au Brésil dans les 23, cet incident peut-il peser dans la balance en sa défaveur ?

"Je pense que cela n'aura pas d'incidence sur le choix de Marc Wilmots. J'ai des enfants et il m'arrive de les punir car ils n'ont pas respecté certaines choses. Ce n'est pas pour autant qu'après je ne les apprécie plus. Une fois que la page est tournée, elle est tournée et je suis toujours étonné qu'on puisse encore se poser cette question."

Tous sont cependant d'accord sur une chose : le choix et les critères qui le dicteront ne doivent dépendre que d'un homme : Marc Wilmots.

Olivier Eggermont

Si la décision d'un seul homme, épaulé par son staff, sera prépondérante, la Belgique compte actuellement approximativement 11 millions de sélectionneurs. Alors, chacun y va de son petit commentaire, voulant privilégier l'un ou l'autre. Une chose est sûre, Wilmots a déjà une liste en tête, dans laquelle subsistent encore certaines inconnues, mais qui ne sont pas nombreuses. Parmi celles-ci, le choix du troisième gardien et d'un remplaçant à Benteke sont dictées par les impondérables que sont les blessures. Mais selon quels critères notre sélectionneur va-t-il remplir les zones d'ombre dans sa liste des 23 ? En février dernier, il déclarait "Le groupe actuel vit bien. Je veux prendre en compte la qualité du joueur, sa mentalité et ce qu'il nous a apporté." Trois éléments prépondérants donc, mais quelle est l'importance de chacun ? Le dilemme d'une sélection pour un grand tournoi, Robert Waseige est le dernier fédéral belge à l'avoir vécu. "À l'époque, je n'avais pas un choix aussi large que le sélectionneur aujourd'hui", explique- t-il. "Surtout sur le plan du talent. Mais il est vrai que j'ai réfléchi longuement sur les qualités d'intégration harmonieuses pour l'un ou l'autre élément. Cela a surtout été nécessaire pour les joueurs qui venaient en 22 ou 23. Et la polyvalence compte beaucoup. Plus vous avancez dans la composition de votre noyau, plus vous êtes tentés de remplir les cases manquantes par des joueurs plus polyvalents." En ce qui concerne les choix plus spécifiques, l'ancien sélectionneur des Diables explique que ce n'est pas tant la question du talent ou de l'intégration au groupe qui compte. Entre Vossen ou Batshuayi par exemple, le choix dépendra de certains paramètres. "Le fait que Vossen connaisse le groupe peut jouer. Batshuayi est supérieur en matière de talent mais ce n'est pas ça qui est important pour un entraîneur. Ce qui est important c'est le rendement. Et le rendement, il est dépendant d'autres paramètres que le seul talent." Gardien, un poste à part Le rendement, Frankie Vercauteren connaît bien. L'actuel coach de Malines a aussi occupé la fonction d'adjoint en équipe nationale du temps de René Vandereycken. "Pour moi, le talent est nécessaire", dit-il. "On ne peut pas aller très loin en Coupe du Monde sans celui-ci. Mais parfois, il faut aussi tenir compte de l'ambiance et laisser tomber un peu de talent pour avoir un meilleur esprit de groupe. C'est à Marc à fixer ses priorités." Du talent, la génération actuelle en déborde. Mais au niveau des résultats, elle n'arrive pas encore à la cheville de ses glorieuses aînées. Vercauteren faisait partie de l'aventure qui a vu nos Diables atteindre les demi-finales du Mondial 86. Mais à l'époque, des tensions avaient éclaté qui ont finalement mené à l'exclusion du groupe de René Vandereycken. "Je n'ai jamais eu aucun problème avec René parce que dans le fond, il parlait pour le bien-être de l'équipe. Malheureusement, celui-ci était meilleur sans lui. Cependant, ce n'est pas parce que quelqu'un manifeste parfois son mécontentement que c'est une mauvaise chose pour le groupe." La place qui est souvent considérée comme la plus ingrate dans une sélection est celle de troisième gardien. Peu de chances de jouer sauf blessure ou contre-performances des deux autres keepers et une visibilité très réduite. Le poste de gardien remplaçant est familier à Philippe Vande Walle puisqu'il compte 30 sélections en équipe nationale pour seulement huit matchs disputés. "En tant qu'entraîneur des gardiens, je prendrais un mec expérimenté avec qui le staff peut dormir sur ses deux oreilles. Il faut un gardien avec l'expérience du haut niveau et qui se contente de cette place de 3e dans la hiérarchie. S'il se passe quelque chose, il doit pouvoir répondre présent. Le talent et l'expérience sont pour moi les plus grands critères. Si tu mets un jeune gardien qui n'a jamais été confronté à des expériences comme ça, tu ne sais pas comment il va réagir." Savoir tourner la page Avant de vivre l'expérience de cette Coupe du Monde, de nombreux Diables actuels ont déjà pu avoir un avant-goût d'un grand tournoi en 2008 lors des Jeux olympiques de Pékin. Actuel adjoint des espoirs, Jean-François Rémy occupait déjà ce poste lors de ce tournoi qui a vu nos jeunes atteindre les demi-finales. "Il y a plein de facteurs qui peuvent rentrer en ligne de compte et chaque sélectionneur peut avoir ses critères", selon lui. "Après, il est évident que la compétitivité passe en premier puis on prend en compte la vie de groupe, les ententes, les prestations précédentes, la complémentarité, le mix de l'expérience et de la jeunesse. En 2008 à Pékin, ce qui a fait en sorte que le groupe a bien vécu le tournoi ce sont les résultats. Cela fait qu'à un moment donné, les joueurs sont contents d'être ensemble et d'avoir un objectif commun. De plus, le groupe savait très bien s'autoréguler." Il y a un peu plus d'un an, Jean-François Rémy avait dû exclure Michy Batshuayi de la sélection espoirs pour une violation des règles. Aujourd'hui, celui-ci est en pôle pour suppléer Benteke au Brésil dans les 23, cet incident peut-il peser dans la balance en sa défaveur ? "Je pense que cela n'aura pas d'incidence sur le choix de Marc Wilmots. J'ai des enfants et il m'arrive de les punir car ils n'ont pas respecté certaines choses. Ce n'est pas pour autant qu'après je ne les apprécie plus. Une fois que la page est tournée, elle est tournée et je suis toujours étonné qu'on puisse encore se poser cette question." Tous sont cependant d'accord sur une chose : le choix et les critères qui le dicteront ne doivent dépendre que d'un homme : Marc Wilmots. Olivier Eggermont