Vous avez déjà entendu parler des Fancy Bears ? Non, ce n'est pas un nouveau groupe de hiphop mais un cercle anonyme d'espionnage en ligne qui diffuse des informations confidentielles issues du sport ou de la politique. Ils ont forcé les ordinateurs de la WADA, l'agende mondiale antidopage, et de l'IAAF, la fédération d'athlétisme, dévoilant ainsi les dossiers médicaux de Mo Farah, Bradley Wiggins et Chris Froome. Ils ont notamment causé de gros ennuis à Wiggins.

Sur leur site, les Fancy Bears se présentent comme des partisans du " fair-play et d'un sport pur ". On soupçonne ce collectif de travailler pour le gouvernement russe, qui se vengerait ainsi de l'écartement de ses athlètes aux Jeux olympiques 2016, quand la WADA a dévoilé le dopage systématique des athlètes, via un programme étatique.

Mais les Fancy Bears s'intéressent aussi au football. Le mois dernier, ils ont publié une liste de 25 joueurs qui avaient eu recours aux TUE au Mondial 2010. C'est l'abréviation de Therapeutic Use Exemptions, qui permettent l'utilisation de produits interdits, quand le sportif en a besoin pour fonctionner. Mario Gomez, alors international allemand, a ainsi reçu du sulbutamol, un médicament contre l'asthme.

Sur la liste, on trouve aussi Dirk Kuijt, Carlos Tevez, Gabriel Heinze et Marko Suler, l'ancien joueur de Gand. Ce ne sont pas des révélations fracassantes puisque ces footballeurs n'ont rien fait de mal mais les Fancy Bears se font fort de démontrer que le football n'est pas exempt de dopage. Ils ont également sorti une liste de 150 cas positifs en football sur l'année 2015 mais sans noms.

L'information a sans doute été recueillie dans le système informatique de la FIFA, qui enquête toujours sur l'affaire. La fédération anglaise de football, la FA, a fait part à la FIFA de son inquiétude quant à la sécurité informatique du Mondial. Si les Fancy Bears sont capables d'accéder aux ordinateurs de Zurich, au siège principal de la FIFA, il leur sera encore plus facile de forcer le système wi-fi des hôtels russes où séjourneront les différentes délégations.

La FA a déjà prié le staff technique et les joueurs de ne pas utiliser les réseaux publics ni le wi-fi de leur lieu de séjour en Russie. Elle craint des fuites sur la tactique et la composition des équipes avant les matches. Pour éviter tout problème, la FA va faire installer un logiciel sophistiqué anti-hacking sur tous les appareils, PC, smartphones, etc, du staff et des joueurs. On verra si ça suffira à empêcher les Fancy Bears de détecter des infos.

Par Steve Van Herpe

Vous avez déjà entendu parler des Fancy Bears ? Non, ce n'est pas un nouveau groupe de hiphop mais un cercle anonyme d'espionnage en ligne qui diffuse des informations confidentielles issues du sport ou de la politique. Ils ont forcé les ordinateurs de la WADA, l'agende mondiale antidopage, et de l'IAAF, la fédération d'athlétisme, dévoilant ainsi les dossiers médicaux de Mo Farah, Bradley Wiggins et Chris Froome. Ils ont notamment causé de gros ennuis à Wiggins. Sur leur site, les Fancy Bears se présentent comme des partisans du " fair-play et d'un sport pur ". On soupçonne ce collectif de travailler pour le gouvernement russe, qui se vengerait ainsi de l'écartement de ses athlètes aux Jeux olympiques 2016, quand la WADA a dévoilé le dopage systématique des athlètes, via un programme étatique. Mais les Fancy Bears s'intéressent aussi au football. Le mois dernier, ils ont publié une liste de 25 joueurs qui avaient eu recours aux TUE au Mondial 2010. C'est l'abréviation de Therapeutic Use Exemptions, qui permettent l'utilisation de produits interdits, quand le sportif en a besoin pour fonctionner. Mario Gomez, alors international allemand, a ainsi reçu du sulbutamol, un médicament contre l'asthme. Sur la liste, on trouve aussi Dirk Kuijt, Carlos Tevez, Gabriel Heinze et Marko Suler, l'ancien joueur de Gand. Ce ne sont pas des révélations fracassantes puisque ces footballeurs n'ont rien fait de mal mais les Fancy Bears se font fort de démontrer que le football n'est pas exempt de dopage. Ils ont également sorti une liste de 150 cas positifs en football sur l'année 2015 mais sans noms. L'information a sans doute été recueillie dans le système informatique de la FIFA, qui enquête toujours sur l'affaire. La fédération anglaise de football, la FA, a fait part à la FIFA de son inquiétude quant à la sécurité informatique du Mondial. Si les Fancy Bears sont capables d'accéder aux ordinateurs de Zurich, au siège principal de la FIFA, il leur sera encore plus facile de forcer le système wi-fi des hôtels russes où séjourneront les différentes délégations. La FA a déjà prié le staff technique et les joueurs de ne pas utiliser les réseaux publics ni le wi-fi de leur lieu de séjour en Russie. Elle craint des fuites sur la tactique et la composition des équipes avant les matches. Pour éviter tout problème, la FA va faire installer un logiciel sophistiqué anti-hacking sur tous les appareils, PC, smartphones, etc, du staff et des joueurs. On verra si ça suffira à empêcher les Fancy Bears de détecter des infos. Par Steve Van Herpe