Le 4 mai 2018, un peu plus d'un mois après la validation officielle de la reprise d'Anderlecht, Marc Coucke réalise un exploit en annonçant que onze talents ont signé leur premier contrat. Anderlecht se trouve alors dans une situation délicate et certains dossiers sont bloqués. Des négociations avec des agents ou des parents sont en cours depuis plusieurs mois mais le management ne parvient pas à les conclure. Jusqu'à ce que Coucke s'en mêle.

Jean Kindermans, le directeur de l'école des jeunes, obtient le feu vert et offre un contrat à Yari Verschaeren et Jérémy Doku, entre autres. Dans un de ses premiers entretiens avec Kindermans, Coucke a déclaré que la formation des jeunes était un élément important. Il a tenu parole en investissant dans les jeunes.

Un an plus tard, la récolte s'avère bonne : Verschaeren est déjà un pilier d'Anderlecht et Doku devrait recevoir sa chance la saison prochaine. Ce n'est pas un hasard si les deux garçons font partie de la talentueuse levée 2001 et 2002. Les générations suivantes ne sont pas des grands crus, en profondeur.

Dans les prochaines semaines, Kindermans va tenter de conserver des footballeurs considérés comme de grands talents. " Suite à la concurrence des clubs allemands et anglais, il est de plus en plus difficile de convaincre les jeunes de rester chez nous ", explique Kindermans.

Plus de championnite aiguë

" Les autres clubs belges sont confrontés au même problème. Nous ne pouvons pas proposer des sommes folles à la signature, ni pour les salaires. Par contre, nous pouvons offrir à un joueur un contrat assorti de perspectives d'avenir. C'est notre plan de gestion. "

Anderlecht n'a remporté que deux titres cette saison, en U13 et en U14. Les autres sont revenus à Genk. Neerpede estime que c'est un signal d'alarme. Dans le passé, les Bruxellois ont récolté cinq ou six titres en une saison mais ils ne pensent plus uniquement en termes de résultats. Ils veulent envoyer le plus de footballeurs possible en équipe première.

" Chapeau à Genk mais le nombre de titres obtenus en catégories d'âge ne nous intéresse plus vraiment ", raconte Kindermans. " Les gens l'oublient au bout de quelques jours. Par contre, ils se rappellent des joueurs qui réussissent au plus haut niveau. Un joueur élu Jeune Footballeur Pro de l'année, c'est quelque chose de définitif, inscrit sur un palmarès. C'est du concret et ça nous donne de la publicité sur le long terme. "

Kindermans est the right man in the right place depuis 14 ans. Il est le spécialiste des jeunes à Anderlecht. Le jour des matches des jeunes à l'académie, il se retire dans une sorte de bunker, au premier étage, pour conserver une vision globale des événements, à moins qu'il ne prenne des notes depuis la ligne de touche.

Dans les couloirs, on murmure que Kindermans a gagné en autorité depuis la réorganisation opérée par Michael Verschueren. Herman Van Holsbeeck demandait parfois l'avis de Kindermans mais désormais, lors des réunions officielles, celui-ci peut signaler directement quel joueur est déjà prêt, qui est susceptible de l'être dans deux ans, etc. Il peut donc peser sur la gestion des transferts et rectifier le tir si nécessaire.

La revanche du bibliothécaire

Kindermans : " Je ne conclus aucun transfert. Ma tâche consiste à former des jeunes. C'est Frank Arnesen qui s'occupe des transferts avec Michael Verschueren et Pär Zetterberg, qui est proche de l'équipe-fanion et du scouting. Mais je trouve logique que l'académie soit représentée au comité des transferts, pour éviter qu'on n'enrôle des footballeurs aux positions pour lesquelles des jeunes sont prêts ou peuvent le devenir.

Le club qui investit dans des contrats pour ses jeunes, qui valorise leur formation, établit des collaborations avec des clubs belges et étrangers et doit un à moment donné étoffer son noyau A avec ses propres talents. "

La saison passée, le mandat de Jean Kindermans à Anderlecht a failli prendre fin. Le courant ne passait pas entre lui et Emilio Ferrera, enrôlé à Anderlecht par Van Holsbeeck pour renforcer l'école des jeunes. Les collaborateurs de celle-ci savaient tous que Ferrera convoitait le poste de son supérieur direct. Ferrera le surnommait " le bibliothécaire ", avec mépris, parce que Kindermans s'enfermait souvent dans son bureau, avec son ordinateur, pour consulter ses dossiers.

Certains membres du personnel de Neerpede considéraient Kindermans comme le directeur technique idéal. " Mais c'est une bonne chose pour Neerpede qu'il soit resté à son poste ", confie un initié. Selon ses propres dires, jamais Kindermans n'a convoité le poste de directeur technique des Mauves. " Je m'occupe au jour le jour de la formation des jeunes, de l'identification et du suivi des talents. Ce qui me passionne, c'est de voir des gamins de six ans jouer en équipe première dix ans plus tard. "

Remaniement en espoirs

Comme l'équipe A, les espoirs vont subir un lifting complet cet été. La semaine passée, le club a établi la liste des joueurs qui peuvent rester, lisez ceux qui ont un potentiel suffisant pour frapper un jour à la porte de l'équipe A. Ciryack Olivier Dhauholou, Théo Leoni, Killian Sardella, Mathis Suray, Lucas Lissens, Loïc Masscho et Antoine Colassin devraient en former l'ossature et quelques-uns des joueurs qui participent à l'EURO U17 irlandais devraient rejoindre le noyau.

Par contre, Mardochée Nzita, convoité en Italie, Mohamed Lua, Mohamed Bouchouari, Elvis Mehanovic et Alan Mayanga peuvent partir. Mayanga (19 ans) est un cas spécial. Il est considéré comme un grand talent depuis des années mais il est capricieux. Après moult efforts, Jean Kindermans et Cie ont conclu que c'était un cas désespéré, même s'il pouvait réussir ailleurs, à l'image de Michy Batshuayi et Dodi Lukebakio qui, écartés pour des raisons disciplinaires, ont fait carrière au plus haut niveau.

Anderlecht ne regrettera pas Mayanga, préférant des garçons de la trempe de Vincent Kompany, Romelu Lukaku, Youri Tielemans, Leander Dendoncker ou Yari Verschaeren. " Mayanga, Lukebakio et consorts n'ont pas le coeur mauve. Il vaut mieux qu'ils s'en aillent ", dit-on à Neerpede.

Le 4 mai 2018, un peu plus d'un mois après la validation officielle de la reprise d'Anderlecht, Marc Coucke réalise un exploit en annonçant que onze talents ont signé leur premier contrat. Anderlecht se trouve alors dans une situation délicate et certains dossiers sont bloqués. Des négociations avec des agents ou des parents sont en cours depuis plusieurs mois mais le management ne parvient pas à les conclure. Jusqu'à ce que Coucke s'en mêle. Jean Kindermans, le directeur de l'école des jeunes, obtient le feu vert et offre un contrat à Yari Verschaeren et Jérémy Doku, entre autres. Dans un de ses premiers entretiens avec Kindermans, Coucke a déclaré que la formation des jeunes était un élément important. Il a tenu parole en investissant dans les jeunes. Un an plus tard, la récolte s'avère bonne : Verschaeren est déjà un pilier d'Anderlecht et Doku devrait recevoir sa chance la saison prochaine. Ce n'est pas un hasard si les deux garçons font partie de la talentueuse levée 2001 et 2002. Les générations suivantes ne sont pas des grands crus, en profondeur. Dans les prochaines semaines, Kindermans va tenter de conserver des footballeurs considérés comme de grands talents. " Suite à la concurrence des clubs allemands et anglais, il est de plus en plus difficile de convaincre les jeunes de rester chez nous ", explique Kindermans. " Les autres clubs belges sont confrontés au même problème. Nous ne pouvons pas proposer des sommes folles à la signature, ni pour les salaires. Par contre, nous pouvons offrir à un joueur un contrat assorti de perspectives d'avenir. C'est notre plan de gestion. " Anderlecht n'a remporté que deux titres cette saison, en U13 et en U14. Les autres sont revenus à Genk. Neerpede estime que c'est un signal d'alarme. Dans le passé, les Bruxellois ont récolté cinq ou six titres en une saison mais ils ne pensent plus uniquement en termes de résultats. Ils veulent envoyer le plus de footballeurs possible en équipe première. " Chapeau à Genk mais le nombre de titres obtenus en catégories d'âge ne nous intéresse plus vraiment ", raconte Kindermans. " Les gens l'oublient au bout de quelques jours. Par contre, ils se rappellent des joueurs qui réussissent au plus haut niveau. Un joueur élu Jeune Footballeur Pro de l'année, c'est quelque chose de définitif, inscrit sur un palmarès. C'est du concret et ça nous donne de la publicité sur le long terme. " Kindermans est the right man in the right place depuis 14 ans. Il est le spécialiste des jeunes à Anderlecht. Le jour des matches des jeunes à l'académie, il se retire dans une sorte de bunker, au premier étage, pour conserver une vision globale des événements, à moins qu'il ne prenne des notes depuis la ligne de touche. Dans les couloirs, on murmure que Kindermans a gagné en autorité depuis la réorganisation opérée par Michael Verschueren. Herman Van Holsbeeck demandait parfois l'avis de Kindermans mais désormais, lors des réunions officielles, celui-ci peut signaler directement quel joueur est déjà prêt, qui est susceptible de l'être dans deux ans, etc. Il peut donc peser sur la gestion des transferts et rectifier le tir si nécessaire. Kindermans : " Je ne conclus aucun transfert. Ma tâche consiste à former des jeunes. C'est Frank Arnesen qui s'occupe des transferts avec Michael Verschueren et Pär Zetterberg, qui est proche de l'équipe-fanion et du scouting. Mais je trouve logique que l'académie soit représentée au comité des transferts, pour éviter qu'on n'enrôle des footballeurs aux positions pour lesquelles des jeunes sont prêts ou peuvent le devenir. Le club qui investit dans des contrats pour ses jeunes, qui valorise leur formation, établit des collaborations avec des clubs belges et étrangers et doit un à moment donné étoffer son noyau A avec ses propres talents. " La saison passée, le mandat de Jean Kindermans à Anderlecht a failli prendre fin. Le courant ne passait pas entre lui et Emilio Ferrera, enrôlé à Anderlecht par Van Holsbeeck pour renforcer l'école des jeunes. Les collaborateurs de celle-ci savaient tous que Ferrera convoitait le poste de son supérieur direct. Ferrera le surnommait " le bibliothécaire ", avec mépris, parce que Kindermans s'enfermait souvent dans son bureau, avec son ordinateur, pour consulter ses dossiers. Certains membres du personnel de Neerpede considéraient Kindermans comme le directeur technique idéal. " Mais c'est une bonne chose pour Neerpede qu'il soit resté à son poste ", confie un initié. Selon ses propres dires, jamais Kindermans n'a convoité le poste de directeur technique des Mauves. " Je m'occupe au jour le jour de la formation des jeunes, de l'identification et du suivi des talents. Ce qui me passionne, c'est de voir des gamins de six ans jouer en équipe première dix ans plus tard. "