"Si le TAS décrète que City est blanchi ou non-coupable, juridiquement, c'est la fin tel quel du fair-play financier", a résumé l'économiste du sport Pierre Rondeau au micro de BFM, peu après l'annonce de la sanction de l'UEFA à l'encontre du club anglais.

En s'attaquant à l'un des clubs les plus riches et les plus puissants d'Europe, et en frappant fort là où ça fait mal, "l'UEFA affirme son autorité", a ajouté le chercheur.

Au-delà de la formidable vitrine d'exposition qui se refermerait - Manchester City est avant tout un véhicule d'image et d'influence pour ses propriétaires émiratis -, une confirmation de la sanction pourrait provoquer de nombreuses réactions en chaîne.

City en croisade

Malgré des contrats parfois longs, il n'est pas certain que ses joueurs vedettes - Raheem Sterling, Kevin de Bruyne, Riyad Mahrez, pour ne citer qu'eux - aient envie de sacrifier deux de leurs plus belles années sportives à ne disputer que des compétitions domestiques.

L'avenir de Pep Guardiola, au-delà de l'année de contrat qu'il lui reste et qu'il s'est engagé à respecter, Coupe d'Europe ou pas, serait aussi en question.

D'autant que les pertes financières encourues par une absence sur la scène européenne dépasseraient largement les 100 M EUR par an et ne seraient pas sans conséquences sur le train de vie du club, opposé mercredi au Real Madrid en huitième de finale aller de C1.

Réaction d'animal blessé ou excès de confiance, Manchester City a en tout cas multiplié les déclarations bravaches voire arrogantes à l'égard du fair-play financier et des enquêteurs de l'UEFA.

Son directeur exécutif Ferran Soriano est même allé jusqu'à clamer que "la politique", plus que la volonté de justice, avait conditionné cette sanction.

Au départ, la procédure est liée à la fuite de courriers électroniques internes laissant penser que des revenus de sponsoring ont pu être largement surévalués pour masquer des injections de fonds par le propriétaire, le cheikh Mansour bin-Zayed al-Nahyan, une pratique contraire aux règlements de l'UEFA.

Perdre pour des raisons techniques ou procédurales serait déjà un revers de taille pour l'UEFA, qui a connu pareilles mésaventures contre le Paris SG, par exemple.

Mais Manchester City serait tenté d'aller plus loin encore et de faire de cet appel une sorte de croisade contre le fair-play financier (FPF).

Comme l'arrêt Bosman ?

Devant le TAS, une source proche du club a affirmé au Financial Times qu'il ne s'agirait "pas d'obtenir une réduction de la sanction. Il s'agira du fond de l'affaire, qui sera entendu en partant de zéro par un groupe indépendant et où nous pensons l'emporter".

Si le TAS se laisse entraîner sur le terrain d'une contestation du principe-même du FPF, sa décision pourrait avoir des répercussions aussi vastes que l'arrêt Bosman qui avait libéralisé la circulation des joueurs en Europe.

"Si Man. City avance que le FPF est anticoncurrentiel et que le TAS est d'accord avec cela, l'UEFA aura d'importants problèmes structurels" à régler, a estimé un juriste, Daniel Geey, dans le FT.

"L'UEFA doit essayer de l'emporter parce que si elle ne gagne pas, ou si (sa décision) est atténuée d'une façon ou d'une autre, c'est toute sa position sur le FPF qui pourrait s'étioler", a aussi jugé Simon Chadwick, directeur du Centre pour l'industrie sportive euro-asiatique, interrogé par l'agence britannique PA.

Et face à elle, l'UEFA aura du lourd, a-t-il averti: "Des gouvernements orientaux, des investisseurs américains (la société d'investissement Silver Lake a pris fin novembre 10% du capital de la société-mère de Man City pour 461 M EUR), et certaines des personnes les plus futées et talentueuses du monde du football."

"Si le TAS décrète que City est blanchi ou non-coupable, juridiquement, c'est la fin tel quel du fair-play financier", a résumé l'économiste du sport Pierre Rondeau au micro de BFM, peu après l'annonce de la sanction de l'UEFA à l'encontre du club anglais.En s'attaquant à l'un des clubs les plus riches et les plus puissants d'Europe, et en frappant fort là où ça fait mal, "l'UEFA affirme son autorité", a ajouté le chercheur.Au-delà de la formidable vitrine d'exposition qui se refermerait - Manchester City est avant tout un véhicule d'image et d'influence pour ses propriétaires émiratis -, une confirmation de la sanction pourrait provoquer de nombreuses réactions en chaîne.City en croisadeMalgré des contrats parfois longs, il n'est pas certain que ses joueurs vedettes - Raheem Sterling, Kevin de Bruyne, Riyad Mahrez, pour ne citer qu'eux - aient envie de sacrifier deux de leurs plus belles années sportives à ne disputer que des compétitions domestiques.L'avenir de Pep Guardiola, au-delà de l'année de contrat qu'il lui reste et qu'il s'est engagé à respecter, Coupe d'Europe ou pas, serait aussi en question.D'autant que les pertes financières encourues par une absence sur la scène européenne dépasseraient largement les 100 M EUR par an et ne seraient pas sans conséquences sur le train de vie du club, opposé mercredi au Real Madrid en huitième de finale aller de C1.Réaction d'animal blessé ou excès de confiance, Manchester City a en tout cas multiplié les déclarations bravaches voire arrogantes à l'égard du fair-play financier et des enquêteurs de l'UEFA.Son directeur exécutif Ferran Soriano est même allé jusqu'à clamer que "la politique", plus que la volonté de justice, avait conditionné cette sanction.Au départ, la procédure est liée à la fuite de courriers électroniques internes laissant penser que des revenus de sponsoring ont pu être largement surévalués pour masquer des injections de fonds par le propriétaire, le cheikh Mansour bin-Zayed al-Nahyan, une pratique contraire aux règlements de l'UEFA.Perdre pour des raisons techniques ou procédurales serait déjà un revers de taille pour l'UEFA, qui a connu pareilles mésaventures contre le Paris SG, par exemple.Mais Manchester City serait tenté d'aller plus loin encore et de faire de cet appel une sorte de croisade contre le fair-play financier (FPF).Comme l'arrêt Bosman ?Devant le TAS, une source proche du club a affirmé au Financial Times qu'il ne s'agirait "pas d'obtenir une réduction de la sanction. Il s'agira du fond de l'affaire, qui sera entendu en partant de zéro par un groupe indépendant et où nous pensons l'emporter".Si le TAS se laisse entraîner sur le terrain d'une contestation du principe-même du FPF, sa décision pourrait avoir des répercussions aussi vastes que l'arrêt Bosman qui avait libéralisé la circulation des joueurs en Europe."Si Man. City avance que le FPF est anticoncurrentiel et que le TAS est d'accord avec cela, l'UEFA aura d'importants problèmes structurels" à régler, a estimé un juriste, Daniel Geey, dans le FT."L'UEFA doit essayer de l'emporter parce que si elle ne gagne pas, ou si (sa décision) est atténuée d'une façon ou d'une autre, c'est toute sa position sur le FPF qui pourrait s'étioler", a aussi jugé Simon Chadwick, directeur du Centre pour l'industrie sportive euro-asiatique, interrogé par l'agence britannique PA.Et face à elle, l'UEFA aura du lourd, a-t-il averti: "Des gouvernements orientaux, des investisseurs américains (la société d'investissement Silver Lake a pris fin novembre 10% du capital de la société-mère de Man City pour 461 M EUR), et certaines des personnes les plus futées et talentueuses du monde du football."