Campagne écourtée

Si la Liga s'agite si tôt dans la saison, c'est que la campagne 2018-2019 semble déjà pliée: avec dix longueurs d'avance à dix journées de la fin, le FC Barcelone file vers le titre en Liga et pourrait signer un nouveau doublé s'il remporte aussi la Coupe du Roi le 25 mai contre Valence.

Cette ambiance de fin d'année est renforcée par l'élimination précoce du Real Madrid et de l'Atlético en Ligue des champions, dès les huitièmes de finale.

N'ayant presque plus rien à jouer, excepté assurer une qualification pour la prochaine C1, les deux rivaux madrilènes se projettent déjà sur l'exercice suivant. D'où une agitation médiatique autour du prochain mercato. D'où, aussi, une nécessaire reconstruction pour faire oublier une saison manquée.

Trésor de guerre

Le Real rêve de reconquête: plombé par un hiver désastreux, le club merengue a rappelé le 11 mars en sauveur l'entraîneur Zinédine Zidane, donnant le coup d'envoi des grandes manoeuvres de l'été.

Désormais, la presse espagnole ne parle que de transferts. Il faut dire que depuis 2014 et le dernier recrutement "galactique" du Real, le Colombien James Rodriguez (80 M EUR), le club merengue a accumulé un joli trésor de guerre.

Sur les six derniers exercices, la "Maison blanche" a dégagé près de 200 millions d'euros de bénéfices cumulés. Et la presse espagnole évoque une enveloppe pouvant aller jusqu'à 500 millions d'euros pour recruter, en comptant notamment la vente de stars en fin de cycle comme le Gallois Gareth Bale.

Bref, le club ayant le plus de revenus au monde selon le cabinet Deloitte peut dépenser sans compter, d'autant qu'un nouveau contrat de droits télévisés revu à la hausse entrera en vigueur cet été.

Le Real a déjà commencé ses emplettes: les recrutements de l'attaquant brésilien Rodrygo (45 M EUR) et du défenseur brésilien Eder Militao (50 M EUR) sont acquis. Mais le président Florentino Pérez sait qu'il faudra attirer des stars pour compenser le départ de Cristiano Ronaldo, qui a cruellement manqué cette saison.

La vedette la plus accessible est peut-être le Belge Eden Hazard (Chelsea): le gardien merengue Thibaut Courtois, qui le côtoie en sélection, a confirmé mercredi soir sur la radio Onda Cero que l'ancien Lillois voulait rejoindre le Real.

Et quid des Parisiens Neymar et Kylian Mbappé, au centre de toutes les spéculations ? "Comme toujours, avec tous les bons joueurs, je serais ravi" d'un tel recrutement, a souligné Zidane. "Mais je n'ai rien demandé (au président), ce n'est pas le moment."

Relancé sur les rumeurs Mbappé, l'entraîneur français s'en est tiré avec une pirouette mi-mars: "Même si vous avez posé votre question avec beaucoup d'envie, et je la respecte, la réponse vous la connaissez", a-t-il esquivé dans un sourire.

Course à l'armement

Dans cette course à l'armement, le premier à avoir dégainé est le FC Barcelone: après les transferts mirobolants d'Ousmane Dembélé en 2017 (105 millions d'euros plus 42 millions de bonus) puis Philippe Coutinho en 2018 (120 millions d'euros plus 40 millions de bonus), le club catalan a encore frappé fort en janvier.

Doublant plusieurs grosses écuries européennes, le Barça a scellé l'arrivée cet été du prometteur milieu néerlandais Frenkie de Jong en versant 75 millions d'euros (plus 11 millions de bonus) à l'Ajax Amsterdam, soit la vente la plus chère de l'histoire du Championnat des Pays-Bas. Les défenseurs Jean-Clair Todibo et Emerson sont aussi des recrues d'avenir.

Et la presse recommence à bruisser d'un possible transfert de l'attaquant français Antoine Griezmann, qui avait rejeté l'offre barcelonaise l'an dernier pour tenter de remporter la C1 avec l'Atlético.

Les "Colchoneros" ont échoué et leur été s'annonce agité dans le sens des départs: après le défenseur français Lucas Hernandez, parti mercredi au Bayern Munich pour 80 M EUR, d'autres cadres pourraient changer d'air, comme le capitaine Diego Godin ou le latéral Filipe Luis... Ce qui appellera forcément des recrues!