À quoi ont bien pu penser les Red Flames et leur coach Ives Serneels, ce 21 février 2019, jour du tirage au sort des groupes qualificatifs pour l'EURO 2021 ? Peut-être, comme bon nombre de leurs supporters, que l'ultime rencontre de ces éliminatoires, disputée initialement le 14 avril à Louvain face à la Suisse, ferait office de finale du groupe H pour gratter le billet réservé aux vainqueures de chaque poule. Près de deux ans, sept matches et une pandémie plus tard, la prophétie se concrétise : la première place qualificative se jouera bien entre une Suisse leader invaincue du groupe avec 19 points, et la Belgique, deuxième à un point, une nation ambitieuse, mais qui manque encore de répondant quand l'opposition se fait vraiment menaçante.

Deux mois après la grosse déception de Thoune (une défaite 2-1 après une première mi-temps bien en-dessous des attentes côté Flames), c'est en pleine connaissance de cause que les Belges s'apprêtent à accueillir les Suissesses : il faudra gagner. Pas seulement pour se qualifier (les Red Flames peuvent également obtenir le précieux sésame grâce à leur première place actuelle parmi les trois meilleures deuxièmes et sont assurées de disputer les barrages), mais aussi pour lancer un message. "Dès le début de la campagne, notre ambition était de finir premières du groupe", affirme Tine De Caigny, actuelle meilleure buteuse de ces qualifs, à égalité avec la Néerlandaise Sherida Spitse et la Norvégienne Caroline Graham Hansen (dix buts chacune). "On s'est ratées en Suisse. On sait qu'on n'a pas été bonnes en première période, on en a beaucoup parlé et on est également conscientes qu'on ne peut se permettre de réitérer ça. Mais on a l'occasion de montrer qu'on est plus fortes que nos adversaires. Pour ça, on doit juste montrer notre vrai visage, presser haut directement. On doit jouer sur nos propres forces. Et surtout ne pas avoir peur."

"La force de notre groupe, c'est sa complémentarité. On n'est pas qu'une accumulation d'individualités."

Tine De Caigny

Boostées par une large victoire acquise en Lituanie (0-9, avec notamment un triplé de De Caigny), les Flames doivent maintenant "terminer" le travail, en prenant une revanche, mais surtout en validant leur billet pour l'Angleterre. "Il y a trois ans et demi, on était contentes d'être aux Pays-Bas, même si on n'a pas passé le premier tour. Maintenant, se qualifier est un must, car on l'a déjà fait il y a quatre ans", poursuit l'attaquante d'Anderlecht. "On ne peut plus se contenter d'être à l'EURO. On doit vraiment se concentrer et montrer qu'on est prêtes à prester, qu'on est meilleures qu'avant. Tout le monde bosse à fond et tend vers ça. Notre groupe est top et ne peut que grandir. Donnez du temps et vous allez voir une très bonne équipe. La force de notre groupe, c'est sa complémentarité. On n'est pas qu'une accumulation d'individualités."

Du temps, les Belges n'en ont pas forcément beaucoup. Car après avoir loupé le coche pour le Mondial 2019, et tandis que l'Union belge affiche de grandes ambitions (le top 8 européen pour les Flames et deux fois plus de licenciées d'ici 2024, une candidature commune avec l'Allemagne et les Pays-Bas pour organiser le Mondial 2027), le foot féminin belge ne peut se permettre de rater une nouvelle étape dans son développement, qui passe inévitablement par la participation à l'EURO. "On sent bien que c'est très important pour le foot féminin en Belgique qu'on se qualifie. Depuis 2017, on voit que ça grandit. On veut poursuivre cette ascension." Tout comme l'ensemble du groupe Flames, un squad où De Caigny, du haut de ses 23 ans, 56 caps et 23 buts, peut déjà prétendre faire figure de leader. "Si je suis sur le terrain, je vais l'ouvrir si besoin, pour aider tout le monde", explique la joueuse. "J'ai grandi à ce niveau. Je prends l'âge, de l'expérience, que je peux partager avec les plus jeunes. Cela fait partie du développement de ma carrière."

Une carrière qui pourrait connaître un sacré coup de boost si Tine De Caigny et ses potes venaient à qualifier le pays pour son deuxième EURO consécutif...

"En Super League, les choses sont parfois un peu trop faciles"

Un top-match face à la Suisse peut-il aussi t'aider en club, où les choses sont peut-être parfois un peu trop simples en Super League ?

TINE DE CAIGNY : Oui, c'est vrai. Tout le monde peut voir que parfois, c'est un peu trop facile pour nous. On donne tout à chaque match, mais un choc comme celui qu'on a livré face à Benfica (défaite 1-2 et élimination européenne, ndlr), c'est très bon pour nous, car c'est le niveau que l'on veut rejoindre. C'est idéal pour se situer, savoir où on en est, ce qu'on doit améliorer.

Une prochaine étape dans ta trajectoire passe-t-elle par une expérience à l'étranger ?

DE CAIGNY : Oui, c'est mon ambition. Je suis très heureuse à Anderlecht et cela fait maintenant cinq ans que je suis là. On verra ce qu'il adviendra, si un nouveau challenge se présente à moi au moment venu. Un challenge qui puisse peut-être me permettre de me développer. La Belgique possède un bon championnat, mais jouer dans une compétition plus relevée me permettrait de devenir meilleure.

Quelle serait ta destination de prédilection ?

DE CAIGNY : L'Angleterre, ce serait bien. Mais la France, l'Espagne ou l'Allemagne, ce serait top aussi. On verra ce qui se présentera. Pour moi, l'Angleterre a les meilleures joueuses, la meilleure compétition. Je voudrais voir si je suis capable d'atteindre ce niveau, pour savoir où j'en suis. Ça serait une bonne jauge.

À quoi ont bien pu penser les Red Flames et leur coach Ives Serneels, ce 21 février 2019, jour du tirage au sort des groupes qualificatifs pour l'EURO 2021 ? Peut-être, comme bon nombre de leurs supporters, que l'ultime rencontre de ces éliminatoires, disputée initialement le 14 avril à Louvain face à la Suisse, ferait office de finale du groupe H pour gratter le billet réservé aux vainqueures de chaque poule. Près de deux ans, sept matches et une pandémie plus tard, la prophétie se concrétise : la première place qualificative se jouera bien entre une Suisse leader invaincue du groupe avec 19 points, et la Belgique, deuxième à un point, une nation ambitieuse, mais qui manque encore de répondant quand l'opposition se fait vraiment menaçante. Deux mois après la grosse déception de Thoune (une défaite 2-1 après une première mi-temps bien en-dessous des attentes côté Flames), c'est en pleine connaissance de cause que les Belges s'apprêtent à accueillir les Suissesses : il faudra gagner. Pas seulement pour se qualifier (les Red Flames peuvent également obtenir le précieux sésame grâce à leur première place actuelle parmi les trois meilleures deuxièmes et sont assurées de disputer les barrages), mais aussi pour lancer un message. "Dès le début de la campagne, notre ambition était de finir premières du groupe", affirme Tine De Caigny, actuelle meilleure buteuse de ces qualifs, à égalité avec la Néerlandaise Sherida Spitse et la Norvégienne Caroline Graham Hansen (dix buts chacune). "On s'est ratées en Suisse. On sait qu'on n'a pas été bonnes en première période, on en a beaucoup parlé et on est également conscientes qu'on ne peut se permettre de réitérer ça. Mais on a l'occasion de montrer qu'on est plus fortes que nos adversaires. Pour ça, on doit juste montrer notre vrai visage, presser haut directement. On doit jouer sur nos propres forces. Et surtout ne pas avoir peur."Boostées par une large victoire acquise en Lituanie (0-9, avec notamment un triplé de De Caigny), les Flames doivent maintenant "terminer" le travail, en prenant une revanche, mais surtout en validant leur billet pour l'Angleterre. "Il y a trois ans et demi, on était contentes d'être aux Pays-Bas, même si on n'a pas passé le premier tour. Maintenant, se qualifier est un must, car on l'a déjà fait il y a quatre ans", poursuit l'attaquante d'Anderlecht. "On ne peut plus se contenter d'être à l'EURO. On doit vraiment se concentrer et montrer qu'on est prêtes à prester, qu'on est meilleures qu'avant. Tout le monde bosse à fond et tend vers ça. Notre groupe est top et ne peut que grandir. Donnez du temps et vous allez voir une très bonne équipe. La force de notre groupe, c'est sa complémentarité. On n'est pas qu'une accumulation d'individualités."Du temps, les Belges n'en ont pas forcément beaucoup. Car après avoir loupé le coche pour le Mondial 2019, et tandis que l'Union belge affiche de grandes ambitions (le top 8 européen pour les Flames et deux fois plus de licenciées d'ici 2024, une candidature commune avec l'Allemagne et les Pays-Bas pour organiser le Mondial 2027), le foot féminin belge ne peut se permettre de rater une nouvelle étape dans son développement, qui passe inévitablement par la participation à l'EURO. "On sent bien que c'est très important pour le foot féminin en Belgique qu'on se qualifie. Depuis 2017, on voit que ça grandit. On veut poursuivre cette ascension." Tout comme l'ensemble du groupe Flames, un squad où De Caigny, du haut de ses 23 ans, 56 caps et 23 buts, peut déjà prétendre faire figure de leader. "Si je suis sur le terrain, je vais l'ouvrir si besoin, pour aider tout le monde", explique la joueuse. "J'ai grandi à ce niveau. Je prends l'âge, de l'expérience, que je peux partager avec les plus jeunes. Cela fait partie du développement de ma carrière."Une carrière qui pourrait connaître un sacré coup de boost si Tine De Caigny et ses potes venaient à qualifier le pays pour son deuxième EURO consécutif...