Après sa retraite sportive en 2013, David Beckham a annoncé qu'il utilisait l'option prévue dans son contrat pour créer une équipe de MLS pour seulement 25 millions de dollars. Ce gros rabais, alors que Charlotte, par exemple, a dû payer son adhésion 300 millions de dollars, était incluse dans le contrat de Beckham lorsqu'il évoluait pour LA Galaxy. Seules conditions requises dans cette clause : que l'équipe ne soit pas créée à New York et le Britannique ne joue plus au football aux États-Unis.
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Après sa retraite sportive en 2013, David Beckham a annoncé qu'il utilisait l'option prévue dans son contrat pour créer une équipe de MLS pour seulement 25 millions de dollars. Ce gros rabais, alors que Charlotte, par exemple, a dû payer son adhésion 300 millions de dollars, était incluse dans le contrat de Beckham lorsqu'il évoluait pour LA Galaxy. Seules conditions requises dans cette clause : que l'équipe ne soit pas créée à New York et le Britannique ne joue plus au football aux États-Unis.Mais si l'adhésion fut simplifiée, les choses sont ensuite devenues beaucoup difficiles pour l'ancien international anglais. Dans la période qu'il lui a fallu pour pouvoir mettre en place son équipe et qu'elle dispute son premier match de MLS, six autres franchises avaient été fondées. L'Inter Miami n'a pas réussi à trouver le terrain pour construire un stade, ce qui est une des conditions d'admission à la MLS, et après quelques années, les propriétaires ont même pensé à jeter l'éponge. Mais en 2018, l'équipe devient finalement réalité et David Beckham affirme que c'est un rêve devenu réalité. Aujourd'hui, après trois d'existence, tout ne va toujours pas comme sur des roulettes en Floride.Sportivement, l'équipe n'est toujours pas au point et les débuts furent assez brouillons. Lors de ses débuts en 2020, l'Inter Miami n'avait même pas d'entraîneur à quelques semaines du coup d'envoi de la saison. Les propriétaires ont d'abord voulu attirer un grand nom, Roberto Martínez a même été cité, mais après quelques fins de non recevoir, ils se sont rabattus sur Diego Alonso. Le noyau était déjà constitué, de sorte que l'entraîneur ne disposait pas de certains profil qu'il souhaitait pour mettre en place ses préceptes tactiques.En dehors du terrain aussi, les choses ne se déroulent pas beaucoup mieux selon les dires de certains employés à The Athletic. C'est une marque plutôt qu'une équipe qui a été lancée, et certaines décisions relatives au football ont été jugées en fonction de leur influence sur la marque Beckham. On dit que le club est bloqué par l'ego de son propriétaire, la naïveté et le manque de vision de ce dernier.Les problèmes périphériques finissent par absorber trop d'énergie. Jusqu'à la fin de l'année 2019, de nombreux employés se sont concentrés sur le projet de stade. Ce n'est que tard dans l'automne que la composition de l'équipe a enfin été examinée. En raison du manque de personnel, les directeurs ont relégué le volet sportif au second plan.Ce manque de clarté s'est immédiatement ressenti dans les résultats, puisque le club est le premier nouveau venu dans l'histoire de la MLS à perdre ses cinq premiers duels. Le 1er mars 2020, l'Inter Miami a donné le coup d'envoi d'un match officiel pour la première fois de son histoire, mais la compétition américaine a rapidement été arrêtée par la crise sanitaire, seulement deux semaines plus tard.Cette pause imprévue n'a cependant pas aidé l'équipe à se remettre sur de bons rails, si bien que David Beckham a alors impulsé une nouvelle direction. Alors que la plupart des équipes de MLS choisissent de plus en plus de transférer de jeunes joueurs à fort potentiel, Miami a fait venir des stars plus âgées comme Blaise Matuidi et Gonzalo Higuaín. Malgré leur énorme vécu, les deux anciens de la Juventus n'ont pas toujours été très performants, ce qui a suscité de nombreuses critiques.Le contrat de Matuidi a d'ailleurs causé des problèmes à long terme au club. L'ancien propriétaire Marcelo Claure, après un conflit avec les copropriétaires, a déclaré à la MLS que trop de joueurs recevaient des salaires supérieurs au plafond salarial autorisé par la ligue. Lorsque cette dernière a ouvert une enquête sur le sujet, il s'est avéré que le PDG Jorge Mas avait effectué d'autres violations des règlements. Il y avait cinq "joueurs désignés" dans le noyau, alors qu'il ne peut y en avoir que trois.Trois autres joueurs percevaient des salaires inférieurs au minimum autorisé. Miami a donc reçu les sanctions les plus lourdes jamais infligées à un pensionnaire de MLS : une amende de deux millions de dollars et une diminution des dépenses de transferts de plus de vingt millions de dollars en 2023.Entre-temps, Matuidi est parti, malgré un contrat qui courait jusqu'à la fin de cette année. En plus, l'Inter Miami a également dû renoncer à une partie de son avenir proche. Parmi les joueurs de la première saison, seul Higuaín porte encore les couleurs du club. Les jeunes joueurs prometteurs ont dû être loués ou vendus pour combler le trou financier des sanctions. Le club compte désormais sur Chris Henderson, le directeur sportif arrivé en janvier dernier, pour reconstruire le club.Avant le début de la saison actuelle, Beckham a lancé le message suivant : "Nous sommes des gagnants et nous avons de grandes ambitions. Des changements ont été effectués. Nous croyons en cette équipe et en ces joueurs." Mais il est peu probable que les Floridiens puissent se qualifier pour les play-offs avec ce noyau. Actuellement, Miami occupe la treizième place de la Conférence Est et l'équipe de Phil Neville a déjà perdu six de ses dix duelss. Le Britannique, ancien coéquipier de Beckham à Manchester United, a repris l'équipe en mains en janvier 2021, après les résultats décevants obtenus sous Alonso. Le lien personnel qui unit le propriétaire et son entraîneur a également favorisé cette décision, puisqu'ils possèdent tous les deux des parts dans le club de quatrième division anglaise (League Two) de Salford City. Même si sont de bons amis depuis longtemps, Beckham affirme qu'il n'y a pas de favoritisme au moment de nommer le nouveau coach.On l'a vu, les débuts sportifs de la nouvelle entité ne se font pas sans heurts. Le club ne possède pas un grand vivier de supporters et des problèmes de stade existent aussi. Actuellement, l'Inter Miami évolue au stade DRV PNK, à environ 40 kilomètres de la ville. Il a été construit en neuf mois, alors que les sites imaginés dans le port de Miami et dans Little Havana suscitaient trop de protestations. L'enthousiasme n'était pas non plus débordant pour un stade dans le quartier d'Overtown. Un terrain a été acheté dans ce dernier, où seuls un stade et un parking pouvaient être construits. C'est pourquoi, l'Inter Miami préférerait finalement construire son nouveau temple au Miami Freedom Park, qui est proche de l'aéroport. Le Melreese Golf Course and Country Club se trouve actuellement sur le site. Il devrait y avoir non seulement un stade, mais aussi un parc, des hôtels, des bureaux et des magasins.En 2019, le club espérait pouvoir jouer sur ce lieu à partir de cette saison. Trois ans et demi après le début des négociations pour le terrain, la première pierre du nouveau temple n'a toujours pas été posée. En 2018, les résidents ont accepté une procédure différente par le biais d'un référendum, ce qui signifie que la ville n'a pas eu à examiner les projets d'autres candidats acquéreurs du terrain. Elle a donc pu négocier le bail directement avec l'Inter Miami.Les bâtiments supplémentaires situés à côté du stade constituent un problème pour les adversaires du projet. Par rapport aux revenus générés, le loyer demandé serait bien trop bas, car ces prix ont augmenté dans le quartier depuis 2018. Un court-métrage "Don't Bend Over For Beckham", affirme d'ailleurs que les résidents auraient été volés avec le projet. Si le Miami Freedom Park n'accueillait finalement pas la nouvelle antre, il resterait un plan B à Overtown. Mais les possibilités commerciales à développer autour du stade seraient forcément beaucoup moins nombreuses.À la fin du mois d'avril 2022, l'Inter Miami a enfin reçu de nouvelles informations concernant le projet de stade. Quatre des cinq membres du comité ont finalement approuvé l'accord. La cinquième personne a critiqué le plan dès le début et reste l'un des plus grands opposants. Avec cette décision, le bail de 99 ans pour une somme de 3,57 millions de dollars par an est désormais une réalité.Cela ne signifie pas pour autant que la construction du site au Miami Freedom Park sera bientôt possible. Le sol est contaminé par de l'arsenic et doit d'abord être assaini aux frais du club. De plus, l'accord stipule que le parc sportif ne pourra pas être construit avant que le parc public soit achevé. Il faudra aussi obtenir les autorisations et un accord avec les responsables de l'aéroport. Quand tous ces facteurs seront réunis, Miami espère alors que son nouveau stade sera construit pour la fin de l'année 2024 ou le début de 2025.