Quand la Juventus a consenti un effort financier XXL en 2018 pour faire signer Cristiano Ronaldo, le seul objectif était de gagner à nouveau la Ligue des Champions. Le club n'avait pas besoin du Portugais pour s'adjuger simplement le championnat d'Italie, une formalité historique pour les Bianconeri. Avec ou sans CR7, la Juve finit championne nationale, point à la ligne, tant le fossé est large par rapport au reste de la meute.
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Quand la Juventus a consenti un effort financier XXL en 2018 pour faire signer Cristiano Ronaldo, le seul objectif était de gagner à nouveau la Ligue des Champions. Le club n'avait pas besoin du Portugais pour s'adjuger simplement le championnat d'Italie, une formalité historique pour les Bianconeri. Avec ou sans CR7, la Juve finit championne nationale, point à la ligne, tant le fossé est large par rapport au reste de la meute.L'arrivée de Ronaldo a donné un coup de boost à la Juventus dans tous les domaines. Mais tout cela a un prix. Il a fallu sortir 105 millions pour payer le transfert depuis le Real, et il faut y ajouter le salaire de la star, trente millions par an qui pèsent méchamment sur le budget. À titre de comparaison, les deuxième et troisième joueurs les mieux payés dans le Calcio, Mathijs de Ligt et Romelu Lukaku, plafonnent à 8 et 7,5 millions.Pour des montants pareils, CR7 amène de la qualité. Cette saison à nouveau. Il assure à lui seul 45% des buts de la Juve en Serie A. Il y a quelques semaines, il a même dépassé Pelé au classement des meilleurs buteurs de tous les temps. Le Brésilien avait arrêté sa course à 767 goals (quoique, relire notre top 10 par ici). Deux joueurs seulement ont fait mieux dans l'histoire : un certain Josef Bicar (805) et Romario (772).Le problème, c'est que Ronaldo n'arrive pas à porter la Juventus vers son rêve de nouvelle Ligue des Champions. Avant son arrivée en Italie, la Juve d'Andrea Agnelli avait disputé deux fois la finale. Depuis qu'il est là, la meilleure performance a été un quart de finale, il y a deux ans, face à l'Ajax.Ce mardi, les Turinois ont été éliminés dès les huitièmes, comme l'année passée. Et c'est encore plus la manière qui a piqué aux yeux. Quand Porto s'est retrouvé à dix et quand Federico Chiesa a fait 2-1 pour la Juve, toutes les pièces du puzzle semblaient en place pour un passage en quarts. Mais rien de tout ça au bout du compte. Les Italiens se sont imposés 3-2, mais ce sont les Portugais qui continuent l'aventure. Pire encore : Ronaldo a été le moins bon joueur de la Juventus ce mardi.Et maintenant, on fait quoi ? La direction ne touchera pas à l'entraîneur. Andrea Pirlo l'a lui-même souligné après l'élimination : "Nous avons un projet qui va plus loin que cette saison, nous allons le poursuivre." Reste à voir s'il y a, dans ce projet, une place pour un Ronaldo (36 ans) qui sera en fin de contrat dans un peu plus d'un an.Si la victoire finale en Ligue des Champions est un objectif irréalisable, la Juventus n'a plus vraiment besoin de lui. Même raisonnement si Pirlo veut développer un autre style de jeu, plus en phase avec sa vision du foot. Le nouvel entraîneur a accepté le fait qu'il ne pourrait pas faire jouer l'équipe en fonction de ses principes cette saison, le fait qu'il devait s'adapter aux qualités de ses joueurs. Ce que Maurizio Sarri avait été incapable de faire. Cette vérité rend la Juve vulnérable et complètement dépendante de Ronaldo.Ce mercredi, la valeur de l'action de la Juve en bourse a directement plongé de 6,5%. Récemment, la direction du club a annoncé une perte de 113,7 millions d'euros sur le premier semestre de cette saison. Vous avez bien lu ! Un déficit conséquent en seulement une demi-année. Bien sûr, il y a eu le Covid, mais il n'explique pas tout. Et aujourd'hui, le déficit de la Juventus atteint 357,8 millions - chiffre de fin décembre.Pour que la situation financière reste tenable, le club comptait sur les rentrées de la Ligue des Champions. Pour cette saison, ça se limitera à 67 millions. Si les Turinois avaient éliminé Porto, dix gros millions supplémentaires seraient tombés dans la caisse. La saison dernière, la Juve avait encaissé 86 millions grâce à son parcours européen.Quand le club italien le plus moderne, le mieux géré et le plus titré annonce des pertes pareilles, ça fait réfléchir. Une question surgit dans ce contexte : est-il encore raisonnable d'accorder un salaire royal à Ronaldo pendant un an, sachant qu'il ne rajeunit pas ? Et une autre question sous-jacente : quel club peut et veut prendre ce joueur, et assumer sa fiche de paie ?