À plusieurs reprises déjà, par le passé, il avait été question d'un départ de Cristiano Ronaldo du Real Madrid. C'est chose faite depuis l'été suite à son passage à la Juventus Turin. Mais ce qui aurait dû être la nouvelle footballistique de l'année a été éclipsé par les accusations dont la star portugaise fait l'objet dans une affaire de viol.
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À plusieurs reprises déjà, par le passé, il avait été question d'un départ de Cristiano Ronaldo du Real Madrid. C'est chose faite depuis l'été suite à son passage à la Juventus Turin. Mais ce qui aurait dû être la nouvelle footballistique de l'année a été éclipsé par les accusations dont la star portugaise fait l'objet dans une affaire de viol. L'Américaine Kathryn Mayorga prétend en effet avoir été abusée il y a neuf ans par CR7. Direction, donc, le Piémont où la nouvelle coqueluche des bianconeri a bien voulu nous accorder un entretien sans éluder la moindre question. Ça fait très bizarre de vous voir ici, après toutes ces années à Madrid. Comment s'est passée la transition d'une ville à l'autre ? Cristiano Ronaldo : En termes de club, je crois que j'ai fait le bon choix et que c'est un transfert réussi. J'ai accompli beaucoup de bonnes choses à Madrid et passé des moments incroyables, dont je me souviendrai toujours, avec des équipiers de très grande valeur. Les fans, également. Mais je crois qu'après neuf années là-bas, le temps était venu pour moi de changer de club et de bouger. La Juve est l'un des plus grands clubs du monde, donc le transfert avait du sens. D'une certaine façon, ç'a été difficile, mais en même temps relativement facile. Que voulez-vous dire ? Ronaldo : Passer du Real à la Juve a pu paraître étrange au regard de beaucoup de gens, et même du mien d'ailleurs. Mais encore une fois, cela a un sens. Et je suis heureux. Six mois ont passé depuis votre passage à Turin. Que vous inspire la Juve ? Ronaldo : J'ose dire que c'est le meilleur groupe au sein duquel j'aie jamais évolué. La Juve forme un bloc soudé où tout le monde songe au bien collectif avant de penser à sa petite personne. Même si Paulo Dybala ou Mario Mandzukic ne marquent pas, cela ne les empêche pas d'avoir le sourire. Au Real aussi, les joueurs savaient faire preuve de modestie mais j'ai le sentiment qu'ici, c'est encore plus prononcé. On forme une vraie famille. Quand avez-vous décidé que la Juve serait votre prochaine destination ? Ronaldo : J'avais diverses options mais je ne dirai pas lesquelles. La Juve me plaisait dans la mesure où c'est un club stable, au riche passé. Personnellement, je ne conservais que de bons souvenirs de mes prestations, ici. Et notamment de cette fameuse reprise acrobatique qui a fait le tour du monde. Le respect du public, le contact avec la direction, l'attitude des fans : tout ça a influé. Six mois plus tard, je mesure avoir fait le bon choix. Ça paraît étrange parce qu'on pensait vous voir finir votre carrière à Madrid...Ronaldo : Oui. Mes enfants ont été élevés là-bas, j'y ai beaucoup d'amis, une maison et des affaires également. Je ne cache pas que ça a été un peu difficile, mais, parfois, le changement est nécessaire. Comme vous le savez, je suis quelqu'un qui affectionne les challenges. Je n'aime pas être dans une zone de confort. Je préfère me lancer des nouveaux défis, me remettre en question pour aller chercher cette adrénaline qui procure l'excitation. Quel a été le déclic qui vous a fait dire : je m'en vais ? Ronaldo : Partons du point de départ, si vous voulez bien. Comme je l'ai dit, cela faisait neuf ans que j'étais à Madrid. J'y avais tout gagné, des trophées collectifs autant qu'individuels, tout. Depuis quelque temps, je me disais qu'il serait peut-être bien d'aller voir ailleurs. Je sentais à l'intérieur du club, surtout de la part du président (NDLR : Florentino Pérez), qu'on ne me considérait plus comme au début. Les quatre ou cinq premières années, j'avais la sensation d'être Cristiano Ronaldo. Moins après. Le président me regardait avec des yeux qui ne voulaient plus dire la même chose, comme si je n'étais plus indispensable, si vous voyez ce que je veux dire. C'est ça qui m'a fait réfléchir à la possibilité de partir. Parfois, je regardais les infos, où on disait que je demandais à partir. Il y avait un peu de ça, mais la vérité est que j'avais l'impression que le président ne me retiendrait pas. Alors j'ai décidé de poursuivre ma vie ailleurs, d'écouter les propositions des autres clubs. Petit à petit, l'idée s'est faite plus concrète. Le meilleur joueur du monde qui change de club parce qu'il ne s'y sent plus désiré, avouez que ça peut paraître étrange...Ronaldo : Je sais. C'est pour ça qu'on a beaucoup parlé de ça. Qu'on m'a critiqué, également. Mais ça fait partie de mon chemin de vie. Il n'y a que moi qui sache la vérité. Je donne peu d'interviews. Je m'arrête assez rarement en zone mixte après les rencontres de Ligue des champions pour m'exprimer. Il y a beaucoup de contrevérités écrites sur moi. La vérité, c'est que le président (Florentino Pérez) me voulait, mais qu'en même temps, il me faisait savoir que mon départ ne constituerait pas un problème. Vous ne vous sentiez plus aimé, c'est ça ? Ronaldo : Je ne sais pas si le mot amour convient à ce genre de relation. J'emploierais plutôt le terme attention ou bienveillance. L'amour, pour moi, c'est davantage pour la famille, les enfants, votre femme... L'amour, dans ce cas-là, n'est pas le mot qui convient. Parce qu'au club, sur la fin, le président ne me regardait plus que comme une relation d'affaires. Je le sais. À la limite, je peux le comprendre, si on est sincère avec moi et si on m'explique les choses, que c'est comme ça qu'on conçoit le football. Que voulez-vous dire ? Ronaldo : Moi, je dis toujours ce que je pense...À 99,9%. Et les 0,1% qui restent sont des choses que je garde secrètes parce qu'il est parfois bon de cacher certaines choses. Je parle là de football, bien sûr, de conversations personnelles avec l'entraîneur ou des équipiers... Le fait que Zinédine Zidane soit parti un mois avant a-t-il joué dans votre décision ? Ronaldo : Vous savez que j'aime beaucoup Zidane, à la fois l'homme et l'entraîneur. Mais ma décision n'a pas été prise en fonction de son départ. Cela étant, c'est l'un de ces petits détails qui me confortaient dans ce que je pensais de la situation au club. À défaut de me faire partir, cela ne m'a pas retenu. Quelle différence y a-t-il entre votre départ de Manchester il y a neuf ans, et celui de Madrid l'été dernier ? Ronaldo : Manchester, c'était le début de ma carrière. Un club fantastique où j'ai beaucoup appris, avec un entraîneur auquel je dois énormément, sir Alex Ferguson. C'était l'éveil au très haut niveau, l'entame de ma vie de footballeur. Partir pour le Real Madrid, le plus grand club du monde, c'était une progression logique, l'un de ces défis qui, comme je l'ai dit tout à l'heure, me motive. Le Real, c'était l'histoire, la Ligue des Champions, la concrétisation du rêve de jouer pour eux. Aujourd'hui, ce chapitre-là s'est refermé et celui qui s'ouvre, à Turin, est aussi important. D'autant que l'équipe tourne bien, que la saison a bien débuté et que les fans, comme ceux du Real, me soutiennent à fond. Ici, les supporters me manifestent beaucoup d'affection et de l'attachement. Ils sont avec moi, comme ceux du Real l'ont été au moment où j'ai annoncé mon départ du club. C'est ce qui m'a touché le plus. Mais ce n'était pas suffisant pour me retenir. Vous savez, on a dit que je partais à cause de l'argent. Mais ce n'est pas le cas. De l'argent, j'en ai assez, et je n'en fais pas une obsession. Bien sûr que l'argent, c'est important pour vivre bien, mais ce n'est pas ce qui me guide dans la vie. Quand je me lève le matin pour aller à l'entraînement, vous croyez que ma motivation réside dans ma fiche de paye ? J'aime le jeu, le défi. C'est ça qui me booste ! Si j'avais fait de mon transfert une affaire d'argent, je serais allé en Chine, où j'aurais gagné cinq fois plus qu'ici ou qu'au Real. Je ne suis pas venu à la Juve pour le fric. Je touchais la même chose à Madrid, voire davantage. La différence, c'est qu'à la Juve, on me désirait vraiment ! On me l'a dit ! On me l'a montré ! Quelle est la nature de votre relation avec Max Allegri, l'entraîneur ? Ronaldo : Très bonne. C'est quelqu'un de compétent, et aussi de très drôle, une chose que je ne soupçonnais pas.Très pro, également. Comme l'ensemble du club. J'insiste là-dessus parce que je suis comme ça aussi, et que cet environnement me correspond totalement.On pense et on va dans la même direction. Maintenant, il faut gagner. C'est pour ça que je suis là. Qu'est-ce qui différencie Allegri des autres entraîneurs que vous avez connus ? Ronaldo : L'une de ses grandes qualités est de dire toujours ce qu'il pense. Et de citer des noms. Il n'est pas comme certains, qui tournent autour du pot sans préciser qui ils visent. Un jour, il a dit à un joueur : " Ne dribble pas, ta tâche est de courir et de céder le ballon. " Question style direct, on ne fait pas mieux. Parfois, je me fais la réflexion : " C'est pas possible d'être aussi franc ". Mais, chez lui, ça passe, car dès que c'est dit, il retrouve le sourire et prend le joueur par l'épaule. Il est à la fois très pro mais aussi très chouette. À la fin des entraînements, il vous arrive de faire des paris. Avec Allegri aussi ? Ronaldo : Non, seulement avec mes coéquipiers : Dybala, Mandzukic ou Sami Khedira. La plupart du temps, je gagne. L'enjeu, c'est quelques euros ou une bouteille de vin. Depuis mon arrivée, je me suis fait une petite cagnotte de 200 à 300 euros et j'ai gagné trois bouteilles de vin. Quelles sont les différences dans le jeu entre la Serie A, la Liga et la Premier League ? Ronaldo : Je crois que la différence majeure se niche dans l'aspect défensif. Ici, ils défendent mieux. C'est plus solide. Il y a également moins d'espaces qu'en Espagne et en Angleterre. Je dirais que c'est différent dans le sens où ils n'occupent pas le terrain de la même façon. L'aspect tactique est prégnant, ça se sent. C'est pour cela que j'en suis encore à apprendre les codes du football italien. La semaine dernière, vous avez inscrit votre 400e but en Championnat, Premier League, Liga et Serie A confondues...Ronaldo : (Il interrompt, fier.) Et c'est un record... Mais comment êtes-vous passé de quatre buts inscrits en Premier League lors de votre première saison à Manchester United à l'attaquant le plus prolifique de l'histoire des grands Championnats européens ? Ronaldo : J'ai appris, tout simplement, au contact d'un maître qui s'appelle sir Alex Ferguson, et d'équipiers qui étaient aussi des grands joueurs. Quelque part, c'était facile, mais je me suis aussi rendu les choses faciles en travaillant énormément. On sait que vous travaillez beaucoup chaque jour physiquement...Ronaldo : (Il interrompt.) Et dans tous les compartiments. Mais comment faites-vous, psychologiquement, pour rester en permanence au sommet ? Ronaldo : Ça, c'est de loin la chose la plus difficile dans ce sport. Rester au top. Maintenir votre niveau. Aller à la salle pendant trois ou quatre heures, entretenir votre corps, ça va. Ce qui est compliqué, c'est de garder cette éthique de travail, cette motivation qui vous permet d'être le même joueur sur la durée. Ça, c'est très dur. Vraiment ! Et ça l'est encore plus quand vous faites cela depuis autant d'années, quand vous êtes au top depuis douze ans, sans interruption, avec des titres à remporter tous les ans. Personne ne se rend compte. Vous savez combien de joueurs sont capables d'être au plus haut niveau de performance pendant plus de dix ans ? On les compte sur les doigts d'une seule main. Allez, on va dire qu'il y en a deux : Messi et moi. C'est pour ça que c'est important d'avoir toujours un défi, un challenge à accomplir, et c'est la raison pour laquelle je suis ici. J'avais besoin d'adrénaline, de stimulation. D'écrire une nouvelle page du roman du meilleur joueur du monde. C'est plus dur de faire ça à trente-trois ans ou pas ? Ronaldo : Présentement, oui ! À cause des réglages dont je vous ai parlé. Et puis, à trente-trois ans, personne n'attend de vous que vous vous remettiez en question. À cet âge-là, aucun joueur ne passe d'un grand club à un autre grand club pour cent millions.C'est dingue ! À mon âge, et je dis cela avec un grand respect pour ceux qui le font, les joueurs vont en Chine, dans les Émirats ou en Inde, et y terminent leur carrière, sans y maintenir leur niveau. Quelque part, je suis fier de ne pas raisonner comme ça, d'être un animal différent, un athlète différent, une personne différente, avec un cerveau différent. Je ne vous dis pas que je suis meilleur, juste différent. Mais c'est peut-être pour cela que je suis sur le sommet de la montagne depuis douze ans. Durant la Coupe du monde, sur la base de tests et de performances physiques compilés, une étude a montré que vous aviez le corps d'un joueur de vingt-trois ans...Ronaldo : (Il interrompt.) Ils exagèrent juste un petit peu. (Rires.)Mais vous vous sentez comme un joueur devingt-trois ans ? Ronaldo : Dans la tête, oui. Et c'est la tête qui commande tout ! L'âge, c'est dans la tête. C'est ça qui me permet d'être toujours au top aujourd'hui, d'avoir le même plaisir dans ce que je fais sur un terrain, d'être heureux, tout simplement. Je sais que ça va se terminer un jour. Dans quatre, cinq, six ans, allez savoir... C'est l'état d'esprit qui fait et fera la différence. Là, je suis motivé et je goûte le présent. Au vu de vos performances, année après année, on a parfois un sentiment d'éternité avec vous...Ronaldo : (Il se met à chanter.) Forever young, I want to be forever young... Mais je ne le suis pas ! Je suis simplement un athlète différent. Un jour, ça s'arrêtera. Je voudrais être auprès de mes enfants, voir si Cristiano Junior, mon fils, peut devenir le nouveau Cristiano. (Rire.) Le moment viendra, mais je ne veux pas anticiper le futur. Vous sentez quand même, parfois, que votre corps ne répond plus comme avant, que vous ne pouvez plus faire les mêmes choses sur leterrain ? Ronaldo : (Il réfléchit.) D'un certain point de vue, oui. Sauf que quand on regarde les statistiques, on s'aperçoit que je continue à performer de manière incroyable. Les chiffres ne mentent jamais, et ils sont bons. Je continue à prendre du plaisir. Donc je ne me pose pas de questions. Un sixième Ballon d'Or vous mettrait-il au-dessus de tout le monde dans l'histoire dufootball ? Ronaldo : Je l'ai dit de nombreuses fois, gagner un sixième Ballon d'Or n'est pas une obsession. Et je ne pose pas la question dans ces termes-là. Je sais déjà, dans mon for intérieur, que je suis l'un des meilleurs joueurs de l'histoire. Bien sûr que j'ai envie de le gagner, ce sixième Ballon d'Or ! Ce serait un mensonge de vous dire l'inverse. Je bosse pour ça. Comme je bosse pour marquer des buts et gagner des matches sans que cela soit une obsession. Mais je sais aussi ce que les autres font, le mérite qu'ils ont, et j'ai beaucoup de respect pour eux. Si je ne gagne pas le Ballon d'Or, je dormirai pareil la nuit, car je sais ce que je suis. Vous pensez au Ballon d'Or quand vous rentrez sur un terrain ? Ronaldo : Jamais. Je ne me dis jamais qu'il faut que je marque pour le gagner. Après, quand vous gagnez la Ligue des champions et que vous marquez en finale, vous vous dites peut-être que vous avez plus de chances qu'un autre. Mais les choses viennent naturellement. Ma seule obsession en football, c'est l'authenticité. Pensez-vous que les accusations récentes enprovenance de Las Vegas puissent avoir unimpact sur vos chances ? Ronaldo : Écoutez, je ne vais ni esquiver la question ni vous mentir. Bien sûr que cette histoire interfère dans ma vie. J'ai une compagne, quatre enfants, une mère qui vieillit, des soeurs, un frère, une famille dont je suis très proche. Sans parler de ma réputation, qui est celle de quelqu'un d'exemplaire. Pour mes coéquipiers, ma famille, les fans qui me supportent, cette histoire n'est pas sans conséquence. Je suis solide dans ma tête, et je sais quel homme et quel professionnel je suis. Imaginez ce que cela peut représenter que quelqu'un dise que vous êtes un violeur, où que vous avez ceci ou cela. Je sais qui je suis et ce que j'ai fait. La vérité éclatera au grand jour. Et les gens qui me critiquent ou qui exposent ma vie aujourd'hui, qui font d'elle un cirque, ces gens-là verront... (Il tape de la main sur la table.) On verra ce jour-là si ces gens mettront mon nom en première page des journaux pour dire que je suis innocent ! Ma famille et mes amis savent qui je suis. Mais c'est quand même embarrassant. Comment, vous et votre famille, vivez-vous ces accusations et la médiatisation qui en résulte ? Ronaldo : J'ai donné des explications à ma compagne. Mon fils, Cristiano Junior, est trop petit pour comprendre. Le pire, c'est pour ma mère et mes soeurs. Elles sont abasourdies, et en même temps très en colère. C'est la première fois que je les vois dans cet état-là. C'est moi qui suis obligé de les calmer, alors que ça devrait logiquement être le contraire. Surtout ma mère. Elle est inconsolable. Je lui ai parlé longuement. Je lui ai dit : " Maman, tu sais quelle personne tu as à la maison. Tu sais comment tu m'as élevé, l'éducation et l'amour que tu m'as donnés. " C'est pour elle que je me sens le plus mal. L'opinion publique, c'est autre chose. Il y a autant de gens qui m'aiment que de gens qui me détestent, pour ce que je suis. Ça, je m'en fous. Mais, quand tout cela sera terminé, j'ai envie de voir ce que ces gens diront. J'allumerai la télé pour bien regarder. C'est une sorte de rançon à la gloire que vous pensez payer ? Ronaldo : Je sais que je suis l'une des personnes les plus célèbres sur cette planète. Je sais aussi que je fais vendre, que tout ce qu'on dit sur moi en mal est davantage médiatisé, repris, exposé que ce qu'on dit sur moi en bien. Beaucoup de gens, notamment de télé, m'ont expliqué ça. Alors, j'encaisse. J'essaie de rester calme. Mais ça reste là (il montre son corps), à l'intérieur de moi. Vous préféreriez aujourd'hui être un anonyme, Cristiano Aveiro plutôt que Ronaldo ? Ronaldo : Pas du tout. Non seulement l'anonymat ne me manque pas, mais ce n'est plus possible aujourd'hui. Alors, je n'y pense pas. De plus, je n'ai pas envie d'être quelqu'un de normal. Je suis fier de ma vie, de ce que je suis, de ce que j'ai accompli. Ma vie n'est pas difficile, comparée à celle de ces gens qui travaillent comme des fous et n'ont pas l'argent pour payer leurs factures et dont les enfants souffrent. Je suis un privilégié, un homme heureux. Mais je ne veux pas qu'on endommage injustement mon nom et ma réputation. Vous arrive-t-il de penser, quand vous quittez Old Trafford ou sortez prématurément d'une Coupe du monde, que c'est la dernière fois quevous avez joué là ou disputé telle ou telle compétition ? Ronaldo : Pas du tout. Je ne vis que pour le présent. Le futur, je ne le connais pas, et je ne le maîtrise pas. Qui sait si on ne va pas retrouver Manchester United en finale de la Ligue des champions ? En football, tout peut arriver. Regardez le Portugal durant l'EURO 2016 ! Personne ne l'avait vu venir. Qu'y a-t-il de meilleur que de gagner ? Ronaldo : Absolument rien ! Gagner, c'est le plus important. Et quand vous marquez des buts en plus, c'est mieux.Par Luca Bianchin et Thierry Marchand