On en viendrait presque à trouver ça normal, pour ne pas dire banal, tant l'arrivée du meilleur gardien du monde (ou du moins de la dernière Coupe du monde) au sein du plus grand club du monde semblait cousu de fil blanc. Car Thibaut Courtois au Real Madrid était devenu un marronnier.
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On en viendrait presque à trouver ça normal, pour ne pas dire banal, tant l'arrivée du meilleur gardien du monde (ou du moins de la dernière Coupe du monde) au sein du plus grand club du monde semblait cousu de fil blanc. Car Thibaut Courtois au Real Madrid était devenu un marronnier. En 2014 déjà, alors qu'il est toujours en prêt du côté de l'Atlético Madrid, la presse espagnole annonce un accord secret entre Courtois et la direction merengue. Il n'en sera rien. Quelques semaines plus tard, l'international belge prolongera même son contrat à Chelsea jusqu'en 2019. L'été passé, rebelote : Thibaut Courtois est annoncé avec insistance du côté de Madrid. Son agent de toujours, ou presque, Christophe Henrotay reconnaît que " Thibaut intéresse les plus grands clubs, et donc le dernier champion d'Europe en titre. C'est quelqu'un qui vous fait gagner des matches, des titres. Je rencontre régulièrement les dirigeants du Real et le cas de Thibaut a été évoqué. Mon rôle, c'est de le tenir au courant de la situation... " La saison 2017/2018 doit être l'épilogue de sa trajectoire à Chelsea. Les timides approches entourant une nouvelle prolongation de contrat n'inverseront pas la donne. Lors d'un entretien accordé à Sport/Foot Mag en février dernier, le gardien de Chelsea glisse quelques éléments qui ne laissent plus grand doute quant à son avenir. " Si le Real est vraiment intéressé, ma situation personnelle pourrait influer, oui. L'aspect familial, ça n'a pas de prix "... "Ce qui est sûr, c'est que je retournerai un jour à Madrid. J'aime l'Espagne, j'ai adoré cette ville, j'y ai passé trois années magnifiques. C'est là-bas que je suis devenu adulte. L'Atlético, c'était un vrai groupe d'amis. On sortait ensemble, mes coéquipiers m'ont appris une langue que je ne connaissais pas du tout en arrivant. Quand j'ai quitté, j'ai pleuré. Mes premiers jours à Londres n'ont pas été simples. L'Angleterre, à mon arrivée, c'était plus froid, plus business. " Un mois après cette sortie médiatique, Courtois annonce à Marina Granovskaia, directrice générale des Blues, que sa décision est prise et qu'il ne prolongera pas son contrat. Sa dernière campagne à Stamford Bridge est contrastée.Chelsea est rapidement largué en championnat et est éliminé sèchement (1-1 à l'aller ; 3-0 au retour) par Barcelone en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Glorifié et consacré lors de sa première année en Angleterre, Antonio Conte connaît une deuxième campagne à l'inverse de la précédente et se heurte à quelques cadres de l'effectif. Courtois, lui, rencontre quelques pépins physiques et est même parfois égratigné par la presse anglaise, seulement quelques mois après avoir été élu meilleur gardien de Premier League. " La saison de Chelsea a été longue, avec des hauts et des bas, des petites blessures entre janvier et mars, même si je n'ai raté que deux matches, le 20 janvier et le 1er avril. Je souffrais des ischios et l'expérience m'a appris qu'il valait mieux être à 100 % avant de rejouer. Reste que j'ai quand même disputé un total de 46 matches. " La saison se traîne du côté de Stamford Bridge, Chelsea est incapable de revenir sur un big four composé des deux clubs de Manchester, Liverpool, et Tottenham. Thibaut Courtois, lui, ne loupe pas sa 154e et dernière sortie avec le club londonien : en finale de la Cup à Wembley face aux Red Devils de José Mourinho (qui continue de porter le rempart belge en très haute considération), Courtois livre une prestation brillante et annonciatrice d'une Coupe du monde qui le sera tout autant. Eden Hazard, unique buteur de la rencontre sur penalty, est élu homme du match alors que le Big Thib multiplie les arrêts de grande classe. A la fin du match, les journalistes anglais se précipitent sur Eden Hazard afin d'en savoir plus sur son avenir. A l'inverse, il ne fait plus grand doute que Wembley aura été le dernier théâtre des exploits du Limbourgeois outre-Manche, un décor qu'il s'apprête à quitter sur deux titres, une League Cup et une FA Cup en quatre saisons. La Coupe du monde va prolonger cet état de forme. Pour ceux qui en doutaient encore, Courtois montre aux yeux du monde entier qu'il fait partie des géants de ce sport. Son ex-entraîneur des gardiens, devenu responsable du recrutement des gardiens à Chelsea, Christophe Lollichon porte un jugement élogieux dans les médias français : " Je pense que Thibaut est le plus doué de tous les gardiens présents dans ce Mondial. C'est un géant, mais il est très rapide en vitesse de réaction, en démarrage. Il a un jeu au pied très correct, malgré ce qu'en pensent certains. C'est un gardien moderne, il joue très haut pour contrôler l'espace et gérer la profondeur des adversaires. "..." Si Thibaut veut être le meilleur, il sera le meilleur et pour de nombreuses années. " Ce témoignage est d'autant plus remarquable que les rapports entre Lollichon et Courtois ont parfois été conflictuels, la presse anglaise rendant même Courtois responsable du déclassement du technicien français en 2016. Chacun sait que les étoiles de la plus grande compétition au monde laissent rarement insensible Florentino Perez. En 2010, le président du Real avait jeté son dévolu sur Mesut Özil et Sami Khedira. Quatre ans plus tard, ce sont Keylor Navas et James Rodriguez qui avaient rejoint la Casa Blanca dans la foulée d'un Mondial réussi. Les décideurs madrilènes reçoivent la confirmation de ce qu'ils savaient déjà : Thibaut Courtois est de la caste des très grands et cette Coupe du monde rend son arrivée encore plus bankable. Dans le viseur madrilène, plusieurs noms sont longtemps avancés pour concurrencer Keylor Navas : Alisson Becker, David de Gea et Kepa Arrizabalaga font partie de cette short-lits. Le portier costaricain vit avec ces rumeurs depuis son arrivée à Madrid. Mais le départ de Zinédine Zidane doit sceller ce statut de numéro un. En janvier dernier, on annonce l'arrivée du nouveau phénomène de l'Athletic Bilbao, Kepa Arrizabalaga, de timides contacts sont entrepris avec le portier brésilien de la Roma, mais les Madrilènes semblent décidés, et depuis longtemps, à attirer le portier de Chelsea. En juin, les contacts s'accentuent entre le clan Courtois et le manager général du Real Madrid, José Angel Sanchez. Dès la fin de la Coupe du monde, la direction des Blues prend langue avec son homologue madrilène pour leur faire part de leurs conditions. Une offre madrilène tombe rapidement après la fin du Mondial. Mais Chelsea fait la sourde oreille. Thibaut Courtois reprend alors contact avec Marina Granovskaia pour lui faire part de sa volonté de quitter le club. Le gardien tient le même langage avec le nouveau coach, Maurizio Sarri. Longtemps, croit-on, l'avenir du gardien des Diables semble indissociable de celui de son capitaine. Eden Hazard est, lui aussi, cité du côté du Real après sa Coupe du monde stratosphérique. Pour les dirigeants londoniens, toutefois, il n'a jamais été question de laisser partir son joyeau alors que Chelsea doit reconquérir ses fans et mise dorénavant sur le football guardiolesque du mage de Naples, Sarri. Chelsea demande dès lors à Madrid de ne pas formuler d'offre concernant Hazard. Le Real s'exécute et n'a d'ailleurs jamais envisagé de casser sa tirelire cet été, d'autant que le montant d'une éventuelle transaction du numéro 10 des Blues devrait chuter en flèche dans douze mois en cas de non-prolongation de contrat. Dans le clan Courtois, on s'impatiente. Le vendredi 3 août, Marina Granovskaia ne décroche pas son téléphone alors que le temps presse. Le natif de Bree est, lui, attendu trois jours plus tard à l'entraînement en même temps qu'Eden Hazard mais Cobham ne reverra plus le mètre 99 de son gardien. La situation semble inéluctable, même si les dirigeants des Blues jouent la montre. Le directeur général du club merengue, José Angel Sanchez, est présent dès le lundi 6 août à Londres pour trouver une porte de sortie. Chelsea met finalement la main sur le jeune Kepa Arrizabalaga, pour près de 88 millions d'euros (record pour un gardien) et attire en prêt le milieu de terrain madrilène croate, Mateo Kovacic venu contrebalancer les 60 millions d'euros espérés pour son portier. Le mercredi 8 août, le transfert est officialisé en échange d'environs 40 millions, une somme rondelette pour un rempart à qui il ne restait qu'une année de contrat. Courtois paraphe dans la foulée contrat de longue durée de six saisons avec la Casa Blanca. " Pour arriver à un tel résultat, il faut mettre en avant les grands talents de négociateur de Christophe Henrotay ", souligne le père, Thierry Courtois, qui travaille depuis plusieurs années en tant que recruteur pour l'agent liégeois. Henrotay n'est pas un inconnu du club merengue puisque depuis plusieurs années, il a ses entrées au Real Madrid via Jorge Mendes avec qui il s'est récemment entretenu pour faciliter le passage de Leander Dendoncker à Wolverhampton. Tandis qu'il s'est régulièrement mis à table avec les dirigeants de Chelsea lors des arrivées de Courtois, Romelu Lukaku ou Charly Musonda Jr dont il était l'agent. Son absence aux entraînements les 6 et 7 août ont quelque peu terni l'image de Thibaut Courtois auprès des fans des Blues. De son côté, le clan Courtois n'a jamais eu le sentiment d'être reconnu à sa juste valeur outre-Manche. " La saison dernière, tout le monde s'est basé sur ce match au Barca où Thibaut a fait une erreur sur le premier but pour affirmer que l'ensemble de sa saison était mauvais, ce qui était une vision totalement erroné ", assène Thierry Courtois avant de poursuivre : " J'estime qu'il a été injustement jugé en Angleterre. Et ce, depuis ses débuts. Il fait des arrêts dont on parle très peu. Le traitement pour un gardien comme De Gea est très différent. Il est bien plus mis en avant. Je ne l'explique pas. " La mise en scène qui entoura sa venue à Chelsea en 2014 est incomparable avec le traitement reçu jeudi dernier lors de la présentation du nouveau galactique entre les perches madrilènes. Après avoir détrôné l'icône Petr Cech, Courtois s'apprête à en faire de même avec Keylor Navas. Malgré le respect qu'ils vouent au gardien costaricain, les fans madrilènes ont déjà choisi leur préféré. Dans un récent sondage publié par Marca, 66 % des supporters du Real optent pour Courtois en tant que nouveau numéro alors qu'ils ne sont que 17 % à préférer Navas.