Si les performances de la bande à Didier Deschamps n'enthousiasment pas toujours l'hexagone, il serait faut d'avancer que les Bleus n'ont pas évolué depuis le Mondial 2018. Vainqueur contesté en Russie pour son manque de jeu proposé en possession du ballon, l'Equipe de France reste la championne du pragmatisme. Mais sa brillante prestation de novembre contre le Portugal (0-1, le 14 novembre) a semblé faire franchir un cap aux Bleus. Et peut-être participé à une prise de conscience. En réintégrant l'oublié de 2018 qu'était Adrien Rabiot, Deschamps a accepté de mettre de l'eau dans son vin en même temps qu'il fluidifiait enfin le jeu de ses Bleus avec l...

Si les performances de la bande à Didier Deschamps n'enthousiasment pas toujours l'hexagone, il serait faut d'avancer que les Bleus n'ont pas évolué depuis le Mondial 2018. Vainqueur contesté en Russie pour son manque de jeu proposé en possession du ballon, l'Equipe de France reste la championne du pragmatisme. Mais sa brillante prestation de novembre contre le Portugal (0-1, le 14 novembre) a semblé faire franchir un cap aux Bleus. Et peut-être participé à une prise de conscience. En réintégrant l'oublié de 2018 qu'était Adrien Rabiot, Deschamps a accepté de mettre de l'eau dans son vin en même temps qu'il fluidifiait enfin le jeu de ses Bleus avec le ballon. Une éclaircie attendue depuis longtemps qui pourrait, à terme, faire pâlir l'étoile de Paul Pogba, invisible depuis des mois en club, mais qui, comme Olivier Giroud, semble jouir d'un crédit illimité en Bleu. Si l'avant de Chelsea a le bon goût de justifier par les statistiques le crédit accordé par son coach, la présence de l'ancien de la Juventus dans le onze de départ de Didier Deschamps n'a, elle, jamais fait l'objet d'autant de débats outre-Quiévrain. Un mal pour un bien ? A l'image d'un Paul Pogba (75 sélections, 10 buts) de plus en plus contesté avec Manchester United, l'autre symbole fort du renouveau de l'équipe de France depuis 2014 qu'est Antoine Griezmann (86 sélections, 33 buts) vit des moments compliqués en club. Arrivé au Barça à l'été 2019 pour y symboliser la transition vers l'après Leo Messi, le Français qui avait grandi dans le Pays Basque avec la Real Sociedad (2005-2014) puis du côté de Madrid avec l'Atletico (2014-2019) peine à s'épanouir en Catalogne depuis son arrivée. Des difficultés en club pour Grizou qui, si elles ne se matérialisent pas encore statistiquement en sélection (9 buts, 11 assists en 25 matchs depuis le Mondial) semblent avoir un écho progressif sur son impact dans le jeu des Bleus. Et une question : privé de deux de ses moteurs de 2018, la France de Deschamps peut-elle dès maintenant entamer sa mue ? On ne critique pas un Champion du Monde en titre, sans argument. Ceux de la presse française à l'encontre du sélectionneur Didier Deschamps sont légions. Premier grief avancé, le manque d'ambition du jeu des Bleus. Souvent caricaturé pour ne maitriser que le foot de transition, l'équipe de France version Didier Deschamps est une bête qu'on dit à sang froid. Sortie victorieuse, mais rarement avec la manière de son groupe de qualification pour l'Euro, les Bleus restent pourtant cette équipe souvent décrite comme incapable d'inverser une situation mal engagée. En Russie, l'équipe de France avait à chaque fois marqué en premier. Quand ce n'est pas le cas, les Bleus ont du mal à réagir. Sa défaite en Turquie (2-0, le 8 juin 2019) ou même sa récente contre-performance avec son équipe B contre la Finlande en amical (0-2, le 11 novembre 2020) le prouve. Prendre cette équipe à la gorge semble donc encore le meilleur moyen de la faire douter. Mais ce n'est pas là la force principale des hommes de Roberto Martinez, jamais aussi efficaces que quand ils agissent en contre. En cela, la France a tout de l'équipe sur laquelle les Diables peuvent buter.