Les comparaisons se déversent comme des vagues puissantes. Inévitables compagnes des moments d'histoire, qui forcent à se poser la question: est-ce qu'on a déjà vu ça?

Il y a ceux qui choisiront les chiffres. Ils vous rappelleront peut-être qu'en 2011, alors au sommet de son art du toque, le Barça de Pep Guardiola n'avait encaissé que neuf buts sur l'ensemble de la compétition. Un toutes les 130 minutes, contre un ballon dans leurs filets toutes les onze minutes lors du cauchemar de Lisbonne. Et puis, il y a les autres, qui vous ont dit qu'ils avaient l'impression que leur télévision diffusait un replay du Mineirazo, exécution du Brésil par l'Allemagne (1-7) à Belo Horizonte lors des demi-finales du Mondial 2014. Un match lors duquel l'absence d'un certain Neymar Junior s'était cruellement fait sentir.

Le Barça n'a jamais relevé la tête depuis la fin de la MSN.

Et si le plus net des parallèles était là, dans les pieds du Brésilien qui a laissé le Barça orphelin de tout projet footballistique lors de son départ fracassant au coeur de l'été 2017. En réalisant le transfert le plus cher de l'histoire, le PSG dépose alors un point d'interrogation au coeur de la pelouse du Camp Nou, où l'association de Ney et de Lionel Messi promettait encore quelques années fructueuses. Au moment de quitter l'Estadio da Luz, les Catalans auront-ils eu à l'esprit la prestation XXL de leur ancien coéquipier 48 heures plus tôt? Face à l'Atalanta, si certains retiendront surtout ses ratés, la data se chargera de rappeler que le génie auriverde a bouclé la rencontre avec 15 dribbles réussis. Trois de plus que l'ensemble des joueurs du Barça face au Bayern.

LE CYCLE DE NEY

Quand Neymar arrive au Camp Nou, il porte sur les épaules l'avenir du projet catalan. L'ère Guardiola est arrivée à son terme douze mois plus tôt, l'ancien milieu de terrain des Blaugranas quittant le banc de touche après une série folle de quatorze trophées en quatre ans. Dans l'aventure, le Barça double son total de Ligues des Champions, passant de deux à quatre sous l'impulsion du stratège de Santpedor.

La saison 2012-2013 a donc des airs de transition. Elle se boucle avec une Liga supplémentaire au compteur, conclue en atteignant le seuil symbolique des cent points, mais laisse le goût amer d'une élimination fracassante en Ligue des Champions. Face au Bayern, déjà. Emmené par Arjen Robben et Frank Ribéry, le Rekordmeister impose un rythme époumonant. Le Barça s'en prend quatre en Bavière, et tend l'autre joue à domicile (0-3).

Entre la fin de l'ère Guardiola et l'installation de la MSN, le Barça vit une saison paradoxale, entre titre à 100 points et gifle bavaroise en demi-finale de Ligue des Champions.

Sept ans avant Lisbonne, c'est donc déjà le géant allemand qui impose une remise en question. Certains parlent de fin de cycle, mais à l'ère Guardiola succède rapidement la MSN, quand Luis Suárez vient se joindre à Neymar et Messi au bout du Mondial 2014. Connu comme le club des milieux de terrain, idéologie incarnée par la finale de la Coupe du monde des Clubs contre Santos conclue dans un schéma en 4-6-0, le Barça devient alors l'équipe du tridente, ce trio offensif qui chamboule l'équilibre historique de l'équipe.

Pilotée par Luis Enrique, la MSN réinvente le club catalan. Au Camp Nou, face au Bayern (encore) de Guardiola, les Blaugranas abandonnent la possession (45%) mais claquent trois buts qui leur ouvrent la voie du triplé, conclu quelques semaines plus tard contre la Juventus. Dans le clan des puristes, d'aucuns déplorent un Barça éloigné de ses racines cruyffistes, qui se prive de Xavi dans son onze, alors que les autres répondent en désignant les trophées et évoquent l'évolution du football, plus rapide et vertical que jamais.

MESSI FACE À LA MISÈRE

Éliminé par le meilleur Atlético de Diego Simeone sur la route du doublé européen, le club s'installe une nouvelle fois sur le trône d'Espagne en 2016. Dauphin de l'irrésistible Real de Zinédine Zidane lors d'une année 2017 où le souvenir impérissable de la remontada infligée au PSG efface l'élimination par la Juve un tour plus tard, le FC Barcelone perd le nord au coeur de l'été. Neymar, grand artisan du 6-1 face aux Parisiens, prend la route de la Ville Lumière, et laisse les Catalans avec 222 millions d'euros sur le compte en banque, mais sans l'un de leurs guides sur le pré.

Depuis le départ de Neymar, le Barça a dépensé près de 790 millions d'euros en transferts, sans parvenir à construire un nouvel effectif de haut vol.

Déjà peu inspiré sur le marché depuis 2014 - d'aucuns considèrent Suárez comme le dernier transfert réussi du Barça - le club aggrave son cas malgré ses moyens. Les Blaugranas signent des noms plutôt que des profils, et claquent un peu moins de 790 millions entre 2017 et aujourd'hui pour des joueurs peu compatibles avec le jeu de Lionel Messi, qui attend désespérément l'entourage adéquat pour mener à bien le dernier grand projet de sa carrière. Ousmane Dembélé n'est pas Neymar, Philippe Coutinho n'est pas Andrés Iniesta, et Antoine Griezmann n'est pas à sa place au sein de cette équipe trop dépendante d'un Luis Suárez vieillissant, qui affiche de plus en plus ses limites.

Plus héroïque que jamais, la Pulga cache la misère derrière ses buts, et conforte la politique à l'aveugle des dirigeants en faisant trembler les filets à 70 reprises en deux épisodes de Liga, tous deux conclus par un succès du Barça malgré la perte de Neymar. Plus exigeante, la Ligue des Champions pardonne bien moins: les remontadas sont désormais subies par les Catalans, face à la Roma en quarts puis à Anfield en demis, pour deux nouvelles années sans finale européenne. Ces déplacements cauchemardesques racontent un club déboussolé loin de son Camp Nou, seulement vainqueur à deux reprises lors de ses onze derniers déplacements européens en phase finale, avec sept buts marqués et 24 encaissés.

LA CHUTE DE 2020

La saison 2019-2020 affiche plus clairement tous les maux, malgré 25 buts supplémentaires pour Leo. Doublé par un Real Madrid intouchable après le confinement, le Barça conclut la saison à la deuxième place, avec un total de 82 points, son plus bas depuis 2008 (67), année qui avait entraîné la prise de pouvoir de Guardiola.

Face au Bayern, les trois transferts les plus chers de l'histoire du club ont commencé la rencontre sur le banc.

L'Europe était la dernière option pour ne pas boucler l'année sans trophée, mais le match ouvert imposé par la défense haute du Bayern a rapidement tourné à l'avantage des athlètes bavarois, contre une équipe incapable de courir (avec 29 ans et 329 jours d'âge moyen, c'était la plus vieille jamais alignée par les Catalans en phase finale de la compétition), de défendre bas, et même de relancer proprement pour contourner le pressing adverse. Le Barça semblait figé hors du temps, prisonnier du souvenir des années dorées de Gerard Piqué ou Sergio Busquets, héros des années 2010. Dans le onze de base, seuls quatre joueurs transférés depuis 2015 sont présents, dont le vétéran Arturo Vidal. Quant à Dembélé, Griezmann et Coutinho, les trois transferts les plus chers de l'histoire du club, ils sont tous installés sur le banc. Le Brésilien est même sur celui d'en face, prêté au Bayern pour qui il plante les deux derniers clous sur le cercueil de l'orgueil culé.

L'heure est indéniablement à la remise en question. Quique Setién ne devrait pas résister à l'affront de Lisbonne, et d'aucuns commencent même à s'interroger sur l'avenir de Lionel Messi, entouré d'une équipe indigne de ses dernières années de carrière. Comme souvent, dans les moments de doute, le club pourrait se tourner vers les certitudes de son passé, et offrir plus de place aux talents de la Masia que sont Riqui Puig et Ansu Fati, voire confier le banc à un Xavi qui semble n'attendre que ça. Mais tout cela reste au stade de l'hypothèse.

À l'heure actuelle, la seule certitude est l'arrivée prochaine de Miralem Pjanic. Trente ans. Avec quel projet ?

Les comparaisons se déversent comme des vagues puissantes. Inévitables compagnes des moments d'histoire, qui forcent à se poser la question: est-ce qu'on a déjà vu ça? Il y a ceux qui choisiront les chiffres. Ils vous rappelleront peut-être qu'en 2011, alors au sommet de son art du toque, le Barça de Pep Guardiola n'avait encaissé que neuf buts sur l'ensemble de la compétition. Un toutes les 130 minutes, contre un ballon dans leurs filets toutes les onze minutes lors du cauchemar de Lisbonne. Et puis, il y a les autres, qui vous ont dit qu'ils avaient l'impression que leur télévision diffusait un replay du Mineirazo, exécution du Brésil par l'Allemagne (1-7) à Belo Horizonte lors des demi-finales du Mondial 2014. Un match lors duquel l'absence d'un certain Neymar Junior s'était cruellement fait sentir.Et si le plus net des parallèles était là, dans les pieds du Brésilien qui a laissé le Barça orphelin de tout projet footballistique lors de son départ fracassant au coeur de l'été 2017. En réalisant le transfert le plus cher de l'histoire, le PSG dépose alors un point d'interrogation au coeur de la pelouse du Camp Nou, où l'association de Ney et de Lionel Messi promettait encore quelques années fructueuses. Au moment de quitter l'Estadio da Luz, les Catalans auront-ils eu à l'esprit la prestation XXL de leur ancien coéquipier 48 heures plus tôt? Face à l'Atalanta, si certains retiendront surtout ses ratés, la data se chargera de rappeler que le génie auriverde a bouclé la rencontre avec 15 dribbles réussis. Trois de plus que l'ensemble des joueurs du Barça face au Bayern.Quand Neymar arrive au Camp Nou, il porte sur les épaules l'avenir du projet catalan. L'ère Guardiola est arrivée à son terme douze mois plus tôt, l'ancien milieu de terrain des Blaugranas quittant le banc de touche après une série folle de quatorze trophées en quatre ans. Dans l'aventure, le Barça double son total de Ligues des Champions, passant de deux à quatre sous l'impulsion du stratège de Santpedor.La saison 2012-2013 a donc des airs de transition. Elle se boucle avec une Liga supplémentaire au compteur, conclue en atteignant le seuil symbolique des cent points, mais laisse le goût amer d'une élimination fracassante en Ligue des Champions. Face au Bayern, déjà. Emmené par Arjen Robben et Frank Ribéry, le Rekordmeister impose un rythme époumonant. Le Barça s'en prend quatre en Bavière, et tend l'autre joue à domicile (0-3).Sept ans avant Lisbonne, c'est donc déjà le géant allemand qui impose une remise en question. Certains parlent de fin de cycle, mais à l'ère Guardiola succède rapidement la MSN, quand Luis Suárez vient se joindre à Neymar et Messi au bout du Mondial 2014. Connu comme le club des milieux de terrain, idéologie incarnée par la finale de la Coupe du monde des Clubs contre Santos conclue dans un schéma en 4-6-0, le Barça devient alors l'équipe du tridente, ce trio offensif qui chamboule l'équilibre historique de l'équipe.Pilotée par Luis Enrique, la MSN réinvente le club catalan. Au Camp Nou, face au Bayern (encore) de Guardiola, les Blaugranas abandonnent la possession (45%) mais claquent trois buts qui leur ouvrent la voie du triplé, conclu quelques semaines plus tard contre la Juventus. Dans le clan des puristes, d'aucuns déplorent un Barça éloigné de ses racines cruyffistes, qui se prive de Xavi dans son onze, alors que les autres répondent en désignant les trophées et évoquent l'évolution du football, plus rapide et vertical que jamais.Éliminé par le meilleur Atlético de Diego Simeone sur la route du doublé européen, le club s'installe une nouvelle fois sur le trône d'Espagne en 2016. Dauphin de l'irrésistible Real de Zinédine Zidane lors d'une année 2017 où le souvenir impérissable de la remontada infligée au PSG efface l'élimination par la Juve un tour plus tard, le FC Barcelone perd le nord au coeur de l'été. Neymar, grand artisan du 6-1 face aux Parisiens, prend la route de la Ville Lumière, et laisse les Catalans avec 222 millions d'euros sur le compte en banque, mais sans l'un de leurs guides sur le pré.Déjà peu inspiré sur le marché depuis 2014 - d'aucuns considèrent Suárez comme le dernier transfert réussi du Barça - le club aggrave son cas malgré ses moyens. Les Blaugranas signent des noms plutôt que des profils, et claquent un peu moins de 790 millions entre 2017 et aujourd'hui pour des joueurs peu compatibles avec le jeu de Lionel Messi, qui attend désespérément l'entourage adéquat pour mener à bien le dernier grand projet de sa carrière. Ousmane Dembélé n'est pas Neymar, Philippe Coutinho n'est pas Andrés Iniesta, et Antoine Griezmann n'est pas à sa place au sein de cette équipe trop dépendante d'un Luis Suárez vieillissant, qui affiche de plus en plus ses limites.Plus héroïque que jamais, la Pulga cache la misère derrière ses buts, et conforte la politique à l'aveugle des dirigeants en faisant trembler les filets à 70 reprises en deux épisodes de Liga, tous deux conclus par un succès du Barça malgré la perte de Neymar. Plus exigeante, la Ligue des Champions pardonne bien moins: les remontadas sont désormais subies par les Catalans, face à la Roma en quarts puis à Anfield en demis, pour deux nouvelles années sans finale européenne. Ces déplacements cauchemardesques racontent un club déboussolé loin de son Camp Nou, seulement vainqueur à deux reprises lors de ses onze derniers déplacements européens en phase finale, avec sept buts marqués et 24 encaissés.La saison 2019-2020 affiche plus clairement tous les maux, malgré 25 buts supplémentaires pour Leo. Doublé par un Real Madrid intouchable après le confinement, le Barça conclut la saison à la deuxième place, avec un total de 82 points, son plus bas depuis 2008 (67), année qui avait entraîné la prise de pouvoir de Guardiola.L'Europe était la dernière option pour ne pas boucler l'année sans trophée, mais le match ouvert imposé par la défense haute du Bayern a rapidement tourné à l'avantage des athlètes bavarois, contre une équipe incapable de courir (avec 29 ans et 329 jours d'âge moyen, c'était la plus vieille jamais alignée par les Catalans en phase finale de la compétition), de défendre bas, et même de relancer proprement pour contourner le pressing adverse. Le Barça semblait figé hors du temps, prisonnier du souvenir des années dorées de Gerard Piqué ou Sergio Busquets, héros des années 2010. Dans le onze de base, seuls quatre joueurs transférés depuis 2015 sont présents, dont le vétéran Arturo Vidal. Quant à Dembélé, Griezmann et Coutinho, les trois transferts les plus chers de l'histoire du club, ils sont tous installés sur le banc. Le Brésilien est même sur celui d'en face, prêté au Bayern pour qui il plante les deux derniers clous sur le cercueil de l'orgueil culé.L'heure est indéniablement à la remise en question. Quique Setién ne devrait pas résister à l'affront de Lisbonne, et d'aucuns commencent même à s'interroger sur l'avenir de Lionel Messi, entouré d'une équipe indigne de ses dernières années de carrière. Comme souvent, dans les moments de doute, le club pourrait se tourner vers les certitudes de son passé, et offrir plus de place aux talents de la Masia que sont Riqui Puig et Ansu Fati, voire confier le banc à un Xavi qui semble n'attendre que ça. Mais tout cela reste au stade de l'hypothèse. À l'heure actuelle, la seule certitude est l'arrivée prochaine de Miralem Pjanic. Trente ans. Avec quel projet ?