En 2017 et en 2019, le FK Vardar, un club macédonien, remporte la Ligue des Champions. Dans le même temps, la Macédoine du Nord gratte de bons résultats à l'EURO ainsi qu'au championnat du monde. On vous parle de handball, le sport-roi dans cet État situé dans les Balkans. À côté du hand, le football fait figure de Petit Poucet. Et pourtant, selon une étude de Nielsen Sport, le football serait le sport le plus populaire du pays. Le fait que l'équipe nationale ait réussi à se qualifier pour la phase finale d'un grand tournoi pour la première fois de son histoire n'y est sans doute pas étranger.
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En 2017 et en 2019, le FK Vardar, un club macédonien, remporte la Ligue des Champions. Dans le même temps, la Macédoine du Nord gratte de bons résultats à l'EURO ainsi qu'au championnat du monde. On vous parle de handball, le sport-roi dans cet État situé dans les Balkans. À côté du hand, le football fait figure de Petit Poucet. Et pourtant, selon une étude de Nielsen Sport, le football serait le sport le plus populaire du pays. Le fait que l'équipe nationale ait réussi à se qualifier pour la phase finale d'un grand tournoi pour la première fois de son histoire n'y est sans doute pas étranger. Retour en 1991, année où la Macédoine déclare son indépendance. Un an plus tard, la Fédération lance la Prva Liga, son premier championnat autonome. Ce n'est que trois ans plus tard, en 1994 que la Fédé macédonienne sera inscrite à la FIFA et à l'UEFA. Sur la scène européenne, les clubs macédoniens sont souvent éliminés dès les premiers tours. Notamment le Vardar Skopje par le Standard de Johan Walem et Ali Lukunku, en 2001. Un seul club belge chute face à un de leurs représentants: La Gantoise de Georges Leekens, lors de la Coupe Intertoto 2004, face au même Vardar. Il faut attendre 2017 pour voir un représentant macédonien se hisser en phase de poules d'une Coupe d'Europe. C'est encore le Vardar, qui élimine Fenerbahçe en barrage de l'Europa League. En phase de poules, le club de la capitale est rapidement éliminé, mais engrange le seul point macédonien de l'histoire. Lors de sa première participation aux éliminatoires de l'EURO, en 1995, l'équipe nationale rencontre la Belgique, qui s'y impose 0-5, avec notamment deux buts d' Enzo Scifo. Lors des années suivantes, la Macédoine démontre qu'elle est petite, mais dure à cuire. Mais pas suffisamment pour se qualifier pour la phase finale d'un grand tournoi. Plus tard, la sélection commence à remporter davantage de matches. Elle se hisse même à la 54e place du ranking FIFA, son meilleur classement jusqu'ici, mais toujours sans réussir à se qualifier. Après une défaite à Amsterdam face aux Pays-Bas en 2009, le coach Srecko Katanec se dispute avec le boss de l'équipe, Goran Pandev, recordman de sélections. L'attaquant, qui joue encore à l'Inter à cette époque, n'épargne pas le staff de ses caprices de star et refuse de jouer les deux matches suivants. Katanec en a marre et démissionne. "Nous avons eu une petite divergence de vues qui a éclaté au grand jour et a perturbé notre préparation, c'est inacceptable", déclare-t-il alors. C'est le début d'une véritable descente aux enfers pour l'équipe nationale. Une série de sélectionneurs se succèdent, mais aucun d'entre eux ne parvient à imprimer sa griffe ni à faire entrevoir l'espoir d'une qualification. Pour Pandev, le fait que la sélection loupe le Mondial au Brésil est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Il met un terme à sa carrière internationale et s'en prend à sa Fédération. "Je ne veux pas rester les bras croisés et voir le bateau sombrer. J'assume ma part de responsabilités dans la défaite, mais je ne comprends pas pourquoi les dirigeants n'en font pas autant. Il faut que le système change rapidement." À l'EURO 2016, toujours pas de trace de la Macédoine. Par contre, le nouveau sélectionneur, Igor Angelovski, réussit à convaincre Pandev de revenir. Ça ne permet toujours pas à la Macédoine de se qualifier pour la Coupe du monde, mais les résultats sont déjà meilleurs. En septembre 2018, l'UEFA lance la Nations League, une nouvelle compétition que la moitié de l'Europe désapprouve, car elle augmente le nombre de matches dans un calendrier déjà surchargé. Pour la Macédoine, depuis rebaptisée Macédoine du Nord pour mettre fin à un vieux conflit avec la région de Grèce portant le même nom, cette compétition s'avère être un don du ciel. La sélection remporte cinq de ses six rencontres du groupe D et, après une victoire sur le Kosovo, dispute la finale des barrages face à la Géorgie, qui vise également une première participation à la phase finale d'un grand tournoi. Le conte de fée trouve son épilogue sur le terrain boueux de Tbilissi, quand un héros au crâne dégarni fait chavirer la nation: à la 56e minute, Goran Pandev bat le gardien géorgien. La fête est totale. Après 19 ans et quatorze sélectionneurs, la Macédoine du Nord est enfin qualifiée pour la phase finale d'un grand tournoi! Dans ta face, le handball! Par Robben Scheire