Lorsqu'il remettra le trophée du champion au Bayern Munich, à huis clos, à l'issue de la 34e journée, le président de la Ligue (DFL) Christian Seifert aura définitivement gagné son audacieux pari lancé début mai, un saut dans l'inconnu à l'époque.

La DFL a mené deux batailles de front: celle de la sécurité sanitaire, et celle de l'opinion publique, peu favorable au début à cette reprise.

Autopsie d'une success-story à l'allemande:

L'unité fait la force

Contrairement à ce qu'il s'est passé en France par exemple, les 36 clubs de la Ligue allemande (première et deuxième division) ont tout de suite fait bloc.

"Nous avons eu le soutien total dès le début des grands clubs, le Bayern Munich et Dortmund, mais aussi des autres clubs", témoigne M. Seifert: "Ca m'a placé dans une position très forte lorsque j'ai parlé aux responsables politiques".

Les arguments de la DFL étaient limpides: "Si on arrêtait la saison mi-mars, un tiers de nos 36 clubs étaient dans une situation économique désastreuse en six à huit semaines", poursuit le patron de la Ligue, qui s'exprimait récemment dans un forum, "nous générons 56.000 emplois, ça valait le coup de se battre".

Réaction rapide et logistique "militaire"

"Nous avons été très rapides", s'est-il félicité, "nous avons interrompu le championnat le 14 mars, et dans la nuit du 15, j'ai défini chez moi un plan de travail".

"Nous avons commencé à travailler le 16, en passant les premiers appels pour mettre sur pied une équipe médicale capable de rédiger un protocole pour la reprise".

Fin avril, le "Konzept" sanitaire de la Bundesliga (matches à huis clos, tests massifs et confinement des équipes) était rendu public.

"Nous avons eu dès le début une tolérance zéro en matière de tests et de contamination. Nous avons créé un réseau de laboratoires dans toute l'Allemagne, avec une logistique quasi-militaire, pour être certain que rien ne partirait de travers", explique M. Seifert

Peurs et réticences

Deux types d'opposition à la reprise sont apparus, interne et externe.

En interne, le protocole sanitaire ultra-rigoureux a permis de convaincre les joueurs les plus inquiets qu'ils seraient en sécurité à l'entraînement et en compétition.

Par ailleurs, les arguments économique ont très rapidement eu raison des réticences de quelques clubs qui auraient vu d'un bon oeil l'interruption de la saison, pour éviter une relégation.

En externe, le problème a été plus délicat à gérer, reconnaît M. Seifert: "Nous sommes devenus un enjeu politique. Il a fallu se battre contre les +fake news+ qui disaient que nous détournions les tests et les moyens, dont avaient besoin le corps médical, que nous agissions sans conscience, que nous jouions alors que les enfants n'avaient pas le droit de jouer... il a été très difficile de surmonter ces réticences politiques".

Là encore, l'argument des emplois a été décisif. En Allemagne, un pays fou de football, la DFL a également fait valoir qu'au coeur de la crise, la reprise du championnat offrirait un dérivatif bienvenu pour soutenir le moral de la population.

Mais le football aurait été fustigé, estime le patron du foot professionnel allemand, si les joueurs n'avaient pas été disciplinés: "Ce sont de jeunes joueurs qui ont l'habitude d'être traités comme des superstars. Leur dire pendant huit semaines ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire" était un challenge, reconnaît-il après coup.

"Ils ont compris. Sans eux ce n'aurait pas été possible", se félicite-t-il.

Une pandémie bien gérée

Interrogé sur les raisons de la réussite, M. Seifert cite en premier le contexte favorable en Allemagne, un pays moins touché que ses voisins par la pandémie.

"Honnêtement, nous avons eu le gros avantage du système médical et des infrastructures allemands, et le gouvernement, de mon point de vue, a très bien géré la situation depuis le tout début", a-t-il noté.

"Je me suis dit: ok, c'est une situation difficile, mais si on regarde les chiffres, nous avons une bonne chance d'aller au bout du championnat", raconte M. Seifert.

Lorsqu'il remettra le trophée du champion au Bayern Munich, à huis clos, à l'issue de la 34e journée, le président de la Ligue (DFL) Christian Seifert aura définitivement gagné son audacieux pari lancé début mai, un saut dans l'inconnu à l'époque. La DFL a mené deux batailles de front: celle de la sécurité sanitaire, et celle de l'opinion publique, peu favorable au début à cette reprise.Autopsie d'une success-story à l'allemande:L'unité fait la forceContrairement à ce qu'il s'est passé en France par exemple, les 36 clubs de la Ligue allemande (première et deuxième division) ont tout de suite fait bloc."Nous avons eu le soutien total dès le début des grands clubs, le Bayern Munich et Dortmund, mais aussi des autres clubs", témoigne M. Seifert: "Ca m'a placé dans une position très forte lorsque j'ai parlé aux responsables politiques".Les arguments de la DFL étaient limpides: "Si on arrêtait la saison mi-mars, un tiers de nos 36 clubs étaient dans une situation économique désastreuse en six à huit semaines", poursuit le patron de la Ligue, qui s'exprimait récemment dans un forum, "nous générons 56.000 emplois, ça valait le coup de se battre".Réaction rapide et logistique "militaire""Nous avons été très rapides", s'est-il félicité, "nous avons interrompu le championnat le 14 mars, et dans la nuit du 15, j'ai défini chez moi un plan de travail"."Nous avons commencé à travailler le 16, en passant les premiers appels pour mettre sur pied une équipe médicale capable de rédiger un protocole pour la reprise".Fin avril, le "Konzept" sanitaire de la Bundesliga (matches à huis clos, tests massifs et confinement des équipes) était rendu public. "Nous avons eu dès le début une tolérance zéro en matière de tests et de contamination. Nous avons créé un réseau de laboratoires dans toute l'Allemagne, avec une logistique quasi-militaire, pour être certain que rien ne partirait de travers", explique M. SeifertPeurs et réticencesDeux types d'opposition à la reprise sont apparus, interne et externe.En interne, le protocole sanitaire ultra-rigoureux a permis de convaincre les joueurs les plus inquiets qu'ils seraient en sécurité à l'entraînement et en compétition. Par ailleurs, les arguments économique ont très rapidement eu raison des réticences de quelques clubs qui auraient vu d'un bon oeil l'interruption de la saison, pour éviter une relégation.En externe, le problème a été plus délicat à gérer, reconnaît M. Seifert: "Nous sommes devenus un enjeu politique. Il a fallu se battre contre les +fake news+ qui disaient que nous détournions les tests et les moyens, dont avaient besoin le corps médical, que nous agissions sans conscience, que nous jouions alors que les enfants n'avaient pas le droit de jouer... il a été très difficile de surmonter ces réticences politiques".Là encore, l'argument des emplois a été décisif. En Allemagne, un pays fou de football, la DFL a également fait valoir qu'au coeur de la crise, la reprise du championnat offrirait un dérivatif bienvenu pour soutenir le moral de la population.Mais le football aurait été fustigé, estime le patron du foot professionnel allemand, si les joueurs n'avaient pas été disciplinés: "Ce sont de jeunes joueurs qui ont l'habitude d'être traités comme des superstars. Leur dire pendant huit semaines ce qu'ils doivent faire ou ne pas faire" était un challenge, reconnaît-il après coup."Ils ont compris. Sans eux ce n'aurait pas été possible", se félicite-t-il.Une pandémie bien géréeInterrogé sur les raisons de la réussite, M. Seifert cite en premier le contexte favorable en Allemagne, un pays moins touché que ses voisins par la pandémie. "Honnêtement, nous avons eu le gros avantage du système médical et des infrastructures allemands, et le gouvernement, de mon point de vue, a très bien géré la situation depuis le tout début", a-t-il noté."Je me suis dit: ok, c'est une situation difficile, mais si on regarde les chiffres, nous avons une bonne chance d'aller au bout du championnat", raconte M. Seifert.