Trois saisons en Angleterre: une révolution du jeu qui restera gravée dans la mémoire des supporters, mais trois échecs dans sa quête du dernier carré européen, qui seront autant de cicatrices.

Il y a d'abord eu cette sortie en huitième de finale contre Monaco en 2017. Kylian Mbappé n'était pas encore champion du monde, mais, déjà, l'avalanche de buts avaient enseveli City (5-3, 1-3). Guardiola avait été pardonné, après tout, il n'avait pas eu le temps de façonner son groupe.

La saison passée, les Citizens ont pris la porte en quart de finale, éliminés par un Liverpool flamboyant et futur finaliste de la compétition reine (3-0, 2-1). La défaite du match aller avait déjà posé des questions: pourquoi Guardiola avait-il demandé à ses joueurs de jouer en contrôle, de taire leurs instincts offensifs? Une faillite pardonnée par l'incroyable domination en Premier League, marquée par des records de points et de buts.

Emotions en question

Et puis, il y a eu mercredi. Un nouveau déluge de buts et d'émotions (4-3) après un nouveau match aller disputé contre-nature et perdu (1-0). "L'approche prudente du match aller prouve que même le manager de City est faillible", note le Times jeudi, pointant du doigt le fabuleux match de Kevin De Bruyne, auteur de trois passes décisives à l'Etihad Stadium... et pourtant laissé sur le banc à Londres il y a une semaine.

Enfin, il y a ce bilan. Le Catalan a beau avoir mené le Barça à deux triomphes en C1, le dernier remonte maintenant à 2011. Depuis cette date, plus d'apparition en finale, après avoir notamment échoué trois fois de suite en demi-finale avec le Bayern Munich entre 2014 et 2016.

Alors, Guardiola a-t-il perdu son mojo?

"Il y a une théorie selon laquelle Guardiola, le maître du contrôle et des systèmes, n'est tout simplement pas adapté aux intangibles du football des phases finales, des soirées où une saison entière peut être emportée dans un élan de faiblesse ou par une vague d'émotions", explique The Guardian jeudi.

"C'est une idée qui va gagner en popularité, après un nouveau match à élimination directe qui semble avoir été mis en scène juste pour tourmenter cette obsession du schéma et des systèmes", insiste le quotidien.

City avait perdu les pédales à Liverpool la saison dernière, Tottenham en a enlevé les freins mercredi soir. Les Spurs étaient pourtant privés de Harry Kane, Harry Winks, Eric Dier, Erik Lamela et ont perdu l'impressionnant Moussa Sissoko sur blessure avant même la mi-temps, fait remarquer The Telegraph. Le journal rappelle aussi que le club londonien n'a enregistré aucune recrue lors des deux derniers mercato, alors que le banc de City mercredi soir a coûté dans les 240 millions de livres (environ 277,5 ME).

Place au triplé?

Evidemment, le génie de Santpedor a tenté de minimiser l'échec, mettant en avant la qualité du jeu et les opportunités manquées à l'aller, se refusant à faire un lien entre Liverpool et Tottenham. "Ce n'est pas la même histoire que maintenant", a-t-il plaidé en conférence de presse, pointant le penalty manqué à l'aller et les "erreurs sur les deux premiers buts".

Maintenant, il faut s'en relancer. Coupe de la Ligue et qualification pour la finale de la Coupe d'Angleterre en poche, Guardiola et ses hommes sont toujours en quête d'un incroyable triplé.

Avec un match disputé en moins que Liverpool, les champions d'Angleterre sont assurés de conserver leur titre s'ils gagnent leurs cinq derniers matches.

Avantage certain selon The Sun, ils auront désormais la paix pendant les demi-finales de C1, alors que Liverpool affrontera deux fois le grand Barça.

"Ce sera le test ultime des prouesses motivationnelles de Guardiola", estime le tabloïd, alors que Tottenham reviendra à Manchester... dès samedi.

"Nous devons nous relever, réagir. (...) On n'a pas le temps", a insisté Guardiola. "Nous nous sommes battus pendant neuf ou dix mois pour la Premier League et nous pouvons encore la gagner. C'est dur, mais nous devons nous battre jusqu'à la fin."

Traditionnellement remontés contre l'UEFA, c'est là-dessus que le jugeront les supporters. Quant aux propriétaires aboudhabiens, eux, ils visaient l'Europe.