Christian Pulisic a connu une première saison mouvementée à Londres. Tout a en fait commencé en janvier dernier, lorsqu'il a été transféré à Chelsea pour 64 millions d'euros, mais a été autorisé à rester au Borussia Dortmund pendant six mois. Chelsea venait de se voir interdire de transfert pour l'été 2019 et, avec Pulisic, s'offrait un dernier gros coup, tant qu'il le pouvait, pour la saison à venir.

En raison de ses obligations internationales avec les États-Unis, Pulisic n'a rejoint l'effectif de Chelsea que tard en juillet, lors d'un tournoi de préparation au Japon. Et son arrivée ne s'est pas si bien passée que cela, a-t-il raconté plus tard au podcast 13&Me. "C'était très étrange. J'étais là, dans le bus, mais personne ne semblait m'avoir remarqué. Seul deux jeunes sont venus me saluer. Je me suis demandé : qu'est-ce que c'est que ça ?"

La bénédiction corona

L'ailier s'est toutefois rapidement adapté et s'est immédiatement présenté aux supporters en août, grâce à trois titularisations en quatre matchs. Mais les résultats de l'équipe étaient décevants et Pulisic n'a plus quitté le banc en septembre. Ce n'est que fin octobre que l'Américain a finalement fait son retour dans le onze de base. Confirmant ses aptitudes, il n'a plus quitté l'équipe jusqu'en janvier, quand une blessure aux adducteurs a, on le croyait alors, mis fin prématurément à sa saison. Il n'est plus entré en action jusqu'à la suspension des compétitions en raison du coronavirus. Un break qui lui a fait du bien. Après une saison infernale, cette période de repos lui a été bénéfique et il est revenu boosté au moment de la reprise en Premier League. Avec trois buts et trois assists, il s'est montré décisif dans six des sept dernières rencontres de Chelsea.

Le successeur d'Hazard ?

Le seul transfert de Chelsea a finalement trouvé sa place à Londres. De quoi réjouir les Blues qui avaient été chercher l'Américain pour remplacer Eden Hazard, parti au Real Madrid. Suite à ses récents matches convaincants, les comparaisons avec le Diable rouge sont désormais quotidiennes pour Pulisic. Mais sont-elles justifiées ? Comparons les prestations de Pulisic à celles d'Hazard lors de sa première saison en Angleterre, en 2012/13.

Si Pulisic a eu un peu de mal à se faire une place au soleil lors de sa première saison, Hazard a immédiatement été une valeur sûre. Pulisic, avec encore deux journées à disputer, est entré en action à 23 reprises en Premier League. Hazard y était parvenu 34 fois. Une différence que l'on retrouve logiquement au niveau du temps passé sur la pelouse : 1617 minutes pour l'Américain contre 2636 pour le Belge.

Christian Pulisic., belga
Christian Pulisic. © belga

Mais au niveau du jeu, surtout offensivement, les similitudes sont frappantes. Hazard avait marqué neuf fois en 34 parties, Pulisic en est à huit en 23 matches. Du gauche ou du droit, cela importe peu : Pulisic a inscrit trois buts avec chacun de ses pieds tandis qu'Hazard faisait un peu mieux : quatre et quatre. L'un comme l'autre ont principalement marqué depuis les seize mètres (sept pour Pulisic, huit pour Hazard).

Le joueur actuel de Chelsea s'est toutefois peut-être montré un peu plus menaçant. L'Américain a frappé 59 fois au goal et a cadré 25 de ses envois quand Hazard, avec dix rencontres supplémentaires, n'avait tiré que quatre fois de plus et cadré qu'une tentative supplémentaire.

De plus, le compteur dribble de Pulisic affiche un chiffre légèrement plus élevé que celui de notre compatriote : 4,4 dribbles/match contre 3,8 pour Eden. Et il en a réussi également plus que Hazard : 52% contre 47%.

Pulisic est, en ce moment, l'un des meilleurs en terme de "progressive runs" (course balle au pied durant laquelle des mètres sont gagnés dans le camps adverse). Avec 4,04 actions par match, il n'est devancé que par Jack Grealish d'Aston Villa (4,26) et Adama Traoré (5,38).

Égoïste ?

Pulisic est peut-être un peu plus dangereux qu'Hazard, mais dans le jeu en équipe, ses statistiques sont moindres. Indicateur fiable, le nombre de passes (réussies) est nettement à l'avantage du Belge. Cette saison, Christian Pulisic a fait 630 passes (80% réussies) quand Hazard affichait 1523 passes (80% réussies) il y a sept ans. Avec 44,8 passes par rencontre, le capitaine des Diables fait beaucoup que son successeur (27,4).

Une différence qui se marque également dans une autre ligne statistique : celle des assists. Pulisic n'a offert que trois passes décisives alors qu'Eden avait distillé onze assists. Un écart important, mais l'Américain n'a pas grand choses à envier au Belge en terme d'implication dans les buts. Avec huit goals et trois passes décisives, il est impliqué dans 0,58 buts par match. Hazard, qui a joué plus, ne faisait que légèrement mieux : 0,59.

Peut-on en conclure que Pulisic est le nouvel Hazard ? Les deux joueurs offensifs sont assez similaires bien que Pulisic dribble plus et se montre plus égoïste qu'Hazard, qui cherchait plus rapidement l'appui d'un coéquipier. Mais les stats de Pulisic démontrent qu'il a le potentiel pour devenir une légende des Blues à l'image d'Hazard. À condition de confirmer.

Par Gert Segers

Christian Pulisic a connu une première saison mouvementée à Londres. Tout a en fait commencé en janvier dernier, lorsqu'il a été transféré à Chelsea pour 64 millions d'euros, mais a été autorisé à rester au Borussia Dortmund pendant six mois. Chelsea venait de se voir interdire de transfert pour l'été 2019 et, avec Pulisic, s'offrait un dernier gros coup, tant qu'il le pouvait, pour la saison à venir. En raison de ses obligations internationales avec les États-Unis, Pulisic n'a rejoint l'effectif de Chelsea que tard en juillet, lors d'un tournoi de préparation au Japon. Et son arrivée ne s'est pas si bien passée que cela, a-t-il raconté plus tard au podcast 13&Me. "C'était très étrange. J'étais là, dans le bus, mais personne ne semblait m'avoir remarqué. Seul deux jeunes sont venus me saluer. Je me suis demandé : qu'est-ce que c'est que ça ?"L'ailier s'est toutefois rapidement adapté et s'est immédiatement présenté aux supporters en août, grâce à trois titularisations en quatre matchs. Mais les résultats de l'équipe étaient décevants et Pulisic n'a plus quitté le banc en septembre. Ce n'est que fin octobre que l'Américain a finalement fait son retour dans le onze de base. Confirmant ses aptitudes, il n'a plus quitté l'équipe jusqu'en janvier, quand une blessure aux adducteurs a, on le croyait alors, mis fin prématurément à sa saison. Il n'est plus entré en action jusqu'à la suspension des compétitions en raison du coronavirus. Un break qui lui a fait du bien. Après une saison infernale, cette période de repos lui a été bénéfique et il est revenu boosté au moment de la reprise en Premier League. Avec trois buts et trois assists, il s'est montré décisif dans six des sept dernières rencontres de Chelsea.Le seul transfert de Chelsea a finalement trouvé sa place à Londres. De quoi réjouir les Blues qui avaient été chercher l'Américain pour remplacer Eden Hazard, parti au Real Madrid. Suite à ses récents matches convaincants, les comparaisons avec le Diable rouge sont désormais quotidiennes pour Pulisic. Mais sont-elles justifiées ? Comparons les prestations de Pulisic à celles d'Hazard lors de sa première saison en Angleterre, en 2012/13.Si Pulisic a eu un peu de mal à se faire une place au soleil lors de sa première saison, Hazard a immédiatement été une valeur sûre. Pulisic, avec encore deux journées à disputer, est entré en action à 23 reprises en Premier League. Hazard y était parvenu 34 fois. Une différence que l'on retrouve logiquement au niveau du temps passé sur la pelouse : 1617 minutes pour l'Américain contre 2636 pour le Belge.Mais au niveau du jeu, surtout offensivement, les similitudes sont frappantes. Hazard avait marqué neuf fois en 34 parties, Pulisic en est à huit en 23 matches. Du gauche ou du droit, cela importe peu : Pulisic a inscrit trois buts avec chacun de ses pieds tandis qu'Hazard faisait un peu mieux : quatre et quatre. L'un comme l'autre ont principalement marqué depuis les seize mètres (sept pour Pulisic, huit pour Hazard).Le joueur actuel de Chelsea s'est toutefois peut-être montré un peu plus menaçant. L'Américain a frappé 59 fois au goal et a cadré 25 de ses envois quand Hazard, avec dix rencontres supplémentaires, n'avait tiré que quatre fois de plus et cadré qu'une tentative supplémentaire. De plus, le compteur dribble de Pulisic affiche un chiffre légèrement plus élevé que celui de notre compatriote : 4,4 dribbles/match contre 3,8 pour Eden. Et il en a réussi également plus que Hazard : 52% contre 47%.Pulisic est, en ce moment, l'un des meilleurs en terme de "progressive runs" (course balle au pied durant laquelle des mètres sont gagnés dans le camps adverse). Avec 4,04 actions par match, il n'est devancé que par Jack Grealish d'Aston Villa (4,26) et Adama Traoré (5,38). Pulisic est peut-être un peu plus dangereux qu'Hazard, mais dans le jeu en équipe, ses statistiques sont moindres. Indicateur fiable, le nombre de passes (réussies) est nettement à l'avantage du Belge. Cette saison, Christian Pulisic a fait 630 passes (80% réussies) quand Hazard affichait 1523 passes (80% réussies) il y a sept ans. Avec 44,8 passes par rencontre, le capitaine des Diables fait beaucoup que son successeur (27,4).Une différence qui se marque également dans une autre ligne statistique : celle des assists. Pulisic n'a offert que trois passes décisives alors qu'Eden avait distillé onze assists. Un écart important, mais l'Américain n'a pas grand choses à envier au Belge en terme d'implication dans les buts. Avec huit goals et trois passes décisives, il est impliqué dans 0,58 buts par match. Hazard, qui a joué plus, ne faisait que légèrement mieux : 0,59.Peut-on en conclure que Pulisic est le nouvel Hazard ? Les deux joueurs offensifs sont assez similaires bien que Pulisic dribble plus et se montre plus égoïste qu'Hazard, qui cherchait plus rapidement l'appui d'un coéquipier. Mais les stats de Pulisic démontrent qu'il a le potentiel pour devenir une légende des Blues à l'image d'Hazard. À condition de confirmer.Par Gert Segers