Il paraîtrait que le foot est un jeu qui se joue à onze contre onze et qu'à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent. Une formule immortelle, que les Italiens ont l'art de la mettre à mal. Ils l'ont démontée en demi-finale de l'EURO 2012, et avant ça, en Coupe du monde : en 2006, 1982 et 1970.

Ce match datant d'il y a un demi-siècle, reste dans les mémoires. On l'a même qualifié de match du siècle, mais bon, ça, c'est quand même un peu exagéré. Par contre, ce fut un rendez-vous empli de drames et de buts.

À l'époque, ce n'est pas du côté de l'Italie qu'il faut regarder pour voir des matches spectaculaires. On est en pleine ère du catenaccio. Dans leur premier match de poules de ce Mondial au Mexique, les Italiens prennent l'avance par Angelo Domenghini, contre la Suède, après dix minutes. Ils font ensuite ce qu'ils feront aussi dans leurs deux rencontres suivantes, face à l'Uruguay et Israël : fermer la boutique. Au bout du compte, la Squadra fait 1-0 puis deux nuls blancs, mais ça lui suffit pour terminer en tête du groupe. L'équipe se libère enfin en quart de finale contre le Mexique. Victoire italienne convaincante, 4-1, et donc rendez-vous à Mexico City pour une demi contre l'Allemagne de l'Ouest.

Roberto Boninsegna débloque le score après seulement huit minutes. Les Italiens rejouent alors leur jeu favori en bloquant tous les accès vers leur cage. Les Allemands se cassent les dents sur ce mur, jusqu'à la dernière minute, quand dans le temps additionnel, Karl-Heinz Schnellinger se retrouve subitement seul devant le gardien italien et force les prolongations.

C'est là que ça part soudainement dans tous les sens. Chaque action offensive, ou presque, se termine par un but. En comptant l'égalisation allemande, tombée à la 92e minute, on a droit à six buts en l'espace de 22 minutes. Gerd Müller étale ses qualités de renard des surfaces en scorant deux fois depuis le petit rectangle. De l'autre côté, les défenseurs allemands optent, bien à l'avance, pour la distanciation sociale. Les attaquants italiens sont complètement esseulés. C'est un match complètement débridé, et à la sixième minute de la deuxième prolongation, Giovanni Rivera fait 4-3. Score final.

Une fois le match terminé, les Allemands sont remontés sur l'arbitre mexicain Arturo Yamasaki. Il aurait fermé les yeux sur plusieurs penalties et n'aurait pas sanctionné une faute italienne sur l'action qui a permis à la Squadra de faire 3-2. À côté de ça, il serait tombé dans le piège des simulations italiennes. Ce qui a inspiré ce commentaire à un commentateur de la télé allemande : "Je crois que Tarcisio Burgnich vient de tomber mort dans le rectangle."

Bref, si ce match est entré dans la légende, c'est plus pour la succession d'émotions qu'il a déclenchées que pour la qualité du jeu proposé. Une plaque commémorative a été placée dans le stade, histoire que personne n'oublie. Mais ça ne change rien à l'affaire.

Peter Mangelschots

Feuille de match

Buts : Roberto Boninsegna 8e, Karl-Heinz Schnellinger 90e, Gerd Müller 94e, Tarcisio Burgnich 98e, Luigi Riva 104e, Gerd Müller 110e, Giovanni Rivera 111e

Estadio Azteca, Mexico City, Mexique

Demi-finale de la Coupe du monde

17 juin 1970

Il paraîtrait que le foot est un jeu qui se joue à onze contre onze et qu'à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent. Une formule immortelle, que les Italiens ont l'art de la mettre à mal. Ils l'ont démontée en demi-finale de l'EURO 2012, et avant ça, en Coupe du monde : en 2006, 1982 et 1970. Ce match datant d'il y a un demi-siècle, reste dans les mémoires. On l'a même qualifié de match du siècle, mais bon, ça, c'est quand même un peu exagéré. Par contre, ce fut un rendez-vous empli de drames et de buts.À l'époque, ce n'est pas du côté de l'Italie qu'il faut regarder pour voir des matches spectaculaires. On est en pleine ère du catenaccio. Dans leur premier match de poules de ce Mondial au Mexique, les Italiens prennent l'avance par Angelo Domenghini, contre la Suède, après dix minutes. Ils font ensuite ce qu'ils feront aussi dans leurs deux rencontres suivantes, face à l'Uruguay et Israël : fermer la boutique. Au bout du compte, la Squadra fait 1-0 puis deux nuls blancs, mais ça lui suffit pour terminer en tête du groupe. L'équipe se libère enfin en quart de finale contre le Mexique. Victoire italienne convaincante, 4-1, et donc rendez-vous à Mexico City pour une demi contre l'Allemagne de l'Ouest.Roberto Boninsegna débloque le score après seulement huit minutes. Les Italiens rejouent alors leur jeu favori en bloquant tous les accès vers leur cage. Les Allemands se cassent les dents sur ce mur, jusqu'à la dernière minute, quand dans le temps additionnel, Karl-Heinz Schnellinger se retrouve subitement seul devant le gardien italien et force les prolongations.C'est là que ça part soudainement dans tous les sens. Chaque action offensive, ou presque, se termine par un but. En comptant l'égalisation allemande, tombée à la 92e minute, on a droit à six buts en l'espace de 22 minutes. Gerd Müller étale ses qualités de renard des surfaces en scorant deux fois depuis le petit rectangle. De l'autre côté, les défenseurs allemands optent, bien à l'avance, pour la distanciation sociale. Les attaquants italiens sont complètement esseulés. C'est un match complètement débridé, et à la sixième minute de la deuxième prolongation, Giovanni Rivera fait 4-3. Score final. Une fois le match terminé, les Allemands sont remontés sur l'arbitre mexicain Arturo Yamasaki. Il aurait fermé les yeux sur plusieurs penalties et n'aurait pas sanctionné une faute italienne sur l'action qui a permis à la Squadra de faire 3-2. À côté de ça, il serait tombé dans le piège des simulations italiennes. Ce qui a inspiré ce commentaire à un commentateur de la télé allemande : "Je crois que Tarcisio Burgnich vient de tomber mort dans le rectangle." Bref, si ce match est entré dans la légende, c'est plus pour la succession d'émotions qu'il a déclenchées que pour la qualité du jeu proposé. Une plaque commémorative a été placée dans le stade, histoire que personne n'oublie. Mais ça ne change rien à l'affaire.Peter Mangelschots