Que s'est-il passé, ce 8 juillet 2014 ? Quelles planètes ont bien pu s'aligner, quelle malédiction a bien pu être prononcée, quel trou dans l'espace-tempsa bien pu s'ouvrir pour assister à un tel spectacle ? Car sous le ciel de Belo Horizonte, l'impensable, l'inimaginable, l'incroyable s'est produit : le Brésil s'est tout simplement désintégré face à une Allemagne qui n'a même pas eu à forcer son (immense) talent pour sortir le pays hôte en demi-finale, et s'offrir son rendez-vous avec l'histoire face à l'Argentine de Lionel Messi.

Au moment d'entamer son tournoi, la Seleçao est soumise à une pression de dingue. Emmenée par Neymar, l'équipe de Luiz Felipe Scolari n'a pas le choix : elle doit s'imposer, accrocher une sixième étoile au maillot auriverde. Effacer les déceptions de deux dernières éditions. Assumer les dépenses colossales consenties par les autorités pour mettre ce Mondial sur pied, alors que la population se sent de plus en plus abandonnée par son gouvernement. Sans forcément impressionner, le Brésil se hisse jusqu'en demi-finale. Mais en quart, face à la Colombie, le squad brésilien perd son leader, Neymar, victime d'un coup de genou dans le dos signé Juan Zuniga.

Est-ce cette seule absence, conjuguée à la suspension du défenseur central et capitaine Thiago Silva, qui a fait flancher le grand Brasil de façon aussi cataclysmique ? Le saura-t-on un jour ? Sans doute pas. Toujours est-il que sans ces deux pions essentiels, David Luiz et les siens sombrent comme jamais face à des attaques allemandes qui mènent irrémédiablement aux cages d'un Júlio César impuissant. En six minutes, la Mannschaft claque quatre pions à un adversaire fantomatique. Les avants sud-américains ? Invisibles, à l'image de Fred, dont la heatmap colorée quasiment sur le seul point central du terrain résume à elle seule le naufrage offensif (et général, en réalité...) que fut cette prestation lunaire.

Tellement lunaire que ce qui restera dans l'histoire, au-delà des buts allemands et de ce résultat improbable, ce sont ces larmes. Celles de ses supporters incrédules, nageant entre désarroi et envie de se réveiller. Celles d'un Luiz tentant péniblement de s'excuser face à 200 millions de compatriotes en plein cauchemar. Celles de ce vieux monsieur moustachu s'accrochant désespérément à son trophée factice. Celles du football, peut-être, viscéralement lié à ce maillot doré, impitoyablement souillé dans la nuit brésilienne. Par l'Allemagne ? Thomas Müller et les siens ont fait ce qu'ils devaient faire. Par les joueurs brésiliens ? Leur écroulement mental, assurément. Mais plutôt que de les blâmer, ce soir-là, on avait plutôt envie de pleurer avec eux. Ça doit être ça, la saudade...

Feuille de match

Buts : Oscar 90e/11e Müller, 23e Klose, 24e et 26e Kroos, 29e Khedira, 69e et 79e Schürrle

Brésil : César, Maicon, Luiz, Dante, Marcelo, Gustavo, Fernandinho (Paulinho), Hulk (Ramires), Oscar, Bernard, Fred (Willian)

Allemagne : Neuer, Lahm, Boateng, Hummels (Mertesacker), Höwedes, Khedira (Draxler), Schweinsteiger, Müller, Kroos, Özil, Klose (Schürrle)

Estádio Mineirão, Belo Horizonte

Demi-finale de la Coupe du monde 2014

8 juillet 2014

Que s'est-il passé, ce 8 juillet 2014 ? Quelles planètes ont bien pu s'aligner, quelle malédiction a bien pu être prononcée, quel trou dans l'espace-tempsa bien pu s'ouvrir pour assister à un tel spectacle ? Car sous le ciel de Belo Horizonte, l'impensable, l'inimaginable, l'incroyable s'est produit : le Brésil s'est tout simplement désintégré face à une Allemagne qui n'a même pas eu à forcer son (immense) talent pour sortir le pays hôte en demi-finale, et s'offrir son rendez-vous avec l'histoire face à l'Argentine de Lionel Messi.Au moment d'entamer son tournoi, la Seleçao est soumise à une pression de dingue. Emmenée par Neymar, l'équipe de Luiz Felipe Scolari n'a pas le choix : elle doit s'imposer, accrocher une sixième étoile au maillot auriverde. Effacer les déceptions de deux dernières éditions. Assumer les dépenses colossales consenties par les autorités pour mettre ce Mondial sur pied, alors que la population se sent de plus en plus abandonnée par son gouvernement. Sans forcément impressionner, le Brésil se hisse jusqu'en demi-finale. Mais en quart, face à la Colombie, le squad brésilien perd son leader, Neymar, victime d'un coup de genou dans le dos signé Juan Zuniga. Est-ce cette seule absence, conjuguée à la suspension du défenseur central et capitaine Thiago Silva, qui a fait flancher le grand Brasil de façon aussi cataclysmique ? Le saura-t-on un jour ? Sans doute pas. Toujours est-il que sans ces deux pions essentiels, David Luiz et les siens sombrent comme jamais face à des attaques allemandes qui mènent irrémédiablement aux cages d'un Júlio César impuissant. En six minutes, la Mannschaft claque quatre pions à un adversaire fantomatique. Les avants sud-américains ? Invisibles, à l'image de Fred, dont la heatmap colorée quasiment sur le seul point central du terrain résume à elle seule le naufrage offensif (et général, en réalité...) que fut cette prestation lunaire. Tellement lunaire que ce qui restera dans l'histoire, au-delà des buts allemands et de ce résultat improbable, ce sont ces larmes. Celles de ses supporters incrédules, nageant entre désarroi et envie de se réveiller. Celles d'un Luiz tentant péniblement de s'excuser face à 200 millions de compatriotes en plein cauchemar. Celles de ce vieux monsieur moustachu s'accrochant désespérément à son trophée factice. Celles du football, peut-être, viscéralement lié à ce maillot doré, impitoyablement souillé dans la nuit brésilienne. Par l'Allemagne ? Thomas Müller et les siens ont fait ce qu'ils devaient faire. Par les joueurs brésiliens ? Leur écroulement mental, assurément. Mais plutôt que de les blâmer, ce soir-là, on avait plutôt envie de pleurer avec eux. Ça doit être ça, la saudade...