Robert Herbin, Dominique Rocheteau, Jean-Michel Larqué, Hervé Revelli, Dominique Bathenay ou encore Ivan Curkovic : 44 ans après la fameuse épopée des Verts, les noms de ces héros de Saint-Étienne résonnent toujours avec douceur aux oreilles de tous les amateurs de football français qui ont connu cette époque. "Qui c'est les plus forts ? Évidemment, c'est les Verts !" : au printemps 1976, le refrain inonde les radios et fait un tabac aux quatre coins de la France. Le pays tout entier tombe amoureux de ces joueurs aux cheveux longs sorti du fin fond de la Loire. Il faut dire qu'à l'époque, les occasions de s'enflammer sont rares pour les footeux bleu-blanc-rouge. Depuis la troisième place des Bleus à la Coupe du monde 58, avec les buts de Just Fontaine, et les exploits européens du Stade de Reims, emmenés par Raymond Kopa, le foot hexagonal mange son pain noir : l'équipe nationale a loupé les Coupes du monde 62, 70 et 74 ainsi que les EUROS 64, 68 et 72 ; et plus aucun club français, hormis Lyon en Coupe des vainqueurs de coupes 1968, n'a atteint les demi-finales d'une Coupe d'Europe.

L'épopée des Verts de 76 commence véritablement cinq ans plus tôt : en 1971, de nombreux joueurs quittent le Forez, notamment pour l'OM, et le coach à succès, Albert Batteux, champion avec Sainté en 68, 69 et 70, démissionne. Pour le remplacer, le président Roger Rocher mise sur Robert Herbin, qui vient tout juste de raccrocher les crampons, et l'accent est mis sur la jeunesse avec notamment les vainqueurs de la Coupe Gambardella 1970 (Gérard Jeanvion, Christian Lopez, Dominique Bathenay, Christian Sarramagna) à laquelle viendra s'ajouter deux recrues étrangères l'année suivante : le gardien yougoslave Ivan Curkovic et le défenseur argentin Oswaldo Piazza. Et la sauce ne tarde pas à prendre : dès 1974, l'ASSE réalise le doublé Coupe-championnat et contrairement à leurs prédécesseurs, les Verts rajeunis se mettent également à briller en Europe. Le tournant se situe probablement à l'automne 74 : en huitièmes de C1, Saint-Étienne réussit l'exploit d'éliminer l'Hajduk Split aux prolongations (5-1) après avoir été lourdement battus à l'aller (4-1). Dans la foulée, ils prennent encore la mesure des Polonais de Ruch Chorzow, avant de tomber en demi-finale face aux futurs vainqueurs, le Bayern Munich.

Jean-Michel Larqué dans les bras de son entraîneur, Robert Herbin., belga
Jean-Michel Larqué dans les bras de son entraîneur, Robert Herbin. © belga

À nouveau auteurs du doublé national, les hommes d'Herbin, surnommé le Phoenix tant il reste impassible en toutes circonstances, sont bien décidés à prendre leur revanche sur la scène continentale. Après avoir sorti sans trembler le KB Copenhague et les Glasgow Rangers, les Stéphanois prennent un coup de froid, au propre comme au figuré, à Kiev où ils s'inclinent face au Dynamo local (2-0) lors d'une soirée glaciale de mars. Mais une fois de plus, le Chaudron de Geoffroy-Guichard sera le terrain d'un retournement de situation qui restera dans les annales. Alors qu'Oleg Blokhin, Ballon d'Or 75, rate l'immanquable, Revelli donne l'avantage aux siens avant que Larqué ne les envoie en prolongations durant laquelle un Rocheteau, blessé et épuisé,délivre le peuple vert. En demi, un seul petit but de Larqué, encore lui, suffit à Sainté pour se débarrasser du PSV et se qualifier pour la finale de Glasgow.

Face aux Français se dresse l'ogre du moment : le Bayern Munich, vainqueur des deux éditions précédentes et emmenés par ses champions du monde Sepp Maier, Hans-Georg Schwarzenbeck, Gerd Müller et bien sûr Franz Beckenbauer. 30.000 supporters de l'ASSE font le déplacement jusqu'en Écosse et comme la plupart des locaux ont également pris fait et cause pour les Français, c'est quasiment tout Hampden Park qui est derrière les Verts.

Si Saint-Étienne est privé de Rocheteau, son Ange vert, l'équipe française domine la rencontre et frappe même le montant à deux reprises par l'entremise de Dominique Bathenay et Jacques Santini. Des poteaux qui ont la particularité d'être carrés, contrairement à ceux de la plupart des stades qui sont ronds. Sans ce détail, ces ballons auraient-ils franchis la ligne ? Les Allemands, froids et réalistes, ne se posent en tout cas pas la question et à la 57e , Franz Roth inscrit l'unique but de la partie suite à un coup-franc joué rapidement par le Kaizer Beckenbauer. Malgré la déception, le retour en France se fait en grandes pompes : à Paris, les héros de l'épopée descendent les Champs-Élysées devant une foule de plus de 100.000 personnes avant d'être reçus par le Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing. S'ils seront encore champions cette année-là et en 1981 pour porter leur nombre de titres à 10, un record qui tient toujours actuellement, les Verts sont depuis rentrés dans le rang et hormis une Coupe de la Ligue en 2013, leur palmarès ne s'est plus guère garni. Les poteaux carrés, quant à eux, ont disparus d'Hampden Park et trônent désormais dans le musée du club stéphanois, au Stade Geoffroy-Guichard.

Le président Roger Rocher et le coach Robert Herbin lors de la descente des Champs-Elysées après la finale., belga
Le président Roger Rocher et le coach Robert Herbin lors de la descente des Champs-Elysées après la finale. © belga
Robert Herbin, Dominique Rocheteau, Jean-Michel Larqué, Hervé Revelli, Dominique Bathenay ou encore Ivan Curkovic : 44 ans après la fameuse épopée des Verts, les noms de ces héros de Saint-Étienne résonnent toujours avec douceur aux oreilles de tous les amateurs de football français qui ont connu cette époque. "Qui c'est les plus forts ? Évidemment, c'est les Verts !" : au printemps 1976, le refrain inonde les radios et fait un tabac aux quatre coins de la France. Le pays tout entier tombe amoureux de ces joueurs aux cheveux longs sorti du fin fond de la Loire. Il faut dire qu'à l'époque, les occasions de s'enflammer sont rares pour les footeux bleu-blanc-rouge. Depuis la troisième place des Bleus à la Coupe du monde 58, avec les buts de Just Fontaine, et les exploits européens du Stade de Reims, emmenés par Raymond Kopa, le foot hexagonal mange son pain noir : l'équipe nationale a loupé les Coupes du monde 62, 70 et 74 ainsi que les EUROS 64, 68 et 72 ; et plus aucun club français, hormis Lyon en Coupe des vainqueurs de coupes 1968, n'a atteint les demi-finales d'une Coupe d'Europe.L'épopée des Verts de 76 commence véritablement cinq ans plus tôt : en 1971, de nombreux joueurs quittent le Forez, notamment pour l'OM, et le coach à succès, Albert Batteux, champion avec Sainté en 68, 69 et 70, démissionne. Pour le remplacer, le président Roger Rocher mise sur Robert Herbin, qui vient tout juste de raccrocher les crampons, et l'accent est mis sur la jeunesse avec notamment les vainqueurs de la Coupe Gambardella 1970 (Gérard Jeanvion, Christian Lopez, Dominique Bathenay, Christian Sarramagna) à laquelle viendra s'ajouter deux recrues étrangères l'année suivante : le gardien yougoslave Ivan Curkovic et le défenseur argentin Oswaldo Piazza. Et la sauce ne tarde pas à prendre : dès 1974, l'ASSE réalise le doublé Coupe-championnat et contrairement à leurs prédécesseurs, les Verts rajeunis se mettent également à briller en Europe. Le tournant se situe probablement à l'automne 74 : en huitièmes de C1, Saint-Étienne réussit l'exploit d'éliminer l'Hajduk Split aux prolongations (5-1) après avoir été lourdement battus à l'aller (4-1). Dans la foulée, ils prennent encore la mesure des Polonais de Ruch Chorzow, avant de tomber en demi-finale face aux futurs vainqueurs, le Bayern Munich. À nouveau auteurs du doublé national, les hommes d'Herbin, surnommé le Phoenix tant il reste impassible en toutes circonstances, sont bien décidés à prendre leur revanche sur la scène continentale. Après avoir sorti sans trembler le KB Copenhague et les Glasgow Rangers, les Stéphanois prennent un coup de froid, au propre comme au figuré, à Kiev où ils s'inclinent face au Dynamo local (2-0) lors d'une soirée glaciale de mars. Mais une fois de plus, le Chaudron de Geoffroy-Guichard sera le terrain d'un retournement de situation qui restera dans les annales. Alors qu'Oleg Blokhin, Ballon d'Or 75, rate l'immanquable, Revelli donne l'avantage aux siens avant que Larqué ne les envoie en prolongations durant laquelle un Rocheteau, blessé et épuisé,délivre le peuple vert. En demi, un seul petit but de Larqué, encore lui, suffit à Sainté pour se débarrasser du PSV et se qualifier pour la finale de Glasgow. Face aux Français se dresse l'ogre du moment : le Bayern Munich, vainqueur des deux éditions précédentes et emmenés par ses champions du monde Sepp Maier, Hans-Georg Schwarzenbeck, Gerd Müller et bien sûr Franz Beckenbauer. 30.000 supporters de l'ASSE font le déplacement jusqu'en Écosse et comme la plupart des locaux ont également pris fait et cause pour les Français, c'est quasiment tout Hampden Park qui est derrière les Verts. Si Saint-Étienne est privé de Rocheteau, son Ange vert, l'équipe française domine la rencontre et frappe même le montant à deux reprises par l'entremise de Dominique Bathenay et Jacques Santini. Des poteaux qui ont la particularité d'être carrés, contrairement à ceux de la plupart des stades qui sont ronds. Sans ce détail, ces ballons auraient-ils franchis la ligne ? Les Allemands, froids et réalistes, ne se posent en tout cas pas la question et à la 57e , Franz Roth inscrit l'unique but de la partie suite à un coup-franc joué rapidement par le Kaizer Beckenbauer. Malgré la déception, le retour en France se fait en grandes pompes : à Paris, les héros de l'épopée descendent les Champs-Élysées devant une foule de plus de 100.000 personnes avant d'être reçus par le Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing. S'ils seront encore champions cette année-là et en 1981 pour porter leur nombre de titres à 10, un record qui tient toujours actuellement, les Verts sont depuis rentrés dans le rang et hormis une Coupe de la Ligue en 2013, leur palmarès ne s'est plus guère garni. Les poteaux carrés, quant à eux, ont disparus d'Hampden Park et trônent désormais dans le musée du club stéphanois, au Stade Geoffroy-Guichard.