Seize ans qu'ils attendent ça : le matin du 16 mai 2001, les supporters de Liverpool se lèvent confiants. Dans quelques heures, les Reds doivent disputer leur première finale de Coupe d'Europe depuis celle tragique de 1985 au Heysel. S'il ne s'agit pas cette fois de la coupe aux grandes oreilles, remporter l'UEFA permettrait à Liverpool de réaliser un triplé inédit : lors des semaines précédentes, l'équipe dirigée par le Français Gérard Houllier a en effet ajouté la League Cup et la FA Cup à son palmarès. De quoi réjouir les fans qui n'avaient pas eu grand-chose à se mettre sous la dent (FA Cup 92 et League Cup 95) depuis le dernier titre de champion d'Angleterre, célébré en 1990.

Face aux Anglais, c'est un petit poucet que l'on retrouve au Westfalenstadion de Dortmund : le Deportivo Alavés. Les Basques, sixièmes de Liga la saison précédente, disputent en effet leur toute première campagne européenne. Après avoir éliminé les Turcs de Gaziantepspor, les Espagnols ont fait tomber tour à tour deux formations norvégiennes : Lillestrom puis Rosenborg. Les huitièmes de finale leur offre une affiche alléchante : l'Inter Milan. Avec Christian Vieri, Alvaro Recoba, Hakan Sükür, Ivan Zamorano ou encore Robbie Keane, les Nerazzurri présentent de sacrés atouts offensifs et le nul (3-3) décroché à Mendizorroza paraît prometteur. Pourtant, au retour, dans un Stade Giuseppe Meazza quasiment vide, les hommes de Marco Tardelli ne parviennent pas à tromper la vigilance de Martin Herrera et des buts de Jordi Cruijff et Ivan Tomic propulsent les Espagnols en quarts où ils ne font qu'une bouchée de leurs compatriotes du Rayo Vallecano. En demis, Kaiserslautern, où l'on retrouve tout de même Youri Djorkaeff et un tout jeune Miroslav Klose, est balayé à deux reprises : 5-1 en Espagne et 1-4 au Fritz Walter Stadion.

Liverpool, de son côté, ne tremble pas face au Rapid Bucarest, au Slovan Liberec et à l'Olympiacos. En huitièmes, deux buts de Michael Owen au Stadio Olimpico suffisent pour éliminer l'AS Roma malgré une courte défaite au retour à Anfield. Le futur Ballon d'Or marque à nouveau au tour suivant où le FC Porto ne peut rien face aux Anglais. Les Reds font alors face à un gros morceau : le Barça et sa colonie de Néerlandais (Kluivert, Overmars, Cocu, De Boer et Reiziger). Les deux rencontres sont extrêmement serrées et seul un penalty converti par Gary McAllister à Anfield Road lors de la seconde manche permet aux deux formations de se départager.

Gary McAllister., belga
Gary McAllister. © belga

À Dortmund, les 48.000 spectateurs ne le savent pas encore, mais ils en auront pour leur argent. Sans pitié pour les retardataires, Liverpool débute la partie sur les chapeaux de roue. Dès la 4e minute, un coup-franc de McAllister trouve la tête de Markus Babbel qui ouvre le score. Au quart d'heure, Steven Gerrard, bien lancé par Owen, trompe un Herrera à la main peu ferme pour doubler la marque. Irrité par ce début de rencontre, Mané, le coach espagnol, procède à son premier changement dès la 22e en faisant entrer Ivan Alonso à la place du Norvégien Dan Eggen. Une belle intuition puisque cinq minutes plus tard, un centre de Cosmin Contra atterrit sur le front du nouveau venu qui réduit l'écart (2-1). Peu avant la mi-temps, Owen, lancé en profondeur est accroché par le gardien basque et l'arbitre français Gilles Veissière désigne le point de penalty. Tireur attitré, McAllister ne flanche pas et fait 3-1 du plat du pied. Au retour des vestiaires, le match bascule et c'est Alavés qui prend les commandes : l'arrière droit Contra, qui finira dans le onze de l'année de la FIFA, se joue de son adversaire direct pour envoyer un caviar sur la tête de Javi Moreno. L'attaquant espagnol ne tarde pas à réaliser le doublé : deux minutes plus tard, son coup-franc passe sous le mur anglais et va tromper Sander Westerveld qui, la vue masquée, ne réagit pas.

Cosmin Contra au duel avec Jamie Carragher., belga
Cosmin Contra au duel avec Jamie Carragher. © belga

Sorti du banc quelques minutes plus tôt, Robbie Fowler pense bien donner l'avantage décisif aux siens quand il inscrit le quatrième but des Reds à la 72e, mais c'était sans compter sur l'abnégation des Basques : à deux minutes du coup de sifflet final, un corner de Contra permet à Cruijff d'envoyer, de la tête, les 22 acteurs en prolongations. La règle du but en or étant toujours d'application, la rencontre peut s'arrêter à tout instant. Elle se finit en tout cas à la 100e pour Magno qui écope de son second carton jaune. Quelques minutes plus tard, son coéquipier Antonio Karmona le rejoint au vestiaire, exclu à son tour. Réduit à neuf, Alavés doit encore tenir cinq minutes pour atteindre la séance des tirs au but. Mais il n'en sera rien : à la 117e, un coup-franc de McAllister, élu homme du match, est dévié dans ses propres filets par l'infortuné Delfi Geli (5-4). En décrochant sa troisième C3, Liverpool égalise le total de la Juventus et l'Inter Milan.

Si aujourd'hui les Reds figurent toujours parmi les meilleures équipes du monde, le Deportivo Alavés a connu bien des péripéties. Relégué une première fois en D2 en 2003, les Basques sont même redescendus jusqu'en D3, entre 2009 et 2013. De retour en Liga en 2016, ils occupaient la quatorzième place lorsque la compétition s'est arrêtée début mars.

Seize ans qu'ils attendent ça : le matin du 16 mai 2001, les supporters de Liverpool se lèvent confiants. Dans quelques heures, les Reds doivent disputer leur première finale de Coupe d'Europe depuis celle tragique de 1985 au Heysel. S'il ne s'agit pas cette fois de la coupe aux grandes oreilles, remporter l'UEFA permettrait à Liverpool de réaliser un triplé inédit : lors des semaines précédentes, l'équipe dirigée par le Français Gérard Houllier a en effet ajouté la League Cup et la FA Cup à son palmarès. De quoi réjouir les fans qui n'avaient pas eu grand-chose à se mettre sous la dent (FA Cup 92 et League Cup 95) depuis le dernier titre de champion d'Angleterre, célébré en 1990. Face aux Anglais, c'est un petit poucet que l'on retrouve au Westfalenstadion de Dortmund : le Deportivo Alavés. Les Basques, sixièmes de Liga la saison précédente, disputent en effet leur toute première campagne européenne. Après avoir éliminé les Turcs de Gaziantepspor, les Espagnols ont fait tomber tour à tour deux formations norvégiennes : Lillestrom puis Rosenborg. Les huitièmes de finale leur offre une affiche alléchante : l'Inter Milan. Avec Christian Vieri, Alvaro Recoba, Hakan Sükür, Ivan Zamorano ou encore Robbie Keane, les Nerazzurri présentent de sacrés atouts offensifs et le nul (3-3) décroché à Mendizorroza paraît prometteur. Pourtant, au retour, dans un Stade Giuseppe Meazza quasiment vide, les hommes de Marco Tardelli ne parviennent pas à tromper la vigilance de Martin Herrera et des buts de Jordi Cruijff et Ivan Tomic propulsent les Espagnols en quarts où ils ne font qu'une bouchée de leurs compatriotes du Rayo Vallecano. En demis, Kaiserslautern, où l'on retrouve tout de même Youri Djorkaeff et un tout jeune Miroslav Klose, est balayé à deux reprises : 5-1 en Espagne et 1-4 au Fritz Walter Stadion. Liverpool, de son côté, ne tremble pas face au Rapid Bucarest, au Slovan Liberec et à l'Olympiacos. En huitièmes, deux buts de Michael Owen au Stadio Olimpico suffisent pour éliminer l'AS Roma malgré une courte défaite au retour à Anfield. Le futur Ballon d'Or marque à nouveau au tour suivant où le FC Porto ne peut rien face aux Anglais. Les Reds font alors face à un gros morceau : le Barça et sa colonie de Néerlandais (Kluivert, Overmars, Cocu, De Boer et Reiziger). Les deux rencontres sont extrêmement serrées et seul un penalty converti par Gary McAllister à Anfield Road lors de la seconde manche permet aux deux formations de se départager. À Dortmund, les 48.000 spectateurs ne le savent pas encore, mais ils en auront pour leur argent. Sans pitié pour les retardataires, Liverpool débute la partie sur les chapeaux de roue. Dès la 4e minute, un coup-franc de McAllister trouve la tête de Markus Babbel qui ouvre le score. Au quart d'heure, Steven Gerrard, bien lancé par Owen, trompe un Herrera à la main peu ferme pour doubler la marque. Irrité par ce début de rencontre, Mané, le coach espagnol, procède à son premier changement dès la 22e en faisant entrer Ivan Alonso à la place du Norvégien Dan Eggen. Une belle intuition puisque cinq minutes plus tard, un centre de Cosmin Contra atterrit sur le front du nouveau venu qui réduit l'écart (2-1). Peu avant la mi-temps, Owen, lancé en profondeur est accroché par le gardien basque et l'arbitre français Gilles Veissière désigne le point de penalty. Tireur attitré, McAllister ne flanche pas et fait 3-1 du plat du pied. Au retour des vestiaires, le match bascule et c'est Alavés qui prend les commandes : l'arrière droit Contra, qui finira dans le onze de l'année de la FIFA, se joue de son adversaire direct pour envoyer un caviar sur la tête de Javi Moreno. L'attaquant espagnol ne tarde pas à réaliser le doublé : deux minutes plus tard, son coup-franc passe sous le mur anglais et va tromper Sander Westerveld qui, la vue masquée, ne réagit pas. Sorti du banc quelques minutes plus tôt, Robbie Fowler pense bien donner l'avantage décisif aux siens quand il inscrit le quatrième but des Reds à la 72e, mais c'était sans compter sur l'abnégation des Basques : à deux minutes du coup de sifflet final, un corner de Contra permet à Cruijff d'envoyer, de la tête, les 22 acteurs en prolongations. La règle du but en or étant toujours d'application, la rencontre peut s'arrêter à tout instant. Elle se finit en tout cas à la 100e pour Magno qui écope de son second carton jaune. Quelques minutes plus tard, son coéquipier Antonio Karmona le rejoint au vestiaire, exclu à son tour. Réduit à neuf, Alavés doit encore tenir cinq minutes pour atteindre la séance des tirs au but. Mais il n'en sera rien : à la 117e, un coup-franc de McAllister, élu homme du match, est dévié dans ses propres filets par l'infortuné Delfi Geli (5-4). En décrochant sa troisième C3, Liverpool égalise le total de la Juventus et l'Inter Milan. Si aujourd'hui les Reds figurent toujours parmi les meilleures équipes du monde, le Deportivo Alavés a connu bien des péripéties. Relégué une première fois en D2 en 2003, les Basques sont même redescendus jusqu'en D3, entre 2009 et 2013. De retour en Liga en 2016, ils occupaient la quatorzième place lorsque la compétition s'est arrêtée début mars.