Un seul revers sur l'ensemble du championnat, face au RC Strasbourg de Frank Leboeuf, après 32 rencontres consécutives conclues par une victoire ou un nul, une jeunesse rafraîchissante, le "jeu à la nantaise", un coach devenu légendaire : sacré champion il y a tout juste 25 ans, le FC Nantes 1994-1995 est entré dans l'histoire du football hexagonal.

Comme la plupart des belles histoires, celle-ci était plutôt inattendue. Car au début des nineties, les Canaris sont au plus mal. S'ils ont encore été champions en 83 et dauphins en 85 et 86, depuis lors, les Nantais se montrent plutôt discrets et enchaînent les saisons sans relief. Pire, la gestion du club s'avère désastreuse et en 1992, la DNCG (Direction Nationale du Contrôle de Gestion) rétrograde administrativement la Maison jaune en D2 suite à un déficit qui s'élève à plus de soixante millions de francs. Finalement, quinze jours plus tard, le plan de sauvetage mis en place par les autorités locales et Guy Scherrer, le patron de la Biscuiterie nantaise, qui produit les fameux BN, est approuvé et Nantes peut rester parmi l'élite du foot français. Cela a néanmoins des conséquences sportives puisque le club est contraint de se débarrasser de ses gros salaires au rang desquels figure un certain Marcel Desailly.

Revenu au bercail en 1991 après une pause de trois ans, Jean-Claude Suaudeau, l'entraîneur de l'équipe championne de 83, n'a d'autre choix que de miser sur les jeunes issus du centre de formation tels que Jean-Michel Ferri, Laurent Guyot, Christian Karembeu, Reynald Pedros, Nicolas Ouédec ou Patrice Loko. S'y ajoutent quelques trouvailles comme l'arrière droit Serge Le Dizet, venu de Rennes, le Tchadien Japhet N'Doram, découvert au Cameroun, ou celui qui est encore un ailier droit, Claude Makélélé, déniché à Brest. Si les observateurs ne donnent pas cher de leur peau, les Nantais surprennent d'emblée par leur jeu chatoyant : les lacunes techniques sont compensées par un jeu hyper explosif en une touche de balle. Du mouvement, de la vivacité, du rythme : les hommes de Coco Suaudeau multiplient sans cesse les appels dans l'espace et pratiquent un jeu direct, d'une rapidité impressionnante. Loin du football de possession actuel d'un Guardiola, les Canaris misent sur la contre-attaque et remontent le terrain en quelques touches de balle. Le pressing et l'habilité du duo Ouédec-Loko font mouche tandis que, côté gauche, Pedros n'a pas son pareil pour accélérer le jeu. Infatigable, Makélélé dynamite son flanc droit alors que Karembeu règne sur l'entrejeu. Ce "jeu à la nantaise" leur permet de terminer la saison à la cinquième place et la saison suivante, ils rééditent la performance en se classant à nouveau cinquièmes.

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À l'aube de la saison 94-95, l'effet de surprise est dissipé : Ouédec, Pedros, Loko et Karembeu ont goûté à l'équipe de France et les Nantais sont attendus de pied ferme dans tous le pays. Après un match nul inaugural face à Lyon à la Beaujoire, l'équipe, qui s'est notamment renforcée lors du mercato en acquérant le gardien Dominique Casagrande, l'arrière central Eric Decroix ou le médian Benoît Cauet, enchaîne les victoires. Lors de la cinquième journée, le PSG de George Weah et David Ginola, champion en titre, se déplace en Loire-Atlantique et les Nantais déploient pour l'occasion leur plus belle partition. Dès la 18e minute, Loko inscrit, sur un assist de Pedros, un but venu d'ailleurs. Une reconversion hyper rapide faite de déviations improbables : la quintessence du "jeu à la nantaise" qui permet à la bande à Suaudeau de s'emparer de la première place du classement.

Et les Nantais ne la lâcheront plus : survoltés, ils enchaînent 32 matches sans défaite avant le couac de Strasbourg en avril. Les Canaris se montrent particulièrement irrésistibles à domicile : à dix reprises sur 19, ils infligent à leur visiteurs le "tarif-maison" de trois buts. Une formidable aventure dont l'épilogue se situe à Bastia, le 19 mai 1995 : en arrachant un match nul en terres corses, le FC Nantes peut fêter le septième titre de son histoire.

La saison suivante, les départs de Karembeu pour la Sampdoria et de Loko pour le PSG ne sont pas compensés et la longue blessure de Ouédec coûte cher. Malgré un superbe parcours en Champions League, le club est éliminé par la Juventus en demi-finale, Nantes vit une saison compliquée et ne parvient qu'à accrocher la septième place. Si les Canaris fêteront encore un huitième titre en 2001, la suite sera chahutée avec notamment deux passages en Ligue 2. De retour en L1 depuis 2013, le FC Nantes doit désormais se contenter du ventre mou du classement et le "jeu à la nantaise" n'est plus qu'un lointain souvenir.

Un seul revers sur l'ensemble du championnat, face au RC Strasbourg de Frank Leboeuf, après 32 rencontres consécutives conclues par une victoire ou un nul, une jeunesse rafraîchissante, le "jeu à la nantaise", un coach devenu légendaire : sacré champion il y a tout juste 25 ans, le FC Nantes 1994-1995 est entré dans l'histoire du football hexagonal.Comme la plupart des belles histoires, celle-ci était plutôt inattendue. Car au début des nineties, les Canaris sont au plus mal. S'ils ont encore été champions en 83 et dauphins en 85 et 86, depuis lors, les Nantais se montrent plutôt discrets et enchaînent les saisons sans relief. Pire, la gestion du club s'avère désastreuse et en 1992, la DNCG (Direction Nationale du Contrôle de Gestion) rétrograde administrativement la Maison jaune en D2 suite à un déficit qui s'élève à plus de soixante millions de francs. Finalement, quinze jours plus tard, le plan de sauvetage mis en place par les autorités locales et Guy Scherrer, le patron de la Biscuiterie nantaise, qui produit les fameux BN, est approuvé et Nantes peut rester parmi l'élite du foot français. Cela a néanmoins des conséquences sportives puisque le club est contraint de se débarrasser de ses gros salaires au rang desquels figure un certain Marcel Desailly.Revenu au bercail en 1991 après une pause de trois ans, Jean-Claude Suaudeau, l'entraîneur de l'équipe championne de 83, n'a d'autre choix que de miser sur les jeunes issus du centre de formation tels que Jean-Michel Ferri, Laurent Guyot, Christian Karembeu, Reynald Pedros, Nicolas Ouédec ou Patrice Loko. S'y ajoutent quelques trouvailles comme l'arrière droit Serge Le Dizet, venu de Rennes, le Tchadien Japhet N'Doram, découvert au Cameroun, ou celui qui est encore un ailier droit, Claude Makélélé, déniché à Brest. Si les observateurs ne donnent pas cher de leur peau, les Nantais surprennent d'emblée par leur jeu chatoyant : les lacunes techniques sont compensées par un jeu hyper explosif en une touche de balle. Du mouvement, de la vivacité, du rythme : les hommes de Coco Suaudeau multiplient sans cesse les appels dans l'espace et pratiquent un jeu direct, d'une rapidité impressionnante. Loin du football de possession actuel d'un Guardiola, les Canaris misent sur la contre-attaque et remontent le terrain en quelques touches de balle. Le pressing et l'habilité du duo Ouédec-Loko font mouche tandis que, côté gauche, Pedros n'a pas son pareil pour accélérer le jeu. Infatigable, Makélélé dynamite son flanc droit alors que Karembeu règne sur l'entrejeu. Ce "jeu à la nantaise" leur permet de terminer la saison à la cinquième place et la saison suivante, ils rééditent la performance en se classant à nouveau cinquièmes. À l'aube de la saison 94-95, l'effet de surprise est dissipé : Ouédec, Pedros, Loko et Karembeu ont goûté à l'équipe de France et les Nantais sont attendus de pied ferme dans tous le pays. Après un match nul inaugural face à Lyon à la Beaujoire, l'équipe, qui s'est notamment renforcée lors du mercato en acquérant le gardien Dominique Casagrande, l'arrière central Eric Decroix ou le médian Benoît Cauet, enchaîne les victoires. Lors de la cinquième journée, le PSG de George Weah et David Ginola, champion en titre, se déplace en Loire-Atlantique et les Nantais déploient pour l'occasion leur plus belle partition. Dès la 18e minute, Loko inscrit, sur un assist de Pedros, un but venu d'ailleurs. Une reconversion hyper rapide faite de déviations improbables : la quintessence du "jeu à la nantaise" qui permet à la bande à Suaudeau de s'emparer de la première place du classement. Et les Nantais ne la lâcheront plus : survoltés, ils enchaînent 32 matches sans défaite avant le couac de Strasbourg en avril. Les Canaris se montrent particulièrement irrésistibles à domicile : à dix reprises sur 19, ils infligent à leur visiteurs le "tarif-maison" de trois buts. Une formidable aventure dont l'épilogue se situe à Bastia, le 19 mai 1995 : en arrachant un match nul en terres corses, le FC Nantes peut fêter le septième titre de son histoire. La saison suivante, les départs de Karembeu pour la Sampdoria et de Loko pour le PSG ne sont pas compensés et la longue blessure de Ouédec coûte cher. Malgré un superbe parcours en Champions League, le club est éliminé par la Juventus en demi-finale, Nantes vit une saison compliquée et ne parvient qu'à accrocher la septième place. Si les Canaris fêteront encore un huitième titre en 2001, la suite sera chahutée avec notamment deux passages en Ligue 2. De retour en L1 depuis 2013, le FC Nantes doit désormais se contenter du ventre mou du classement et le "jeu à la nantaise" n'est plus qu'un lointain souvenir.