Le verdict ne pouvait naitre que de son pied gauche. Au mois d'août 2012, Robin van Persie pose les crampons à Old Trafford, pour un transfert qui fait parler toute l'Angleterre. Il faut dire que le Néerlandais sort d'une saison folle à 30 buts chez les Gunners d'Arsenal. Le genre d'homme qui vous fait passer d'un échec douloureux dans la course au titre à un sacre confortable, en l'espace de douze mois. Comme une prémonition, RvP avait fait floquer sa nouvelle tenue rouge du numéro 20, écho au vingtième titre qu'il comptait offrir aux Red Devils.

Le 22 avril 2013, contre l'Aston Villa de Christian Benteke, Robin frappe trois fois. Au bout de 81 secondes de jeu, il est déjà à l'affût pour prolonger au fond des filets une reprise de Ryan Giggs. Une dizaine de minutes plus tard, il claque une reprise de volée devenue mythique au bout d'une ouverture lumineuse de Wayne Rooney. Le show prend déjà fin à la demi-heure, quand le buteur rouge met Brad Guzan au tapis et catapulte le ballon dans la lucarne d'un but devant lequel les défenseurs des Villains tentent désespérément de jouer les pompiers. Robin van Persie conclut la saison avec 27 buts, et s'offre un deuxième titre de meilleur buteur consécutif.

Manchester United retrouve le sommet, un an après avoir vécu l'une des désillusions les plus cruelles du règne de Sir Alex Ferguson. Au printemps 2012, le grand rival de Manchester City avait été sacré, grâce à un but de Sergio Agüero dans les arrêts de jeu de la dernière journée face à QPR. Les Red Devils, qui attendaient le verdict sur la pelouse et se voyaient déjà sacrés, étaient foudroyés en plein Fergie Time.

Robin van Persie a été le héros du vingtième titre de Manchester United., AFP / Paul Ellis
Robin van Persie a été le héros du vingtième titre de Manchester United. © AFP / Paul Ellis

SUCCESSION MANQUÉE

Quelques semaines plus tard, le mythique Sir Alex annonce son départ en fin de saison. Par la grande porte. L'Écossais laisse Old Trafford avec une tribune qui prend son nom, et a permis au club d'inscrire treize titres de champion d'Angleterre à son palmarès et d'ainsi détrôner le grand rival de Liverpool au sommet de la hiérarchie nationale. Fergie prend tout le monde de court, lui qui annonçait encore quelques mois plus tôt qu'il continuerait au moins trois ans. En coulisses, certains racontent qu'il sentait venir le déclin, notamment annoncé par une deuxième année consécutive sans atteindre les quarts de finale de la Ligue des Champions.

Après ses adieux au stade des Hawthorns, théâtre d'un spectaculaire 5-5 entre le West Bromwich de Romelu Lukaku (auteur d'un triplé) et ses Red Devils, Sir Alex reçoit évidemment l'honneur du choix de son successeur. Il opte pour son compatriote David Moyes, manager à succès d'Everton qui avait braqué Old Trafford en ouverture du championnat avec un but de Marouane Fellaini. Un rêve qui tourne rapidement au cauchemar pour l'Écossais.

Moyes ne termine même pas la saison, bouclée à la septième place par les Mancunians. Il est le premier d'une longue série de managers à se casser les dents dans la quête du 21e titre. Après le Mondial 2014 dont ses Oranje sont les héros, Louis van Gaal débarque à Old Trafford. En deux ans, le Pélican soulève une Cup, mais ne fait jamais mieux qu'une quatrième place en championnat. Même José Mourinho, qui s'est toujours rêvé en héritier de Fergie, finit par predre la porte au bout de deux ans et demi malgré une League Cup, une Europa League et une deuxième place, de très loin le meilleur résultat de l'ère post-Ferguson. Ole-Gunnar Solskjaer ne fera pas, jusqu'à présent, jamais mieux que ses prédécesseurs.

L'Europa League, remportée en 2017 par les hommes de José Mourinho, est la plus grande réussite des Red Devils depuis la fin de l'ère Ferguson., AFP / Paul Ellis
L'Europa League, remportée en 2017 par les hommes de José Mourinho, est la plus grande réussite des Red Devils depuis la fin de l'ère Ferguson. © AFP / Paul Ellis

UN MILLIARD POUR QUOI ?

Pourtant, les Red Devils dépensent sans compter. Ils s'offrent les services d'un ténor par an, au minimum. Ceux de Juan Mata, d'Angel Di Maria, d'Anthony Martial, de Paul Pogba, de Romelu Lukaku, de Fred ou encore d'Harry Maguire, devenu le défenseur le plus cher de l'histoire. En tout, plus d'un milliard d'euros sont dépensés en six ans pour renforcer une équipe que Ferguson avait laissée dans un état bien moins flatteur que ce qu'il avait bien voulu laisser croire dans son discours d'adieu.

Ce dernier titre, il était allé le chercher grâce au talent du duo Rooney - van Persie, et à ses méthodes toujours efficaces. Celles qui l'avaient amené à placarder dans le vestiaire les photos de la soirée arrosée vécue par deux de ses joueurs au soir d'une défaite dans le derby, qui permettait aux Citizens de revenir à... douze points de United au début du mois d'avril. Quelques menaces bien senties et deux victoires plus tard, le titre était dans la poche et les adieux allaient se faire en beauté.

"C'est un club déconnecté de la réalité et sans projet sportif", déclare désormais Mino Raiola, agent de Paul Pogba, à l'heure d'évoquer les problèmes de Manchester United. Orphelin d'un Director of Football pour tracer une ligne de conduite sportive, le club peine à identifier les profils nécessaires à un retour vers les sommets. Là où, il y a sept ans, on imaginait mal les Red Devils ne pas étendre leur dynastie, on voit désormais difficilement un avenir positif pour un club qui semble parti pour vivre sa première décennie sans titre de champion depuis le début des nineties. À Old Trafford, ceux qui rêvent sont de plus en plus souvent rassemblés dans le bloc visiteurs.

Le verdict ne pouvait naitre que de son pied gauche. Au mois d'août 2012, Robin van Persie pose les crampons à Old Trafford, pour un transfert qui fait parler toute l'Angleterre. Il faut dire que le Néerlandais sort d'une saison folle à 30 buts chez les Gunners d'Arsenal. Le genre d'homme qui vous fait passer d'un échec douloureux dans la course au titre à un sacre confortable, en l'espace de douze mois. Comme une prémonition, RvP avait fait floquer sa nouvelle tenue rouge du numéro 20, écho au vingtième titre qu'il comptait offrir aux Red Devils.Le 22 avril 2013, contre l'Aston Villa de Christian Benteke, Robin frappe trois fois. Au bout de 81 secondes de jeu, il est déjà à l'affût pour prolonger au fond des filets une reprise de Ryan Giggs. Une dizaine de minutes plus tard, il claque une reprise de volée devenue mythique au bout d'une ouverture lumineuse de Wayne Rooney. Le show prend déjà fin à la demi-heure, quand le buteur rouge met Brad Guzan au tapis et catapulte le ballon dans la lucarne d'un but devant lequel les défenseurs des Villains tentent désespérément de jouer les pompiers. Robin van Persie conclut la saison avec 27 buts, et s'offre un deuxième titre de meilleur buteur consécutif.Manchester United retrouve le sommet, un an après avoir vécu l'une des désillusions les plus cruelles du règne de Sir Alex Ferguson. Au printemps 2012, le grand rival de Manchester City avait été sacré, grâce à un but de Sergio Agüero dans les arrêts de jeu de la dernière journée face à QPR. Les Red Devils, qui attendaient le verdict sur la pelouse et se voyaient déjà sacrés, étaient foudroyés en plein Fergie Time.Quelques semaines plus tard, le mythique Sir Alex annonce son départ en fin de saison. Par la grande porte. L'Écossais laisse Old Trafford avec une tribune qui prend son nom, et a permis au club d'inscrire treize titres de champion d'Angleterre à son palmarès et d'ainsi détrôner le grand rival de Liverpool au sommet de la hiérarchie nationale. Fergie prend tout le monde de court, lui qui annonçait encore quelques mois plus tôt qu'il continuerait au moins trois ans. En coulisses, certains racontent qu'il sentait venir le déclin, notamment annoncé par une deuxième année consécutive sans atteindre les quarts de finale de la Ligue des Champions.Après ses adieux au stade des Hawthorns, théâtre d'un spectaculaire 5-5 entre le West Bromwich de Romelu Lukaku (auteur d'un triplé) et ses Red Devils, Sir Alex reçoit évidemment l'honneur du choix de son successeur. Il opte pour son compatriote David Moyes, manager à succès d'Everton qui avait braqué Old Trafford en ouverture du championnat avec un but de Marouane Fellaini. Un rêve qui tourne rapidement au cauchemar pour l'Écossais.Moyes ne termine même pas la saison, bouclée à la septième place par les Mancunians. Il est le premier d'une longue série de managers à se casser les dents dans la quête du 21e titre. Après le Mondial 2014 dont ses Oranje sont les héros, Louis van Gaal débarque à Old Trafford. En deux ans, le Pélican soulève une Cup, mais ne fait jamais mieux qu'une quatrième place en championnat. Même José Mourinho, qui s'est toujours rêvé en héritier de Fergie, finit par predre la porte au bout de deux ans et demi malgré une League Cup, une Europa League et une deuxième place, de très loin le meilleur résultat de l'ère post-Ferguson. Ole-Gunnar Solskjaer ne fera pas, jusqu'à présent, jamais mieux que ses prédécesseurs.Pourtant, les Red Devils dépensent sans compter. Ils s'offrent les services d'un ténor par an, au minimum. Ceux de Juan Mata, d'Angel Di Maria, d'Anthony Martial, de Paul Pogba, de Romelu Lukaku, de Fred ou encore d'Harry Maguire, devenu le défenseur le plus cher de l'histoire. En tout, plus d'un milliard d'euros sont dépensés en six ans pour renforcer une équipe que Ferguson avait laissée dans un état bien moins flatteur que ce qu'il avait bien voulu laisser croire dans son discours d'adieu. Ce dernier titre, il était allé le chercher grâce au talent du duo Rooney - van Persie, et à ses méthodes toujours efficaces. Celles qui l'avaient amené à placarder dans le vestiaire les photos de la soirée arrosée vécue par deux de ses joueurs au soir d'une défaite dans le derby, qui permettait aux Citizens de revenir à... douze points de United au début du mois d'avril. Quelques menaces bien senties et deux victoires plus tard, le titre était dans la poche et les adieux allaient se faire en beauté."C'est un club déconnecté de la réalité et sans projet sportif", déclare désormais Mino Raiola, agent de Paul Pogba, à l'heure d'évoquer les problèmes de Manchester United. Orphelin d'un Director of Football pour tracer une ligne de conduite sportive, le club peine à identifier les profils nécessaires à un retour vers les sommets. Là où, il y a sept ans, on imaginait mal les Red Devils ne pas étendre leur dynastie, on voit désormais difficilement un avenir positif pour un club qui semble parti pour vivre sa première décennie sans titre de champion depuis le début des nineties. À Old Trafford, ceux qui rêvent sont de plus en plus souvent rassemblés dans le bloc visiteurs.