Fin juin 2016, la Hongrie, pour la première fois en cinquante ans, passe un tour dans une phase finale d'un grand tournoi. À l'EURO 2016, sa victoire face à l'Autriche et ses nuls contre l'Islande et le Portugal lui permettent de remporter son groupe et d'affronter la Belgique en huitième de finale. Chez nous, les Magyars sont alors considérés comme un adversaire "abordable" voire "facile". Et on ne s'y trompe pas puisque l'équipe hongroise, coachée par un certain Bernd Storck, ne fait pas le poids face aux Diables et à un Eden Hazard des grands soirs (0-4). Un peu plus de soixante ans plus tôt, la donne aurait été bien différente : durant la première moitié des années cinquante, la Hongrie est tout simplement considérée comme la meilleure équipe du monde.

Un onze qui prend forme dès 1949 avec la nomination au poste de sélectionneur national de Gusztáv Sebes. Communiste convaincu, l'homme qui a joué deux saisons en France, aux Sauvages Nomades et au CO Billancourt, alors qu'il était employé comme contremaître par Renault, met rapidement en place un système de jeu révolutionnaire pour l'époque. S'appuyant sur des joueurs hyper talentueux comme Ferenc Puskas, Sandor Kocsis, Nandor Hidegkuti, Jozsef Bozsik, Zoltan Czibor ou Gyula Grosics, il ne tarde pas à enchaîner les victoires : dès 1950 les Hongrois semblent imbattables et martyrisent tous leurs opposants au sein du Bloc de l'Est. Ils s'offrent d'ailleurs, dès 1952, les Jeux Olympiques d'Helsinki où ils balayent notamment la Turquie (7-1), en quart, et la Suède (6-0), en demi, avant de ravir l'or à la Yougoslavie en finale (2-0). Un an plus tard, les Magyars s'adjugent la Coupe internationale européenne, sorte d'ancêtre de l'EURO qui s'étale sur cinq ans.

Ferenc Puskas., belga
Ferenc Puskas. © belga

C'est donc une équipe invaincue depuis quatre ans qui se présente à Londres le 25 novembre 1953 pour un match amical à Wembley, face à l'Angleterre. Emmenés par Stanley Matthews, le futur premier Ballon d'Or de l'histoire en 1956, les Three Lions sont à l'époque invaincus par une équipe continentale sur leurs terres. Disposés en WM, un 3-2-2-3 en vogue à l'époque, les inventeurs du football vont cependant rapidement déchanter : dès la première minute de jeu, ils encaissent un but par l'entremise d'Hidegkuti. Le 4-2-4 mis en place par Sebes malmène le onze anglais grâce à ses nombreux appels et à la mobilité des attaquants hongrois. La multiplication des passes, les permutations incessantes qui offrent constamment des solutions au porteur du ballon et la liberté octroyée aux joueurs offensifs préfigurent le Football total des Néerlandais qui n'arrivera qu'une vingtaine d'années plus tard. Devant plus de 100.000 spectateurs médusés, l'Angleterre est balayée (3-6). La Hongrie gagne un surnom, le Onze d'or hongrois tandis que la rencontre est qualifiée de "Match du siècle" par la presse britannique.

Six mois plus tard, le 23 mai 1954, trois semaines avant le début de la Coupe du monde en Suisse, la revanche entre la Hongrie et l'Angleterre est organisée à Budapest. Toujours invaincus depuis 1950, les Magyars ne laissent pas la moindre chance aux Anglais : si le marquoir du Népstadion affiche déjà 3-0 à la mi-temps, la Hongrie ne lève pas le pied en seconde période et inflige un douloureux 7-1 à son adversaire du jour. Une véritable humiliation qui reste à ce jour la plus large défaite de l'équipe nationale anglaise.

Au Mondial Suisse, le Onze d'or poursuit sur sa lancée : il atomise la Corée du Sud (9-0) puis démolit l'Allemagne de l'Ouest (8-3) en phase de poule avant d'éliminer le Brésil (2-4) en quart, dans une rencontre restée célèbre pour sa tension et surnommée la Bataille de Berne. Après avoir pris la mesure de l'Uruguay, championne du monde en titre, en demi (2-4), la Hongrie retrouve l'Allemagne de l'Ouest pour une finale qui paraît disproportionnée au vu du match du premier tour. Pourtant la Hongrie ne saisira pas cette chance unique d'entrer dans l'histoire : un Puskas sur une jambe, une flopée d'occasions manquées, un but refusé pour hors-jeu et des Allemands survoltés auront raison des espoirs hongrois. Battue (2-3) après 32 matches sans défaite, l'équipe rentre au pays dans un climat de révolte : les appartements de plusieurs joueurs sont saccagés et le peuple ne pardonne pas cette défaite. Si par la suite, l'équipe de Sebes alignera encore seize rencontres sans connaître la défaite, l'insurrection de Budapest de 1956, écrasée par l'armée soviétique, viendra mettre un terme à l'aventure. La plupart des joueurs choisiront l'exil comme Puskas et Kocsis qui rejoignent respectivement le Real Madrid et le FC Barcelone et ne défendront plus jamais les couleurs de la Hongrie.

Fin juin 2016, la Hongrie, pour la première fois en cinquante ans, passe un tour dans une phase finale d'un grand tournoi. À l'EURO 2016, sa victoire face à l'Autriche et ses nuls contre l'Islande et le Portugal lui permettent de remporter son groupe et d'affronter la Belgique en huitième de finale. Chez nous, les Magyars sont alors considérés comme un adversaire "abordable" voire "facile". Et on ne s'y trompe pas puisque l'équipe hongroise, coachée par un certain Bernd Storck, ne fait pas le poids face aux Diables et à un Eden Hazard des grands soirs (0-4). Un peu plus de soixante ans plus tôt, la donne aurait été bien différente : durant la première moitié des années cinquante, la Hongrie est tout simplement considérée comme la meilleure équipe du monde. Un onze qui prend forme dès 1949 avec la nomination au poste de sélectionneur national de Gusztáv Sebes. Communiste convaincu, l'homme qui a joué deux saisons en France, aux Sauvages Nomades et au CO Billancourt, alors qu'il était employé comme contremaître par Renault, met rapidement en place un système de jeu révolutionnaire pour l'époque. S'appuyant sur des joueurs hyper talentueux comme Ferenc Puskas, Sandor Kocsis, Nandor Hidegkuti, Jozsef Bozsik, Zoltan Czibor ou Gyula Grosics, il ne tarde pas à enchaîner les victoires : dès 1950 les Hongrois semblent imbattables et martyrisent tous leurs opposants au sein du Bloc de l'Est. Ils s'offrent d'ailleurs, dès 1952, les Jeux Olympiques d'Helsinki où ils balayent notamment la Turquie (7-1), en quart, et la Suède (6-0), en demi, avant de ravir l'or à la Yougoslavie en finale (2-0). Un an plus tard, les Magyars s'adjugent la Coupe internationale européenne, sorte d'ancêtre de l'EURO qui s'étale sur cinq ans.C'est donc une équipe invaincue depuis quatre ans qui se présente à Londres le 25 novembre 1953 pour un match amical à Wembley, face à l'Angleterre. Emmenés par Stanley Matthews, le futur premier Ballon d'Or de l'histoire en 1956, les Three Lions sont à l'époque invaincus par une équipe continentale sur leurs terres. Disposés en WM, un 3-2-2-3 en vogue à l'époque, les inventeurs du football vont cependant rapidement déchanter : dès la première minute de jeu, ils encaissent un but par l'entremise d'Hidegkuti. Le 4-2-4 mis en place par Sebes malmène le onze anglais grâce à ses nombreux appels et à la mobilité des attaquants hongrois. La multiplication des passes, les permutations incessantes qui offrent constamment des solutions au porteur du ballon et la liberté octroyée aux joueurs offensifs préfigurent le Football total des Néerlandais qui n'arrivera qu'une vingtaine d'années plus tard. Devant plus de 100.000 spectateurs médusés, l'Angleterre est balayée (3-6). La Hongrie gagne un surnom, le Onze d'or hongrois tandis que la rencontre est qualifiée de "Match du siècle" par la presse britannique. Six mois plus tard, le 23 mai 1954, trois semaines avant le début de la Coupe du monde en Suisse, la revanche entre la Hongrie et l'Angleterre est organisée à Budapest. Toujours invaincus depuis 1950, les Magyars ne laissent pas la moindre chance aux Anglais : si le marquoir du Népstadion affiche déjà 3-0 à la mi-temps, la Hongrie ne lève pas le pied en seconde période et inflige un douloureux 7-1 à son adversaire du jour. Une véritable humiliation qui reste à ce jour la plus large défaite de l'équipe nationale anglaise. Au Mondial Suisse, le Onze d'or poursuit sur sa lancée : il atomise la Corée du Sud (9-0) puis démolit l'Allemagne de l'Ouest (8-3) en phase de poule avant d'éliminer le Brésil (2-4) en quart, dans une rencontre restée célèbre pour sa tension et surnommée la Bataille de Berne. Après avoir pris la mesure de l'Uruguay, championne du monde en titre, en demi (2-4), la Hongrie retrouve l'Allemagne de l'Ouest pour une finale qui paraît disproportionnée au vu du match du premier tour. Pourtant la Hongrie ne saisira pas cette chance unique d'entrer dans l'histoire : un Puskas sur une jambe, une flopée d'occasions manquées, un but refusé pour hors-jeu et des Allemands survoltés auront raison des espoirs hongrois. Battue (2-3) après 32 matches sans défaite, l'équipe rentre au pays dans un climat de révolte : les appartements de plusieurs joueurs sont saccagés et le peuple ne pardonne pas cette défaite. Si par la suite, l'équipe de Sebes alignera encore seize rencontres sans connaître la défaite, l'insurrection de Budapest de 1956, écrasée par l'armée soviétique, viendra mettre un terme à l'aventure. La plupart des joueurs choisiront l'exil comme Puskas et Kocsis qui rejoignent respectivement le Real Madrid et le FC Barcelone et ne défendront plus jamais les couleurs de la Hongrie.