Du bleu partout. En ce jour d'avril 1978, l'effervescence est palpable à Bastia et dans toute l'île de Beauté. Ce soir, les onze héros emmenés par leur capitaine Charles Orlanducci, le Lion de Vescovato, affrontent les Néerlandais du PSV Eindhoven en finale aller de la Coupe de l'UEFA. Petits et grands ont vibré au rythme de la campagne européenne du SCE Bastia et tous n'attendent qu'une chose : s'installer dans les gradins de Furiani pour porter leur équipe vers la victoire. "Les Lions sont lâchés" titre France Football ce matin-là, tandis que retentissent de partout les "Forza Bastia". Un encouragement que reprendra d'ailleurs le célèbre réalisateur Jacques Tati qui y voit matière à un court-métrage qu'il nommera comme tel. C'est dire si le moment est historique.

L'épopée bastiaise débute un an plus tôt, durant la saison 1976-1977. Meilleure attaque de la division 1 française, Bastia décroche une troisième place méritée, le meilleur classement de l'histoire du club, qui qualifie les Corses pour la Coupe d'Europe. Emmenée par le meneur de jeu Claude Papi, sorte de Michel Platini local, le Sporting peut également compter sur le savoir-faire de Jean-François Larios, international français, et sur sa vedette néerlandaise Johnny Rep, finaliste de la Coupe du monde et vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions avec l'Ajax.

Après avoir éliminé le Sporting Portugal, Bastia tombe sur un gros morceau en seizièmes de finale avec Newcastle United. Mais les Corses ne se laissent pas démonter et après l'avoir emporté sur l'île (2-1), ils réalisent l'exploit d'aller terrasser les Magpies dans leur antre de St James Park (1-3). Au tour suivant, c'est un grand d'Europe auquel doit se mesurer le petit club corse : le Torino FC, champion d'Italie deux ans plus tôt. Après une victoire (2-1) à l'aller, c'est 15.000 Corses qui font le déplacement jusqu'au Stadio Communale de Turin où Bastia inscrit un but mythique par l'entremise de Larios et décroche une victoire d'anthologie (2-3). Au retour au pays, la place Saint-Nicolas est noire de monde pour accueillir les héros du match qui restera le plus légendaire de ce fabuleux parcours.

En quarts, les hommes de Pierre Cahuzac infligent un cinglant 7-2 au Carl Zeiss Iéna, signant par la même occasion leurs septième victoire d'affilée sur la scène européenne. La défaite (4-2) au retour ne changera rien et après deux demi-finales tendue contre le Grasshopper Zürich (victoire 2-3 en Suisse et défaite 1-0 à Furiani), les Bastiais décrochent leur billet pour la finale face au PSV, tombeur du Barça en demi.

Ce 26 avril, malgré les trombes d'eaux qui se sont abattues sur la Corse et les flaques de boue qui parsèment le terrain, l'arbitre yougoslave, Monsieur Maksimovic, déclare la pelouse praticable, sans doute en raison de la Coupe du monde argentine qui approche, au grand dam de Thierry Roland, qui est déjà aux commentaires pour la télévision française. Fatigués par l'accumulation des matches durant les jours précédents et handicapés par l'état du terrain, les Bastiais ne parviennent pas à trouver le chemin des filets, au grand regret de leurs 15.000 supporters chauffés à blanc par l'enjeu.

Regrets d'autant plus douloureux que deux semaines après ce triste 0-0, le PSV emmenés Willy van de Kerkhof ne fait qu'une bouchée du Sporting, au Phillips Stadion et s'impose 3-0, brisant les rêves de toute une île.

Aujourd'hui, le Sporting Club bastiais, comme il s'appelle désormais, revit. Après des années de galère qui aboutissent à un dépôt de bilan et une relégation en National 3 en 2017, le club vient de fêter sa deuxième promotion d'affilée. Leader de Nationale 2 avec 51 points en 21 matches au moment de l'arrêt de la compétition des suites du coronavirus, Bastia se produira donc en National, la saison prochaine. Avant de retrouver prochainement l'élite ?

Du bleu partout. En ce jour d'avril 1978, l'effervescence est palpable à Bastia et dans toute l'île de Beauté. Ce soir, les onze héros emmenés par leur capitaine Charles Orlanducci, le Lion de Vescovato, affrontent les Néerlandais du PSV Eindhoven en finale aller de la Coupe de l'UEFA. Petits et grands ont vibré au rythme de la campagne européenne du SCE Bastia et tous n'attendent qu'une chose : s'installer dans les gradins de Furiani pour porter leur équipe vers la victoire. "Les Lions sont lâchés" titre France Football ce matin-là, tandis que retentissent de partout les "Forza Bastia". Un encouragement que reprendra d'ailleurs le célèbre réalisateur Jacques Tati qui y voit matière à un court-métrage qu'il nommera comme tel. C'est dire si le moment est historique.L'épopée bastiaise débute un an plus tôt, durant la saison 1976-1977. Meilleure attaque de la division 1 française, Bastia décroche une troisième place méritée, le meilleur classement de l'histoire du club, qui qualifie les Corses pour la Coupe d'Europe. Emmenée par le meneur de jeu Claude Papi, sorte de Michel Platini local, le Sporting peut également compter sur le savoir-faire de Jean-François Larios, international français, et sur sa vedette néerlandaise Johnny Rep, finaliste de la Coupe du monde et vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions avec l'Ajax. Après avoir éliminé le Sporting Portugal, Bastia tombe sur un gros morceau en seizièmes de finale avec Newcastle United. Mais les Corses ne se laissent pas démonter et après l'avoir emporté sur l'île (2-1), ils réalisent l'exploit d'aller terrasser les Magpies dans leur antre de St James Park (1-3). Au tour suivant, c'est un grand d'Europe auquel doit se mesurer le petit club corse : le Torino FC, champion d'Italie deux ans plus tôt. Après une victoire (2-1) à l'aller, c'est 15.000 Corses qui font le déplacement jusqu'au Stadio Communale de Turin où Bastia inscrit un but mythique par l'entremise de Larios et décroche une victoire d'anthologie (2-3). Au retour au pays, la place Saint-Nicolas est noire de monde pour accueillir les héros du match qui restera le plus légendaire de ce fabuleux parcours.En quarts, les hommes de Pierre Cahuzac infligent un cinglant 7-2 au Carl Zeiss Iéna, signant par la même occasion leurs septième victoire d'affilée sur la scène européenne. La défaite (4-2) au retour ne changera rien et après deux demi-finales tendue contre le Grasshopper Zürich (victoire 2-3 en Suisse et défaite 1-0 à Furiani), les Bastiais décrochent leur billet pour la finale face au PSV, tombeur du Barça en demi.Ce 26 avril, malgré les trombes d'eaux qui se sont abattues sur la Corse et les flaques de boue qui parsèment le terrain, l'arbitre yougoslave, Monsieur Maksimovic, déclare la pelouse praticable, sans doute en raison de la Coupe du monde argentine qui approche, au grand dam de Thierry Roland, qui est déjà aux commentaires pour la télévision française. Fatigués par l'accumulation des matches durant les jours précédents et handicapés par l'état du terrain, les Bastiais ne parviennent pas à trouver le chemin des filets, au grand regret de leurs 15.000 supporters chauffés à blanc par l'enjeu. Regrets d'autant plus douloureux que deux semaines après ce triste 0-0, le PSV emmenés Willy van de Kerkhof ne fait qu'une bouchée du Sporting, au Phillips Stadion et s'impose 3-0, brisant les rêves de toute une île. Aujourd'hui, le Sporting Club bastiais, comme il s'appelle désormais, revit. Après des années de galère qui aboutissent à un dépôt de bilan et une relégation en National 3 en 2017, le club vient de fêter sa deuxième promotion d'affilée. Leader de Nationale 2 avec 51 points en 21 matches au moment de l'arrêt de la compétition des suites du coronavirus, Bastia se produira donc en National, la saison prochaine. Avant de retrouver prochainement l'élite ?