Ce devait être un soir de fête, il a tourné au drame. Ce 5 mai 1992, le Sporting bastiais, à l'époque quatrième de division deux française, reçoit l'Olympique de Marseille, solide leader en D1 et finaliste de la Coupe des clubs champions la saison précédente, pour la demi-finale de la Coupe de France. Après un parcours qui l'a notamment vu éliminer Toulouse et Nancy, pensionnaires de l'élite, c'est tout Bastia qui attend cette rencontre face à l'ogre phocéen avec impatience. Comme prévu en Corse à cette période de l'année, la soirée est douce et l'ambiance est déjà chaude. Les drapeaux s'agitent, les chants résonnent : de part et d'autre, les supporters rivaux s'invectivent avant même le coup d'envoi. Pour l'occasion, le Sporting a mis les petits plats dans les grands : la vieille tribune nord Claude Papi a été rasée et une structure métallique, 125 mètres de long et quinze de hauteur, a été érigée en douze jours à peine, portant la capacité du Stade Armand Cesari à 18.000 places. La recette promet d'être belle, une aubaine pour le club bastiais, à la peine financièrement en ce début des nineties.

Pourtant, à quelques dizaines de minutes du début de la partie, l'inquiétude grandit en coulisses : des écrous sautent de la structure et un panneau qui s'est détaché a blessé un technicien qui en sera finalement quitte avec quelques points de suture. À 20h15, le speaker du stade enjoint donc les supporters à ne pas "taper des pieds sur la partie en fer". Inquiets, certains spectateurs demandent même à changer de place car "ça bouge trop en haut". Sur la pelouse, les joueurs marseillais, dans leur maillot bleu, regagnent les vestiaires après l'échauffement. Raymond Goethals, le coach belge de l'OM, n'a pas pris les choses à la légère et aligne son équipe-type où l'on retrouve notamment le gardien corse Pascal Olmeta, Basile Boli, Didier Deschamps, Chris Waddle, Abedi Pelé ou encore le buteur-vedette Jean-Pierre Papin. De son côté, René Exbrayat, le coach bastiais, donne ses dernières consignes tactiques et insiste sur l'importance des duels. Les journalistes, présents en nombre, sont amassés au sommet de la tribune nord et la retransmission en direct sur TF1 débute quand, tout à coup, à 20h23, un fracas métallique indescriptible se fait entendre : une partie de la tribune vient de s'effondrer !

Les blessés sont évacués des décombres vers la pelouse., belga
Les blessés sont évacués des décombres vers la pelouse. © belga

Très vite, on se rend compte de la gravité de la situation : la chute a été terrible et de nombreuses personnes sont coincées sous les décombres. Les CRS évacuent les premiers blessés vers le centre de la pelouse et rapidement un élan de solidarité s'empare des supporters des deux camps qui tentent comme ils le peuvent de venir en aide aux victimes. Les secours tardent en effet à arriver : une seule route mène au stade et elle est bouchée par les spectateurs qui fuient, empêchant les ambulances d'arriver. Trente minute après l'effondrement, elles sont enfin là, puis vient le tour des hélicoptères qui entament leur ballet vers les hôpitaux corses. Mais rapidement ceux-ci sont saturés et les blessés sont envoyés vers le continent, à Marseille, Cannes, Nice ou encore Toulon. À 4h30 du matin, les dernières victimes sont enfin évacuées. Le bilan définitif est très lourd : on dénombre 2.357 blessés, parmi lesquels certains resteront handicapés à vie, et 18 morts.

Rapidement, une enquête est ouverte pour déterminer les causes de cette catastrophe et le constat est accablant : réalisés en douze jours à peine, les travaux ont été bâclés. La démolition de l'ancienne tribune nord a été effectuée de nuit, sans permis, et les matériaux utilisés à certains endroits de la tribune sont de piètre qualité. Des mesures de sécurité basiques n'ont pas été respectées, les travaux n'étaient toujours pas terminés la veille du match et aucun avis valide de la commission de sécurité n'a été rendu. Le 15 décembre 1995, la Cour d'Appel de Bastia rend son jugement définitif : seul Jean-Marie Boimond, le constructeur de la tribune, est condamné à de la prison ferme, tandis que les autres inculpés (dirigeants du club bastiais, de la Ligue de football corse, de la commission d'organisation de la Coupe de France, ...) écopent de peine de sursis, assorties d'amendes. Sur le plan sportif, décision est prise de ne pas disputer la rencontre à une date ultérieure. La Coupe de France 1992 ne sera pas attribuée et c'est l'AS Monaco, vainqueur de l'autre demi-finale, qui représentera la France en Coupe des vainqueurs de coupes la saison suivante.

Ce devait être un soir de fête, il a tourné au drame. Ce 5 mai 1992, le Sporting bastiais, à l'époque quatrième de division deux française, reçoit l'Olympique de Marseille, solide leader en D1 et finaliste de la Coupe des clubs champions la saison précédente, pour la demi-finale de la Coupe de France. Après un parcours qui l'a notamment vu éliminer Toulouse et Nancy, pensionnaires de l'élite, c'est tout Bastia qui attend cette rencontre face à l'ogre phocéen avec impatience. Comme prévu en Corse à cette période de l'année, la soirée est douce et l'ambiance est déjà chaude. Les drapeaux s'agitent, les chants résonnent : de part et d'autre, les supporters rivaux s'invectivent avant même le coup d'envoi. Pour l'occasion, le Sporting a mis les petits plats dans les grands : la vieille tribune nord Claude Papi a été rasée et une structure métallique, 125 mètres de long et quinze de hauteur, a été érigée en douze jours à peine, portant la capacité du Stade Armand Cesari à 18.000 places. La recette promet d'être belle, une aubaine pour le club bastiais, à la peine financièrement en ce début des nineties. Pourtant, à quelques dizaines de minutes du début de la partie, l'inquiétude grandit en coulisses : des écrous sautent de la structure et un panneau qui s'est détaché a blessé un technicien qui en sera finalement quitte avec quelques points de suture. À 20h15, le speaker du stade enjoint donc les supporters à ne pas "taper des pieds sur la partie en fer". Inquiets, certains spectateurs demandent même à changer de place car "ça bouge trop en haut". Sur la pelouse, les joueurs marseillais, dans leur maillot bleu, regagnent les vestiaires après l'échauffement. Raymond Goethals, le coach belge de l'OM, n'a pas pris les choses à la légère et aligne son équipe-type où l'on retrouve notamment le gardien corse Pascal Olmeta, Basile Boli, Didier Deschamps, Chris Waddle, Abedi Pelé ou encore le buteur-vedette Jean-Pierre Papin. De son côté, René Exbrayat, le coach bastiais, donne ses dernières consignes tactiques et insiste sur l'importance des duels. Les journalistes, présents en nombre, sont amassés au sommet de la tribune nord et la retransmission en direct sur TF1 débute quand, tout à coup, à 20h23, un fracas métallique indescriptible se fait entendre : une partie de la tribune vient de s'effondrer !Très vite, on se rend compte de la gravité de la situation : la chute a été terrible et de nombreuses personnes sont coincées sous les décombres. Les CRS évacuent les premiers blessés vers le centre de la pelouse et rapidement un élan de solidarité s'empare des supporters des deux camps qui tentent comme ils le peuvent de venir en aide aux victimes. Les secours tardent en effet à arriver : une seule route mène au stade et elle est bouchée par les spectateurs qui fuient, empêchant les ambulances d'arriver. Trente minute après l'effondrement, elles sont enfin là, puis vient le tour des hélicoptères qui entament leur ballet vers les hôpitaux corses. Mais rapidement ceux-ci sont saturés et les blessés sont envoyés vers le continent, à Marseille, Cannes, Nice ou encore Toulon. À 4h30 du matin, les dernières victimes sont enfin évacuées. Le bilan définitif est très lourd : on dénombre 2.357 blessés, parmi lesquels certains resteront handicapés à vie, et 18 morts. Rapidement, une enquête est ouverte pour déterminer les causes de cette catastrophe et le constat est accablant : réalisés en douze jours à peine, les travaux ont été bâclés. La démolition de l'ancienne tribune nord a été effectuée de nuit, sans permis, et les matériaux utilisés à certains endroits de la tribune sont de piètre qualité. Des mesures de sécurité basiques n'ont pas été respectées, les travaux n'étaient toujours pas terminés la veille du match et aucun avis valide de la commission de sécurité n'a été rendu. Le 15 décembre 1995, la Cour d'Appel de Bastia rend son jugement définitif : seul Jean-Marie Boimond, le constructeur de la tribune, est condamné à de la prison ferme, tandis que les autres inculpés (dirigeants du club bastiais, de la Ligue de football corse, de la commission d'organisation de la Coupe de France, ...) écopent de peine de sursis, assorties d'amendes. Sur le plan sportif, décision est prise de ne pas disputer la rencontre à une date ultérieure. La Coupe de France 1992 ne sera pas attribuée et c'est l'AS Monaco, vainqueur de l'autre demi-finale, qui représentera la France en Coupe des vainqueurs de coupes la saison suivante.