Quatre ans, c'est le temps qu'il aura fallu à Louis van Gaal pour mener l'Ajax sur le toit de l'Europe. Pourtant, à sa nomination au poste de T1 en 1991, le Pélican doit faire face aux sceptiques. À tout juste 40 ans, le Néerlandais est bien loin de son cv actuel puisqu'il ne peut que faire valoir son expérience d'adjoint de Leo Beenhakker dont il prend la relève. Pourtant, très vite, Van Gaal met tout le monde d'accord à coup de trophées : la Coupe UEFA 92, la Coupe des Pays-Bas 93 et un premier titre de champion national l'année suivante. Des résultats bien sûr, mais surtout un style de jeu audacieux et la part belle faite aux jeunes. Invaincue en championnat cette saison-là, l'équipe de l'Ajax 94-95 affiche en effet une moyenne d'âge d'à peine 23 ans et la plupart des titulaires sont issus de son centre de formation, tradition oblige.

Le 24 mai 1995, les Néerlandais ont de quoi être confiants lors du coup d'envoi : pour arriver en finale, ils n'ont pas connu la moindre défaite et surtout, ils ont battu à deux reprises leur adversaire du jour, l'AC Milan. Avant d'éliminer l'Hajduk Split en quart et le Bayern en demi, l'Ajax était en effet versé dans la poule D de la Champions League en compagnie des Milanais, du Casino Salzbourg et de l'AEK Athènes. Et face aux Rossoneri, les Amstellodamois n'ont pas tremblé, s'imposant 2-0 au Stade Olympique d'Amsterdam avant de coller deux nouveaux buts aux Italiens sans en encaisser, dans un match retour délocalisé à Trieste suite à une sanction de l'UEFA envers le club lombard.

Mais une finale est toujours spéciale et l'AC Milan n'a rien d'un oiseau pour le chat. Sortis des poules malgré ces deux défaites face aux Bataves, les Milanais ont éliminé Benfica et le PSG pour se frayer un chemin jusqu'au Stade Ernst Happel de Vienne qui accueille l'apothéose européenne. Et puis s'ils doivent laisser filer le titre de champion d'Italie à la Juventus cette saison-là, les Rossoneri restent néanmoins sur deux finales de CL consécutives et un an plus tôt, ils ont atomisé le Barça de Johan Cruijff en finale (4-0).

Patrick Kluivert face à Marcel Desailly., belga
Patrick Kluivert face à Marcel Desailly. © belga

Pour faire face aux Italiens, Van Gaal reproduit son 3-4-3 habituel qui lui a notamment permis d'en coller cinq au Bayern en demi-finale retour (5-2). Devant Edwin van der Sar, la ligne arrière se compose du capitaine Danny Blind avec Frank de Boer à sa gauche et Michaël Reiziger à sa droite. Frank Rijkaard, le second taulier de l'équipe, de retour à l'Ajax après ses années milanaises, est posté devant la défense, en pointe basse du triangle qu'il forme avec Edgar Davids et Clarence Seedorf. Jari Litmanen est à la manoeuvre en dix tandis que, de gauche à droite, Marc Overmars, Ronald de Boer et Finidi George occupent les avant-postes. Maître-tacticien, Fabio Capello a tiré les leçons des affrontements précédents face aux Ajacides. S'il ne déroge pas à son 4-4-2 habituel, le technicien italien réserve toutefois un traitement particulier aux Néerlandais. Les deux attaquants, Daniele Massaro et Marco Simone, qui remplace Dejan Savicevic blessé, sont chargés de presser intensément Blind et De Boer, laissant ainsi la construction à Reiziger, identifié comme le maillon faible du trois arrière ajacide. Monstrueux lors de la finale précédente, Marcel Desailly doit lui s'occuper de Litmanen en phase défensive tandis qu'il apporte sa taille devant lors des relances longues du gardien Sebastiano Rossi. S'il est peu audacieux, le système italien fonctionne : en première mi-temps, les Milanais se créent les occasions les plus franches par l'entremise de Christian Panucci et Simone tandis que l'Ajax ne se montre pas dangereux.

Au retour des vestiaires, la situation change toutefois rapidement. À la 53e, Van Gaal sacrifie Seedorf pour faire entrer Nwankwo Kanu. Posté en pointe alors que De Boer recule dans le jeu, la conservation de balle de l'attaquant nigérian permet aux Amstellodamois d'évoluer plus haut. À vingt minutes du terme, Van Gaal opte pour une solution encore plus offensive en en faisant entrer le jeune Patrick Kluivert à la place de Litmanen. Acculés, les Milanais n'arrivent plus à sortir et l'Ajax peut enfin déployer son jeu. À la 85e, les Néerlandais font tourner le cuir jusqu'à ce que Davids trouve Rijkaard, libre de tout marquage à l'entrée du grand rectangle. L'ancien Milanais ne se fait pas prier et glisse le ballon à Kluivert qui l'emmène, résiste au retour des défenseurs italiens et l'envoie d'un pointu dans les cages de Rossi. Milan est assommé et ne reviendra plus. Kluivert, à 18 ans, devient le héros providentiel. 22 ans après leur dernier sacre, les Ajacides peuvent à nouveau soulever la coupe aux grandes oreilles.

Quatre ans, c'est le temps qu'il aura fallu à Louis van Gaal pour mener l'Ajax sur le toit de l'Europe. Pourtant, à sa nomination au poste de T1 en 1991, le Pélican doit faire face aux sceptiques. À tout juste 40 ans, le Néerlandais est bien loin de son cv actuel puisqu'il ne peut que faire valoir son expérience d'adjoint de Leo Beenhakker dont il prend la relève. Pourtant, très vite, Van Gaal met tout le monde d'accord à coup de trophées : la Coupe UEFA 92, la Coupe des Pays-Bas 93 et un premier titre de champion national l'année suivante. Des résultats bien sûr, mais surtout un style de jeu audacieux et la part belle faite aux jeunes. Invaincue en championnat cette saison-là, l'équipe de l'Ajax 94-95 affiche en effet une moyenne d'âge d'à peine 23 ans et la plupart des titulaires sont issus de son centre de formation, tradition oblige. Le 24 mai 1995, les Néerlandais ont de quoi être confiants lors du coup d'envoi : pour arriver en finale, ils n'ont pas connu la moindre défaite et surtout, ils ont battu à deux reprises leur adversaire du jour, l'AC Milan. Avant d'éliminer l'Hajduk Split en quart et le Bayern en demi, l'Ajax était en effet versé dans la poule D de la Champions League en compagnie des Milanais, du Casino Salzbourg et de l'AEK Athènes. Et face aux Rossoneri, les Amstellodamois n'ont pas tremblé, s'imposant 2-0 au Stade Olympique d'Amsterdam avant de coller deux nouveaux buts aux Italiens sans en encaisser, dans un match retour délocalisé à Trieste suite à une sanction de l'UEFA envers le club lombard. Mais une finale est toujours spéciale et l'AC Milan n'a rien d'un oiseau pour le chat. Sortis des poules malgré ces deux défaites face aux Bataves, les Milanais ont éliminé Benfica et le PSG pour se frayer un chemin jusqu'au Stade Ernst Happel de Vienne qui accueille l'apothéose européenne. Et puis s'ils doivent laisser filer le titre de champion d'Italie à la Juventus cette saison-là, les Rossoneri restent néanmoins sur deux finales de CL consécutives et un an plus tôt, ils ont atomisé le Barça de Johan Cruijff en finale (4-0). Pour faire face aux Italiens, Van Gaal reproduit son 3-4-3 habituel qui lui a notamment permis d'en coller cinq au Bayern en demi-finale retour (5-2). Devant Edwin van der Sar, la ligne arrière se compose du capitaine Danny Blind avec Frank de Boer à sa gauche et Michaël Reiziger à sa droite. Frank Rijkaard, le second taulier de l'équipe, de retour à l'Ajax après ses années milanaises, est posté devant la défense, en pointe basse du triangle qu'il forme avec Edgar Davids et Clarence Seedorf. Jari Litmanen est à la manoeuvre en dix tandis que, de gauche à droite, Marc Overmars, Ronald de Boer et Finidi George occupent les avant-postes. Maître-tacticien, Fabio Capello a tiré les leçons des affrontements précédents face aux Ajacides. S'il ne déroge pas à son 4-4-2 habituel, le technicien italien réserve toutefois un traitement particulier aux Néerlandais. Les deux attaquants, Daniele Massaro et Marco Simone, qui remplace Dejan Savicevic blessé, sont chargés de presser intensément Blind et De Boer, laissant ainsi la construction à Reiziger, identifié comme le maillon faible du trois arrière ajacide. Monstrueux lors de la finale précédente, Marcel Desailly doit lui s'occuper de Litmanen en phase défensive tandis qu'il apporte sa taille devant lors des relances longues du gardien Sebastiano Rossi. S'il est peu audacieux, le système italien fonctionne : en première mi-temps, les Milanais se créent les occasions les plus franches par l'entremise de Christian Panucci et Simone tandis que l'Ajax ne se montre pas dangereux.Au retour des vestiaires, la situation change toutefois rapidement. À la 53e, Van Gaal sacrifie Seedorf pour faire entrer Nwankwo Kanu. Posté en pointe alors que De Boer recule dans le jeu, la conservation de balle de l'attaquant nigérian permet aux Amstellodamois d'évoluer plus haut. À vingt minutes du terme, Van Gaal opte pour une solution encore plus offensive en en faisant entrer le jeune Patrick Kluivert à la place de Litmanen. Acculés, les Milanais n'arrivent plus à sortir et l'Ajax peut enfin déployer son jeu. À la 85e, les Néerlandais font tourner le cuir jusqu'à ce que Davids trouve Rijkaard, libre de tout marquage à l'entrée du grand rectangle. L'ancien Milanais ne se fait pas prier et glisse le ballon à Kluivert qui l'emmène, résiste au retour des défenseurs italiens et l'envoie d'un pointu dans les cages de Rossi. Milan est assommé et ne reviendra plus. Kluivert, à 18 ans, devient le héros providentiel. 22 ans après leur dernier sacre, les Ajacides peuvent à nouveau soulever la coupe aux grandes oreilles.