S'il y a des finales qui restent dans toutes les mémoires, celle de l'édition 1987-1988 de la Coupe d'Europe des clubs champions n'en fait certainement pas partie. Celle-ci serait plutôt à classer parmi les plus ennuyeuses de la compétition. Après les victoires du Steaua Bucarest en 1986 et du FC Porto en 1987, le trophée est une nouvelle fois promis à une équipe qui n'est pas issue de l'un des grands championnats traditionnels en cette année 1988 puisque le Neckerstadion de Stuttgart, qui accueille la finale, voit s'opposer les Néerlandais du PSV Eindhoven et les Portugais de Benfica.

Vingt ans après leur dernière finale de C1, perdue face à Manchester United, les Lusitaniens ont connu un parcours chaotique pour se hisser à nouveau jusqu'au dernier stade de la compétition. Opposé au Partizani Tirana au premier tour, Benfica s'impose largement (4-0) à l'Estadio da Luz dans une rencontre particulièrement tendue : leurs adversaires albanais écopent de six cartons jaunes et de quatre rouge. Un comportement jugé à tel point scandaleux que l'UEFA les disqualifie avant même que ne soit disputée la manche retour. Après avoir péniblement sorti les Danois de Aarhus grâce à un unique but d'Adelino Nunes, le SLB doit batailler ferme pour disposer d'Anderlecht : au retour au Stade Constant Vanden Stock, l'avantage de deux buts forgé en terres portugaises s'avère finalement suffisant malgré les efforts mauves et un goal d'Arnor Gudjohnsen. En demis enfin, les Aigles profitent du soutien de 120.000 de leurs supporters et d'un doublé de Rui Aguas pour l'emporter à Lisbonne après un nul blanc en Roumanie face au Steaua.

Les Néerlandais, emmenés par leur capitaine Eric Gerets, sont également passés pas loin de la correctionnelle à plusieurs reprises. Face à Galatasaray d'abord : mené 2-0 à Istanbul, le PSV doit repousser les assauts turcs durant toute la seconde période pour préserver l'avantage de trois buts acquis à l'aller. SI le Rapid Vienne ne fait pas le poids en huitièmes, le club d'Eindhoven est ensuite malmené par les Girondins de Bordeaux et accède aux demi-finales grâce au but à l'extérieur inscrit par Wim Kieft (1-1 et 0-0). Opposés au Real Madrid, les Néerlandais livrent une partie héroïque à Bernabeu. Malgré un penalty concédé dès la 6e minute, les hommes de Guus Hiddink, alors tout jeune entraîneur, égalisent par l'entremise d'Edward Linskens et deux semaines plus tard, ils conservent une nouvelle fois leurs filets inviolés au Philips Stadion (il n'y auront pas concédé le moindre but de la compétition) pour valider leur ticket pour Stuttgart.

Hans van Breukelen arrête le tir au but de Veloso., belga
Hans van Breukelen arrête le tir au but de Veloso. © belga

En Allemagne, le temps semble long pour les spectateurs neutres. La partie manque d'intensité et les deux équipes, frileuses, se neutralisent tout au long des 90 minutes. Les prolongations n'y changent rien et c'est finalement aux tirs au but que se joue la décision. Ronald Koeman entame le bal et ne flanche pas. Pas plus que les tireurs suivants : après 10 tentatives, le marquoir affiche 5-5. Entré au jeu, Anton Janssen donne l'avantage au PSV avant que Hans van Breukelen, bien tuyauté par son entraîneur des gardiens, ne détourne l'envoi d'Antonio Veloso pour offrir le trophée aux Néerlandais. Déjà vainqueur de la Coupe des Pays-Bas, avec deux buts de Gerets en finale, et du championnat, le PSV s'offre ainsi un triplé historique. Van Breukelen, Koeman, Kieft, Gerald Vanenburg et Berry van Aerle, repris avec la sélection néerlandaise, réaliseront même un formidable quadruplé, un mois plus tard, en s'adjugeant l'EURO 88.

À 34 ans, Eric Gerets, capitaine, devient le premier Belge à soulever la coupe aux grandes oreilles. Depuis, il a été imité par Raymond Goethals, coach de l'OM en 1993, Daniel Van Buyten, avec le Bayern en 2013 et Divock Origi, avec Liverpool la saison dernière.

S'il y a des finales qui restent dans toutes les mémoires, celle de l'édition 1987-1988 de la Coupe d'Europe des clubs champions n'en fait certainement pas partie. Celle-ci serait plutôt à classer parmi les plus ennuyeuses de la compétition. Après les victoires du Steaua Bucarest en 1986 et du FC Porto en 1987, le trophée est une nouvelle fois promis à une équipe qui n'est pas issue de l'un des grands championnats traditionnels en cette année 1988 puisque le Neckerstadion de Stuttgart, qui accueille la finale, voit s'opposer les Néerlandais du PSV Eindhoven et les Portugais de Benfica. Vingt ans après leur dernière finale de C1, perdue face à Manchester United, les Lusitaniens ont connu un parcours chaotique pour se hisser à nouveau jusqu'au dernier stade de la compétition. Opposé au Partizani Tirana au premier tour, Benfica s'impose largement (4-0) à l'Estadio da Luz dans une rencontre particulièrement tendue : leurs adversaires albanais écopent de six cartons jaunes et de quatre rouge. Un comportement jugé à tel point scandaleux que l'UEFA les disqualifie avant même que ne soit disputée la manche retour. Après avoir péniblement sorti les Danois de Aarhus grâce à un unique but d'Adelino Nunes, le SLB doit batailler ferme pour disposer d'Anderlecht : au retour au Stade Constant Vanden Stock, l'avantage de deux buts forgé en terres portugaises s'avère finalement suffisant malgré les efforts mauves et un goal d'Arnor Gudjohnsen. En demis enfin, les Aigles profitent du soutien de 120.000 de leurs supporters et d'un doublé de Rui Aguas pour l'emporter à Lisbonne après un nul blanc en Roumanie face au Steaua.Les Néerlandais, emmenés par leur capitaine Eric Gerets, sont également passés pas loin de la correctionnelle à plusieurs reprises. Face à Galatasaray d'abord : mené 2-0 à Istanbul, le PSV doit repousser les assauts turcs durant toute la seconde période pour préserver l'avantage de trois buts acquis à l'aller. SI le Rapid Vienne ne fait pas le poids en huitièmes, le club d'Eindhoven est ensuite malmené par les Girondins de Bordeaux et accède aux demi-finales grâce au but à l'extérieur inscrit par Wim Kieft (1-1 et 0-0). Opposés au Real Madrid, les Néerlandais livrent une partie héroïque à Bernabeu. Malgré un penalty concédé dès la 6e minute, les hommes de Guus Hiddink, alors tout jeune entraîneur, égalisent par l'entremise d'Edward Linskens et deux semaines plus tard, ils conservent une nouvelle fois leurs filets inviolés au Philips Stadion (il n'y auront pas concédé le moindre but de la compétition) pour valider leur ticket pour Stuttgart. En Allemagne, le temps semble long pour les spectateurs neutres. La partie manque d'intensité et les deux équipes, frileuses, se neutralisent tout au long des 90 minutes. Les prolongations n'y changent rien et c'est finalement aux tirs au but que se joue la décision. Ronald Koeman entame le bal et ne flanche pas. Pas plus que les tireurs suivants : après 10 tentatives, le marquoir affiche 5-5. Entré au jeu, Anton Janssen donne l'avantage au PSV avant que Hans van Breukelen, bien tuyauté par son entraîneur des gardiens, ne détourne l'envoi d'Antonio Veloso pour offrir le trophée aux Néerlandais. Déjà vainqueur de la Coupe des Pays-Bas, avec deux buts de Gerets en finale, et du championnat, le PSV s'offre ainsi un triplé historique. Van Breukelen, Koeman, Kieft, Gerald Vanenburg et Berry van Aerle, repris avec la sélection néerlandaise, réaliseront même un formidable quadruplé, un mois plus tard, en s'adjugeant l'EURO 88. À 34 ans, Eric Gerets, capitaine, devient le premier Belge à soulever la coupe aux grandes oreilles. Depuis, il a été imité par Raymond Goethals, coach de l'OM en 1993, Daniel Van Buyten, avec le Bayern en 2013 et Divock Origi, avec Liverpool la saison dernière.