"Dans la préhistoire, aujourd'hui et dans 100.000 ans, c'est très difficile d'attaquer face à un 5-5-0, il n'y a pas d'espace". Ces mots sortent de la bouche de Pep Guardiola après le match face à l'Atletico Madrid qui a vu son équipe s'imposer par le plus petit écart. Un match lors duquel les attaquants mancuniens ont cherché une ouverture pendant 70 minutes. Alors qu'on pensait qu'il avait déjà utilisé toutes les tactiques possibles et imaginables pour dresser un double mur devant les cages de son gardien, Diego Simeone a surpris tout le monde lors du quart de finale aller à l'Etihad Stadium en évoluant sans pointe pendant une bonne partie du match. L'entraineur madrilène a poussé son idée de jeu à l'extrême, virant presque à la caricature. Comme souvent lors des matches décisifs de Ligue des Champions.

Une adaptation dictée par le jeu ?

Disposé en 5-3-2 au coup d'envoi, l'Atletico Madrid a laissé des espaces à Joao Cancelo durant le début du match. Pendant dix minutes de jeu, le Portugais, sorte de numéro dix décalé en latéral, a prouvé que sa qualité de passe pouvait faire très mal à la défense des Rojiblancos. L'entraineur argentin l'a vu, lui aussi. Alors, il s'est adapté. Et tant pis si ça ne plait pas. C'est à Joao Félix et Antoine Griezmann qu'est donc revenue la lourde tâche de défendre sur les côtés. Avec la mise en place de ce système, l'Atletico s'est rapidement retrouvé à défendre dans son camp, très bas, sans aucun point d'appui devant. À cet instant, on savait le scénario qui nous attendait. Un scénario que les équipes de Simeone connaissent par coeur, surtout en phase finale de Ligue des Champions. Un scénario presque théorisé par les analystes. Guardiola avait refusé de rentrer dans ce qu'il avait appelé "un débat stupide". Pourtant durant 90 minutes, on a eu droit à l'"attaque-défense" tant attendu.

Le trio Aké-Laporte-Stones s'est retrouvé dans un fauteuil à la relance. Les ballons dégagés par les Madrilènes revenaient sans cesse vers les défenseurs citizens. Mais face à ce verrou fermé à double, voire à triple tour, difficile de trouver les espaces pour les hommes de Guardiola. Mahrez, De Bruyne, Bernardo Silva et consorts tentent de redescendre très bas et d'utiliser leur vision et leur vista pour changer la donne mais rien n'y fait. Manchester City ne sera pas dangereux en première période. Il ne le sera pas beaucoup plus en deuxième mi-temps. Il a fallu attendre un éclair de génie venu des pieds de Phil Foden qui distribue une merveille de passe pour permettre à De Bruyne d'ouvrir le score. 1-0 à la fin de la manche aller, un résultat qui satisfait Simeone.

Ce mercredi, l'ailier belge pourrait faire la différence avec ses facultés de projection vers l'avant et ses qualités techniques. Un atout en plus dans la manche du Cholo Simeone ?, iStock
Ce mercredi, l'ailier belge pourrait faire la différence avec ses facultés de projection vers l'avant et ses qualités techniques. Un atout en plus dans la manche du Cholo Simeone ? © iStock

Faire avancer la défense de City

Un résultat satisfaisant car il est difficile d'attaquer sans attaquant. Pourtant, dans son plan ultra-défensif, Simeone a aussi réfléchi à son plan d'attaque. On abandonne la possession du ballon (seulement 29% de possession pour les Colchoneros), au profit de contres ultra rapides. En deux ou trois passes, les joueurs offensifs doivent se retrouver aux abords de la surface. Face à ce bloc regroupé aux abords du rectangle, les défenseurs de City, pas les moins adroits balle au pied, sont attirés vers l'avant. John Stones est d'ailleurs le joueur ayant touché le plus de ballons avec 110 passes tentées. C'est souvent lui qui s'occupe de la première relance, se projetant vers l'avant sans être attaqué. Le revers de la médaille, c'est que l'Anglais laisse ainsi des espaces dans son dos. Du côté de l'Atletico, au moment de la récupération du ballon, le but est simple, voire simpliste : trouver cet espace le plus rapidement possible. Seulement, la passe fait souvent défaut et les profils sur le terrain ne sont pas adaptés au plan imaginé par l'entraineur de l'Atleti. Pour réussir parfaitement son coup, Simeone avait besoin d'un joueur capable d'enchainer les longues courses tout en restant lucide aux abords du but adverse. Problème : le joueur en question était absent au coup d'envoi. Le Antoine Griezmann d'aujourd'hui n'est pas le Griezmann de 2016 qui aurait pu occuper ce rôle tandis que Joao Félix n'est pas nécessairement connu pour ses qualités de sprinteur.

Carrasco, l'arme fatale de Simeone ?

Suspendu lors de ce match aller, Yannick Carrasco sera de retour ce mercredi face à Manchester City. Alors qu'on imagine mal Diego Simeone partir pied au plancher, la fleur au fusil face à une équipe qui se montre clinique quand on la laisse jouer en transition, le Belge pourrait être la clé dans cette partie. Le scénario du match sera sans doute relativement similaire à ce qu'on a connu la semaine dernière. Une équipe espagnole regroupée, qui essaiera de s'engouffrer dans les espaces que laisseront les Citizens. Les Anglais tenteront, eux, de marquer le plus rapidement possible pour se mettre à l'abri et éviter de reproduire certains échecs vécus il y a quelques saisons.

Dans ces circonstances, l'ailier pourrait faire la différence avec ses facultés de projection vers l'avant et ses qualités techniques. Le Belge peut occuper un rôle d'attaquant dans le 5-3-2 ou sur le côté si l'Argentin persiste dans son idée de 5-4-1, système utilisé en deuxième période à l'Etihad Stadium. Dans ce cas, on pourrait imaginer un Griezmann dans une position de faux numéro neuf pour lancer Carrasco. Le Diable Rouge peut aussi bien faire la différence avec une longue course en profondeur sans ballon dans le dos de la défense qu'en faisant avancer l'équipe balle au pied grâce à ses facilités de dribble. Une aubaine pour un entraineur qui raffole des projections rapides vers l'avant. Seule ombre au tableau, le manque de statistiques de Carrasco qui compte une feuille blanche en LDC et trois buts et cinq assists en Liga depuis le début de la saison. C'est la moitié de ce qu'il a réalisé la saison passée (six buts et dix passes décisives en Liga, un goal et un assist en Champions League). Le Diable n'a plus été décisif depuis le 6 février et son but face au FC Barcelone. Souvent présent lors des grands moments, le réveil de Carrasco coïncidera-t-il avec celui de l'Atletico ce mercredi ?

"Dans la préhistoire, aujourd'hui et dans 100.000 ans, c'est très difficile d'attaquer face à un 5-5-0, il n'y a pas d'espace". Ces mots sortent de la bouche de Pep Guardiola après le match face à l'Atletico Madrid qui a vu son équipe s'imposer par le plus petit écart. Un match lors duquel les attaquants mancuniens ont cherché une ouverture pendant 70 minutes. Alors qu'on pensait qu'il avait déjà utilisé toutes les tactiques possibles et imaginables pour dresser un double mur devant les cages de son gardien, Diego Simeone a surpris tout le monde lors du quart de finale aller à l'Etihad Stadium en évoluant sans pointe pendant une bonne partie du match. L'entraineur madrilène a poussé son idée de jeu à l'extrême, virant presque à la caricature. Comme souvent lors des matches décisifs de Ligue des Champions. Disposé en 5-3-2 au coup d'envoi, l'Atletico Madrid a laissé des espaces à Joao Cancelo durant le début du match. Pendant dix minutes de jeu, le Portugais, sorte de numéro dix décalé en latéral, a prouvé que sa qualité de passe pouvait faire très mal à la défense des Rojiblancos. L'entraineur argentin l'a vu, lui aussi. Alors, il s'est adapté. Et tant pis si ça ne plait pas. C'est à Joao Félix et Antoine Griezmann qu'est donc revenue la lourde tâche de défendre sur les côtés. Avec la mise en place de ce système, l'Atletico s'est rapidement retrouvé à défendre dans son camp, très bas, sans aucun point d'appui devant. À cet instant, on savait le scénario qui nous attendait. Un scénario que les équipes de Simeone connaissent par coeur, surtout en phase finale de Ligue des Champions. Un scénario presque théorisé par les analystes. Guardiola avait refusé de rentrer dans ce qu'il avait appelé "un débat stupide". Pourtant durant 90 minutes, on a eu droit à l'"attaque-défense" tant attendu. Le trio Aké-Laporte-Stones s'est retrouvé dans un fauteuil à la relance. Les ballons dégagés par les Madrilènes revenaient sans cesse vers les défenseurs citizens. Mais face à ce verrou fermé à double, voire à triple tour, difficile de trouver les espaces pour les hommes de Guardiola. Mahrez, De Bruyne, Bernardo Silva et consorts tentent de redescendre très bas et d'utiliser leur vision et leur vista pour changer la donne mais rien n'y fait. Manchester City ne sera pas dangereux en première période. Il ne le sera pas beaucoup plus en deuxième mi-temps. Il a fallu attendre un éclair de génie venu des pieds de Phil Foden qui distribue une merveille de passe pour permettre à De Bruyne d'ouvrir le score. 1-0 à la fin de la manche aller, un résultat qui satisfait Simeone. Un résultat satisfaisant car il est difficile d'attaquer sans attaquant. Pourtant, dans son plan ultra-défensif, Simeone a aussi réfléchi à son plan d'attaque. On abandonne la possession du ballon (seulement 29% de possession pour les Colchoneros), au profit de contres ultra rapides. En deux ou trois passes, les joueurs offensifs doivent se retrouver aux abords de la surface. Face à ce bloc regroupé aux abords du rectangle, les défenseurs de City, pas les moins adroits balle au pied, sont attirés vers l'avant. John Stones est d'ailleurs le joueur ayant touché le plus de ballons avec 110 passes tentées. C'est souvent lui qui s'occupe de la première relance, se projetant vers l'avant sans être attaqué. Le revers de la médaille, c'est que l'Anglais laisse ainsi des espaces dans son dos. Du côté de l'Atletico, au moment de la récupération du ballon, le but est simple, voire simpliste : trouver cet espace le plus rapidement possible. Seulement, la passe fait souvent défaut et les profils sur le terrain ne sont pas adaptés au plan imaginé par l'entraineur de l'Atleti. Pour réussir parfaitement son coup, Simeone avait besoin d'un joueur capable d'enchainer les longues courses tout en restant lucide aux abords du but adverse. Problème : le joueur en question était absent au coup d'envoi. Le Antoine Griezmann d'aujourd'hui n'est pas le Griezmann de 2016 qui aurait pu occuper ce rôle tandis que Joao Félix n'est pas nécessairement connu pour ses qualités de sprinteur. Suspendu lors de ce match aller, Yannick Carrasco sera de retour ce mercredi face à Manchester City. Alors qu'on imagine mal Diego Simeone partir pied au plancher, la fleur au fusil face à une équipe qui se montre clinique quand on la laisse jouer en transition, le Belge pourrait être la clé dans cette partie. Le scénario du match sera sans doute relativement similaire à ce qu'on a connu la semaine dernière. Une équipe espagnole regroupée, qui essaiera de s'engouffrer dans les espaces que laisseront les Citizens. Les Anglais tenteront, eux, de marquer le plus rapidement possible pour se mettre à l'abri et éviter de reproduire certains échecs vécus il y a quelques saisons. Dans ces circonstances, l'ailier pourrait faire la différence avec ses facultés de projection vers l'avant et ses qualités techniques. Le Belge peut occuper un rôle d'attaquant dans le 5-3-2 ou sur le côté si l'Argentin persiste dans son idée de 5-4-1, système utilisé en deuxième période à l'Etihad Stadium. Dans ce cas, on pourrait imaginer un Griezmann dans une position de faux numéro neuf pour lancer Carrasco. Le Diable Rouge peut aussi bien faire la différence avec une longue course en profondeur sans ballon dans le dos de la défense qu'en faisant avancer l'équipe balle au pied grâce à ses facilités de dribble. Une aubaine pour un entraineur qui raffole des projections rapides vers l'avant. Seule ombre au tableau, le manque de statistiques de Carrasco qui compte une feuille blanche en LDC et trois buts et cinq assists en Liga depuis le début de la saison. C'est la moitié de ce qu'il a réalisé la saison passée (six buts et dix passes décisives en Liga, un goal et un assist en Champions League). Le Diable n'a plus été décisif depuis le 6 février et son but face au FC Barcelone. Souvent présent lors des grands moments, le réveil de Carrasco coïncidera-t-il avec celui de l'Atletico ce mercredi ?