La saison dernière, la Juventus comptait seize points de plus que les Rossoneri au moment de se frotter à l'AC Milan. Ce soir, elle en accuse déjà dix de retard sur l'inattendu leader du Calcio. Une situation rare pour la Vieille dame, même si le champion en titre aura l'occasion de se refaire un peu en rejouant contre le Napoli (souvenez-vous de cette rencontre à laquelle les Napolitains ne s'étaient jamais présentés en raison d'une interdiction de voyager à cause du coronavirus).
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La saison dernière, la Juventus comptait seize points de plus que les Rossoneri au moment de se frotter à l'AC Milan. Ce soir, elle en accuse déjà dix de retard sur l'inattendu leader du Calcio. Une situation rare pour la Vieille dame, même si le champion en titre aura l'occasion de se refaire un peu en rejouant contre le Napoli (souvenez-vous de cette rencontre à laquelle les Napolitains ne s'étaient jamais présentés en raison d'une interdiction de voyager à cause du coronavirus).Côté sous, l'AC Milan, qui doit encore surveiller son budget, est loin de rivaliser avec les Bianconeri, dont la masse salariale totale équivaut à 236 millions d'euros, tandis que les nonante millions de Milan ne représentent que trois fois le salaire annuel de Cristiano Ronaldo. Les deux clubs ont un point commun: tous deux gravitent autour d'un astre solaire, d'une figure charismatique. La Juve a CR7, Milan a Zlatan Ibrahimovic, qui ne sera pas dispo pour le choc (blessé).La dernière fois que Milan a raflé le Scudetto, c'était en 2010-11. Il y a dix ans. Depuis lors, la Juventus s'est systématiquement emparée des lauriers. Mais cette saison est plus terne que les précédentes. Depuis la reprise de la Serie A, en juin, la Juventus a remporté treize matches, en comptant la fin de la saison dernière et celle-ci. Elle a concédé huit matches nuls et s'est inclinée cinq fois. Depuis la reprise, Milan est devenu presque invincible, avec vingt victoires et sept nuls. Les Lombards n'ont toujours pas perdu en championnat !La renaissance de Milan correspond l'arrivée de Zlatan, qui a apporté une dimension supplémentaire aux Rossoneri à partir de janvier 2020. Cependant, Milan est beaucoup moins dépendant du Suédois en termes de résultats et de buts que la Juventus ne l'est de Cristiano Ronaldo. Le Portugais tire véritablement son équipe quand elle se met à piétiner. Cette saison, le quintuple Ballon d'Or a un pied dans 48% des buts de la Juventus. Aucun autre club italien ne dépend autant d'un seul joueur. 39% des pions marqués par l'Inter portent la griffe de Romelu Lukaku. À l'AC Milan, seuls 29% des buts impliquent Ibra. Bref, si Cristiano Ronaldo ne marque pas, la Juventus a un vrai problème, avec déjà trois nuls et une défaite cette saison, toutes compétitions confondues, sans son numéro 7. Le tout alors que Milan a pris 23 points sur 27 lors des neuf matches de championnat sans Zlatan, et n'a pas vu sa moyenne de buts baisser en son absence.Cela signifie aussi qu'Andrea Pirlo n'a pas tout à fait trouvé le bon rythme sur le banc piémontais. Lui aussi, qui vit sa première expérience de coach principal, est toujours à la recherche de la bonne formule. Son collègue d'en face a quant à lui beaucoup plus d'expérience dans ce domaine: Stefano Pioli en est déjà à dix-huitième saison en tant qu'entraîneur.Bref, Milan est dans un excellent flow, avec seulement une défaite toutes compétitions confondues (0-3 à Lille en Europa League, le 5 novembre 2020) depuis la reprise des hostilités en juin. Le club bouillonne d'enthousiasme, avec un noyau assez jeune. La moyenne d'âge est de 24 ans et 193 jours, ce qui fait de l'AC Milan l'équipe la plus jeune des quatre meilleures compétitions européennes.Avec une moyenne de 27 ans et 340 jours, la Juventus a certes plus d'expérience, mais aussi moins faim, surtout après tant de titres consécutifs (neuf !). D'autant plus que le principal objectif du club cette année semble être celui pour lequel Cristiano Ronaldo a été recruté: le président Agnelli est plus que jamais déterminé à remporter la Ligue des champions, en plus d'un dixième sacre consécutif. Pendant ce temps, Milan fait le max pour conserver son avance. Un revers ne serait pas catastrophique, tout resterait possible, même s'il reste encore beaucoup de travail à abattre afin d'atteindre le Graal, comme l'a déclaré le directeur général Ivan Gazidis dans un long entretien accordé à la Gazzetta dello Sport la semaine dernière. Une interview dans laquelle il a également expliqué être particulièrement impressionné par le travail de Pioli, "un homme qui fait que tout semble facile, même quand ce n'est pas le cas", a-t-il expliqué. Et si, une décennie après son ultime titre et des années de galère indignes de son blason, le Milan redevenait un grand d'Italie?