L'ancien grand footballeur Andrea Pirlo, interrogé sur ce qui l'avait le plus surpris cette saison en Italie, a répondu: "L'AS Roma". Il attendait plus des Romains, demi-finalistes de la Ligue des Champions l'année passée. "Mais on ne peut pas à la fois vendre ses plus grands talents et obtenir des résultats." Pour la première fois depuis 2014, la Roma risque de ne pas figurer parmi les trois premiers. C'est la crise.

Il y a trois semaines, son élimination en huitièmes de finale de LC a coûté leur poste à l'entraîneur Francesco Di Eusebio et au directeur sportif Monchi. Claudio Ranieri, âgé de 67 ans mais Romain de souche, assure l'interim au club qui l'a formé et lui a permis d'effectuer ses débuts en Serie A - il a disputé quatre matches en 1973-1974. Il lui reste douze matches pour assurer la qualification du club pour la LC.

Le président américain de l'AS, James Palotta, a rappelé qu'à son arrivée en 2011, le club était lourdement endetté et que sa santé financière restait inquiétante. Depuis des années, la masse salariale, 158 millions, soit la deuxième de Serie A après la Juventus, est quasi équivalente à son budget. C'est pour cela que le club a dû vendre ses meilleurs footballeurs ces dernières saisons.

"Vous croyez peut-être que vendre Mo Salah à Liverpool m'a fait plaisir?", a déclaré Monchi peu après son limogeage. La saison passée, Rome a aussi vendu Alisson Becker (62 millions), Kevin Strootman (24) et Radja Nainggolan (38), ces deux derniers contre leur gré. L'été passé, Monchi a donc gagné 263 millions en transferts sortants mais en a dépensé 191 en entrants, comme l'avant tchèque Patrik Schick (40 millions), le défenseur français Steven Nzonzi (30) et l'international italien Bryan Cristante.

Ces manoeuvres ont permis de ramener la perte nette de 41 à 25 millions mais l'AS Rome présente toujours le deuxième plus mauvais bulletin financier de Serie A, après l'AC Milan.

Par Geert Foutré