Il s'agira de faire oublier la prestation bâclée du week-end contre Malines, mais surtout de montrer que l'équipe a sa place sur la carte européenne du foot. Bruges a sorti un match sérieux contre une Lazio déforcée. Maintenant, un Dortmund au complet est une autre paire de manches. Les Allemands jouent vite et c'est justement l'aspect qui pose de gros problèmes aux clubs belges, même si Bruges a déjà progressé sur ce plan avec Philippe Clement.
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Il s'agira de faire oublier la prestation bâclée du week-end contre Malines, mais surtout de montrer que l'équipe a sa place sur la carte européenne du foot. Bruges a sorti un match sérieux contre une Lazio déforcée. Maintenant, un Dortmund au complet est une autre paire de manches. Les Allemands jouent vite et c'est justement l'aspect qui pose de gros problèmes aux clubs belges, même si Bruges a déjà progressé sur ce plan avec Philippe Clement. Le Borussia Dortmund respire purement et simplement le football. C'est une machine offensive, affinée autrefois par Jürgen Klopp. Ses joueurs pressent, courent, et font tout ça très vite. L'entraîneur actuel, Lucien Favre, privilégie les mêmes grands principes. Il veut développer un jeu attrayant, fait de combinaisons, et a formé une équipe jeune, fraîche, qui déborde d'énergie. Une équipe capable de se reconvertir à une vitesse grand V. Les valeurs de la région sont aussi enracinées dans cette formation: la puissance et l'endurance avant la finesse et la frivolité. La puissance et l'endurance s'inscrivent aussi dans l'ADN du Club. La saison passée, il a traversé le championnat tel un TGV pendant que l'organisation en dehors du terrain était encore perfectionnée. Et tout cela sans perdre son âme. C'est une autre caractéristique historique de ce matricule: une solidarité unique. Cet esprit de camaraderie se retrouvait aussi sur le terrain et se révélait souvent déterminant. Celui qui ne marchait pas dans les clous était remis à sa place. Bruges a toujours eu des leaders capables d'imprimer ces corrections. Aujourd'hui, les fortes personnalités sont toujours là, mais leur impact est moins spectaculaire. C'est peut-être dû au fait que, plus que jamais, les joueurs de foot ne sont que des passants, qu'ils voient leur employeur d'abord comme une vitrine qui doit leur permettre d'aller plus haut. On a été étonné en écoutant l'analyse de Philippe Clement après le nul contre Malines. Parce qu'il a toujours protégé ses joueurs. Mais finalement, il n'y a rien de bien nouveau. Clement a mis en cause la mentalité de ses hommes. Michel Preud'homme l'avait aussi fait plus d'une fois pendant ses quatre années à Bruges. On l'avait entendu fustiger le manque d'application de certains, et un jour, il a carrément affirmé que des joueurs se comportaient comme des moutons. Le but était de les réveiller, de les garder au top de leur concentration. Étonnant de devoir parler comme ça à Bruges, justement connu pour l'engagement légendaire de ses hommes. Ivan Leko a aussi tenu un discours semblable à certains moments. Bizarre que ces entraîneurs aient dû autant taper sur ce clou. Philippe Clement a réussi à éliminer une bonne partie de cette nonchalance, mais les vieux démons sont réapparus pendant le match contre Malines. Même si tous les commentaires sur son niveau sont enthousiastes, le Club ne peut pas se permettre de se surestimer. Il a perdu pas mal de points depuis l'ouverture du championnat en oubliant d'être suffisamment adulte. L'occasion est belle, face à Dortmund, de corriger tout cela. Ensuite, dimanche, il y aura le match à Ostende, où l'entraîneur allemand Alexander Blessin a, de façon surprenante, réussi à mettre l'équipe sur les rails en imposant ses vues. Il fait à Ostende ce que Clement avait fait dès son arrivée à Bruges: il applique ses idées, et ça marche. Même les dirigeants du Club avaient été surpris de voir à quelle vitesse ses conceptions avaient été comprises et mises en oeuvre. Ça prouve ses compétences. Il reste à confirmer tout cela sur la pelouse contre les Allemands pour continuer à rêver d'un parcours européen prolongé.