La Premier League va peut-être vivre une grande première ce mardi soir. Si Brentford prend la mesure de Fulham (ils les ont déjà battus à deux reprises cette saison en Championship : 1-0 et 0-2), il deviendra le cinquantième club différent à se produire en Premier League depuis la création de celle-ci en 1992.

Au cas où vous vous demanderiez où joue cette équipe : elle est londonienne, bien que nettement moins connue que Chelsea ou... le voisin de Fulham. Ainsi, cette finale n'est pas seulement un derby londonien, mais aussi un duel entre voisins.

Si Brentford l'emporte, il deviendra la dixième club londonien différent à accéder à la Premier League. À Fulham, les noms les plus familiers aux oreilles des amateurs de foot belge sont Dennis Odoi, Aleksandar Mitrovic (ex-Anderlecht) ou Neeskens Kebano (ex-Charleroi et Genk). Mais Brentford n'est pas en reste avec Henrik Dalsgaard (ex-Zulte Waregem) et Nikolaos Karelis (ex-Genk). Le premier est une valeur sûre, tandis le second était remplaçant lorsqu'il s'est occasionné une blessure au ligaments croisés qui le tient toujours éloigné des terrains.

Pour Brentford, cette promotion serait idéale en terme de timing. En effet, en se hissant en finale en prenant la mesure de Blackburn Rovers, les Abeilles ont aussi pris congé de Griffin Park, le stade qu'elles occupaient depuis 116 ans. Depuis deux ans, des travaux sont en cours de l'autre côté de la M4 et le nouveau stade sera utilisable dès la saison prochaine. Avec un nouveau nom : Brentford Community Stadium.

La connexion scandinave

À Gand, Jess Thorup sera sans aucun doute un peu plus nerveux que d'habitude devant sa télé. Et espérera la promotion de Brentford. Car ce serait, à un autre niveau, une sort de répétition du conte de fées qu'il a vécu en devenant champion du Danemark avec le FC Midtjylland. Le propriétaire du club danois est également celui de Brentford. On retrouve un Danois, Thomas Frank, à la tête de l'équipe et en coulisses, c'est encore un compatriote, Rasmus Ankersen, qui trace la ligne de conduite sportive des deux clubs.

En 2017, Ankersen exposait sa vision dans une interview accordée au Bleacher Report. Après avoir examiné la situation du club à la demande du propriétaire, il est arrivé à la conclusion qu'il était difficile de compter sur les talents du cru. Ceux qui semblaient prometteurs étaient systématiquement recrutés pour rien ou pas grand chose par de plus grands clubs. Ian Poveda avait rejoint Manchester City et Josh Bohui s'était engagé à Manchester United. Les deux étaient internationaux chez les jeunes, mais le club n'avait touché qu'une indemnité de formation minimale pour compenser leur départ.

Ankersen a supprimé l'académie qui coûtait 2,2 millions d'euros par an. Elle a été remplacée par une équipe espoir et noyau A étroitement imbriqués. Ils comprennent de jeunes talents anglais qui, pour une raison ou une autre, n'ont pas été conservés dans un centre de formation de Premier League, ainsi que des étrangers, débarqués en Angleterre avec l'ambition de se faire une place en Premier League ou en Championship. Des étrangers souvent venus de Scandinavie. Grâce aux connexions danoises, mais également pour leur facilité à s'intégrer et leur éthique de travail.

Travail et datamanagement

Saïd Benrahma, à gauche, l'un des grands artisans de la saison aboutie de Brentford., belga
Saïd Benrahma, à gauche, l'un des grands artisans de la saison aboutie de Brentford. © belga

Un autre pilier du succès du club est le datamangement. Quand on ne dispose pas de moyens illimités, il faut être capable de trouver des talents bon marché. Ça reste tout de même relatif : Brentford a payé plus d'un million d'euros pour Dalsgaard en 2017, et a dépensé pas mal sur le marché des transferts l'été dernier, après avoir encaissé de belles sommes pour Neil Maupay (Brighton, 22 millions d'euros) et Ezri Konsa (Aston Villa, 13,3 millions d'euros).

Mais globalement, contrairement aux autres équipes, Brentford s'intéresse moins aux noms établis et recherche plutôt des profils d'underperformers. Dans un secteur trop souvent habitué à surpayer des vedettes, les Londoniens font figure d'alternative plus saine.

Offensivement, l'équipe se montre performante : l'attaquant central Ollie Watkins a déjà scoré 25 fois, le flanc gauche Said Benrahma a claqué 17 pions et son pendant côté droit, Bryan Mbeuno, en est à quinze. Avec 80 réalisations, The Bees emmènent même le classement du nombre de buts inscrits en Championship. De quoi terminer la saison à une belle troisième place, avec autant de points que Fulham, son rival du jour.

Un troisième pilier du succès : Ankersen exige des joueurs une grosse charge de travail. Tant au niveau des points forts que des points faibles. "Le jour où les footballeurs professionnels travailleront aussi de huit à cinq n'est pas loin", déclarait-il en 2017. Cela semble encore étrange en Angleterre où, en raison du rythme et de la fréquence des matches, les sessions courtes et intenses sont généralement privilégiées. Brentford a profité au maximum du break imposé par le coronavirus. Quand la compétition a été arrêtée en mars, ils n'étaient encore que cinquièmes, mais après la reprise, l'équipe a enchaîné sept victoires consécutives. Il s'en est même fallu de peu pour que les Londoniens ne recollent au train de West Bromwich Albion, qui a finalement réussi à assurer sa deuxième place avec deux points d'avance. Les rejoindront-ils en Premier League ce soir au coup de sifflet final ?

La Premier League va peut-être vivre une grande première ce mardi soir. Si Brentford prend la mesure de Fulham (ils les ont déjà battus à deux reprises cette saison en Championship : 1-0 et 0-2), il deviendra le cinquantième club différent à se produire en Premier League depuis la création de celle-ci en 1992.Au cas où vous vous demanderiez où joue cette équipe : elle est londonienne, bien que nettement moins connue que Chelsea ou... le voisin de Fulham. Ainsi, cette finale n'est pas seulement un derby londonien, mais aussi un duel entre voisins.Si Brentford l'emporte, il deviendra la dixième club londonien différent à accéder à la Premier League. À Fulham, les noms les plus familiers aux oreilles des amateurs de foot belge sont Dennis Odoi, Aleksandar Mitrovic (ex-Anderlecht) ou Neeskens Kebano (ex-Charleroi et Genk). Mais Brentford n'est pas en reste avec Henrik Dalsgaard (ex-Zulte Waregem) et Nikolaos Karelis (ex-Genk). Le premier est une valeur sûre, tandis le second était remplaçant lorsqu'il s'est occasionné une blessure au ligaments croisés qui le tient toujours éloigné des terrains. Pour Brentford, cette promotion serait idéale en terme de timing. En effet, en se hissant en finale en prenant la mesure de Blackburn Rovers, les Abeilles ont aussi pris congé de Griffin Park, le stade qu'elles occupaient depuis 116 ans. Depuis deux ans, des travaux sont en cours de l'autre côté de la M4 et le nouveau stade sera utilisable dès la saison prochaine. Avec un nouveau nom : Brentford Community Stadium.À Gand, Jess Thorup sera sans aucun doute un peu plus nerveux que d'habitude devant sa télé. Et espérera la promotion de Brentford. Car ce serait, à un autre niveau, une sort de répétition du conte de fées qu'il a vécu en devenant champion du Danemark avec le FC Midtjylland. Le propriétaire du club danois est également celui de Brentford. On retrouve un Danois, Thomas Frank, à la tête de l'équipe et en coulisses, c'est encore un compatriote, Rasmus Ankersen, qui trace la ligne de conduite sportive des deux clubs.En 2017, Ankersen exposait sa vision dans une interview accordée au Bleacher Report. Après avoir examiné la situation du club à la demande du propriétaire, il est arrivé à la conclusion qu'il était difficile de compter sur les talents du cru. Ceux qui semblaient prometteurs étaient systématiquement recrutés pour rien ou pas grand chose par de plus grands clubs. Ian Poveda avait rejoint Manchester City et Josh Bohui s'était engagé à Manchester United. Les deux étaient internationaux chez les jeunes, mais le club n'avait touché qu'une indemnité de formation minimale pour compenser leur départ. Ankersen a supprimé l'académie qui coûtait 2,2 millions d'euros par an. Elle a été remplacée par une équipe espoir et noyau A étroitement imbriqués. Ils comprennent de jeunes talents anglais qui, pour une raison ou une autre, n'ont pas été conservés dans un centre de formation de Premier League, ainsi que des étrangers, débarqués en Angleterre avec l'ambition de se faire une place en Premier League ou en Championship. Des étrangers souvent venus de Scandinavie. Grâce aux connexions danoises, mais également pour leur facilité à s'intégrer et leur éthique de travail.Un autre pilier du succès du club est le datamangement. Quand on ne dispose pas de moyens illimités, il faut être capable de trouver des talents bon marché. Ça reste tout de même relatif : Brentford a payé plus d'un million d'euros pour Dalsgaard en 2017, et a dépensé pas mal sur le marché des transferts l'été dernier, après avoir encaissé de belles sommes pour Neil Maupay (Brighton, 22 millions d'euros) et Ezri Konsa (Aston Villa, 13,3 millions d'euros).Mais globalement, contrairement aux autres équipes, Brentford s'intéresse moins aux noms établis et recherche plutôt des profils d'underperformers. Dans un secteur trop souvent habitué à surpayer des vedettes, les Londoniens font figure d'alternative plus saine. Offensivement, l'équipe se montre performante : l'attaquant central Ollie Watkins a déjà scoré 25 fois, le flanc gauche Said Benrahma a claqué 17 pions et son pendant côté droit, Bryan Mbeuno, en est à quinze. Avec 80 réalisations, The Bees emmènent même le classement du nombre de buts inscrits en Championship. De quoi terminer la saison à une belle troisième place, avec autant de points que Fulham, son rival du jour. Un troisième pilier du succès : Ankersen exige des joueurs une grosse charge de travail. Tant au niveau des points forts que des points faibles. "Le jour où les footballeurs professionnels travailleront aussi de huit à cinq n'est pas loin", déclarait-il en 2017. Cela semble encore étrange en Angleterre où, en raison du rythme et de la fréquence des matches, les sessions courtes et intenses sont généralement privilégiées. Brentford a profité au maximum du break imposé par le coronavirus. Quand la compétition a été arrêtée en mars, ils n'étaient encore que cinquièmes, mais après la reprise, l'équipe a enchaîné sept victoires consécutives. Il s'en est même fallu de peu pour que les Londoniens ne recollent au train de West Bromwich Albion, qui a finalement réussi à assurer sa deuxième place avec deux points d'avance. Les rejoindront-ils en Premier League ce soir au coup de sifflet final ?