Ce soir, Anderlecht reçoit Vitesse Arnhem dans le cadre des barrages permettant d'accéder à la Conference League, la petite nouvelle parmi les compétitions européennes. Le club bruxellois a tissé des liens par le passé avec le club néerlandais, notamment en attirant certains entraîneurs.
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Ce soir, Anderlecht reçoit Vitesse Arnhem dans le cadre des barrages permettant d'accéder à la Conference League, la petite nouvelle parmi les compétitions européennes. Le club bruxellois a tissé des liens par le passé avec le club néerlandais, notamment en attirant certains entraîneurs. Le premier, Herbert Neumann, est alors un technicien allemand prometteur ayant pour mission de donner un style plus moderne aux Mauves après l'ère Johan Boskamp. Mais sa venue reste l'un des plus grands fiascos de l'histoire de Saint-Guidon puisqu'il est limogé après seulement quatre rencontres. Si la première se solde par le gain d'une Supercoupe contre le FC Bruges (2-1), les trois autres riment avec défaite. Deux en championnat et l'une lors des préliminaires de la Champions League où les mauves s'inclinent au Parc Astrid 0-1 contre Ferencvaros. Un affront pour Constant Van den Stock qui rappelle alors Raymond Goethals et ses méthodes plus traditionnelles au chevet mauve pour remettre du calme dans une baraque ayant raté le virage d'une révolution footballistique.Le second coach passé par Anderlecht n'est autre que l'actuel technicien de Genk John Van den Brom. Joueur à Vitesse où il fut cinq fois meilleur buteur du club (mieux que Roy Makaay par exemple), il embrasse ensuite une carrière sur le banc et termine à une très belle quatrième place en championnat lors de la saison 2010-11grâce à des garçons comme Marco van Ginkel et surtout l'attaquant Wilfred Bony, auteur de 17 buts.Pour faire venir l'Ivoirien au GelreDome, Vitesse a cassé sa tirelire en offrant 4 millions d'euros au Sparta Prague. Une bonne pioche, rentable, puisqu'il sera revendu pour quatre fois plus à Swansea après avoir secoué les filets d'Eredivisie à 51 reprises en trois saisons dont 31 fois lors de la dernière.On est bien loin du bilan de celui qui reste à ce jour, le transfert entrant le plus cher de l'histoire du "FC Hollywood du Rhin". En juillet 2000, le club est toujours présidé par l'ambitieux et exhubérant Karel Aalbers qui avait sauvé le club de la banqueroute en 1984. L'homme d'affaires n'hésite pas à mettre la main au portefeuille pour faire passer le club d'Arnhem à la vitesse supérieure. Il a d'ailleurs fait bâtir un stade ultra-moderne de 30.000 places qui accueillera trois matches de l'Euro Belgo-Néerlandais en 2000 et toute une série de stars en concert comme Madonna, Bruce Springsteen ou les Roling Stones. Une folie pour un club qui venait d'une enceinte de 12000 places, agrandie à 18000 grâce à des tribunes provisoires. Trois années avant les graves problèmes financiers qui accableront Vitesse Arnhem lorsqu'on découvrira les manigances fiscales de Karel Aalbers, les Jaunes et Noirs cassent leur tirelire pour accéder à un podium au pied duquel ils ont échoué lors du dernier exercice. Sous la houlette de l'actuel coach du Barça Ronald Koeman, qui vient de ranger ses crampons, Vitesse dépense 13 millions d'euros lors du mercato estival. Une somme colossale pour l'époque et un club du subtop néerlandais. La moitié du montant a même été investie (on parle d'un montant entre 6,3 et 7,5 millions pour la transaction) pour un seul homme: Bob Peeters.Oui, Bob Peeters qui n'est pourtant alors que le deuxième joueur belge le plus cher de l'histoire derrière un Emile Mpenza parti à Schalke en échange d'un peu moins de 9 millions d'euros. Champion de Belgique avec le Lierse d' Eric Gerets en 1997, le mètre 96 de l'attaquant né à Lierre est à la mode chez les recruteurs désormais en quête de pivots ou de target men (si vous préférez la version anglaise) de grande taille aussi adroits pour faire trembler les filets que pour dévier des ballons vers des joueurs plus rapides et techniques (Koller-Radzinski c'était la même époque). Den Bob reste sur trois saisons intéressantes à Roda JC (qu'il a rejoint en 97 comme tout bon joueur de Pro League de l'époque désireux de gagner plus) où il marqué à 39 reprises en une nonantaine de rencontres. Un joueur collectif, adroit de ses pieds et capable de marquer assez souvent: il sera donc un point d'appui intéressant pour Vitesse qui possède dans son noyau des attaquants rapides comme Victor Sikora, Mamadou Zongo, Matthew Amoah et le Français Didier Martel venu le même été du FC Utrecht pour trois millions d'euros.Mais contrairement à Wilfried Bony dix ans plus tard, Bob Peeters n'offrira pas un bon retour sur investissement à son club. Après une saison 2002-2003 qui verra le club ne terminer qu'à la 14e place en championnat, Vitesse Arnhem , empêtré dans les problèmes d'argent est contraint d'assainir ses finances et se débarrasse de son onéreux target man qui poursuivra sa carrière, en échange de 3,5 millions d'euros, du côté de Millwall dans l'antichambre de l'élite anglaise. Le tout pour un bien maigre bilan comptable puisqu'en trois saisons au GelreDome, celui qui sera Diable rouge à 13 reprises ne disputera que 77 rencontres pour... 17 petits buts qui ne permettront pas aux Jaune et Noir d'atteindre le podium néerlandais.Mais parmi ses réalisations, on en retiendra quand même une contre l'Inter Milan le 9 novembre 2000. Alors que dans le même temps, la Belgique du foot se passionne pour le début de l'épopée anderlechtoise en Champions League avec des victoires restées dans les mémoires contre Manchester United et la Lazio, Bob Peeters est aligné à la pointe de l'attaque d'une équipe de Vitesse, engagée au second tour de la Coupe UEFA. A l'aller, les Néerlandais ont obtenu un très beau match nul (0-0) au stade Guiseppe Meazza. Face à Nerazzurri alignant dans leurs rangs des Laurent Blanc, Ivan Cordoba, Luigi Di Biagio, Vladimir Jugovic, Hakan Sükür et Ivan Zamorano, ce sont les hommes de Ronald Koeman qui prennent l'avance au quart d'heure grâce à leur buteur belge qui trompe Sebastian Frey d'une jolie frappe en demi-volée. Malheureusement pour les Néerlandais, Dario Simic égalisera à dix minutes du terme, permettant au cynisme italien de passer au tour suivant. A ce moment, nul n'imaginait que Bob Peeters allait symboliser un flop financier et sportif, ni même qu'il allait rester 21 ans plus tard le transfert entrant le plus cher de l'histoire de Vitesse Arnhem.