Jusqu'à présent, les clubs de Premier League ont dépensé 750 millions d'euros en joueurs, sans compter la somme que Manchester City va peut-être débourser pour Kevin De Bruyne (environ 70 millions). La période des transferts s'étend encore sur deux semaines et tout porte à penser qu'on va franchir le cap du milliard. L'année dernière, lors du dernier jour des transferts, ces clubs avaient dépensé 320 millions. Cette journée ressemblait un peu à un marché annuel, où on vend les surplus. Cette saison, les grands clubs ne sont pas les seuls à passer à l'action.

Dans ce contexte, il était un peu étrange d'entendre José Mourinho, l'entraîneur de Chelsea, déclarer que les clubs, désormais, ne cherchaient plus le succès qu'avec de l'argent alors qu'en 2003, suite à l'arrivée de Roman Abramovitch, le club londonien a donné le signal de cette rage d'achats. David Dein, le patron d'Arsenal, avait parlé d'un panzer russe parqué sur le gazon britannique et mitraillant tout le monde à coup de billets de 50 livres. Désormais, tout le pays dispose de canons à billets.

Le marché anglais a ses propres lois. On paie facilement 20 à 25 millions d'euros pour un joueur de D2 et il suffit de montrer un éventail de son talent pour se retrouver sur la liste des clubs anglais. Ainsi, le médian brésilien Roberto Firmino a-t-il signé une brillante saison à Hoffenheim, un club moyen de Bundesliga, et a été acheté pour 41,5 millions par Liverpool. Hoffenheim a été stupéfait que le club anglais accepte si vite son prix car Firmino, tout international qu'il soit devenu, est connu pour son irrégularité et son manque récurrent de concentration.

Dès qu'un club anglais se manifeste, on demande des sommes folles, comme si tout le monde voulait profiter de la manne des droits TV Outre-manche. Ils vont encore augmenter la saison prochaine: le contrat TV de trois ans va générer 6,9 milliards d'euros. Les vingt clubs de Premier League figureront dans le top 30 européen des plus gros budgets.

Ces possibilités infinies constituent plutôt une menace pour la stabilité et la continuité. Il s'agit moins de concevoir une certaine philosophie de jeu et d'enrôler des joueurs qui s'y adaptent que d'acheter des tas de footballeurs puis de voir quelle plus-value ils peuvent apporter. Sans plus s'occuper de la percée des jeunes du cru ni des fondations.

Reste à voir si cet afflux va améliorer la compétition. Manchester United reste sur une saison très décevante alors qu'il avait injecté 200 millions d'euros en joueurs et engagé Louis van Gaal. Les clubs continentaux bien gérés peuvent mettre à profit les indemnités de transfert made in England pour hausser leur niveau par des achats bien réfléchis.

Anderlecht retombe constamment dans les mêmes travers

Anderlecht aussi a profité de la puissance financière des clubs anglais. Le transfert d'Aleksandar Mitrovic et de Chancel Mbemba lui a rapporté 26 millions. Pourtant, les Mauves ne disposent pas d'une équipe percutante. Leur première mi-temps, dimanche, à Ostende a été lamentable. Comme Silvio Proto l'a souligné ensuite, plusieurs joueurs n'ont pas exécuté leurs tâches. C'est un mal récurrent chez les Mauves. Quel que soit leur entraîneur, de quelque façon que soit composé le noyau, quels que soient les joueurs alignés. C'est ancré dans la culture du club. Il serait vain de croire que l'arrivée de Mbark Boussoufa changerait les choses. Celui qui pense que le problème d'Anderlecht se situe dans l'absence de leadership perd de vue la réalité. Ce qui fait parfois défaut, c'est le sérieux professionnel.

C'est bien différent à Ostende. Non seulement l'équipe côtière est en tête mais c'est elle qui développe le meilleur football, en alliant vitesse à la transition, technique, créativité, engagement et caractère. Avec un entraîneur, Yves Vanderhaeghe, qui garde la tête froide. Ce n'est pas une tâche facile dans un club qui, dimanche encore, s'est lâché.

Jusqu'à présent, les clubs de Premier League ont dépensé 750 millions d'euros en joueurs, sans compter la somme que Manchester City va peut-être débourser pour Kevin De Bruyne (environ 70 millions). La période des transferts s'étend encore sur deux semaines et tout porte à penser qu'on va franchir le cap du milliard. L'année dernière, lors du dernier jour des transferts, ces clubs avaient dépensé 320 millions. Cette journée ressemblait un peu à un marché annuel, où on vend les surplus. Cette saison, les grands clubs ne sont pas les seuls à passer à l'action.Dans ce contexte, il était un peu étrange d'entendre José Mourinho, l'entraîneur de Chelsea, déclarer que les clubs, désormais, ne cherchaient plus le succès qu'avec de l'argent alors qu'en 2003, suite à l'arrivée de Roman Abramovitch, le club londonien a donné le signal de cette rage d'achats. David Dein, le patron d'Arsenal, avait parlé d'un panzer russe parqué sur le gazon britannique et mitraillant tout le monde à coup de billets de 50 livres. Désormais, tout le pays dispose de canons à billets.Le marché anglais a ses propres lois. On paie facilement 20 à 25 millions d'euros pour un joueur de D2 et il suffit de montrer un éventail de son talent pour se retrouver sur la liste des clubs anglais. Ainsi, le médian brésilien Roberto Firmino a-t-il signé une brillante saison à Hoffenheim, un club moyen de Bundesliga, et a été acheté pour 41,5 millions par Liverpool. Hoffenheim a été stupéfait que le club anglais accepte si vite son prix car Firmino, tout international qu'il soit devenu, est connu pour son irrégularité et son manque récurrent de concentration.Dès qu'un club anglais se manifeste, on demande des sommes folles, comme si tout le monde voulait profiter de la manne des droits TV Outre-manche. Ils vont encore augmenter la saison prochaine: le contrat TV de trois ans va générer 6,9 milliards d'euros. Les vingt clubs de Premier League figureront dans le top 30 européen des plus gros budgets.Ces possibilités infinies constituent plutôt une menace pour la stabilité et la continuité. Il s'agit moins de concevoir une certaine philosophie de jeu et d'enrôler des joueurs qui s'y adaptent que d'acheter des tas de footballeurs puis de voir quelle plus-value ils peuvent apporter. Sans plus s'occuper de la percée des jeunes du cru ni des fondations.Reste à voir si cet afflux va améliorer la compétition. Manchester United reste sur une saison très décevante alors qu'il avait injecté 200 millions d'euros en joueurs et engagé Louis van Gaal. Les clubs continentaux bien gérés peuvent mettre à profit les indemnités de transfert made in England pour hausser leur niveau par des achats bien réfléchis.Anderlecht aussi a profité de la puissance financière des clubs anglais. Le transfert d'Aleksandar Mitrovic et de Chancel Mbemba lui a rapporté 26 millions. Pourtant, les Mauves ne disposent pas d'une équipe percutante. Leur première mi-temps, dimanche, à Ostende a été lamentable. Comme Silvio Proto l'a souligné ensuite, plusieurs joueurs n'ont pas exécuté leurs tâches. C'est un mal récurrent chez les Mauves. Quel que soit leur entraîneur, de quelque façon que soit composé le noyau, quels que soient les joueurs alignés. C'est ancré dans la culture du club. Il serait vain de croire que l'arrivée de Mbark Boussoufa changerait les choses. Celui qui pense que le problème d'Anderlecht se situe dans l'absence de leadership perd de vue la réalité. Ce qui fait parfois défaut, c'est le sérieux professionnel.C'est bien différent à Ostende. Non seulement l'équipe côtière est en tête mais c'est elle qui développe le meilleur football, en alliant vitesse à la transition, technique, créativité, engagement et caractère. Avec un entraîneur, Yves Vanderhaeghe, qui garde la tête froide. Ce n'est pas une tâche facile dans un club qui, dimanche encore, s'est lâché.