La star de la génération dorée serbe est bien connue en Belgique : le médian Sergej Milinkovic-Savic (né en 1995), a porté le maillot de Genk en 2014-2015 avant d'être transféré à la Lazio pour une dizaine de millions d'euros. L'an dernier, il a effectué ses débuts en équipe nationale A et les médias affirment que de grands clubs comme le Real Madrid songent à s'attacher ses services. Sa valeur marchande est évaluée à 150 millions d'euros.

Il n'est cependant pas le seul joueur de l'équipe sacrée championne du monde U20 face au Brésil il y a trois ans en Nouvelle-Zélande à être du voyage en Russie puisque quatre autres éléments l'accompagnent :

-le gardien Predrag Rajkovic (1995, Maccabi Tel Aviv) était capitaine en Nouvelle-Zélande et a été élu meilleur joueur du tournoi ;

-le défenseur central Milos Veljkovic (1995, Werder Brême) ;

-l'extérieur droit Andrija Zivkovic (1996, Benfica) ;

-le médian Marko Grujic (1996, Liverpool mais prêté à Cardiff City).

D'autres joueurs de la même génération, voire plus jeune, n'étaient pas en Nouvelle-Zélande mais sont bel et bien présents en Russie :

-l'extérieur gauche Nemanja Radonjic (1996, Étoile Rouge Belgrade) ;

-le défenseur central Nikola Milenkovic (1997, Fiorentina) ;

-le centre-avant Luka Jovic (1997, Eintracht Francfort).

Sans oublier Aleksandar Mitrovic (1994), qui est encore très jeune. Le centre-avant serbe formé au Partizan est arrivé à Anderlecht en 2013 et a été vendu à Newcastle en 2015. Il a terminé la saison, en prêt, à Fulham.

Beaucoup de talent

Selon Ivica Jarakovic (ex-Anderlecht, Courtrai, RWDM et Gand) scout dans les Balkans pour le compte de Courtrai, il n'y a pas d'explication à cette arrivée soudaine de jeunes talents. Cette génération dorée lui fait penser à celle qui, en 1987, a remporté le Mondial U21 au Chili avec la Yougoslavie. Trois ans plus tard, lors de la Coupe du monde 1990 en Italie, elle s'est hissée en quarts de finale, où elle n'a été battue qu'aux tirs au but par l'Argentine.

" Il ne faut pas sous-estimer l'apport du coach des U20 champions du monde en 2015 : Veljko Paunovic, aujourd'hui à la tête des Chicago Fire, utilise les joueurs à leur meilleure place et n'a pas son pareil pour motiver ses troupes. Et puis, la Serbie est un petit pays mais lors des grands rendez-vous, elle parvient toujours à se surpasser. Il y a toujours eu du talent en ex-Yougoslavie. En Serbie, le Partizan Belgrade et Vojvodina sont réputés pour former et donner une chance aux jeunes. Il y a de bons joueurs dans chaque génération. La différence, c'est que cette fois, c'est toute l'équipe qui est bonne. "

Des jeunes faits pour le sport

" Vous avez les frites et le chocolat, nous avons les sportifs ", rigole Goran Lovre, un Serbe qui a joué à Anderlecht et recrute désormais des joueurs pour le compte de son ancien club dans les Balkans. " Nous sommes faits pour le sport. Dès notre plus jeune âge, nos parents nous poussent à faire du sport et ils nous laissent jouer en rue. Nous faisons également beaucoup de sport à l'école.

Notre plus gros problème, c'est la qualité des infrastructures. L'état n'investit pas beaucoup. Il est propriétaire de l'Étoile Rouge et du Partizan alors, une bonne partie des sommes de transfert se retrouve dans les poches des politiciens. Tout le monde le sait, les médias le disent mais personne ne trouve le courage de faire quelque chose. Malgré cela, il y a toujours du talent. Au cours des quinze dernières années, la Serbie s'est pratiquement toujours classée parmi les meilleures nations des tournois de jeunes. Pourtant, peu de joueurs ont percé. La fédé fait peu d'efforts. Je suis content de voir que cinq joueurs champions du monde U20 sont sélectionnés mais j'en aurais encore pris davantage. "

Un Mondial qui arrive trop tôt ?

Pour Jarakovic, bien que cette génération dorée soit déjà largement représentée, ce tournoi arrive encore trop tôt. " Actuellement, ils sont encore barrés par des joueurs expérimentés comme Branislav Ivanovic (Zenit), Nemanja Matic (Man United), Aleksandar Kolarov (AS Rome) et Luka Milivojevic (Crystal Palace). En principe, seuls Mitrovic et Milinkovic-Savic seront titulaires.

J'espère que des joueurs comme Zivkovic et Grujic entreront régulièrement au jeu. Dans quatre ans, cette génération doit répondre présent. La maturité compte beaucoup dans un tel tournoi. Les Belges en savent quelque chose. J'attends d'ores et déjà beaucoup de Milinkovic-Savic. On fait beaucoup de bruit autour de lui mais je pense qu'il gardera les pieds sur terre.

Je me réjouis aussi de voir Adem Ljajic (26 ans), le médian offensif de Torino, qui est en forme. Et puis, il y a Mitrogol, bien sûr. Il est désormais marié et père de famille. À Fulham, il a trouvé en Slavisa Jokanovic un entraîneur qui croit en lui et qui lui donne la chaleur dont les joueurs des Balkans ont souvent besoin. Il reste sur une excellente fin de saison. Je pense que le nouveau sélectionneur, Mladen Krstajic, saura le mettre en confiance. "

Grands par la taille

" J'estime qu'il faut donner une chance à ces jeunes joueurs dès maintenant ", dit Lovre. " Ce sont des gars bourrés de talent et ils ont prouvé il y a trois ans qu'ils étaient forts collectivement et mentalement. De plus, ils ont réussi dans leurs clubs respectifs. Je pense que Nikola Milenkovic sera titulaire. En fait, il aurait dû jouer à Anderlecht mais le club a attendu et, finalement, il est parti à la Fiorentina pour cinq millions d'euros. Il a directement appris l'italien et il a encore évolué. Lors des matches de préparation à la Coupe du Monde, il a été un des meilleurs.

J'attends aussi beaucoup de Radonjic, un des joueurs les plus talentueux des vingt dernières années, un ailier fantastique. Mais c'est aussi un des plus fous et ça lui a valu quelques problèmes. Je pense cependant qu'il est sur le bon chemin. Jovic a livré une saison formidable à l'Eintracht Francfort. Si on leur donne une chance, on ne sait pas ce qui peut se passer. Mais ce qui est sûr, c'est qu'en taille, nous aurons la plus grande équipe ( il rit). "

Par Christian Vandenabeele

La star de la génération dorée serbe est bien connue en Belgique : le médian Sergej Milinkovic-Savic (né en 1995), a porté le maillot de Genk en 2014-2015 avant d'être transféré à la Lazio pour une dizaine de millions d'euros. L'an dernier, il a effectué ses débuts en équipe nationale A et les médias affirment que de grands clubs comme le Real Madrid songent à s'attacher ses services. Sa valeur marchande est évaluée à 150 millions d'euros. Il n'est cependant pas le seul joueur de l'équipe sacrée championne du monde U20 face au Brésil il y a trois ans en Nouvelle-Zélande à être du voyage en Russie puisque quatre autres éléments l'accompagnent : -le gardien Predrag Rajkovic (1995, Maccabi Tel Aviv) était capitaine en Nouvelle-Zélande et a été élu meilleur joueur du tournoi ; -le défenseur central Milos Veljkovic (1995, Werder Brême) ; -l'extérieur droit Andrija Zivkovic (1996, Benfica) ; -le médian Marko Grujic (1996, Liverpool mais prêté à Cardiff City). D'autres joueurs de la même génération, voire plus jeune, n'étaient pas en Nouvelle-Zélande mais sont bel et bien présents en Russie : -l'extérieur gauche Nemanja Radonjic (1996, Étoile Rouge Belgrade) ; -le défenseur central Nikola Milenkovic (1997, Fiorentina) ; -le centre-avant Luka Jovic (1997, Eintracht Francfort). Sans oublier Aleksandar Mitrovic (1994), qui est encore très jeune. Le centre-avant serbe formé au Partizan est arrivé à Anderlecht en 2013 et a été vendu à Newcastle en 2015. Il a terminé la saison, en prêt, à Fulham. Selon Ivica Jarakovic (ex-Anderlecht, Courtrai, RWDM et Gand) scout dans les Balkans pour le compte de Courtrai, il n'y a pas d'explication à cette arrivée soudaine de jeunes talents. Cette génération dorée lui fait penser à celle qui, en 1987, a remporté le Mondial U21 au Chili avec la Yougoslavie. Trois ans plus tard, lors de la Coupe du monde 1990 en Italie, elle s'est hissée en quarts de finale, où elle n'a été battue qu'aux tirs au but par l'Argentine. " Il ne faut pas sous-estimer l'apport du coach des U20 champions du monde en 2015 : Veljko Paunovic, aujourd'hui à la tête des Chicago Fire, utilise les joueurs à leur meilleure place et n'a pas son pareil pour motiver ses troupes. Et puis, la Serbie est un petit pays mais lors des grands rendez-vous, elle parvient toujours à se surpasser. Il y a toujours eu du talent en ex-Yougoslavie. En Serbie, le Partizan Belgrade et Vojvodina sont réputés pour former et donner une chance aux jeunes. Il y a de bons joueurs dans chaque génération. La différence, c'est que cette fois, c'est toute l'équipe qui est bonne. " " Vous avez les frites et le chocolat, nous avons les sportifs ", rigole Goran Lovre, un Serbe qui a joué à Anderlecht et recrute désormais des joueurs pour le compte de son ancien club dans les Balkans. " Nous sommes faits pour le sport. Dès notre plus jeune âge, nos parents nous poussent à faire du sport et ils nous laissent jouer en rue. Nous faisons également beaucoup de sport à l'école. Notre plus gros problème, c'est la qualité des infrastructures. L'état n'investit pas beaucoup. Il est propriétaire de l'Étoile Rouge et du Partizan alors, une bonne partie des sommes de transfert se retrouve dans les poches des politiciens. Tout le monde le sait, les médias le disent mais personne ne trouve le courage de faire quelque chose. Malgré cela, il y a toujours du talent. Au cours des quinze dernières années, la Serbie s'est pratiquement toujours classée parmi les meilleures nations des tournois de jeunes. Pourtant, peu de joueurs ont percé. La fédé fait peu d'efforts. Je suis content de voir que cinq joueurs champions du monde U20 sont sélectionnés mais j'en aurais encore pris davantage. " Pour Jarakovic, bien que cette génération dorée soit déjà largement représentée, ce tournoi arrive encore trop tôt. " Actuellement, ils sont encore barrés par des joueurs expérimentés comme Branislav Ivanovic (Zenit), Nemanja Matic (Man United), Aleksandar Kolarov (AS Rome) et Luka Milivojevic (Crystal Palace). En principe, seuls Mitrovic et Milinkovic-Savic seront titulaires. J'espère que des joueurs comme Zivkovic et Grujic entreront régulièrement au jeu. Dans quatre ans, cette génération doit répondre présent. La maturité compte beaucoup dans un tel tournoi. Les Belges en savent quelque chose. J'attends d'ores et déjà beaucoup de Milinkovic-Savic. On fait beaucoup de bruit autour de lui mais je pense qu'il gardera les pieds sur terre. Je me réjouis aussi de voir Adem Ljajic (26 ans), le médian offensif de Torino, qui est en forme. Et puis, il y a Mitrogol, bien sûr. Il est désormais marié et père de famille. À Fulham, il a trouvé en Slavisa Jokanovic un entraîneur qui croit en lui et qui lui donne la chaleur dont les joueurs des Balkans ont souvent besoin. Il reste sur une excellente fin de saison. Je pense que le nouveau sélectionneur, Mladen Krstajic, saura le mettre en confiance. " " J'estime qu'il faut donner une chance à ces jeunes joueurs dès maintenant ", dit Lovre. " Ce sont des gars bourrés de talent et ils ont prouvé il y a trois ans qu'ils étaient forts collectivement et mentalement. De plus, ils ont réussi dans leurs clubs respectifs. Je pense que Nikola Milenkovic sera titulaire. En fait, il aurait dû jouer à Anderlecht mais le club a attendu et, finalement, il est parti à la Fiorentina pour cinq millions d'euros. Il a directement appris l'italien et il a encore évolué. Lors des matches de préparation à la Coupe du Monde, il a été un des meilleurs. J'attends aussi beaucoup de Radonjic, un des joueurs les plus talentueux des vingt dernières années, un ailier fantastique. Mais c'est aussi un des plus fous et ça lui a valu quelques problèmes. Je pense cependant qu'il est sur le bon chemin. Jovic a livré une saison formidable à l'Eintracht Francfort. Si on leur donne une chance, on ne sait pas ce qui peut se passer. Mais ce qui est sûr, c'est qu'en taille, nous aurons la plus grande équipe ( il rit). "Par Christian Vandenabeele