Fin 2015, l'histoire s'arrête brutalement: l'attaquant français, mis en examen dans l'affaire du chantage à la sextape exercé sur Mathieu Valbuena, son coéquipier en sélection, "n'est plus sélectionnable" tant que sa situation judiciaire "n'évolue pas", tranche alors le président de la Fédération Noël Le Graët, à six mois de l'Euro-2016 en France.

Cette sombre histoire provoque un flot de réactions, jusqu'au plus haut sommet de l'Etat.

"Je pense que les conditions aujourd'hui ne sont pas réunies pour que Karim Benzema vienne dans l'équipe de France. Il est toujours mis en examen. Par rapport à la jeunesse, un grand sportif se doit d'être exemplaire", répète ainsi le Premier ministre Manuel Valls en mars 2016.

Discret jusqu'alors, le buteur du Real Madrid réplique sur Twitter: "Douze saisons que je suis professionnel: 541 matches joués, zéro carton rouge, onze cartons jaunes!!! Et certains parle (sic) de mon exemplarité ???".

Ingérence politique

L'ingérence du gouvernement semble même contrarier la FFF. "La parole de Manuel Valls est importante, comme celle du ministre des Sports. Mais ce dossier je le connais bien et j'entends mener cette affaire avec Didier Deschamps", déclare Le Graët à l'AFP.

Le couperet tombe le 13 avril 2016: Benzema n'est pas sélectionné pour l'Euro-2016 à domicile. "La performance sportive est un critère important mais pas exclusif", justifient "NLG" et Deschamps dans un communiqué commun qui met en avant "l'exemplarité et la préservation du groupe".

"J'en veux au Premier ministre de s'être mêlé de la sélection en équipe de France. Ce n'est pas son job", réagit l'avocat du joueur, Me Éric Dupond-Moretti. "Si les critères sont sportifs, je m'incline. (...) En revanche, je connais des gens qui font leur travail en étant mis en examen", ajoute alors l'avocat, désormais actuel ministre de la Justice.

La polémique, déjà vive, prend une nouvelle dimension quand Eric Cantona, ancien partenaire de Deschamps chez les Bleus, laisse entendre que le sélectionneur n'a pas retenu Benzema et Hatem Ben Arfa en raison de leurs "origines nord-africaines".

Le N.9 du Real alimente en partie cette accusation dans la presse espagnole: "Deschamps a cédé sous la pression d'une partie raciste de la France", accuse-t-il le 1er juin 2016, deux jours avant que la résidence bretonne du sélectionneur soit vandalisée, avec un tag le traitant de "raciste".

"Je n'oublierai jamais"

Dans son livre "La vie en bleu", le chef de presse de l'époque Philippe Tournon raconte que Deschamps, à la veille du match de préparation France-Ecosse, "apprend la nouvelle de la bouche de sa femme, très marquée, peu de temps avant de passer à table pour le dîner. Quand il entre dans la salle à manger, il est au bord des larmes."

"Même si avec le temps ça s'apaise un peu, je ne peux pas oublier. Ce n'est pas lié qu'à Karim Benzema. Il y a des déclarations d'autres personnes aussi qui ont amené à ce fait violent et qui touche à ma famille", confie Deschamps en janvier dernier sur RTL.

A propos de ceux qui ont alimenté l'incendie, il ajoute: "On ne peut pas oublier. Je ne peux pas oublier. Je n'oublierai jamais".

"KB9" reviendrait-il jamais en équipe de France? Le Graët semble avoir définitivement fermé la porte en novembre 2019: "L'aventure en bleu est terminée". Réplique de l'intéressé: "Noël je croyais que vous n'interfériez pas dans les décisions du sélectionneur! Sachez que c'est moi et moi seul qui mettrait (sic) un terme à ma carrière internationale".

Si Benzema relance régulièrement les spéculations sur un retour en sélection, c'est uniquement à travers ses performances majuscules en Espagne.

"Pour moi, c'est le meilleur" avant-centre français de l'histoire, juge son entraîneur Zinedine Zidane en décembre. "Il le prouve, il joue au Real Madrid depuis très longtemps, il compte plus de 500 matches, tous les buts... Au final, son palmarès, tout ce qu'il a accompli ici parle pour lui".

Poursuivi pour "complicité de tentative de chantage" dans l'affaire de la sex-tape, l'attaquant français de 33 ans sera jugé par le tribunal de Versailles du 20 au 22 octobre 2021. Un soulagement, à en croire sa réaction sur Instagram: "Voilà enfin vamonos (ndlr: Allons-y), que la mascarade s'éteigne pour toujours".

Sa carrière avec les Bleus, en tout cas, est sur le point de se rallumer.

Fin 2015, l'histoire s'arrête brutalement: l'attaquant français, mis en examen dans l'affaire du chantage à la sextape exercé sur Mathieu Valbuena, son coéquipier en sélection, "n'est plus sélectionnable" tant que sa situation judiciaire "n'évolue pas", tranche alors le président de la Fédération Noël Le Graët, à six mois de l'Euro-2016 en France.Cette sombre histoire provoque un flot de réactions, jusqu'au plus haut sommet de l'Etat."Je pense que les conditions aujourd'hui ne sont pas réunies pour que Karim Benzema vienne dans l'équipe de France. Il est toujours mis en examen. Par rapport à la jeunesse, un grand sportif se doit d'être exemplaire", répète ainsi le Premier ministre Manuel Valls en mars 2016.Discret jusqu'alors, le buteur du Real Madrid réplique sur Twitter: "Douze saisons que je suis professionnel: 541 matches joués, zéro carton rouge, onze cartons jaunes!!! Et certains parle (sic) de mon exemplarité ???".Ingérence politiqueL'ingérence du gouvernement semble même contrarier la FFF. "La parole de Manuel Valls est importante, comme celle du ministre des Sports. Mais ce dossier je le connais bien et j'entends mener cette affaire avec Didier Deschamps", déclare Le Graët à l'AFP.Le couperet tombe le 13 avril 2016: Benzema n'est pas sélectionné pour l'Euro-2016 à domicile. "La performance sportive est un critère important mais pas exclusif", justifient "NLG" et Deschamps dans un communiqué commun qui met en avant "l'exemplarité et la préservation du groupe"."J'en veux au Premier ministre de s'être mêlé de la sélection en équipe de France. Ce n'est pas son job", réagit l'avocat du joueur, Me Éric Dupond-Moretti. "Si les critères sont sportifs, je m'incline. (...) En revanche, je connais des gens qui font leur travail en étant mis en examen", ajoute alors l'avocat, désormais actuel ministre de la Justice.La polémique, déjà vive, prend une nouvelle dimension quand Eric Cantona, ancien partenaire de Deschamps chez les Bleus, laisse entendre que le sélectionneur n'a pas retenu Benzema et Hatem Ben Arfa en raison de leurs "origines nord-africaines".Le N.9 du Real alimente en partie cette accusation dans la presse espagnole: "Deschamps a cédé sous la pression d'une partie raciste de la France", accuse-t-il le 1er juin 2016, deux jours avant que la résidence bretonne du sélectionneur soit vandalisée, avec un tag le traitant de "raciste"."Je n'oublierai jamais"Dans son livre "La vie en bleu", le chef de presse de l'époque Philippe Tournon raconte que Deschamps, à la veille du match de préparation France-Ecosse, "apprend la nouvelle de la bouche de sa femme, très marquée, peu de temps avant de passer à table pour le dîner. Quand il entre dans la salle à manger, il est au bord des larmes.""Même si avec le temps ça s'apaise un peu, je ne peux pas oublier. Ce n'est pas lié qu'à Karim Benzema. Il y a des déclarations d'autres personnes aussi qui ont amené à ce fait violent et qui touche à ma famille", confie Deschamps en janvier dernier sur RTL. A propos de ceux qui ont alimenté l'incendie, il ajoute: "On ne peut pas oublier. Je ne peux pas oublier. Je n'oublierai jamais"."KB9" reviendrait-il jamais en équipe de France? Le Graët semble avoir définitivement fermé la porte en novembre 2019: "L'aventure en bleu est terminée". Réplique de l'intéressé: "Noël je croyais que vous n'interfériez pas dans les décisions du sélectionneur! Sachez que c'est moi et moi seul qui mettrait (sic) un terme à ma carrière internationale".Si Benzema relance régulièrement les spéculations sur un retour en sélection, c'est uniquement à travers ses performances majuscules en Espagne."Pour moi, c'est le meilleur" avant-centre français de l'histoire, juge son entraîneur Zinedine Zidane en décembre. "Il le prouve, il joue au Real Madrid depuis très longtemps, il compte plus de 500 matches, tous les buts... Au final, son palmarès, tout ce qu'il a accompli ici parle pour lui".Poursuivi pour "complicité de tentative de chantage" dans l'affaire de la sex-tape, l'attaquant français de 33 ans sera jugé par le tribunal de Versailles du 20 au 22 octobre 2021. Un soulagement, à en croire sa réaction sur Instagram: "Voilà enfin vamonos (ndlr: Allons-y), que la mascarade s'éteigne pour toujours".Sa carrière avec les Bleus, en tout cas, est sur le point de se rallumer.