La déclaration était plutôt bizarre: alors que les consignes données par Pep Guardiola à l'entraînement rendent les joueurs fous, le directeur sportif, Matthias Sammer, a déclaré, après la victoire 2-0 contre Hanovre 96, que les joueurs vainqueurs de la Ligue des Champions ne devaient pas se reposer sur leurs lauriers. L'entraîneur espagnol en a pris bonne note mais le président Uli Hoeness a immédiatement rappelé Sammer à l'ordre, jugeant cette sortie superflue. Pourtant, les observateurs donnent raison à Sammer, qui dit généralement ce qu'il pense: les joueurs se dissimulent un peu trop aisément derrière Guardiola, omniprésent, ils affichent trop peu d'implication émotionnelle, assument un peu moins leurs responsabilités, comme si tout ce qui se passait sur le terrain était imputable à leur entraîneur.

Sammer appelle ça la zone de confort. Il sait que c'est dans l'euphorie du succès qu'on commet les pires erreurs. Alors joueur du Borussia Dortmund, il avait créé la surprise après le titre 1996 en demandant à son entraîneur, Ottmar Hitzfeld, d'analyser le plus vite possible les fautes commises durant cette saison. Comme le constate Sammer, le Borussia Dortmund actuel forme un ensemble compact qui lui donne l'impression d'être plus concentré que le Bayern. Or, s'il y a bien une chose que le club bavarois ne veut pas, c'est que Dortmund remporte le titre. Matthias Sammer a émis ce signal alors que le Bayern avait enlevé quatre de ses cinq matches en championnat et son premier match de Ligue des Champions contre le CSKA Moscou (3-0).

Cependant, le football du champion n'est plus aussi pétillant que sous les ordres de Jupp Heynckes, la concentration que requiert le nouveau système de jeu semble peser aux footballeurs et tuer leur créativité. Plusieurs d'entre eux ont dû changer de poste, à commencer par le défenseur Philipp Lahm. Notamment à cause des blessures des Espagnols Javi Martinez et Thiago, il est aligné au milieu défensif mais il se pourrait qu'il doive y rester plus longtemps car Guardiola a déclaré que l'international, qui compte cent capes, était le footballeur le plus intelligent avec lequel il lui ait été donné de travailler. En plus, il continue à procéder à de nombreux changements, ce qui contrarie la création d'automatismes : en cinq matches de championnat, il a déjà aligné vingt joueurs.

Pep Guardiola ne se fait pas le moindre souci. Il poursuit sa route, certain de disposer d'une solide ossature. Il sait surtout quel chemin emprunter chaque semaine: il veut accroître la stabilité, défendre plus offensivement, travailler de manière plus détaillée sur le plan tactique et peaufiner le jeu avec et sans ballon. Il veille à ce que les joueurs détiennent une condition parfaite car c'est indispensable pour qu'il puisse mettre ses idées en pratique. Le niveau des entraîneurs a encore augmenté, selon les observateurs. Sous les ordres du Catalan, les joueurs se retrouvent dans un autre monde. Ils doivent assimiler une autre forme de concentration et afficher leur implication, ce que Guardiola, qui est une bombe à retardement sur la touche, n'a pas encore réussi à obtenir. En interne, il se serait déjà plaint que les joueurs n'aient pas assez recours au langage corporel.

Guardiola n'a pas prêté attention à la sortie de Sammer. Il sait que le directeur sportif est d'un naturel émotif, comme lui, et il n'a pas l'impression que les joueurs se dissimulent derrière lui. Ils suivent la bonne voie, celle qui les conduit en avant.

Par Jacques Sys

La déclaration était plutôt bizarre: alors que les consignes données par Pep Guardiola à l'entraînement rendent les joueurs fous, le directeur sportif, Matthias Sammer, a déclaré, après la victoire 2-0 contre Hanovre 96, que les joueurs vainqueurs de la Ligue des Champions ne devaient pas se reposer sur leurs lauriers. L'entraîneur espagnol en a pris bonne note mais le président Uli Hoeness a immédiatement rappelé Sammer à l'ordre, jugeant cette sortie superflue. Pourtant, les observateurs donnent raison à Sammer, qui dit généralement ce qu'il pense: les joueurs se dissimulent un peu trop aisément derrière Guardiola, omniprésent, ils affichent trop peu d'implication émotionnelle, assument un peu moins leurs responsabilités, comme si tout ce qui se passait sur le terrain était imputable à leur entraîneur.Sammer appelle ça la zone de confort. Il sait que c'est dans l'euphorie du succès qu'on commet les pires erreurs. Alors joueur du Borussia Dortmund, il avait créé la surprise après le titre 1996 en demandant à son entraîneur, Ottmar Hitzfeld, d'analyser le plus vite possible les fautes commises durant cette saison. Comme le constate Sammer, le Borussia Dortmund actuel forme un ensemble compact qui lui donne l'impression d'être plus concentré que le Bayern. Or, s'il y a bien une chose que le club bavarois ne veut pas, c'est que Dortmund remporte le titre. Matthias Sammer a émis ce signal alors que le Bayern avait enlevé quatre de ses cinq matches en championnat et son premier match de Ligue des Champions contre le CSKA Moscou (3-0).Cependant, le football du champion n'est plus aussi pétillant que sous les ordres de Jupp Heynckes, la concentration que requiert le nouveau système de jeu semble peser aux footballeurs et tuer leur créativité. Plusieurs d'entre eux ont dû changer de poste, à commencer par le défenseur Philipp Lahm. Notamment à cause des blessures des Espagnols Javi Martinez et Thiago, il est aligné au milieu défensif mais il se pourrait qu'il doive y rester plus longtemps car Guardiola a déclaré que l'international, qui compte cent capes, était le footballeur le plus intelligent avec lequel il lui ait été donné de travailler. En plus, il continue à procéder à de nombreux changements, ce qui contrarie la création d'automatismes : en cinq matches de championnat, il a déjà aligné vingt joueurs.Pep Guardiola ne se fait pas le moindre souci. Il poursuit sa route, certain de disposer d'une solide ossature. Il sait surtout quel chemin emprunter chaque semaine: il veut accroître la stabilité, défendre plus offensivement, travailler de manière plus détaillée sur le plan tactique et peaufiner le jeu avec et sans ballon. Il veille à ce que les joueurs détiennent une condition parfaite car c'est indispensable pour qu'il puisse mettre ses idées en pratique. Le niveau des entraîneurs a encore augmenté, selon les observateurs. Sous les ordres du Catalan, les joueurs se retrouvent dans un autre monde. Ils doivent assimiler une autre forme de concentration et afficher leur implication, ce que Guardiola, qui est une bombe à retardement sur la touche, n'a pas encore réussi à obtenir. En interne, il se serait déjà plaint que les joueurs n'aient pas assez recours au langage corporel.Guardiola n'a pas prêté attention à la sortie de Sammer. Il sait que le directeur sportif est d'un naturel émotif, comme lui, et il n'a pas l'impression que les joueurs se dissimulent derrière lui. Ils suivent la bonne voie, celle qui les conduit en avant.Par Jacques Sys