Certes, les spéculations sont nourries par les médias. Mais les dirigeants du Bayern, depuis trois semaines, n'ont absolument rien fait pour y mettre un terme. Au contraire. Interrogé sur l'avenir du coach croate, le patron du club Karl-Heinz Rummenigge a répété par deux fois que, "au Bayern, personne n'a de job garanti". Avec le titre de champion en poche et la finale de la coupe à venir, on pouvait attendre un peu plus de chaleur dans le discours.

Thomas Müller, le vice-capitaine de l'équipe, s'est dit irrité par "la misérable discussion" autour de Kovac, et de grandes voix du foot allemand, comme Matthias Sammer et Lothar Matthäus, lui ont apporté leur soutien. Samedi dernier, lors de la conquête du titre de champion à l'Allianz Arena, le public a scandé son nom.

Kovac, lui, évacue toutes ces discussions. Son but est de remporter le doublé et, au passage, de conforter sa réputation de "spécialiste de la coupe". La finale contre Leipzig sera sa troisième consécutive: avec Francfort, il avait échoué au stade olympique de Berlin en 2017 contre Dortmund (2-1), avant de réussir un coup de maître l'an dernier en privant le Bayern du doublé (3-1), à quelques jours d'aller s'asseoir sur le banc du club bavarois.

Une victoire du Bayern donnerait un lustre tout particulier au départ des deux joueurs les plus emblématiques du club de la dernière décennie: Arjen Robben (35 ans) et Franck Ribéry (36 ans). En cette fin de saison, ils sont régulièrement remplaçants, et lancés en fin de match pour laisser souffler la paire Kingsley Coman/Serge Gnabry, qui a pris le pouvoir sur les ailes. Kovac a déjà dit que, pour des raisons sentimentales, il aurait envie de les faire jouer.

Outre la victoire finale, l'enjeu pour Munich est aussi de réaffirmer haut et fort sa suprématie sur le foot allemand contre un nouvel arrivant qui affiche ouvertement sa volonté de se poser à terme en rival national: le RB Leipzig.

Pour ses dix ans, le club fondé par Red Bull voudrait s'offrir son premier trophée, trois saisons seulement après sa montée en première division. L'arracher contre le Bayern serait évidemment un symbole fort.