Y'a-t-il pire manière de préparer le choc de Ligue des champions face au Paris SG mardi prochain ? Voilà le Real englué dans une des interminables polémiques dont ce club surexposé médiatiquement est coutumier, et c'est à nouveau Bale qui pose problème.

Mardi soir, après avoir aidé le pays de Galles à décrocher son billet pour l'Euro-2020, l'attaquant des Dragons a fêté cette qualification avec ses partenaires, en s'affichant, hilare, derrière un drapeau gallois où il était inscrit: "Galles, golf, Madrid. Dans cet ordre".

Le slogan, repris par les supporters gallois (à qui appartenait le drapeau), est une allusion aux critiques de l'ancien joueur merengue Predrag Mijatovic: "Bale pense d'abord au Pays de Galles, ensuite au golf, et enfin au Real Madrid", avait déclaré le Monténégrin à la radio espagnole Cadena Ser le mois dernier.

La frasque de trop pour les supporters madrilènes ? Certains d'entre eux ont de plus en plus de mal à accepter le manque d'investissement et les blessures à répétition de la star galloise, transférée de Tottenham au Real Madrid en 2013 pour environ 100 millions d'euros, un record à l'époque.

Et Bale n'a pas arrangé son cas en déclarant il y a quelques jours qu'il prenait "plus de plaisir à jouer avec le Pays de Galles" qu'avec son club.

"Irrespectueux", "ingrat"

"Irrespectueux, à côté de la plaque, ingrat. Dans cet ordre", a titré le quotidien sportif espagnol Marca, jeudi, en référence à l'affaire du drapeau. En s'interrogeant: "Que doit faire le Real Madrid avec Bale ?"

"Cette histoire est terminée", a tranché le journaliste Miguel Angel Garcia dans les colonnes du quotidien. "Elle aurait dû s'arrêter bien avant, cet été pour être exact. Mais après l'épisode du drapeau, il ne peut plus revêtir le maillot du Real Madrid une minute de plus."

Zinédine Zidane, qu'on dit en froid avec l'attaquant gallois, peut-il le sanctionner ? L'aligner samedi au Bernabeu en Championnat d'Espagne serait l'exposer à la colère des "socios" (supporters-actionnaires) du club...

Bale n'a plus joué avec le Real depuis le 5 octobre contre Grenade (victoire 4-2). Dans la foulée, l'attaquant a rejoint sa sélection... et s'est blessé.

Il est resté à l'infirmerie jusqu'à reprendre la compétition la semaine dernière avec le pays de Galles contre l'Azerbaïdjan puis la Hongrie.

Zidane protecteur

Revenu à Madrid mercredi, à l'entraînement jeudi, Gareth Bale est désormais totalement rétabli. Mais sa place dans le onze de Zidane n'est pas assurée: en son absence, un phénomène a surgi sur son aile droite: le Brésilien Rodrygo, 18 ans et auteur d'un triplé en Ligue des champions contre Galatasaray (6-0), le 6 novembre.

Bref, rien n'est simple pour Zidane, qui aurait préféré voir le Gallois partir à l'intersaison. "Ce serait mieux pour tout le monde" s'il était transféré en Chine, a-t-il dit, avant d'être contraint par les événéments à changer d'approche ces dernières semaines, paraissant plus protecteur.

Quand Bale s'est permis un voyage à Londres, "Zizou" a calmé la rumeur en répétant qu'il lui en avait donné l'autorisation. Il a aussi assuré n'avoir "aucun problème" avec le fait que le Gallois, convalescent, rejoigne "les Dragons" mi-novembre. Il a enfin qualifié d'"absurdes" les rumeurs d'un départ du Gallois au mercato d'hiver.

Mais la situation semble de plus en plus intenable: le Real peut-il garder ainsi l'un des plus gros salaires de l'effectif ? Et jusqu'à quand "Zizou" protègera-t-il Gareth Bale ?