Roberto Martínez a débuté sa première saison à Everton en 2013. Ce qui avait commencé comme un partenariat prometteur avec une cinquième place en Premier League s'est terminé de façon désastreuse trois ans plus tard. Les Toffees terminent pendant deux saisons consécutives à la onzième place et les supporters en avaient assez de l'entraîneur espagnol. Des slogans tels que "Martinez out" fleurissaient partout dans les gradins de Goodison Park et un avion a même survolé le stade avec le même message sur une bannière.
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Roberto Martínez a débuté sa première saison à Everton en 2013. Ce qui avait commencé comme un partenariat prometteur avec une cinquième place en Premier League s'est terminé de façon désastreuse trois ans plus tard. Les Toffees terminent pendant deux saisons consécutives à la onzième place et les supporters en avaient assez de l'entraîneur espagnol. Des slogans tels que "Martinez out" fleurissaient partout dans les gradins de Goodison Park et un avion a même survolé le stade avec le même message sur une bannière.Près de six ans plus tard, l'on retrouve les mêmes slogans dans les travées du stade du deuxième club de Liverpool. Après un début de saison très prometteur pour le nouvel entraîneur Rafa Benitez, Everton n'a remporté qu'une seule victoire lors des treize dernières rencontres. Le stade était coloré de banderoles"Benitez, quitte notre club" et "Renvoyez le conseil d'administration". Les supporters sont même montés sur le terrain après la défaite contre Norwich le week-end dernier. Ces débordements signifiaient la fin du règne l'entraîneur espagnol chez les Toffees. Rien n'a donc changé depuis le départ de Roberto Martinez de Goodison Park ? Pas vraiment. La situation n'a fait qu'empirer.Juste avant le limogeage de Martinez, Everton venait de changer de propriétaire en janvier 2013. La fortune de l'homme d'affaires irano-britannique Farhad Moshiridevait offrir aux Toffees les moyens de disputer plus souvent les compétitions européennes dans les années à venir. Il ne faut pas oublier qu'Everton est l'un des plus grands clubs d'Angleterre, historiquement parlant. Seuls Manchester United, Liverpool et Arsenal ont remporté plus de titres que les neuf d'Everton. De plus, aucun club dans la Perfide Albion n'a joué plus de saisons (118 ! ) dans la plus haute division du championnat d'Angleterre (118).Moshiri n'était pas fan de Martínez, qu'il avait à peine rencontré quelques fois. C'est donc finalement peu étonnant qu'il ait décidé de le licencier à la fin de la saison. Une nouvelle ère allait pouvoir commencer avec un entraîneur que le nouvel homme fort d'Everton avait lui-même choisi. Ce technicien se nommait Ronald Koeman. Le Néerlandais venait d'offrir une qualification européenne à Southampton pour la deuxième saison consécutive. Moshiri a débauché l'ancien joueur du Barça et lui a confié les clés pour conduire le club au sommet de la Premier League.Mais Koeman n'a cependant pas reçu beaucoup d'argent pour construire une nouvelle équipe performante. Au cours de la première saison, il ne dépensera "que" 100 millions d'euros. Et avec une septième place finale, Everton était forcément déçu. De plus, Koeman était en flirt constant avec la sélection néerlandaise et le FC Barcelone, ce qui a fini par lasser les fans. Était-il vraiment l'homme de la situation ? Il fallait vraiment que la saison suivante soit un succès. Moshiri a sorti 200 millions de son portefeuille. Gylfi Sigurdsson est arrivé de Swansea en échange de 50 millions d'euros. Mais après neuf journées de championnat, le propriétaire n'était plus satisfait du rendement de Koeman et lui a demandé de plier bagage. Les saisons suivantes seront du même acabit : des attentes énormes en début de saison et, après quelques mauvais résultats, l'entraîneur était renvoyé.Après l'école néerlandaise de Koeman, le Kick & Rush à l'ancienne a retrouvé sa place à Goodison Park en la personne de Sam Allardyce. L'Anglais devait ramener Everton au sommet et il l'a fait en partie, avec une huitième place. Mais son jeu conservateur et peu emballant ne lui a pas permis d'obtenir l'amour du public toffee. Big Sam a donc décidé de s'en aller de lui-même à la fin de la saison 2018-19. Nouvelle saison, nouveau coach, nouveau style : Marco Silva a débarqué avec son style défensif à la Portugaise. Le football est pourtant devenu légèrement plus offensif que sous Allardyce (pas un exploit non plus) et il a amené Everton à la huitième place cette saison-là. Mais la suite était moins glorieuse et le technicien lusitanien a été prié de vider son casier en décembre alors que l'équipe occupait la dix-huitième place provisoire en Premier League.C'est alors que débarque le deus ex machina: Carlo Ancelotti. Everton ne faisait cette fois pas le choix d'un entraîneur relativement inconnu comme Silva, mais d'un roc expérimenté qui avait déjà tout gagné dans le football de club. La nomination de l'Italien a été une grande surprise, mais elle a permis de clarifier les ambitions de l'Everton de Moshiri : rivaliser avec les grosses cylindrées anglaises. Ancelotti a permis à Everton de remonter à la douzième place la saison de sa venue (2019/20) malgré un départ raté sous son prédécesseur. Il n'a cependant pas réussi à renforcer suffisamment son équipe l'été suivant malgré les venues de James Rodriguez et d'Allan , deux joueurs que l'on n'associe pas immédiatement aux milieux de terrain capables de briller sur les pelouses anglaises. Mais il fallait mettre fin à cette image. Everton a commencé la nouvelle saison 2020/21 en fanfare mais s'est ensuite effondré comme un pudding. Une dixième place n'était pas ce que Moshiri avait espéré, mais Ancelotti ne semblait pas non plus se plaire dans le club de Liverpool. Il s'est aussi rendu compte qu'il n'y avait aucune stratégie ou philosophie. Lorsque le Real Madrid l'a contacté cet été, Carletto n'a pas hésité une seconde et a immédiatement accepté le défi.Après le passage de l'entraîneur à succès italien, le propriétaire anglo-iranien commençait à s'agacer de voir son club stagner. Il a quand même imposé sa volonté en nommant de Rafa Benitez sur le banc, mais le robinet d'argent pour le mercato a été sérieusement fermé. Là où Everton avait dépensé un total de 750 millions d'euros ces dernières années, les arrivées de l'été dernier ne coûtaient rien quand elles n'étaient pas gratuites. L'arrivée de Benítez n'était cependant pas du goût ni de la plupart des membres du conseil d'administration ni des joueurs. L'entraîneur espagnol n'était forcément pas populaire en raison de son passé chez le voisin de Liverpool. Le CA aurait préféré qu'un nom moins connu débarque à Goodison Park. Pas une star de la confrérie des entraîneurs, mais plutôt un élément sur lequel le club pourrait s'appuyer sans dépenser un salaire mirobolant. Benítez a reçu le contrôle total à Goodison Park. Le chef du centre médical a été licencié, ainsi que le chef des scouts, le chef du développement et du recrutement. Peu de temps après, Marcel Brands, le directeur sportif d'Everton, a démissionné en raison d'une "nette différence d'opinion sur la direction de ce club".Et ce que tout le monde voyait venir, est vite devenu réalité. Les supporters se sont immédiatement retournés contre l'entraîneur après les premières défaites.Après seulement six mois, Benítez a été prié de se chercher un nouveau club. Mais le mal était déjà fait puisque l'Espagnol avait écarté tous les autres décideurs sportifs pour lui-même. "Qui possède le pouvoir au club maintenant ? Everton est un grand club avec de gros problèmes", a déclaré Danny Murphy dans le podcast Football Daily de la BBC cette semaine. C'est tout à fait vrai, car Everton prétend être un grand club en Angleterre depuis des années, a les mêmes objectifs qu'un Chelsea ou qu'un Tottenham et veut dépenser autant. Sauf que la stabilité et les résultats font défaut depuis l'arrivée de Roberto Martinez en 2013. Et pendant ce temps, les supporters sont plus que jamais remontés contre le conseil d'administration. Accueilleront-ils un retour de Martinez à bras ouverts ? Ou quelqu'un d'autre pourra-t-il faire changer les choses chez les Toffees ? Dans tous les cas, le nouvel entraîneur sera confronté à un immense chantier.