Le Français a vu son règne à Arsenal se terminer à l'été 2018, après 22 ans durant lesquels il a révolutionné les Gunners et décroché 17 trophées (dont 3 titres et 7 Coupes d'Angleterre).

Mais l'éloignement n'a pas atténué sa passion pour le jeu, affirme-t-il à l'AFP, révélant à l'occasion qu'il a reçu "des propositions du monde entier" depuis sa mise en retrait.

"Jusqu'à présent j'avais refusé de revenir parce que nous avions des problèmes de santé dans la famille", dit-il au cours d'un entretien accordé à l'occasion d'une visite à Tokyo.

"Les propositions venaient toujours à un moment où je ne pouvais vraiment pas le faire ou ne le voulais pas".

Wenger a entraîné Nagoya Grampus, au Japon, en J-League, avant de rejoindre Arsenal en 1996 et son nom a circulé pour le poste de sélectionneur de l'équipe nationale du Japon.

"J'ai adoré être au Japon"

Serait-il tenté à l'avenir? "Je peux tout envisager, j'ai adoré être au Japon. Je n'exclus rien".

A Tokyo, il participe à une mission de conseil pour un projet de nouveau stade dans la capitale nippone, mais il pense retourner sur le banc de touche en début d'année, tout en se disant indécis sur sa destination finale.

Le management lui manque, même les soirées sous la pluie glaciale des climats moroses de Stoke ou Bolton.

"Personnellement, j'aimais ça", dit-il dans un sourire. "C'est parce que je viens d'une région (le nord-est de la France) où nous avions des mercredi pluvieux aussi, oui, ça me manque!".

"C'est le contact avec les gens qui manque, c'est d'être dans le même bateau, de partager les mêmes émotions, la victoire, la défaite", ajoute M. Wenger.

"Je supporte assez bien la pression, parce que j'ai fait ça toute ma vie, alors ça me manque".

Il y a un poste qui le laisse toutefois de marbre: celui de sélectionneur de l'équipe de France. Il salue au passage la performance de Didier Deschamps avec la victoire de la France à la Coupe du monde 2018 en Russie.

"J'ai refusé cette proposition plusieurs fois", dit Arsène Wenger, qui a récemment été pressenti pour Lyon.

"Je préfère le football de club. Pour moi c'est un peu du temps partiel une équipe nationale: c'est dix matches par an. J'ai l'habitude d'en faire 60, donc cela ne m'a jamais vraiment tenté".

Les doigts gelés

Il assure ne pas avoir tourné en rond chez lui. "Non, je suis assez surpris, j'ai profité d'un peu plus de temps, de liberté. C'est la première fois en 35 ans que je me suis levé le matin sans devoir me rendre quelque part."

Il reproche aux médias leur présence constante dans le football moderne et aux propriétaires de club d'avoir la gâchette facile, ce qui rend le métier de plus en plus précaire.

"Il y a des choses qui ne me manquent pas", dit-il. "La surveillance continuelle et les conclusions définitives après chaque match sont bien pires qu'avant. Le paysage du football a changé ces 20 dernières années, les propriétaires ont changé. C'est plus de l'investissement, des calculs. Mais au bout du compte vous ne pouvez pas changer de manager toutes les semaines".

Arsène Wenger a aussi expliqué un des grands mystères qui l'entoure: la raison pour laquelle il n'arrive jamais à remonter la fermeture éclair de son manteau.

"Mon manteau était très long et je le mettais lorsque je me sentais déjà gelé", rit-il. "Parfois j'avais très froid aux mains. Aussi, on se concentre sur le jeu, pas sur sa fermeture éclair. Mais je suis peut-être aussi un peu maladroit", dit celui qui a été souvent filmé en train de se battre avec son manteau les yeux rivés sur le terrain de jeu.